Île Bouvet

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Île Bouvet
Bouvetøya (no)
Carte de l'île Bouvet.
Carte de l'île Bouvet.
Géographie
Pays Drapeau de la Norvège Norvège
Archipel Aucun
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 54° 25′ 10″ S 3° 22′ 00″ E / -54.4194, 3.36666754° 25′ 10″ S 3° 22′ 00″ E / -54.4194, 3.366667  
Superficie 49 km2
Point culminant Olavtoppen (780 m)
Géologie
Géologie Île volcanique
Type Volcan rouge
Activité Endormi
Dernière éruption 50 av. J-C. ?
Code 1806-02-
Observatoire Aucun
Administration
Statut Dépendance de la Norvège
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Découverte 1739

Géolocalisation sur la carte : océan Austral

(Voir situation sur carte : océan Austral)
Île Bouvet
Île Bouvet

Géolocalisation sur la carte : océan Atlantique

(Voir situation sur carte : océan Atlantique)
Île Bouvet
Île Bouvet
Îles de Norvège

L'île Bouvet[1] (en norvégien Bouvetøya) est une île volcanique[2] inhabitée de l'Atlantique sud, située au sud - sud-ouest du cap de Bonne-Espérance. Nommée d'après son découvreur français Bouvet de Lozier, elle est possession norvégienne depuis 1927.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île Bouvet - une terre difficile d'approche


L'île Bouvet, qui appartient à la Norvège, est une île inhabitée du sud de l'océan Atlantique dont le point culminant, appelé Olavtoppen[3], atteint 780 m. D'une superficie[3] de 49 km2, elle est couverte à 93 % par une épaisse calotte glaciaire qui bloque les côtes au sud et à l'est[4]...

Glacier de la côte Ouest de l'Île Bouvet


Ses 29,6 kilomètres de littoral[5] sont souvent entourés par des glaces dérivantes. Chaque été austral, des pans de glaciers tombent des hautes falaises d'origine volcanique dans la mer ou sur les plages de sable noir. L'île ne bénéficiant d'aucun port, il est particulièrement difficile pour les navires de s'en approcher ; l'hélicoptère embarqué s'avère ainsi le moyen le plus aisé pour y accéder[3]. Sur la côte ouest, un récif de roche de lave, apparu entre 1955 et 1958, est devenu un site de nidification pour les oiseaux[4].

La température annuelle moyenne atteint environ −1,5 °C, caractérisée par une faible amplitude thermique ; en été, les températures s'élèvent rarement à plus de + 2,0 °C[6]. En raison du climat rigoureux et de la faible superficie libre de glace, il n'existe qu'une maigre végétation de lichens et de mousses[3]. La faune se compose seulement de phoques, d'éléphants de mer, d'oiseaux de mer et de plusieurs espèces de manchots : manchot Adélie, manchot à jugulaire, gorfou doré[3].

L'Île Bouvet fait partie des îles les plus isolées du monde, la terre la plus proche est la Terre de la Reine Maud, elle-même inhabitée, située à 1 600 km au sud[4].

Climat[modifier | modifier le code]

L'île Bouvet a un climat de type ET (Polaire de Toundra) avec comme record de chaleur 10,6 °C les 14 et 15 décembre 2004 et le 14 mars 2005 et comme record de froid -18,7 °C les 8 et 9 septembre 2005. La température moyenne annuelle est de -0,7 °C.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0 0,2 −0,1 −0,6 −2,2 −4 −5,2 −5,4 −5,2 −3,5 −2,1 −0,8 −2,7
Température moyenne (°C) 2,1 2,5 1,9 1,2 −0,3 −2,3 −3,3 −3,2 −2,9 −1,3 0 1,5 −0,7
Température maximale moyenne (°C) 4,2 4,8 3,8 3 1,6 −0,5 −1,3 −0,8 −0,6 1 2,1 3,8 1,4
Record de froid (°C) −2,6 −2,2 −3,2 −4,7 −9,7 −10,2 −14,8 −15 −18,7 −15,2 −8,4 −4,1 −18,7
Record de chaleur (°C) 10,2 10,2 10,6 7,7 5,6 5,2 3,8 5,9 7,3 8,7 8,3 10,6 10,6
Source : Le climat à Ile Bouvet (en °C et mm, moyennes mensuelles 1971/2000 et records depuis 1979)[1]


Histoire[modifier | modifier le code]

Photo de l'expédition norvégienne qui annexe l'île en 1927.

L'Île Bouvet fut découverte, le 1er janvier 1739[6], par Jean-Baptiste Lozier Bouvet, commandant de l'expédition australe menée, au nom de Louis XV, par les frégates L'Aigle et Marie. Ne sachant pas s'il s'agissait d'une île ou de l'extrémité septentrionale d'un hypothétique continent antarctique, Bouvet baptisa cette terre cap de la Circoncision, du nom de la fête religieuse du jour de la découverte.

En 1772, lors de son deuxième voyage autour du monde à bord du Resolution, James Cook[7], équipé du nouveau chronomètre de précision K1, permettant une mesure fiable de la longitude, chercha l'île trois semaines durant et ne trouva rien. Il se mit à douter de l’existence de cette terre, pensant que Bouvet avait dû apercevoir un iceberg géant qui, par mauvais temps, pouvait apparaître comme une terre couverte de glace en raison de sa partie inférieure sombre.

En 1808, un baleinier anglais, James Lindsay[6], aperçut une île dans cette région et la nomma Lindsay Island, mais la longitude était différente de celle enregistrée par Bouvet.

Image satellite de l'île Bouvet (NASA)

Le premier homme ayant foulé le sol de l'île Bouvet fut vraisemblablement, en 1822, le capitaine Benjamin Morrell qui, en compagnie de son équipage, chassait le phoque, mais faute d'avoir communiqué des relevés précis et d'avoir eu la prétention de baptiser cette nouvelle terre, il rata l'occasion d'être le re-découvreur de l'île[6].

En 1825, un autre anglais, George Norris, décrivit une île par 54° Sud semblable à celle décrite par Bouvet. Il l’appela Liverpool, y accosta et prétendit en prendre possession au nom du roi George IV[6]. Mais il signala également une autre île au nord-est sur laquelle il accosta et qu'il nomma Thompson, ce qui portait la confusion à son comble. L’île Bouvet existait-elle vraiment ? Auquel de ces accostages correspondait-elle ?

Le mystère fut éclairci, en 1898, par l’expédition allemande Valdivia qui, après des mois de ratissage systématique de la zone, ressuscita l’île Bouvet aux yeux des hommes[6]. L’exploration des alentours prouva que les îles Lindsay, Liverpool et Thompson n’étaient en fait qu’une seule et même île, l’île Bouvet. Tous ces atermoiements montrent combien les conditions météorologiques locales pouvaient tromper les navigateurs. Ces derniers n’avaient ni ciel clair permettant, la nuit, de les renseigner sur leur position, ni terre proche leur servant de point de repère ; Bouvet avait tout simplement décalé son île de plus de 250 kilomètres.

En 1927, elle devint une île norvégienne[6]; en effet, personne n'y avait encore séjourné, ce que fit un équipage norvégien qui y vécut pendant un mois. Les baleiniers norvégiens rebaptisèrent l’île : Bouvetøya. En 1971, la Norvège déclara l'île Bouvet et les eaux environnantes réserve naturelle[3]. Le pays y installa, en 1977, une station météo automatisée[6].

Le 22 septembre 1979 eut lieu l'incident Vela[8] : un satellite enregistra un flash de lumière pouvant être interprété comme une explosion nucléaire entre l'île Bouvet et l'archipel du Prince-Édouard.

Les 20 et 21 février 2012, le navire d'expédition Hanse Explorer s'est rendu jusqu'à l'île Bouvet, dans le cadre de L'Expédition pour le futur. Piloté par six québécois, l'expédition comptait neuf personnes, de cinq pays différents. Ils ont réussi, sur ces deux jours, l'ascension d'un des derniers territoires inexplorés de l'Homme. Ils y ont planté le drapeau norvégien (maintenant dans un musée à Oslo) et ont recalibré le sommet à 774 m pour les archives du Scott Polar Research Institute de l'Université de Cambridge (U.K.).

Quatre premiers grimpeurs, Aaron Halstead, Will Allen, Bruno Rodi et Jason Rodi, ont été les premiers humains à gravir le plus haut sommet de l'ile de roches volcaniques et de glace (répertoriée à 780 mètres). Ils ont laissé une capsule temporelle contenant au sommet des visions de l'avenir pour 2062. Le lendemain matin, l'expert alpiniste néo-zélandais Aaron Halstead a mené à nouveau les cinq autres grimpeurs : Sarto Blouin, Seth Sherman, Chakib Bouayed, Cindy Sampson et Akos Hivekoviks jusqu'au sommet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

La côte occidentale de l'île.

Même si l'île est inhabitée, elle possède néanmoins son propre code Internet international : .bv (sur la liste TLD de code de pays)[9].

En 1964, un canot de sauvetage abandonné fut découvert sur les rivages de l'île, avec des provisions à son bord ; cependant, les passagers de cette embarcation ne furent jamais retrouvés[4].

Dans un reportage du 11 juin 2013, France 2 révèle dans son magazine de reportages Cash investigation qu'un compte bancaire est ouvert à l'HSBC Genève depuis cette île alors qu'elle est inhabitée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commission nationale de toponymie, conseil national de l'information géographique, Pays indépendants et capitales du monde : Entités géopolitiques dépendantes au 01.06.2006,‎ 24 avril 2006, 10 p. (lire en ligne), p. 4
  2. Partie émergée d'un volcan de la dorsale médio-atlantique.
  3. a, b, c, d, e et f L'île Bouvet sur le site Les manchots. Consulté le 12 juin 2008.
  4. a, b, c et d L'île Bouvet sur le site de Lonely Planet. Consulté le 12 juin 2008.
  5. Source : CIA World Factbook. Consulté le 12 juin 2008.
  6. a, b, c, d, e, f, g et h (en) The south atlantic and subantarctic islands : Bouvetoya Lire en ligne. Consulté le 12 juin 2008.
  7. James Cook et l'île Bouvet sur t-extreme.ifrance.com. Consulté le 12 juin 2008.
  8. (en) L'incident Vela sur nuclearweaponarchive.org. Consulté le 12 juin 2008.
  9. Code Internet de l'île Bouvet sur indexmundi.com. Consulté le 12 juin 2008.

Annexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • (en) Philip Edwards, James Cook: The Journals, prepared from the original manuscripts by J. C. Beaglehole 1955-67, Penguin Books, Londres, 2000 (ISBN 978-0140436471)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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