École primaire en France

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Depuis la réforme de 2006, l'école primaire[1] est composée de :

  • l'école maternelle de 3 (parfois 2) à 6 ans (l'enseignement scolaire n'y est pas obligatoire) ;
  • l'école élémentaire de 6 à 11 ans (l'enseignement scolaire est obligatoire, à l'école ou à la maison)

Cet ensemble est chargé de l'enseignement du premier degré.

Avant 2006, l'école primaire n'incluait que les classes allant du Cours Préparatoire (CP) jusqu'au Cours Moyen 2ème année (CM2).

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Le 28 juin 1833, la loi Guizot impose aux communes de plus de 500 habitants de financer une école de garçons.
  • Le 23 juillet 1836, aménagement d'une extension de la loi Guizot aux filles sans obligation communale.
  • Le 15 mars 1850, promulgation de la loi Falloux sur l'instruction primaire et la liberté des enseignements primaires et secondaires.
  • Le 10 avril 1867, obligation pour les communes de plus de 500 habitants d'avoir une école de filles.
  • Le 8 octobre 1880, ouverture possible de classes enfantines pour les élèves de moins de 7 ans.
  • Le 16 juin 1881, et le 28 mars 1882 les lois Ferry instituent l'enseignement primaire public gratuit, laïc et obligatoire, pour les filles en 1882.
  • Le 30 octobre 1886, la loi Goblet organise l'enseignement primaire (écoles maternelles, classes enfantines, écoles primaires élémentaires, écoles primaires supérieures, cours complémentaires, écoles manuelles d'apprentissages), et la laïcisation du personnel des écoles publiques.
  • En 1936, la loi Zay sur l'enseignement primaire instaure scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans.
  • En 1959, la loi Berthoin, fixe l'obligation scolaire jusqu'à 16 ans.

Jusqu'à l'instauration de la Cinquième République, l'enseignement était structuré par ordre :

  • D'un côté les élèves de l'enseignement primaire restent dans le primaire du début jusqu'à la fin de leur scolarité. Les meilleurs élèves qui choisissent de ne pas préparer le certificat d'études primaires suivent des cours primaires supérieurs, organisés par les écoles primaires qui leur permettent d'atteindre le brevet.
  • D'un autre côté les élèves de l'enseignement secondaire suivent les cours élémentaires de la onzième à la septième organisés par le collège ou le lycée au sein duquel ils continuent jusqu'au Baccalauréat.

Même si des passerelles ont existé, elles étaient plutôt rares et peu empruntées.

Instruction obligatoire et financement des établissements scolaires[modifier | modifier le code]

En France l'instruction est obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 16 ans, et commence donc généralement à l'école élémentaire, à 6 ans, âge moyen de la scolarisation en CP.

Elle est, en majeure partie, dispensée dans les écoles. Cependant, ce n'est pas l'école qui est obligatoire, mais l'instruction des enfants. Dès lors, certains parents décident d'instruire eux-mêmes leurs enfants à la maison.

En France, existent différents types d'écoles différenciées par leur mode d'administration (secteur public, secteur privé sous contrat ou secteur privé hors contrat).

Le secteur public[modifier | modifier le code]

Les écoles primaires publiques sont financées par les communes. En outre, certaines écoles publiques comprennent aussi des classes d'intégration scolaire mises en place pour permettre de scolariser tous les élèves et de permettre aux élèves en situation de handicap de suivre totalement ou partiellement un cursus scolaire ordinaire.

Le secteur privé[modifier | modifier le code]

Il existe aussi des écoles privées, parfois « hors contrat ». La plupart de ces écoles sont confessionnelles, en général catholiques.

D'autres se distinguent par leur pédagogie initiant des démarches novatrices : écoles dites nouvelles, écoles Montessori, école libertaire Bonaventure à Oléron (1993-2001), école de la Neuville en Seine-et-Marne (fondée en 1973), inspirée par les travaux de Françoise Dolto, etc.

Il existe également des écoles associatives, considérées privées parce que non-publiques, dans des langues autres que la seule langue officielle, le français:

Une nouvelle loi d'orientation a été promulguée en 2005 (Loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école, n° 2005-380 du 23 avril 2005, dite « Loi Fillon »). À la fin de l'été 2005, tous les décrets d'application n'étaient pas encore parus. Certaines mesures sont entrées en vigueur à la rentrée de septembre 2005.

Les cycles[modifier | modifier le code]

Le premier degré de l'enseignement correspond en France à l'école primaire.

L'école primaire comprend à la fois l'école maternelle et l'école élémentaire. Parallèlement, elle est partagée en trois cycles :

  • Le cycle 1 ou cycle des apprentissages premiers (toute petite, petite, moyenne et grande sections), dispensé à l'école maternelle ;
  • Le cycle 2 ou cycle des apprentissages fondamentaux (Grande section de maternelle, Cours Préparatoire, Cours Élémentaire 1), à cheval sur l'école maternelle et élémentaire ;
  • Le cycle 3 ou cycle des approfondissements (Cours Élémentaire 2, Cours Moyen 1 et Cours Moyen 2), dispensé à l'école élémentaire.

La maternelle est concernée par deux cycles : son ensemble avec le cycle 1 ou cycle des apprentissages premiers, et uniquement la GS avec le cycle 2 ou cycle des apprentissages fondamentaux, qui inclut aussi les deux premiers niveaux de l'école élémentaire : les cours préparatoire et élémentaire niveau 1 (CP-CE1)[1].

Note : La grande section de maternelle est donc à cheval sur deux cycles.

Cette politique de cycles, mise en place par la loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989 et inspirée des mouvements de l'école nouvelle, prend en considération les décalages d'apprentissage entre les enfants dus aux différences de maturité. L'enfant dispose de trois ans pour acquérir l'ensemble des compétences du cycle considéré. Pour ceux en difficulté ou pour les plus précoces, il existe la possibilité de prolonger ou de réduire le cycle d'une année, mais seulement une fois durant l'enseignement primaire.

Chaque école doit rédiger et actualiser le projet de cycle : document définissant les modalités locales (au niveau de chaque école) de mise en œuvre de cette pédagogie de cycle. Il permet par exemple d'éviter d'enseigner la même période historique plusieurs fois au cours du même cycle. Ce document est toutefois complexe à réaliser et à actualiser, notamment dans les écoles où les équipes changent (par le biais des mutations, départs et congés divers) ainsi que dans les écoles de grande taille (car il est nécessaire qu'il soit accepté à l'unanimité pour être utile).

Le pré-élémentaire (ou pré-scolaire) : l'école maternelle[modifier | modifier le code]

Classe maternelle2.jpg

L'école maternelle accueille les enfants de 3 à 5 ans. Parfois, quand elles existent, des classes accueillent les enfants dès l'âge de 2 ans.

C'est une période préparatoire à l'enseignement élémentaire : les objectifs essentiels sont la socialisation, la mise en place du langage, du nombre et du geste graphique. On y prépare l'apprentissage de la vie en groupe, celui de la lecture, de l'écriture et des mathématiques.

L'enseignement dans les écoles maternelles est composé généralement de trois niveaux  :

  • La première année de cycle 1, appelée aussi petite section de maternelle (PS).
  • La seconde année de cycle 1, appelée aussi moyenne section de maternelle (MS).
  • La troisième année de cycle 1 et première année de cycle 2, appelée aussi grande section de maternelle (GS). Cette classe a la particularité d'être à la fois sur le cycle 1 et le cycle 2. En fait, on considère qu'un enfant de grande section de maternelle termine son cycle 1 durant le premier trimestre et commence le cycle 2 durant le second trimestre. Cette entrée dans le cycle 2 est en principe modulée en fonction du degré de maturité des enfants.

Une classe supplémentaire peut parfois accueillir les enfants dès l'âge de 2 ans : la toute petite section (TPS), pour les enfants de 2 à 3 ans. Il n'en existe pas dans toutes les écoles maternelles, mais lorsque c'est le cas, cette classe fait partie du cycle 1.

L'école élémentaire[modifier | modifier le code]

L'école élémentaire accueille les enfants de 6 à 10 ans. L'enfant entre en CP au mois de septembre de l'année de son sixième anniversaire.

C'est durant cette période que s'acquièrent les bases de l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. Un enseignement scientifique concernant les centres d'intérêts proches des enfants, est apporté dès le cycle 2 par ce que les programmes officiels intitulent Découverte du Monde. À partir du cycle 3 cet enseignement, devient plus précis et s'élargit à la France et au monde avec des enseignements en histoire, en géographie, en sciences et en technologie. Un enseignement sportif et artistique est également apporté dès le Cours préparatoire aux élèves. Depuis quelques années les élèves de cycle 3 peuvent en plus, bénéficier d'un enseignement dans une langue étrangère, ainsi que d'un brevet en informatique (BII).

Classe primaire2.jpg

Les enfants restent durant toute l'année scolaire dans la même salle de classe pour tous les enseignements. En général, il y a un enseignant par classe, qui est chargé de toutes ces matières.

Brux 86 Cour d'école 2012.jpg

L'enseignement élémentaire est divisé en cinq classes :

Depuis 1990, ont été mis en place les RASED, réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté, qui comprennent, lorsqu'ils sont complets, trois catégories de personnel (psychologue(s) scolaire(s), enseignant(s) chargé(s) d'aides spécialisées à dominante rééducative, enseignant(s) chargé(s) d'aides spécialisées à dominante pédagogique.

Depuis 1991, ont été mises en place les classes d'intégration scolaire. Ces classes, qui n'existent pas dans toutes les écoles, ont pour objectif de permettre aux élèves en situation de handicap de suivre une scolarité ordinaire. Dans la mesure du possible, les élèves de CLIS sont intégrés dans les autres classes en fonction de leurs possibilités. D'autre part, dans les écoles où il y a des CLIS, le projet d'école doit prendre en compte cette situation et favoriser l'ouverture sur le handicap.

Jusqu'en 1989, l'enseignement primaire pouvait être sanctionné par le certificat d'études primaires. Cet examen se passait après deux années supplémentaires de classe de fin d'études primaires, suivies par des élèves qui n’étaient pas entrés en enseignement secondaire. Ce diplôme tombé en désuétude depuis les années 1960 et la prolongation de l'enseignement obligatoire jusqu'à 16 ans, a été supprimé par un décret d'août 1989.

Avant les années 1950, et en particulier pendant l'entre-deux-guerres, les noms des différents niveaux étaient les suivants:

  • CP : 11e
  • CE1 : 10e
  • CE2 : 9e
  • CM1 : 8e
  • CM2 : 7e

Évolution de l'offre[modifier | modifier le code]

Il y a 246 335 classes (en comptant Mayotte) dans l'enseignement public auxquelles il faut ajouter 36 930 classes dans l'enseignement privé[2].

1500 fermetures de classes ont été annoncées par le ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel pour la rentrée de septembre 2011 (0,6 % du total). Les effectifs de l'éducation nationale ont été réduits de 16 000 postes en 2010. Le budget 2011 prévoit que près de 16 000 postes vont également être supprimés à la rentrée 2011[3]. Selon le syndicat SNUipp-FSU, ces fermetures de classes résultent de 8 967 suppressions de postes dans les écoles publiques au budget 2011, dont 5 600 postes d'enseignants "en surnombre", affectés aux remplacements, et 3 367 postes "devant élèves"[4].

En 2011, une campagne de recrutement de 17 000 postes va être lancé, visant à remplacer la moitié des quelque 33 000 agents de l'éducation nationale partis à la retraite la même année: 3 000 dans le premier degré, 8 600 dans le second, ainsi que des agents administratifs, du personnel de santé scolaire[3].

En 2011, dans l'enseignement public, il y a en moyenne 25,8 élèves par classe en maternelle (contre 27,9 dans les années 1990) et 22,7 en élémentaire (contre 22,3). Dans le privé l'effectif moyen est de 26 élèves par classe en maternelle et de 22,8 en élémentaire[2].

Depuis la fin des années 1990, la notion de développement durable est peu à peu intégrée transversalement dans les programmes, et dans le bâti (aspects HQE)

Appellations[modifier | modifier le code]

  • La scolarité primaire se déroule à l'école maternelle puis à l'école élémentaire, chaque structure étant placée sous la responsabilité d'un directeur d'école ou bien les deux structures étant regroupées sous l'appellation "école primaire" et placées sous la responsabilité d'un seul directeur. Dans l'enseignement privé, toutes les écoles sont des écoles primaires.
  • Une école d'application est une école élémentaire ou maternelle comme une autre, qui participe en plus à la formation des futurs Instituteurs (professeurs des écoles). Les écoles d'application étaient rattachées jusqu'en 1991 aux écoles normales d'instituteurs et les maîtres d'application qui y enseignaient "appliquaient" (mettaient en pratique) ce que les étudiants apprenaient en théorie à l'école normale. Les écoles normales ont été remplacées en 1991 par les IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) qui leur ressemblaient, mais qui depuis 2010 fonctionnent différemment. En 2011, les écoles d'application existent toujours, de même que les maîtres d'application (maîtres formateurs) qui y enseignent. Ce sont des maîtres qui possèdent une qualification certifiée de formateur, qui ont une classe comme les autres mais qui accueillent régulièrement dans leur classe des futurs professeurs des écoles en stage. Ils sont déchargés de classe une partie de leur temps de service sur lequel ils vont visiter leurs étudiants dans d'autres écoles où ils effectuent des stages en responsabilité. Ils leur donnent des cours alliant théorie et pratique, les conseillent et les évaluent. Ce sont en général des maîtres chevronnés, à la pointe de la pédagogie, des maîtres "modèles".

Horaires et programmes d'enseignement de l'école primaire : textes officiels[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Loison, L'École primaire française : de l'Ancien Régime à l'éducation prioritaire, Paris, Vuibert, 2007, 362 p. (ISBN 978-2-7117-7243-8).
  • Naïl Ver, Adeline Paul et Farid Malki "Professeur des écoles : droits, responsabilités, carrière", Retz Editions, 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]