Front de libération nationale kanak et socialiste

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Front de libération nationale kanak et socialiste
Image illustrative de l'article Front de libération nationale kanak et socialiste
Logo officiel
Présentation
Animateur du Bureau politique Victor Tutugoro
UPM
Fondation 1984
Siège Nouméa
Membres du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie Membres du groupe FLNKS-UC :
Gilbert Tyuienon et Anthony Lecren
Membre du groupe UNI-Palika :
Déwé Gorodey
Idéologie Gauche, Indépendantisme, Nationalisme kanak, Socialisme
Affiliation internationale Groupe mélanésien Fer de lance
Couleurs rouge, jaune, vert, bleu, noir
Présidents de groupe
Congrès Groupe UC-FLNKS et Nationaliste : Rock Wamytan
Groupe UNI : Louis Mapou
Représentation
Congrès
20 / 54
Province Sud
5 / 40
Province Nord
18 / 22
Province Îles
8 / 14

Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) est un rassemblement de partis politiques de Nouvelle-Calédonie fondé lors du congrès de dissolution du Front indépendantiste du 22 au 24 septembre 1984.

Historique[modifier | modifier le code]

Le mouvement de la lutte pour l'IKS[modifier | modifier le code]

Des accords de Matignon-Oudinot à celui de Nouméa[modifier | modifier le code]

Une coalition déchirée[modifier | modifier le code]

  • 30 mai 1998 : création de la Fédération des Comités de Coordination des indépendantistes (FCCI), un parti dissident du FLNKS fondé par d'anciens membres de l'UC (dont le président de la Province Nord Léopold Jorédié ou l'ancien dirigeant du parti François Burck) et du Palika (Raphaël Mapou) qui avaient décidé depuis décembre 1997 de continuer les négociations pour une solution consensuelle à l'avenir institutionnel sans préalable minier. Il appelle à un partenariat privilégié avec le RPCR et crée ainsi avec celui-ci un groupe unique au Congrès.
  • mai-juin 1999 : le FLNKS apparaît divisé aux élections provinciales du 9 mai dans le Nord (avec 3 listes : une officielle du FLNKS issue de l'UC, une de l'UNI tirée par le Palika et une de l'UPM) et les Îles Loyauté (deux listes : une FLNKS tendance UC, et une Palika). Toutefois, ils forment toujours un groupe uni au Congrès et, pour la composition du Premier Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, les deux composantes présenteront une liste "FLNKS" commune. Ce ne sera plus le cas pour les gouvernements suivants.
  • 11 avril 2000 : sept élus sur les dix de l'UC au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, issus du Sud et du Nord et opposés à Rock Wamytan et à l'UNI de Paul Néaoutyine forment un groupe UC distinct du reste du FLNKS. Ils sont baptisés le « G7 », composé de Charles Pidjot, Nicole Waïa et Gérald At-Chee dans le Sud ainsi que Bernard Lepeu (président du groupe), Cézelin Tchoeaoua, Yannick Weiry et Pascal Naouna dans le Nord.
  • novembre 2001 : à la suite de l'élection de Pascal Naouna, partisan d'une ligne dure, à la tête de l'Union calédonienne, l'une des composantes du FLNKS, celle-ci rompt avec le reste du parti. Néanmoins, l'UC continue à faire partie du FLNKS mais ses membres siègent dans des groupes distincts au Congrès et aux Assemblées de province, présentent des listes entièrement UC pour les différentes élections. Au 22e congrès du FLNKS à la tribu de L'Embouchure (Ponérihouen) le 17 novembre, Rock Wamytan est démis de ses fonctions de président unitaire du Front. Finalement l'UC provoque la chute fin novembre du premier gouvernement Frogier en faisant démissionner le seul membre Union calédonienne de ce gouvernement et tous ses suivants de liste.
  • 22 décembre 2001 : à la suite de l'impossibilité des différentes composantes du FLNKS à se mettre d'accord pour élire un président unitaire du parti, le 23e congrès du Front décide que cette présidence sera désormais assurée par un bureau politique collégial. Il fut également décidé qu'aucun autre congrès ne serait organisé et donc qu'aucun président ne serait élu pour une période d'un an.
  • 24 mai 2003 : sans cesse reporté, initialement prévu en décembre 2002, le 24e congrès du FLNKS, et le premier depuis 2001, s'est finalement réuni à Moindou afin d'adopter une position commune en vue du IIIe Comité des signataires de l'Accord de Nouméa réuni le 17 juin suivant à Koné et sur la visite du président de la République Jacques Chirac en juillet. Mais encore une fois les différentes composantes n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le nom d'un président, laissant ainsi la "gestion" de la coalition indépendantiste au bureau politique, tandis que l'UC a décidé de ne pas participer au Comité des signataires.
  • juillet 2003 : la visite du président de la République Jacques Chirac montre la profonde division des composantes du FLNKS : si l'UNI (Palika, UPM, RDO) saluent cette visite et appellent à la concertation, l'Union calédonienne quant à elle manifeste dans les rues pour protester contre les "dérives" de l'Accord de Nouméa.
  • 30 août 2003 : 25e congrès du FLNKS à la mairie de Sarraméa, congrès extraordinaire visant à organiser un plus grand congrès pour la fin de l'année et réconcilier les différentes composantes.
  • 13-14 décembre 2003 : 26e congrès du FLNKS à Dumbéa, il n'a servi en fait qu'à une chose : montrer la division profonde existant entre l'UNI et l'UC, les deux camps refusant notamment de se mettre d'accord, une nouvelle fois, sur un président et décidant de faire campagne à part pour les provinciales de 2004.
  • 9 mai 2004 : aux provinciales, le FLNKS apparaît divisé avec dans toutes les provinces au moins 2 listes (une liste UNI et une liste UC), voire 4 listes dans le Sud. D'ailleurs, aucun indépendantiste n'est élu dans la Province Sud. L'UNI, menée par le Palika, arrive en tête dans le Nord avec 37,52 % des suffrages et 11 sièges, suivi par les 27,13 % et les 7 sièges de l'UC : le FLNKS totalise ainsi dans cette province 64,65 % et 18 sièges sur 22. Dans les Îles en revanche, c'est l'UC qui s'impose avec 22,54 % des votes et 4 sièges sur 14, suivi des 16,3 % et les 2 élus de l'UNI (qui arrive en 3e position, derrière le RPCR) et des 11,29 % et les 2 sièges de la liste dissidente de l'UC Renouveau, et le FLNKS obtient ainsi de peu la majorité des suffrages avec un score de 50,13 % et 8 élus sur 14. Sur l'ensemble du Territoire, l'UNI obtient donc 13,8 % des suffrages et 9 élus au Congrès. L'UC, quant à elle, réunit derrière elle 11,8 % des exprimés à l'échelle du pays et obtient 7 sièges au Congrès. Ces élections montrent, du côté indépendantiste, la profonde division du FLNKS mais aussi la perte de vitesse de l'UC au profit de l'UNI.
  • 10 - 17 juin 2007 : aux élections législatives, le FLNKS présente des candidatures communes dans les deux circonscriptions, avec Charles Washetine (Palika) dans la 1re et Charles Pidjot (UC) dans la 2e. Tous deux sont battus au second tour, respectivement par Gaël Yanno (avec 30,79 % des suffrages contre 69,21 %) et le sortant Pierre Frogier (avec 45,87 % contre 54,13 %), du Rassemblement-UMP.
  • 29-30 novembre 2008 : 28e congrès du FLNKS à Koné, afin de réfléchir à une démarche unitaire pour les élections provinciales, mais avec des différences de vues toujours très vives.
  • 10 mai 2009 : aux provinciales, le FLNKS retrouve l'unité dans le Sud avec pour tête de liste Rock Wamytan (même si certains dissidents du Palika et de l'UC ont formé avec des anti-indépendantistes, des membres de la société civile et le PS local une liste rivale baptisée « Ouverture citoyenne »). Elle obtient 8,82 % des suffrages et retrouve une représentantion dans cette province, avec 4 sièges sur 40. Dans les deux autres collectivités, l'UC et l'UNI partaient divisés avec toutefois un accord pour que la liste arrivée en tête obtienne la présidence (non respecté dans le Nord, puis que Gilbert Tyuienon se présente contre Paul Néaoutyine, ce dernier étant toutefois réélu). La division redevient toutefois vite d'actualité, avec de nouveau deux groupes politiques au Congrès : un FLNKS formé par les listes UC et celle unitaire de Rock Wamytan dans le SUD, et un UNI par les élus Palika du Nord. Deux listes distinctes sont présentées pour l'élection du gouvernement.
  • 12-13 décembre 2009 : 29e congrès du FLNKS à Rivière-Salée (Nouméa), le premier à rassembler véritablement toutes les composantes depuis 2001, il décide, après des débats plutôt vifs, une double clarification : sur le programme, axé à terme sur l’accès à la pleine souveraineté, et sur les structures, avec une direction qui demeure collégiale, le bureau politique étant conforté comme organe dirigeant de la coalition indépendantiste, ce qui signifie qu’il n’a pas été possible de se mettre d’accord sur un président une nouvelle fois.
  • 4-5 décembre 2010 : 30e congrès du FLNKS à Dumbéa, où se manifestent à nouveau de vives tensions entre l'UC et le Palika. Le poste de porte-parole est retiré à Victor Tutugoro (UPM), qui l'occupait depuis 2001, au profit d'une animation du bureau tournante tous les trois mois entre les quatre composantes qui choisira alors à chaque fois son propre porte-parole au sein des autres mouvements. Un « Bureau politique renforcé » est créé, ouvert aux signataires de l'Accord de Nouméa, politiques et institutionnels afin de suivre tout particulièrement les dossiers fondamentaux de l'application de l'accord (interprétation de l'accord, comités des signataires, transferts de compétences, signes identitaires, sortie de l'accord et travaux des différents comités de pilotage créés à ces sujets). De plus, le FLNKS adopte une motion appelant à se doter d'un président et à se doter d'un siège de parti lors du prochain congrès prévu pour fin 2011[1].
  • 17 février 2011 : les membres de la liste FLNKS (tendance UC) présentée pour l'élection du gouvernement en 2009 démissionnent en bloc, faisant ainsi chuter l'exécutif local pour dénoncer le refus de certaines mairies de hisser les deux drapeaux sur leur fronton et pour critiquer ce qu'ils considèrent comme un manque de respect de la collégialité de la part du président Philippe Gomès. Le Palika dénonce cette démission. Pour l'élection des quatre gouvernements qui se succèdent en 2011 (le 3 mars, le 17 mars, le 1er avril et le 10 juin), les composantes du FLNKS se divisent une nouvelle fois en deux listes : celle « Entente du groupe FLNKS » (la tendance UC alliée au Parti travailliste), et celle de l'UNI.
  • 1er avril 2011 : Rock Wamytan est élu à la présidence du Congrès avec les voix des anti-indépendantistes du Rassemblement-UMP et de l'Avenir ensemble. Les membres du groupe UNI, qui désapprouvent ce rapprochement, boycottent la séance. Cette élection est annulée par le Conseil d'État le 1er août 2011.
  • 19 août 2011 : Rock Wamytan est réélu à la présidence du Congrès avec la même configuration de vote que le 1er avril, tandis que les 6 élus UNI s'abstiennent.
  • 3 septembre 2011 : le bureau politique du FLNKS (boycotté par le Palika uniquement) choisit ses candidats pour les élections sénatoriales du 25 du même mois : le président de l'UC Charles Pidjot et le porte-parole de l'UPM Victor Tutugoro, avec pour suppléants Yvonne Hnada (UC et ex-PSC) et Aloïsio Sako (RDO). Le Palika de son côté ne présente qu'un seul candidat : Adolphe Digoué (avec pour suppléant Joseph Goromido). Tutugoro et Pidjot arrivent respectivement troisième et quatrième au premier tour, puis inversent leur place au second, arrivant derrière (et étant donc battus) les deux candidats du Rassemblement-UMP Pierre Frogier et Hilarion Vendégou.
  • 24 mars 2012 : 31e congrès du FLNKS à Houaïlou, toujours très tendu et qui ne permet pas de lever les divergences de vues entre les tenants des lignes UC ou Palika. Si toutes les composantes se sont retrouvé dans le soutien à François Hollande pour l'élection présidentielle et ont toutes émis le souhait d'arriver à des candidatures communes pour les législatives, rien de concret sur une démarche unitaire n'est acté lors du congrès.

Composantes[2][modifier | modifier le code]

Il y a quatre composantes de bases (quatre partis différents aux directions autonomes, normalement cinq, avec le Parti socialiste de Kanaky PSK, ancien parti socialiste calédonien, mais celui-ci a pratiquement disparu et ne fait plus partie des instances dirigeantes du parti) et deux lignes particulièrement divisées : l'UNI, modérée et pour le consensus mais fortement attachée à une totale indépendance et à un modèle économique plutôt marxiste, et l'UC, plus radicale quant aux anti-indépendantistes mais défendant l'idée d'une « indépendance association » avec la métropole. Ces deux entités semblent pourtant vouloir se rapprocher en vue des législatives de 2007 pour présenter des candidats communs dans les deux législatures et soutiennent tous la candidature de Ségolène Royal à la présidence de la République. De même, ils se sont tous rejoints pour défendre un corps électoral gelé aux seuls natifs calédoniens et à tous citoyens français résidant en Nouvelle-Calédonie depuis au moins 1998 seulement, projet qui a été adopté et inscrit dans la constitution française après avoir été voté tour à tour par l'Assemblée nationale, le Sénat puis le Parlement réuni en Congrès fin février 2007.

Union calédonienne (UC)[modifier | modifier le code]

L'Union calédonienne est le plus ancien parti calédonien toujours existant, fondé en 1953 par le député Maurice Lenormand et deux organisations de défense des intérêts des Kanak inspirées par les missions, l'Union des indigènes calédoniens amis de la liberté dans l'ordre (UICALO) catholique de Rock Pidjot et l'Association des indigènes calédoniens et loyaltiens français (AICLF) protestante de Doui Matayo Wetta. Il a dominé la vie politique calédonienne de sa création à 1972. Ayant pour devise « Deux couleurs, un seul peuple », son idéologie politique consistait à l'origine à assurer une meilleure répartition des responsabilités politiques entre les différentes communautés du territoire, à défendre l'autonomie au sein de la République française. Il finit par opter pour l'indépendance en 1977, sous la houlette de Maurice Lenormand, Rock Pidjot et de Jean-Marie Tjibaou. L'UC a longtemps constitué la principale composante, et surtout la mouvance la plus modérée (notamment pendant les Évènements, sous la direction de Jean-Marie Tjibaou, où il milite le plus possible pour un retour dans les institutions), du FLNKS. Partisane officiellement d'une « indépendance négociée » depuis 1993 et de la création d'un « État associé » avec la France, elle est plus fortement concurrencée par l'UNI depuis 1999 et est devenue à partir de 2001 la tendance la plus dure de la coalition indépendantiste, appelant à ne faire aucune concession aux anti-indépendantistes et à se tenir exclusivement à l'Accord de Nouméa, même s'il est divisé en plusieurs tendances avec une aile Sud (Rock Wamytan, Charles Pidjot) plus favorable à l'unité des anti-indépendantistes, avec une ouverture à gauche (vers le Parti travailliste), pour parler d'égal à égal avec le Rassemblement-UMP (nouveau nom du RPCR depuis 2004), une aile Nord (Gilbert Tyuienon, Pascal Naouna, Bernard Lepeu) plus axée sur la rivalité avec l'UNI et sur une position indépendantiste sans concession et sans alliance possible avec des non-indépendantistes et une aile des îles Loyauté (Néko Hnepeune), plus gestionnaire et ayant vocation à coopérer avec des formations anti-indépendantistes modérées non membres du FLNKS (le LKS ou l'UC Renouveau). Il est présidé depuis 2012 par Daniel Goa.

Parti de libération kanak (Palika)[modifier | modifier le code]

Le Parti de libération kanak (Palika), parti créé en 1975, n'a pas de président mais un porte-parole (Paul Néaoutyine) ainsi qu'un bureau politique collégial, mais a pour dirigeant traditionnel Paul Néaoutyine. L'un des partis fondateurs du FLNKS en 1984, il incarnait initialement la ligne dure et l'extrême gauche indépendantiste, favorable au boycott des élections et institutions officielles jugées « coloniales », à l'émancipation par la lutte sur le terrain et à la mise en place d'un « socialisme scientifique » laïc et le plus possible dégagé de la coutume dans le cadre d'une économie planifiée. S'étant modéré au cours du temps (surtout à partir de 1997, où il s'est plutôt montré favorable à une reprise des négociations qui aboutiront à l'accord de Nouméa, sans le « préalable minier » fixé alors par la nouvelle direction de l'UC) tout en appelant toujours fermement à l'indépendance et se revendiquant encore marxiste, il est devenu la base de l'UNI avec laquelle il est souvent confondu et de la mouvance la plus modérée et la plus favorable à la concertation avec les anti-indépendantistes au sein du FLNKS depuis 1999.

L'Union nationale pour l'indépendance (UNI) ne fait pas partie du FLNKS, seul le Palika, l'UC, l'UPM et le RDO sont des groupes de pressions du FLNKS. L'Union nationale pour l'indépendance a été formée lors des provinciales de 1995 puis de 1999 à l'origine en tant que liste dissidente du Palika à la liste officielle du FLNKS dominée par l'UC, l'UNI désigne depuis les listes dominées par le parti de Paul Néaoutyine. Elles réunissent généralement l'UPM et, entre 2004 et 2009, le RDO. Les partis de l'UNI prônent la concertation et le consensus avec l'État et les anti-indépendantistes dans le cadre des comités des signataires qui se réunissent régulièrement pour faire le point sur la mise en place de l'Accord de Nouméa. L'UNI est dirigée par Paul Néaoutyine et est une émanation du Palika, membre du FLNKS.

Union progressiste mélanésienne (UPM)[modifier | modifier le code]

L'Union progressiste mélanésienne (UPM), parti créé en 1974 sous le nom d'Union progressiste multiraciale, il s'agissait à l'origine d'un mouvement de dissidents, essentiellement mélanésiens, de l'UC qui avaient alors quitté ce parti en raison de la mainmise de Maurice Lenormand sur celui-ci et parce qu'il estimait qu'il ne respectait pas assez son slogan de « deux couleurs, un seul peuple » sur le plan de l'émancipation sociale, économique et culturelle des Kanak. C'est un parti assez proche des idées trotskistes, axé avant tout sur les revendications foncières et est l'allié traditionnel du Palika depuis 1999. Son président depuis 2011 et son porte-parole depuis 1998, Victor Tutugoro, est également le porte-parole du bureau du FLNKS (et donc son véritable visage officiel) de 2001 à 2010.

Rassemblement démocratique océanien (RDO)[modifier | modifier le code]

Le Rassemblement démocratique océanien (RDO), parti créé en 1994, issu de l'ancienne Union océanienne qui était à l'origine un parti créé pour représenter les intérêts des communautés wallisiennes et futuniennes, le RDO est le seul mouvement indépendantiste issu de ces communautés qui sont généralement traditionnellement hostiles à l'indépendance. Il est présidé par Aloïsio Sako et a offert une base nouvelle au FLNKS dans le Grand Nouméa.

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Dès sa création le FLNKS s'engage dans un processus de « libération nationale », dans un premier temps en appelant au « boycott actif » des élections territoriales du 18 novembre 1984, puis en préparant la création d'un gouvernement provisoire. Depuis les accords de Matignon en 1988 et l'accord de Nouméa en 1998, le parti a adopté une ligne plus modérée, appelant officiellement depuis 1994 à une « indépendance négociée », tout en apparaissant de plus en plus divisé. Sur un plan plus général, le FLNKS est généralement proche de la gauche socialiste métropolitaine.

Pour la présidentielle de 2012, tous les partis du FLNKS figurent dans le comité de soutien à François Hollande[3].

Organisation[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

Les présidents du FLNKS ont été :

  • Jean-Marie Tjibaou (1984 – 1989)
  • Paul Néaoutyine (24 mars 1990 – 9 décembre 1995)
  • Rock Wamytan (1995 – 2001)
  • Depuis le 22 décembre 2001, le FLNKS est dirigé par un bureau politique collégial et n'a plus de président depuis. Le bureau politique est composé de 8 membres, soit 2 représentants de chacune des composantes du parti qui assure par alternance la présidence pour trois mois. Le porte-parole du FLNKS, Victor Tutugoro jusqu'en 2011, devient ainsi le seul visage officiel du mouvement.

Congrès[modifier | modifier le code]

  1. 1er décembre 1984 : La Conception (Mont-Dore).
  2. 9 février 1985 : Nakéty (Canala).
  3. 25-26 mai 1985 : Hienghène.
  4. 18 novembre 1985 : Oundjo (Voh).
  5. 15-17 août 1986 : (Lifou).
  6. 28-29 mai 1987 : Goa (Ponérihouen).
  7. 19-20 février 1988 : Tibarama (Poindimié).
  8. 3-4 décembre 1988 : Ouaré (Hienghène).
  9. 20-21 janvier 1990 : Saint-Louis (Mont-Dore).
  10. 27 avril-28 avril 1991 : Coindé (La Foa).
  11. 1992 : Touho.
  12. 16 janvier 1993 : Yaté.
  13. 5-6 février 1994.
  14. 10 décembre 1994 : Poya.
  15. 9 décembre 1995 : Nouméa.
  16. 27 avril 1997 : Koné.
  17. 14-15 février 1998 : Nakéty (Canala).
  18. 28 avril 1998 : Poindimié.
  19. 19 mars 1999 : Koutio (Dumbéa).
  20. 18 mars 2000 : Maré.
  21. 25 novembre 2000 : Nouméa.
  22. 17 novembre 2001 : L'Embouchure (Ponérihouen).
  23. 22 décembre 2001 : Ouroué (Thio).
  24. 24 mai 2003 : Moindou.
  25. 30 août 2003 : Sarraméa.
  26. 13-14 décembre 2003 : Dumbéa.
  27. 8-9 décembre 2007 : Nakéty (Canala).
  28. 29-30 novembre 2008 : Koné.
  29. 12-13 décembre 2009 : Rivière-Salée (Nouméa).
  30. 4-5 décembre 2010 : Dumbéa.
  31. 24 mars 2012 : Houaïlou.
  32. 23 mars 2013 : Païta.
  33. 7 décembre 2013 : Poya.

Élus[modifier | modifier le code]

Au Gouvernement de Nouvelle-Calédonie[modifier | modifier le code]

Il y a dans le gouvernement Thémereau trois membres indépendantistes du FLNKS, dont 2 UNI-FLNKS et 1 de l'UC. Les 2 élus UNI sont: la vice-présidente du gouvernement Déwé Gorodey (chargée de la Culture, de la Condition féminine et de la Citoyenneté) et Charles Washetine (chargé de l'Enseignement et des Questions relatives à la recherche). L'unique membre UC du gouvernement est Gérald Cortot, chargé du secteur des Transports terrestres et maritimes, des Infrastructures et de l'Energie, également chargé du Schéma d'Aménagement et de Développement de Nouvelle-Calédonie.

Toutefois, l'union de l'ensemble des groupes du FLNKS permet à celui-ci d'augmenter sa représentation à 4 membres sur 11 au sein du Second gouvernement Martin élu en août 2007 : aux trois membres précédents, qui gardent leurs attributions (Déwé Gorodey obtenant en plus les Affaires coutumières), s'ajoute Pierre Ngaiohni (UC) qui prend en charge les dossiers de la Formation professionnelle et du Transport aérien domestique.

Après les élections provinciales du 10 mai 2009, le FLNKS est une nouvelle fois divisé en deux listes :

Au Congrès[modifier | modifier le code]

Depuis 2000, les différentes composantes du FLNKS sont généralement divisés en deux groupes distincts au Congrès, l'un dominé par l'Union calédonienne (7 puis 8 membres de 2000 à 2004) et l'autre par le Palika (11 puis 10 de 2000 à 2004). À la suite des élections de 2004, deux groupes FLNKS se sont formés : un groupe UNI-FLNKS de 8 membres présidé par Jean-Pierre Djaïwé et un groupe Union calédonienne de 7 membres présidé par Bernard Lepeu. Ensuite, l'élu de la FCCI Cono Hamu et le dissident de l'UC Jacques Lalié ont rejoint respectivement les groupes UNI-FLNKS et UC qui comptent donc alors 9 et 8 élus. Le FLNKS compte ainsi en fait 16 élus sur 54 de 2004 à 2009, mais les deux groupes adoptent souvent des stratégies distinctes.

Depuis les élections provinciales du 10 mai 2009, les différentes forces du FLNKS, qui n'ont constitué de liste unitaire que dans le Sud, sont de 18 sièges sur 54 dont :

Et le 22 mai suivant, lors de l'élection du bureau du Congrès, si Rock Wamytan est battu par Harold Martin pour la présidence, la liste d'union du FLNKS obtient 3 vice-présidents dont deux UC et une Palika :

Encore une fois, les deux camps forment des groupes distincts :

Dans les Assemblées de Province[modifier | modifier le code]

En Province Sud[modifier | modifier le code]

Les indépendantistes n'ont obtenu aucun siège dans la Province Sud en 2004, du fait de l'éclatement de leur électorat entre 6 listes dont aucune n'a passé la barre des 5 % nécessaires pour avoir au moins 1 siège: la liste FLNKS dissidente de Rock Wamytan, la liste UNI d'Adolphe Digoué, la liste UC de Charles Pidjot et la liste dissidente de l'ancien président unitaire du FLNKS et de l'UC Rock Wamytan rien que pour le FLNKS, à quoi s'ajoutent les listes indépendantistes non FLNKS des Verts menés par Raphaël Mapou et de la FCCI menée par François Burck.

Pour éviter que ce phénomène ne se reproduise aux élections provinciales, une liste FLNKS a été constituée sous la direction de Rock Wamytan qui a réuni 8,82 % des suffrages exprimés et 4 sièges sur 40 dont :

En Province Nord[modifier | modifier le code]

Le FLNKS dispose d'une majorité écrasante en Province Nord avec 18 élus sur 22 (11 UNI-FLNKS dont 9 Palika, 1 RDO et 1 UPM ; 7 UC). Depuis le 10 mai 2009, la majorité UNI s'est tassée (9 élus dont 8 Palika et 1 UPM) et l'opposition de l'UC, emmenée par le maire de Canala Gilbert Tyuienon, a augmenté avec 8 sièges sur 22. Le FLNKS conserve toutefois 17 élus sur 22, soit un de moins que lors de la précédente mandature, perdu au profit du Parti travailliste.

Le président de la Province depuis 1999, Paul Néaoutyine, est un ancien président du FLNKS et l'actuel leader de l'UNI et du Palika. De 1989 à 1998, le poste était détenu par un UC, Léopold Jorédié, qui a quitté le Front en mai 1998 pour fonder la FCCI.

En Province des Îles Loyauté[modifier | modifier le code]

Communes[modifier | modifier le code]

À la suite des élections municipales de 2008, 16 communes sur les 33 que compte le territoire ont un maire FLNKS (7 UC, 7 Palika, 1 divers UNI, 1 UPM). Parmi ces 16 communes, 5 ont été conquises par une liste d'union du FLNKS (Hienghène, Koné, Lifou, Poindimié et Sarraméa), dans 8 d'entre elles le FLNKS était divisé entre plusieurs listes qui se sont toutefois unies ensuite pour former la majorité municipale (Canala, Houaïlou, Kouaoua, Ponérihouen, Pouébo, Poum, Poya et Touho) et 3 voit les élus FLNKS divisé entre majorité et opposition (Ouégoa où le Palika a donné le maire et l'essentiel de la majorité tandis que l'opposition est uniquement composée de l'UC jusqu'en 2011, à Ouvéa où la majorité est seule composée de l'UC et l'opposition essentiellement composée du Palika et à Voh où le maire sortant Palika a été réélu maire tandis que l'UC a voté pour un autre candidat). Par rapport à 2001, le FLNKS, et ses différentes composantes, ont conservé 14 communes, en ont perdu 3 (îles Belep pour la FCCI, Pouembout pour un maire apolitique toutefois anti-indépendantiste mais soutenu par une partie des élus UC et Yaté au profit du Comité Rhéébù Nùù), mais en gagne deux (Poya sur le Rassemblement-UMP et Sarraméa sur un maire apolitique dont l'ancienne majorité soutient toutefois aujourd'hui le nouveau maire). Les communes contrôlées par le FLNKS ou par l'une de ses composantes sont alors :

  • Canala : Gilbert Tyuienon (FLNKS-UC), maire depuis 2001 (24 sièges FLNKS sur 27 élus sur deux listes différentes soit 22 UC et 2 UNI, a été réélu maire à l'unanimité avec la totalité des suffrages du FLNKS et 2 voix sur 3, la troisième étant absente, de la FCCI).
  • Hienghène :
  • Houaïlou : Valentine Eurisouké (FLNKS-UNI-Palika), maire depuis 2008 (22 sièges FLNKS sur 27 issus de 3 listes soit 19 Palika de la maire, 2 UC et 1 UNI divers).
  • Koné : Joseph Goromido (FLNKS-UNI-Palika), maire depuis 2001 (24 de la liste d'union FLNKS sur 27 dont 14 UNI et 10 UC).
  • Kouaoua : William Nomai (FLNKS-UNI-divers), maire depuis 2008 (10 élus FLNKS sur 19 issus de 3 listes, soit 4 Palika, 3 UC et 3 divers indépendantistes de la liste du maire, tous se sont unis pour son élection).
  • Lifou : Néko Hnepeune (FLNKS-UC), maire depuis 2001 (25 sièges sur 33 de la liste d'union FLNKS).
  • Ouégoa :
    • Marcel Paimbou-Poumoine (FLNKS-UNI-Palika) est maire de 2008 à 2011 (14 sièges FLNKS sur 19 issus de deux listes, soit 8 UC et 6 UNI, mais celle-ci a obtenu la mairie par le soutien de 5 élus issus de 3 listes divers contre le maire sortant Cézelin Tchoeaoua de l'UC qui forme donc l'opposition pendant cette période)
    • Joël Carnicelli (FLNKS-UC) est maire depuis 2011 (14 sièges FLNKS sur 19 toujours qui l'ont soutenu pour accéder à la mairie, soit 9 UC et 5 UNI)
  • Ouvéa : Maurice Tillewa (FLNKS-UC), maire depuis 2008 (25 sièges FLNKS sur 27 issus de deux listes soit 20 UC qui forment seuls la majorité et 5 Palika qui sont dans l'opposition).
  • Poindimié : Paul Néaoutyine (FLNKS-UNI-Palika), maire depuis 1989 (21 de la liste d'union FLNKS sur 27).
  • Ponérihouen : André Gopoea (FLNKS-UNI-UPM), maire depuis 2001 (11 sièges FLNKS sur 23 issus de 2 listes, soit 6 UPM et 5 d'une liste d'union FLNKS, tous se sont unis pour l'élection du maire avec en plus le soutien de 4 élus du Parti travailliste et un élu divers indépendantiste, ce dernier devant faire partie de la majorité de manière durable).
  • Pouébo : Joseph Pada (FLNKS-UC), maire depuis 2001 (12 sièges FLNKS sur 19 issus de deux listes soit 6 UC et 6 élus de l'Union nationale pour l'indépendance qui se sont unies pour élire le maire, la liste UC est arrivée toutefois en seconde position derrière la liste du Parti travailliste qui forme l'opposition avec 7 sièges).
  • Poum : Henriette Hmae (FLNKS-UC), maire depuis 2008 (9 sièges FLNKS sur 15 issue de trois listes dont 6 de l'UC et 3 élus issus de deux listes dissidentes de la majorité UNI sortante, tous se sont unis pour élire le maire).
  • Poya : François Meandu-Poveu (FLNKS-UC), maire depuis 2008 (14 sièges FLNKS sur 23 issus de 3 listes soit 8 UC, 3 Palika et 3 UPM qui ont tous fait front commun pour élire le maire).
  • Sarraméa : Prisca Holéro (FLNKS-UNI-Palika), maire depuis 2008 (5 de la liste d'union FLNKS sur 15, élue maire avec en plus le soutien des 4 élus de la liste apolitique de la majorité sortante).
  • Touho : Alphonse Poinine (FLNKS-UNI-Palika), maire depuis 2003 (15 sièges FLNKS sur 19 issus de 2 listes, soit 8 UNI et 7 UC qui se sont unis pour l'élection du maire).
  • Voh : Guigui Dounehote (FLNKS-UNI-Palika), maire depuis 1995 (10 sièges FLNKS sur 19 issus de 2 listes, soit 8 UNI et 2 UC, mais ces derniers ont apporté leur soutien lors de l'élection du maire au candidat du Parti travailliste et Guigui Dounehote n'a été réélu maire que grâce au soutien de un des deux élus du Rassemblement-UMP).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]