Guide du routard

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Le guide du routard
Directeur de publication Philippe Gloaguen
Genre Tourisme
Pays d'origine France
Lieu de parution Paris
Éditeur Actuel : Hachette Livre ; Précédent : éditions Gedalge

Le Guide du routard est une collection de guides touristiques française fondée en avril 1973 par Michel Duval et Philippe Gloaguen, dans le sillage des back packers' guides américains. Ces guides, au nombre de 135 en 2012[1], sont édités depuis 1975 chez Hachette Livre. En 40 ans (de 1972 à 2012), il s'en est écoulé pas moins de 40 millions[2].

Les origines du Guide du routard[modifier | modifier le code]

Un projet porté par Philippe Gloaguen[modifier | modifier le code]

Philippe Gloaguen sur le plateau d'Europe 1 à Rennes, le 27 janvier 2011.

En 1971, Philippe Gloaguen et Michel Duval partent pour un long voyage dans le monde au cours duquel ils prennent beaucoup de notes[3]. De retour à Paris, Jean-François Bizot, alors directeur du mensuel Actuel, suggère à Philippe Gloaguen de publier un guide de voyage à partir de ses notes. C'est ainsi qu'il le propose à 19 maisons d'éditions[4]. Seules les éditions Gedalge décident de publier ce guide destiné aux voyageurs à budget serré. Il sort en avril 1973 cosigné par Michel Duval et Philippe Gloaguen. Mais le patron de cette petite maison d'édition meurt écrasé par un bus à l'été 1973, ce qui met en péril le projet de guide.

Philippe Gloaguen croise alors le chemin de Gérald Gassiot-Talabot, qui dirige le pôle tourisme et notamment les Guides bleus chez Hachette Livre. À l'issue de leur rencontre, Hachette va investir dans le Guide du routard, qui reparaît en 1975 avec quatre volumes.

Les influences américaines[modifier | modifier le code]

À sa création, le Guide du routard s'inscrit dans le sillage des « back packers' guides » américains et du célèbre Hitch-hiker's Guide to Europe (en) publié en 1971. La première collection de guides pratiques pour voyageurs désargentés est née, en 1959, aux États-Unis sur l'initiative d'Arthur Frommer. Elle inspire ensuite les étudiants d'Harvard qui fondent les guides "Let's go" en 1960. Le Guide du routard est une déclinaison française de ce concept.

Le marcheur, symbole du Routard[modifier | modifier le code]

La couverture des guides est ornée d'un marcheur dont le sac à dos est un globe terrestre ; c'est le logo de la collection. L'illustration est créée par le dessinateur Solé pour les éditions de 1975. Le personnage du marcheur a beaucoup évolué depuis[5], pour mieux coller à son temps. À l'origine baba-cool, le marcheur a progressivement laissé tomber son look seventies. Il a ainsi abandonné son pantalon à pattes d’éléphant et ses pataugas, ses cheveux ont raccourci et il s'est mis à porter une montre au poignet. Avec les éditions 2000 des guides, la moustache emblématique du personnage a même définitivement disparu[6]. Par ailleurs, alors qu'à l'origine le marcheur figurait en pleine page de couverture, sa taille a considérablement rapetissé de manière à laisser de la place dès 2001 à des photos illustrant le pays dont traite le guide. Ce personnage symbole de la marque est notamment parodié en 2007 sur la couverture de la BD de Jul (dessinateur) le Guide du moutard — Pour survivre à 9 mois de grossesse[7].

De 1980 à nos jours[modifier | modifier le code]

Le tournant des années 1980[modifier | modifier le code]

Le pari de Hachette s'avère réussi en 1980 : la collection, qui compte dix titres, se vend à 100 000 exemplaires. Après l'étranger, le Guide du routard se lance dans la découverte de la France. Le succès des éditions « Week-ends autour de Paris » et « Bretagne »[8] entraîne la naissance de titres consacrés aux régions françaises.

Parallèlement, l'équipe s'étoffe et s'installe dans le quartier de la Butte-aux-Cailles, à Paris. Michel Duval, cofondateur du Guide, s'est éloigné. Pierre Josse, ancien correcteur aux Guides Bleus, vient seconder Philippe Gloaguen, pour qui il a commencé à écrire en 1979[9]. En 2010, il est toujours le rédacteur en chef de la collection chez Hachette Livre.

La marque s'étend hors de l'édition[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990 apparaissent les produits dérivés de la marque. Le Guide du Routard se lance en 1999 dans la fiction avec une collection de livres intitulé « Le Polar du Routard ». Ceux-ci mettent en scène Edmond Benakem, breton d'origine tunisienne et... collaborateur pour le Guide du routard. Des compilations musicales nommées « disque du routard » sont également mises en vente. La marque figure aussi bien sur un couteau Laguiole que sur la série limitée de la Renault Kangoo en 2004[10].

En 2003 sont organisés les trophées du Routard, qui permettent à des jeunes de partir effectuer des projets humanitaires dans des pays en voie de développement grâce aux bourses et aux billets d'avion offerts par le Routard. Ces trophées sont intégrés depuis 2007 aux trophées du tourisme responsables, organisés par Voyages-sncf.com, qui récompensent des initiatives dans huit catégories.

Côté édition, le Guide du Routard se diversifie en 2005 avec une collection de guides de conversation pratique (allemand, anglais, espagnol, italien...)[4].

La collection comptait en 2007 plus de 140 titres.

Fin 2003, le Guide du routard déclarait publier quatre éditions en langue étrangère[10] : anglaise, italienne, espagnole et néerlandaise.

En 2010, le Guide du routard sort des applications sur iPhone et iPad, qui reprennent des informations de plusieurs guides papier en format numérique. Ces guides sont disponibles pour une dizaine de villes.

De septembre à décembre 2010 sont diffusés sur France 2 des courts métrages mettant en scène des anecdotes issues des guides du routard en vidéo. Ces films intitulés « En quête d'ailleurs » sont sponsorisés par la carte Visa Premier[11].

La fabrication des guides[modifier | modifier le code]

  • Pour remettre à jour ses guides, le Routard déclare organiser plus de 200 voyages par an [réf. nécessaire]. Le service communication du Routard assure que seuls 4 à 5 guides sont réédités tous les 2 ans.
  • Selon Philippe Gloaguen, on compte environ 100 000 adresses répertoriées dans l’ensemble de ses guides.[réf. nécessaire]
  • Il faut un an environ, selon Philippe Gloaguen, pour rédiger un guide. Deux à trois mois selon certains enquêteurs anonymes[12].
  • Ce sont 4 à 5 enquêteurs qui voyagent sur le terrain pendant plusieurs semaines, selon le service communication du Routard. Plus souvent deux enquêteurs seulement[13]. Les enquêteurs disposent tous de contrats d'auteur conformément à la législation des œuvres collectives [14].
Plaques de recommandation du Routard sur la devanture d'un établissement

Après la fabrication des guides, lorsqu'ils sont recommandés par le Guide du routard, les établissements hôteliers et de restauration peuvent acheter une plaque et un autocollant « Recommandé par le routard »[15] auprès de la société CLAD Conseil[16], fondée fin 1986 et actuellement dirigée par Bénédicte Gloaguen.

Des guides critiqués[modifier | modifier le code]

Un livre-enquête, écrit par Baudouin Eschapasse, en mars 2006 (Enquête sur un Guide de voyages dont on doit taire le nom) raconte les « coulisses » de cette « institution touristique ». L'auteur y dévoile un certain nombre d'éléments méconnus sur le Routard, notamment la présence de notices vantant des établissements (restaurants, hôtels, agence de voyage) où Philippe Gloaguen ou ses collaborateurs auraient des intérêts[17],[18]... Le même mois sortent les mémoires de Philippe Gloaguen, Une vie de routard, qui raconte la version de l'histoire du guide par son fondateur[19].

Dans un documentaire diffusé sur France 5 le 13 mars 2011, une agence de voyage cambodgienne relève deux inexactitudes avérées dans le Guide du Routard, montrant que certains points n'ont pas été mis à jour depuis plusieurs années[20]. Philippe Gloaguen lui annonce dès le lendemain par des courriels incendiaires son exclusion immédiate du guide alors qu'il venait d'écrire huit lignes sur cette agence[21].

En 2004, Jean-Paul Labourdette, patron du guide concurrent français le Petit Futé, déplorait que ses guides soient moins bien distribués dans les Relay, propriétés — comme Hachette — du groupe Lagardère, que les Guides du routard[3].

Le Guide du Routard à l'heure d'Internet[modifier | modifier le code]

En 1996, le Guide du Routard se lance sur le Web. Mais la création du site actuel routard.com, créé en association avec le groupe Lagardère, date de juin 2001. En juin 2009, ce site totalisait une audience de 2 millions de visiteurs en France, plus de 38 millions de pages vues et 4,5 millions de visites au total[22].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • On peut également citer les guides de villes avec des plans détachables (pour certains subventionnés par les municipalités, comme le guide Lille ou le guide Ottignies Louvain-la-Neuve).
  • En 2007, le Guide du Routard a créé le guide de la région Lorraine à l’occasion du nouveau TGV Est (en partenariat avec la SNCF) et sorti sa première édition du guide des meilleurs campings de France. Un dictionnaire visuel, intitulé G'Palémo, est aussi publié.
  • Chaque semaine sur RTL, Jean-Sébastien Petitdemange (enquêteur au sein de la collection de guides) présente les bonnes adresses du Routard le samedi dans RTL Itinéraire d'un auditeur gâté de 13 h 30 à 15 h.
  • Un Guide du Routard « Tourisme durable », a été publié avec l'Ademe en 2008[23].
  • Jean-François Bizot a inventé le mot « routard » en 1972 dans son magazine « Actuel ». Mais c'est Philippe Gloaguen qui a déposé le mot « routard » à l'INPI en 1975. Les applications de cette marque communautaire sont consultables dans la base de données de l'INPI[24].
  • Philippe Gloaguen a demandé que Le Guide du routard galactique (traduction d'un roman de science-fiction anglais de Douglas Adams intitulé The Hitchhiker's Guide to the Galaxy) modifie son titre. Ce roman de science-fiction a été « rebaptisé » : « Le Guide du voyageur galactique » après que son éditeur (Denoël) eut reçu des lettres de mise en demeure de la part de l'avocat de Philippe Gloaguen, propriétaire de la marque Routard[25].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « "Emission sur France Info du 06/07/2012 intitulée "Philippe Gloaguen, fondateur du "Guide du Routard" : "On est ravi d'être pillés" »
  2. (fr) « "Emission sur France Info du 06/07/2012 intitulée "Philippe Gloaguen, fondateur du "Guide du Routard" : "On est ravi d'être pillés" »
  3. a et b (fr) « La face cachée du "Guide du Routard"» », consulté le 18 août 2010
  4. a et b (fr) « La saga du routard » », consulté le 18 août 2010
  5. (fr) « Philippe Gloaguen, 44 ans, créateur du « Guide du routard » », consulté le 18 août 2010
  6. (fr) « Aviez-vous remarqué que le routard s’était rasé la moustache ? », consulté le 18 août 2010
  7. (fr) « Le Guide du Moutard », sur www.bedetheque.com, consulté le 18 août 2010
  8. (fr) « Une certaine idée du voyage », consulté le 18 août 2010
  9. (fr) « Interview de Pierre Josse », consulté le 18 août 2010
  10. a et b (fr) « Kangoo joue le globe trotter avec une série limitée "Le Routard" », consulté le 18 août 2010
  11. (fr) « En quête d'ailleurs », consulté le 11 octobre 2010
  12. Lire à ce sujet « Enquête sur un guide dont on doit taire le nom », pages 105 et suivante
  13. Numéro spécial du Canard Enchaîné, « Marchand de soleil », 2006
  14. Voir les articles de Livre Hebdo intitulés « De l'adaptation de l'œuvre collective » (du 28 mars 2008) et « Le forfait révisé » (du 11 janvier 2008)
  15. (fr) « Plaques et autocollants, le business du Guide du routard », consulté le 19 août 2010
  16. (fr) « Fiche entreprise Clad Conseil », consulté le 19 août 2010
  17. (fr) « La face cachée du routard» » l'Express
  18. (fr) « Routard contre roublard » », l'Express
  19. (fr) « Le Routard contre-attaque » », consulté le 19 août 2010
  20. (fr) « Le patron du guide du routard se fache » »
  21. (fr) « Le guide du Routard, on l'aime ou il vous quitte » », sur le site des Inrocks
  22. (fr) « Présentation vidéo sur routard.Com » »
  23. Source Ademe (Guide du Routard « Tourisme durable »)
  24. (fr) « Base de données de l'INPI» »
  25. Jean Bonnefoy, traducteur du roman en question raconte, sur son site personnel, cette histoire : Jean Bonnefoy, « Le guide galactique », sur www.siteordo.online.fr : « Car hélas en effet, l'intéressé précisa illico que le problème venait non pas du mot Guide mais bien de ce Routard qui était une invention personnelle de celui et du reste déposée. (Note : renseignement pris, le nom « Routard » a bel et bien été en effet déposé dès 1975 à l'INPI, dont acte.) »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]