Atoll

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La vie aquatique ou terrestre d'un atoll (ici : Marakei) et les conditions modifiées d'évapotranspiration et d'albédo engendrent des nuages, des turbulences aériennes. Leurs masse et position modifient les courants marins.
Cette animation montre le processus dynamique de la formation d'un atoll de corail. Le corail (représenté en violet) colonise le pourtour d'une île et forme une frange (récif frangeant). Avec l'enfoncement du plancher (refroidissement de la croûte océanique), cette île est progressivement ennoyée et la ceinture de corail semble se détacher de l'île (récif barrière). À terme, l'île disparaît sous la surface océanique ne laissant qu'une ceinture corallienne entourant un lagon ouvert ou fermé (atoll). Le processus de formation d'un atoll peut durer 30 millions d'années.

Un atoll est un type d'île corallienne basse des océans tropicaux. Les atolls se composent d'un récif barrière, d'un ou plusieurs îlots appelés motu formés par accumulation de sable à l'arrière de ce récif, et entourant une dépression centrale.

La dépression peut faire partie de l'île émergente ou d'une partie de la mer (c'est-à-dire d'un lagon) ou, plus rarement, d'une enceinte fermée remplie d'eau douce, saumâtre ou fortement saline.

Le terme fut popularisé par le naturaliste anglais Charles Darwin (1842, p. 2), qui a décrit des atolls comme un sous-ensemble dans une classe spéciale d'îles, dont l'unique propriété est la présence d'un récif organique. Darwin théorise également la formation de ce type de structures par enfoncement total d'un volcan sous l'eau. Darwin avait pressentit que la disposition en anneau des bancs madréporiques était probablement imputable à la submersion graduelle d'une île existant précédemment, souvent d'origine volcanique, du fait de l'affaissement de celle-ci ou de la montée du niveau de la mer due à la phase interglaciaire actuelle.

Des définitions plus modernes d'atoll ont été données par McNeil (1954, p. 396) et Fairbridge (1950, p. 341).

McNeil les définit comme « récif annulaire enfermant un lagon dans laquelle il n'y a aucun promontoire autre que des récifs et [des îlots] composés de détritus de récif ».

Fairbridge les décrit « dans un sens exclusivement morphologique, [comme] un récif en forme de ruban annulaire enfermant un lagon au centre ».

Le terme Atoll provient du divehi (langue indo-aryenne des îles Maldives) atolu. Sa première trace d'utilisation dans les langues européennes date de 1619 : le terme atollon est employé à plusieurs reprises par François Pyrard pour décrire les atolls maldiviens dans son ouvrage Voyage de François Pyrard de Laval contenant sa navigation aux Indes orientales, Maldives, Moluques, et au Brésil (Paris : Thiboust, 1619).

Processus de formation[modifier | modifier le code]

Pour qu'un atoll puisse se former, les conditions climatiques du milieu doivent rencontrer trois importantes conditions. La température doit être suffisamment élevée, il doit y avoir beaucoup de lumière (eaux peu profondes) et le milieu doit être riche en dioxygène. Ces trois conditions se retrouvent fréquemment sous les tropiques, sur la frange des îles volcaniques.

En plus des conditions climatiques, certaines conditions géologiques doivent aussi exister pour que l'atoll puisse se former. Au départ, il doit y avoir de l'activité volcanique sur une plaque océanique, comme celle du Pacifique. Si le volcan atteint une hauteur suffisante pour émerger et former une île, un récif corallien peut alors commencer à se former tout autour de cette dernière. Ce récif se construit à de faibles profondeurs, où il y a abondance de lumière. C'est le stade initial de la formation d'un atoll appelé «  récif frangeant  ».

Selon la théorie de la tectonique des plaques[1], plus une plaque océanique s'éloigne de la dorsale qui la forme, plus sa densité augmente, plus elle refroidit et plus elle s'enfonce, entraînant avec elle le matériel qu'elle supporte. Dans le cas qui nous intéresse ici, le matériel qui s'enfonce avec la plaque est un volcan. Si le taux de production de récif corallien par le corail est suffisant pour contrer le taux d'enfoncement du volcan et ainsi rester en surface, il y aura formation d'une barrière insulaire. C'est le second stade de la formation d'un atoll.

À mesure que la plaque se déplace latéralement et que le volcan s'enfonce, le récif se développe à la verticale. Avec le temps, souvent plusieurs millions d'années, le volcan disparaît complètement sous l'eau et ce qui reste à la surface est le récif corallien en forme d'anneau, c'est le stade de l'atoll proprement dit[2].

Aspects géomorphologiques[modifier | modifier le code]

Un atoll est constitué d'un assemblage d'unités géomorphologiques qui dérivent toutes de l'édifice corallien. Il s'agit donc, dans l'ensemble, d'une construction biogéomorphologique. À une échelle plus fine, on observe une zonation des formes depuis la pente externe jusqu'au lagon intérieur :

Les événements extrêmes (cyclone, tsunami, houle) sont les principaux moteurs de l'évolution géomorphologique des atolls. Sans ces événements, les motus où s'installent les populations n'existeraient pas. Les tsunamis, toutefois, ont un impact limité voire nul sur la morphologie de l'île car la valeur souvent élevée des pentes externes ne permet pas la formation de vagues déferlantes[3] (sauf cas particulier des tsunamis locaux engendrés par des glissements de terrain[4]) ; la plupart du temps, durant les tsunamis, de forts courants sortants et rentrants sont observés dans les atolls qui possèdent des passes. Les inondations marines sont par contre beaucoup plus sévères et dangereuses pour les populations durant les cyclones[5] ou les épisodes de houle.

Menaces[modifier | modifier le code]

Les populations qui vivent sur les atolls doivent faire face aux risques d'inondation marine catastrophique (cyclone surtout), et à l'augmentation du niveau des océans. Les coraux en bonne santé sont normalement capables de compenser cette élévation, mais le changement climatique global et la pollution des océans se conjuguent pour réduire cette capacité. Le premier effet visible pour les populations des atolls est la salinisation des nappes phréatiques qui deviennent inutilisables sans traitement[6]. Ces populations figurent parmi les premiers écoréfugiés. La pollution est aussi une menace pour la partie interne relativement fermée des atolls habités ou exploités pour leurs richesses.
Les coraux contribuent par ailleurs au cycle du carbone car ils sont constitués de calcaire qui est riche en carbone durablement fixé.

Quelques atolls[modifier | modifier le code]

Atoll (Bokak) vu de l'espace

Le plus grand atoll du monde, en termes de superficie, est l'atoll de Christmas dans les Kiribati : c'est aussi le plus ancien. Le plus grand par son lagon est Kwajalein (les îles Marshall), le second étant Rangiroa en Polynésie française. Taka Bonerate au sud de l'île indonésienne de Sulawesi est un autre grand atoll.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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