Voh

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Voh
Vook
Vue de Cœur de Voh
Vue de Cœur de Voh
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité Nouvelle-Calédonie
Province Province Nord
Aire coutumière Hoot Ma Waap
Maire
Mandat
Guigui Dounehote
2014-2020
Code postal 98833
Code commune 98831
Démographie
Population
municipale
3 160 hab. (2014)
Densité 3,9 hab./km2
Ethnie Kanaks : 71,1 %
Européens : 15,3 %
Métis : 5,5 %
Asiatiques : 2,9 %
Tahitiens : 0,8 %
Wallisiens-Futuniens : 0,7 %
Ni-Vanuatu : 0,5 %
Autres : 3,2 %
Géographie
Coordonnées 20° 57′ 34″ S 164° 41′ 17″ E / -20.959339, 164.68800320° 57′ 34″ Sud 164° 41′ 17″ Est / -20.959339, 164.688003  
Altitude Min. 0 m – Max. 1 092 m
Superficie 804,9 km2
Localisation

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Voh (en langue locale : Vook[1]) est une commune française de Nouvelle-Calédonie qui fait partie de la Province Nord. On y compte 3 160 habitants en 2014.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La région était entrée dans l'histoire en 1865 avec le massacre par les Kanak des équipages de la Reine-des-Iles et du cotre le Secret à Pouangué (Gatope), ce qui avait entraîné l'érection du fort à Gatope qui sera abandonné dès 1869 à une époque où la région avait été pacifiée. En juin 1891 que l'administration décida d'allotir la petite vallée de Voh pressentant qu'il n'y aurait bientôt plus de place pour les immigrants à Koné ou à la Ouaménie (centre de Gilliès). L’Avenir de la Nouvelle-Calédonie du 25 juin 1891 écrivait : « L’administration se dispose, dit-on à envoyer des immigrants à Voh… ». Fin juillet, la décision était prise de créer un centre agricole sur la rive droite de la rivière de Voh, sur des terrains renoncés volontairement, moyennant rétribution, par les Kanak de la région. L’Avenir du 1er août l’annonçait d’une manière très critique, dénonçant le manque de voies de communication dans cette région : « A Voh. — Lorsque l’administration est en disposition de commettre une gaffe, rien ne peut l’en empêcher. Elle a décidé d’envoyer des colons à Voh où il n’y a ni routes, ni moyens de transport, et on peut être sûr que toutes les objections du monde ne l’empêcheront pas de suivre son idée...». Le plan du nouveau centre agricole sur 950 ha était déjà levé en septembre 1891 par le géomètre Piarchi et présenté au Conseil privé le 8 décembre. Le nouveau centre était divisé en trois parties : lots de village : 37 de 0,15 ha plus 4 de 0,125 ha; lots de culture: 25 de 5 ha plus 2 de 3 ha; lots de pâturage de 20 ha sur 380 ha: 19 lots. Juste avant l’ouverture officielle de Voh en janvier 1892, le Conseil privé du 8 décembre 1891 avait déjà approuvé l’attribution à titre gratuit et conditionnel d'un lot de 3,52 ha à un ancien militaire congédié, Constant Godin. Le centre de Voh fut officiellement ouvert à la colonisation le 23 janvier 1892 avec l'envoi de 23 personnes débarquées à Gatope: les familles de Georges Weiss, Jean-François Jocteur, Alexandre Paulaud plus deux hommes seuls: Claude Rousson, Jean-Baptiste Mirandon et deux célibataires: Pancrace Mainard (ancien militaire) et Marin Poncet arrivés soit par l'Australien du 11 décembre 1891, soit par l'Océanien du 12 janvier 1892. En l'espace de six mois, Voh sera déclaré complet. La France australe du 25 juillet titrait : « Le centre de Voh. — Le centre de Voh de création absolument récente a acquis déjà une certaine importance. C’est ainsi qu’il existait déjà dans cette localité vingt-sept concessions, accordées soit à des familles, soit à des célibataires et toutes en exploitation. Par le dernier courrier de la côte Ouest, six familles, formant un total de 44 personnes et arrivés dans la colonie par l’Armand Béhic, ont encore rallié Voh, où il n’existe plus maintenant de concession à donner...». En août 1892, Voh était complet avec 28 familles installées soit 108 habitants, dont 28 hommes, 15 femmes et 65 enfants (session budgétaire du Conseil général du 22 août 1892, pages 110-113). L’arrêté du 6 septembre 1892 créa un bureau d’état-civil et fixa les limites de la circonscription de Voh (JONC du 10 septembre 1892). Cependant, sur l'insistance des colons de Voh, l'administration s'engagea à créer un nouveau centre sur la rive gauche de la rivière. En effet, les colons installés depuis janvier 1892 sur la rive droite avaient exprimé leur volonté de faire du centre agricole de Voh, une réussite. Ils avaient pour cela créé un syndicat d’entr’aide et avaient adressé en juillet 1893 une lettre au journal La Bataille publiée le 19 juillet 1893, affirmant leur volonté de développement du centre. Nul doute que cet enthousiasme avait été communiqué au gouverneur Paul Feillet lors de sa visite à Voh le 25 octobre 1894. Suite à cette visite, Paul Feillet faisait part dans une lettre aux colons, datée du 5 mars 1895 de sa décision de créer une extension du centre agricole sur la rive gauche: «Lors de ma visite à Voh, j’ai constaté avec la plus vive satisfaction le développement qu’avait déjà pris ce centre agricole, grâce aux efforts intelligents et persévérants des colons qui le mettent en valeur ; mais en même temps mon attention a été appelée sur l’insuffisance du nombre des terres cultivables de ce centre, qui, s’il ne recevait pas d’extension, se trouverait étouffé dans des limites trop étroites. La pensée m’est alors venue d’agrandir le centre de Voh et d’y tenter une expérience qui, si elle réussissait, comme je n’en doute pas pour ma part, ne servirait pas seulement les intérêts de cette région mais constituerait aussi un enseignement et un encouragement pour la cause de la colonisation libre de la Calédonie. J’ai profité de ce que la tribu canaque établie à Voh n’était pas installée sur une réserve régulièrement constituée, mais ne jouissait du sol que par une simple occupation de fait, pour passer avec elle un arrangement qui, tout en ménageant ses intérêts matériels, permettrait à mon administration de poursuivre la réalisation du dessein qu’elle s’était proposé. La tribu a été cantonnée sur une autre partie du territoire après avoir reçu l’indemnité qu’il a paru convenable, par esprit de bonne administration et d’équité, de lui consentir. Cent cinquante hectares d’excellente terre à culture sont ainsi devenus disponibles...» (La France australe du 7 mars 1895). Originellement, Voh rive gauche, devait se composer de 42 lots de village d'une vingtaine d'ares chacun, plus 31 lots de culture d’environ 5 ha et de lots de pâturage d’environ 10  ha Le plan du nouveau centre sera achevé en novembre 1895, époque à laquelle sera discutée en Conseil privé du 27 novembre la création d’une Commission municipale à Voh. De nouvelles familles s'installeront: Sauvageot, Destoop, Cez, Bourrèche à côté d'anciens colons: Sanial, Vigoureux, Parent, Mainard. En 1898, le gouverneur Feillet soulignait le succès de cette expérience lors de son discours prononcé devant le Conseil général le 2 mai 1898 permettant à Voh de passer de 35 à 76 foyers en à peine trois ans (JONC du 7 mai 1898). En réalité, Voh, rive gauche n’aura qu’une éphémère existence. Aujourd’hui les terrains sont occupés par un nouveau lotissement résidentiel. Les colons de Voh se tourneront très vite vers la culture du café ce qui assura la pérennité du centre; témoin de Musée du Café récemment ouvert.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1961 1971 Raymond Rolly    
1971 1977 Joseph Apou Thidjite    
1977 1983 Julien Dounehote Union calédonienne puis FI-UC  
1983 1989 Gustave « Freddy » Lethezer PSNC  
1989 1995 Guigui Dounehote FLNKS-Palika  
1995 1997 Gustave « Freddy » Lethezer DECA  
1997 en cours Guigui Dounehote FLNKS-UNI-Palika  

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

En arrière de la plage de Gatope se trouve sous les frondaisons, la poudrière, le seul vestige en pierre du fort érigé en 1865. Une plaque commémorative placée sur un obélisque blanc bâti sur un petit promontoire, non loin de la poudrière, rappelle le souvenir du massacre de 1865. La commune dispose de quelques belles demeures coloniales (anciennes propriétés Destoop notamment près de l'EcoMusée du café) malheureusement en ruine. Non loin de l'ancien centre de Voh, rive gauche, au sein du nouveau lotissement, il existe une ancienne poudrière datant du temps des Américains.

Le Cœur de Voh se trouve sur le territoire de la commune. Il a été rendu célèbre en faisant la couverture du livre La Terre vue du Ciel du photographe Yann Arthus-Bertrand. Il s'agit d'une clairière naturelle dans la mangrove bordant le lagon Calédonien.

Le message fort transmis par cette curiosité de la nature a fait du Cœur de Voh un symbole d'une Terre qu'il est urgent de préserver.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De Balade à la Ouaménie - Les essais de colonisation en Nouvelle-Calédonie de 1853 à 1893. Publication no 67 (2012) de la SEHNC (2 volumes).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Toponymes de la commune de Vook, Province Nord. Direction de la Culture