Sahul

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9° 36′ S 131° 42′ E / -9.6, 131.7 ()

Étendue probable du Sahul vers le XVIIIe millénaire av. J.‑C. (le niveau de la mer était alors plus bas de 150 m).

Sahul est le nom du plateau continental dont les parties émergées sont aujourd'hui l’Australie, la Tasmanie et la Nouvelle-Guinée. Le terme, autrefois utilisé pour désigner seulement les parties immergées, sert désormais pour désigner l'ensemble continental émergé il y a plus de 10 000 ans (fin de la dernière glaciation), lorsque le niveau de la mer était de plus de 100 m plus bas et que la majorité de ce plateau était alors émergé (Australie, Tasmanie et Nouvelle-Guinée réunies par des ponts terrestres), formant un seul continent nommé Sahul[1].

Écozone[modifier | modifier le code]

Ce plateau est séparé du plateau du sud-est asiatique nommé Sunda par des mers ou des détroits profonds. Ceux-ci délimitent une zone intermédiaire, la Wallacea, et surtout la ligne Wallace, ligne pratiquement infranchissable à la plupart des espèces animales terrestres, ce qui explique les profondes différences entre les deux écozones de chaque côté de cette ligne : écozone indomalaise côté Sunda, et écozone australasienne côté Sahul. Le Sahul s'identifie à une grande partie de l'écozone australasienne (qui inclut aussi la Wallacea et la Nouvelle-Zélande), qui comprend des mammifères marsupiaux comme le kangourou et le koala, ou des monotrèmes comme l'ornithorhynque, alors que l'écozone indomalaise comprend des mammifères placentaires.

Peuplement par l'homme[modifier | modifier le code]

Comme il n'y a jamais eu de continuité territoriale entre l'Asie et la Nouvelle-Guinée ou l'Australie, ceci pose le problème de la colonisation de la zone par l'homme. Or les fouilles archéologiques attestent d'une présence humaine vers 40 000 ans BP au nord-ouest de cet ensemble continental, ce qui laisse entendre que l'homme devait déjà utiliser à l'époque des embarcations maritimes afin de franchir la ligne Wallace puis la mer de Timor depuis les îles indonésiennes[2].

Toutefois, l'émergence de la majorité des terres du plateau continental entre 40 000 et 10 000 ans BP a favorisé la propagation de l'homme sur ce nouveau continent : la Mer d'Arafura et le Détroit de Torres entre la Nouvelle-Guinée et l'Australie étant à sec, ceux-ci ont agi comme de vrais ponts terrestres pour permettre à l'homme de peupler l'Australie actuelle. Même chose entre l'Australie et la Tasmanie au sud, le détroit de Bass étant lui aussi à sec durant cette période. Il n'est pas improbable que ces ponts furent tour à tour ouverts ou fermés plusieurs fois au cours des millénaires.

Immersion du Sahul[modifier | modifier le code]

Vers 10 000 ans BP commence la période de l'Holocène caractérisée par un réchauffement global et la fonte des inlandsis. Le niveau de la mer monte progressivement durant les millénaires suivants jusqu'au niveau actuel. Les mers et détroits du plateau continental sont peu à peu immergés, ne laissant dépasser de Sahul que la Nouvelle-Guinée, l'Australie et la Tasmanie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce nom provient d'une dénomination locale de récifs australo-indonésiens.
  2. L'ensemble des fouilles atteste du passage d' homo sapiens mais aussi peut-être d' homo erectus.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]