Liberia

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République du Liberia

Republic of Liberia (en)

Drapeau
Drapeau du Liberia
Blason
Armoiries du Liberia
alt=Description de l'image Liberia (orthographic projection).svg.
Devise nationale The love of liberty brought us here
(C’est ici que nous a amené l’amour de la liberté)
Hymne national All Hail, Liberia Hail
Administration
Forme de l'État République
Présidente Ellen Johnson Sirleaf
Vice-président Joseph Boakai
Langues officielles Anglais
Capitale Monrovia

6° 19′ N 10° 48′ O / 6.317, -10.8 ()

Géographie
Plus grande ville Monrovia
Superficie totale 111 369 km2
(classé 104e)
Superficie en eau 1 %
Fuseau horaire UTC +0
Histoire
Indépendance des États-Unis
date 26 juillet 1847
Démographie
Gentilé Libériens
Population totale (2012) 3 887 886 hab.
(classé 127e)
Densité 34 9 hab./km2
Économie
IDH (2013) 0,388 (Faible) (174)
Monnaie Dollar libérien (LRD​)
Divers
Code ISO 3166-1 LBR, LR​
Domaine Internet .lr
Indicatif téléphonique +231

Le Liberia ou Libéria[1], en forme longue la République du Liberia (ou la République du Libéria), en anglais Liberia et Republic of Liberia, est un pays d'Afrique de l'Ouest bordé au sud par l'océan Atlantique, au nord-ouest par la Sierra Leone, au nord par la Guinée et à l’est par la Côte d’Ivoire. Première nation d'Afrique à avoir obtenu son indépendance en 1847, le Liberia est présidé depuis le 16 janvier 2006 par Ellen Johnson-Sirleaf, corécipiendaire du prix Nobel de la paix 2011, première femme élue à la tête d'un État africain.

Le pays, qui compte parmi les 10 pays les moins développés du monde (avec un indice de développement humain de 0,329 en 2011), fait partie de la CEDEAO.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Liberia.

En 1822, le Libéria est fondé par une société américaine de colonisation (The National Colonization Society of America, « la société nationale d'Amérique de colonisation »), pour y installer des esclaves noirs libérés. C’est le début de tensions entre les Américano-Libériens et la population autochtone.

Le 26 juillet 1847, le Libéria devient une république indépendante. Le suffrage censitaire permet à l'élite américano-libérienne, représentée par le parti True Whig, de conserver le pouvoir durant un siècle. En 1880, le royaume voisin de Medina est annexé.

En 1931, la Société des Nations (SDN) condamne les conditions de travail forcé imposées aux autochtones par les Américano-Libériens pour le compte de multinationales de l’industrie du caoutchouc. Le scandale contraint le gouvernement à la démission. En 1936, le nouveau gouvernement interdit le travail forcé. Néanmoins, les autochtones, privés de droit de vote, restent des citoyens de seconde zone. Il faudra attendre mai 1945 pour que le président William Tubman accorde le droit de vote aux autochtones.

En 1960, le Libéria entre dans une période de 20 années de prospérité, grâce à des concessions offertes à des multinationales étrangères (principalement américaines et allemandes) pour l’exploitation des gisements de minerai de fer du pays.

En 1971, William Tolbert, vice-président depuis 1951, accède à la présidence à la mort du président Tubman. La politique économique qu’il mène accroît le clivage entre Américano-Libériens et autochtones.

Le 12 avril 1980, le gouvernement du True Whig est renversé lors d'un coup d'État mené par Samuel Kanyon Doe, un autochtone qui prend le pouvoir. Le président Tolbert est assassiné ainsi que plusieurs ministres. Doe instaure rapidement une dictature.

En 1989, le National Patriotic Front of Liberia (NPFL), un groupe d'opposition sous l’autorité de Charles Taylor, s'organise. La révolte gagne rapidement l'ensemble du pays sans rencontrer de résistance sérieuse de la part des forces gouvernementales. Néanmoins, l’avancée est stoppée aux portes de Monrovia. Dans le même temps, les membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) décident l’envoi de sa force d’interposition, l’ECOMOG, composée de 4 000 hommes.

En 1990, un désaccord au sein du NPFL conduit Prince Johnson à faire sécession, et à créer l’Independent National Patriotic Front of Liberia (INPFL) avec un millier de dissidents. Le 9 septembre 1990, le président Doe est assassiné par Prince Johnson lors d’une visite aux troupes de l’ECOMOG.

En 1992, le NPFL tente un nouvel assaut sur Monrovia qui se solde par un échec. La situation s'enlise. Des chefs de guerre créent de nouvelles factions dissidentes. Les tentatives de résolution du conflit par la CEDEAO restent vaines.

En 1996, l'ensemble des factions acceptent la tenue d'un vote sous l'égide de la CEDEAO. Entre 1989 et 1997, la guerre civile a coûté la vie à près de 150 000 personnes, des civils pour la plupart, et provoqué un effondrement total de l'État.

Le 19 juillet 1997, Charles Taylor est élu président de la République du Libéria avec 75 % des voix. La validité de l'élection est mise en doute malgré les nombreux observateurs étrangers dépêchés pour l’occasion par des organisations internationales.

En 1998, l'ECOMOG quitte le Libéria.

En 2003, après le départ de Charles Taylor, une transition politique est organisée, sous contrôle étroit de l’ONU. Le 23 novembre 2005, Ellen Johnson Sirleaf sort victorieuse du second tour de l’élection présidentielle avec 59,4 %, contre 40,6 % pour George Weah. Elle devient ainsi la première femme élue démocratiquement présidente d’un pays en Afrique. Elle prête serment le 16 janvier 2006 et entre ainsi officiellement en fonction.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Liberia.

Après la dissolution du Parti républicain en 1876, le True Whig, parti unique, exerce le pouvoir jusqu'au coup d'État de 1980.

Depuis la fin de la guerre civile, le Liberia est une république multipartite à régime présidentiel en phase de transition vers une démocratie. Le gouvernement est basé sur le modèle des États-Unis avec trois branches égales[Lesquelles ?], bien que le président occupe en réalité une place prépondérante dans le paysage politique. Actuellement, aucun parti ne détient la majorité au parlement.

La plus longue présidence fut celle de William Tubman, en fonction de 1944 à sa mort en 1971. La plus courte fut celle de James Skivring Smith, qui ne dura que deux mois, du 4 novembre 1871 au 1er janvier 1872.

Armée[modifier | modifier le code]

Les Forces armées du Libéria (AFL) sont créées en 1962 à partir de la "Force de la frontière libérienne" établie en 1908. Pour la quasi-totalité de son histoire, l'AFL a reçu des États-Unis un matériel considérable et de l'aide pour sa formation. Pour la plus grande part de la période 1941-89, la formation était principalement fournie par des conseillers américains. Cette assistance n'a pas permis de relever le faible niveau d'efficacité militaire, fait courant dans la plupart des forces armées des Pays en développement.

Pour la plus grande partie de la Guerre froide, l'AFL a mené peu d'action, excepté l'envoi d'un groupe armé au Congo dans des années 1960 pour l'Opération des Nations unies au Congo. Cela a changé pendant la première guerre civile libérienne en 1989. L'AFL s'est empêtrée dans le conflit qui a duré de 1989 à 1996-97, puis dans la Seconde guerre civile libérienne, qui a duré de 1999 à 2003.

Après avoir été complètement démobilisée après la deuxième guerre civile, l'AFL est en train d'être réformée et subit une nouvelle réorganisation. Elle est actuellement composée de deux bataillons d'infanterie. La reconstitution de la Garde côtière libérienne et une escadre aérienne est prévue.

Au cours de la période de transition démocratique, le gouvernement libérien a demandé à un officier de l'Armée nigériane, le général de division Suraj Alao Abdurrahman, d'occuper les fonction de chef de l'armée.

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions du Libéria.

Le Libéria est réparti en 15 comtés : Bomi, Bong, Gbarpolu, Grand Bassa, Grand Cape Mount, Grand Gedeh, Grand Kru, Lofa, Margibi, Maryland, Montserrado, Nimba, River Cess, River Gee, Sinoe.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte du Libéria
Article détaillé : Géographie du Liberia.

Le Libéria est bordé par l'Atlantique au sud et au sud-ouest, et limitrophe de la Sierra Leone au nord-ouest, de la Guinée au nord et de la Côte d'Ivoire à l'est.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Libéria.

Le Libéria est un paradis fiscal dont l'une des particularités est de ne jamais faire apparaître le nom des personnes physiques sur ses registres du commerce. Le Libéria fait partie des pavillons de complaisance.

C’est au Libéria que se trouve la plus vaste plantation d’hévéas au monde (48 000 hectares), propriété de Firestone, le géant américain du pneu devenu depuis 1988 une filiale du groupe japonais Bridgestone.

Le Libéria a des ressources de minerais de fer dans le Mont Nimba à la frontière de la Côte d'ivoire.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Liberia.

En 1981, la population du Liberia s’éleve à 1,2 million d’habitants.

Entre 1990 et 1995, les combats font plus de 200 000 morts et 800 000 Libériens trouvent refuge à l’étranger (Côte d’Ivoire et Guinée), s’ajoutant au million de personnes déplacées à l’intérieur du pays. En raison de la guerre, le Libéria connaît un taux de mortalité infantile très élevé (132 pour 1 000).

En 2001, la population du Libéria est estimée à 3 230 000 habitants et à 3,32 millions en 2003, ce qui représente une densité faible de 33 habitants au km2.

Elle tombe à environ 2 800 000 habitants, suite à la guerre civile opposant les troupes du président Charles Taylor au L.U.R.D. (Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie) soutenu par les États-Unis et le régime de la Guinée,

Les Américano-Libériens sont au nombre de 20 000 et la communauté libanaise est forte de 10 000 représentants. La population autochtone se compose d'une quinzaine de communautés. Le sud du pays est dominé par les Krous, le reste de la population appartient à des groupes rattachés à la famille mandingue (Mendé, Koniaque,Kpelle, Vaïs, etc.).

La population de Monrovia, capitale et principal port du pays, a considérablement augmenté du fait de l’exode des populations civiles fuyant les combats : (720 000 habitants en 1994 contre 425 000 en 1984). Le second port, Buchanan (24 000 habitants en 1984), est relié par voie ferrée aux mines de fer du mont Nimba, dont la production a été arrêtée pendant le conflit.

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

Santé[modifier | modifier le code]

Le taux de fécondité est de 6,8 naissances par femme dans le début du XXIe siècle[2].

Les dépenses de santé sont de 22 US$ (PPA) en 2004[2].

En 2005, l'espérance de vie à la naissance est de 44,7 ans5[2]. Le taux de mortalité infantile est de 15,7 %[2](155,8 décès pour 1000 naissances)[3].

La prévalence de VIH / SIDA est d'environ 2 % de la population en 2009[4].

En 2014, le Libéria est touché de plein fouet par une importante épidémie du virus Ebola, la plus grave subie jusqu'à présent.[5]

Éducation[modifier | modifier le code]

L'université du Libéria est située à Monrovia. Créée en 1862, c'est l'un des plus anciens établissements d'enseignement supérieur d'Afrique. La guerre civile a sérieusement endommagé l'université dans les années 1990. La restauration de l'université a débuté peu après la restauration de la paix.

L'université de Cuttington a été fondée par l'Église épiscopale des États-Unis en 1889. Elle est située dans le district de Suakoko à environ 190 km au nord de Monrovia.

D'après les estimations de l'UNESCO en 2004, 65 % des élèves sont inscrits à l'école primaire et seulement 24 % pour le cycle secondaire[6]. Au-delà de la misère économique, le problème des enfants soldats explique en partie le faible taux de scolarisation à l'école secondaire. Mais depuis l’investiture de Mme Johnson-Sirleaf en 2006, les droits de scolarité ont été supprimés, entraînant une hausse spectaculaire de 82 % des inscriptions dans le primaire en à peine deux ans.

Religions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Liberia.
Femmes et jeunes filles du Liberia, en costume de fête (1910)

Les principales religions sont le christianisme (85 %) et l'islam (12 %)[7].

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Codes[modifier | modifier le code]

Le Libéria a pour codes :

Dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Le film Lord of War évoque un chef de guerre inspiré de Viktor Bout, le célèbre trafiquant d'arme qui a fait parler de lui au Liberia, Sierra Leone, RD congo (Viol des résolutions de l'ONU, ravitaillement des rébellions en armes). Capturé en Thaïlande, il est en prison aux USA actuellement
  • Le jeu Metal Gear Solid, le personnage de Raiden y est né, puis y a combattu comme enfant soldat.
  • Le livre American Darling, de Russell Banks (Éd. Actes Sud, 2005)
  • Le livre Allah n'est pas obligé, de Ahmadou Kourouma qui raconte la vie d'un enfant-soldat (prix Renaudot en 2000 - Éd. du Seuil)
  • Visa pour l'enfer de Célhia de Lavarène
  • Le film Johnny Mad Dog (2008) de Jean-Stéphane Sauvaire, évoquant la vie d'un groupe d'enfants soldats.
  • Le reportage Le guide VICE du Liberia, composé de huit parties, livre une image critique de la situation du pays[1].
  • Helene Cooper (en), La Maison de Sugar Beach, traduction de Mathilde Fontanet, Zoé, 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.vice.com/fr/the-vice-guide-to-travel/the-vice-guide-to-liberia-1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]