Éocène

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Éocène

Notation chronostratigraphique E2
Notation française e4-e7
Niveau Époque / Série
Période / Système
- Érathème / Ère
-- Éonothème / Éon
Paléogène
Cénozoïque
Phanérozoïque

Stratigraphie

Début Fin
Point stratotypique mondial 56,0 Ma 33,9 Ma

L’Éocène est la deuxième époque du Paléogène et aussi la deuxième de l’ère Cénozoïque. Il suit le Paléocène et précède l’Oligocène. Il s’étend d'il y a 55,8 ± 0,2 à 33,9 ± 0,1 millions d’années[1]. Le début de l’Éocène est marqué par l’émergence des premiers Mammifères modernes, sa fin par une extinction massive qui est peut être liée à l’impact d’une météorite en Sibérie ou celle qui a formé le cratère de la baie de Chesapeake, aux États-Unis.

Son nom provient du grec ἠώς (eos, aube) et καινός (kainos, nouveau) qui est une référence aux nouvelles espèces de mammifères apparaissant durant cette époque.

Comme pour toutes les époques géologiques anciennes les couches stratigraphiques de référence sont connues avec précision mais leurs datations exactes sont sujettes à variations.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Cette période est souvent divisée en Éocène supérieur, moyen et inférieur. Les divisions données pour le Bassin de Paris sont tirées, entre autres, de Pomerol et Feugueur[2]

Supérieur[modifier | modifier le code]

Priabonien (37,0 à 33,7 Ma[3]) ou (37,2 ± 0,1 à 33,9 ± 0,1 Ma) Dans le Bassin de Paris, celui-ci est constitué du Ludien (stratotype à Ludes) avec le gypse, les Marnes à Pholadomya et le Calcaire de Champigny.

Moyen[modifier | modifier le code]

  • Lutétien (49,0 à 41,3,0 Ma[3]) ou (48,6 ± 0,2 à 40,4 ± 0,2 Ma). Il est divisé, dans le Bassin de Paris stratotypique, en trois sous-étages :
    • le Lutétien supérieur avec les Caillasses calcaires et les sables marins calcaire de la biozone à Discorinopsis kerfornei
    • le Lutétien moyen, calcaire, fin, à Milioles, Orbitolites complanatus et Nummulites laevigatus,
    • le Lutétien inférieur, silico-calcaire, grossier, à Nummulites laevigatus.

Inférieur[modifier | modifier le code]

  • Yprésien (54,8 à 49,0 Ma[3]) ou (55,8 ± 0,2 à 48,6 ± 0,2 Ma).

Celui-ci est divisé, dans le Bassin de Paris en deux sous étages:

Climat[modifier | modifier le code]

Au début de l’Éocène se produit un réchauffement global, l’un des plus extrêmes identifiés de nos jours. Cet événement se produit assez rapidement et dure moins de 100 000 ans. La température moyenne augmente d’au moins °C dans les latitudes hautes[4], voire jusqu’à 15 °C pour la température de surface des océans dans les latitudes basses de l’hémisphère sud, des modèles expliquent la température élevée par un transport de chaleur via les courants océaniques entre les latitudes hautes et basses, le gradient de température entre ces latitudes est bien moindre qu’aujourd’hui[5]. Ce réchauffement provoque une extinction massive qui permet de distinguer nettement la faune du Paléocène et de l’Éocène. Le climat reste globalement chaud durant toute cette période bien que se refroidissant lentement. Deux causes principales sont évoquées pour expliquer le climat chaud : l’augmentation du niveau de gaz à effet de serre, tel que le méthane et une circulation des courants océaniques différente de celle des périodes précédentes.

Paléogéographie[modifier | modifier le code]

Les continents ont continué leurs mouvements, les rapprochant de leur position moderne. Les montagnes présentes en Amérique du Nord-Ouest commencent leur formation[réf. nécessaire].

Au début de cette période l’Australie et l’Antarctique restent connectés et les eaux chaudes des tropiques se mélangent à celle de l’Antarctique. Quand ces deux continents se séparent, il y a environ 44 millions d’années les courants équatoriaux chaud sont défléchis et le transport de chaleur entre le pôle Sud et l’équateur diminue, l’Antarctique se refroidit et commence à se couvrir de glace. D’autres causes sont avancées pour expliquer ce refroidissement, par exemple la diminution de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

En Europe la mer Téthys finit de disparaître, tandis que la montée des Alpes isole ses derniers restes sous la forme de la mer Méditerranée. Une mer peu profonde couvre l’Europe du Nord. Bien que l’Atlantique Nord continue de s’ouvrir, une connexion entre l’Europe et l’Amérique du Nord existe, leur faune restant très similaire.

L’Inde continue à s’éloigner de l’Afrique, sa collision avec l’Asie provoque l’élévation de l’Himalaya.

Vie[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

Au début de l’Éocène, les températures élevées et les océans chauds créent un environnement humide et doux, avec des forêts s’étendant d’un pôle à l’autre, hormis dans quelques déserts arides, les forêts sont dominantes sur les terres.

Les forêts arctiques sont étendues. Des fossiles et des restes préservés d’arbres, tels que des Metasequoia et des Glyptostrobus, sont communs sur l’île d'Ellesmere, situés seulement quelques degrés plus au sud qu’actuellement, dans l’arctique canadien, ce ne sont pas des fossiles mais des restes préservés dans de l’eau pauvre en oxygène. On trouve aussi des fossiles sub-tropicaux, voire tropicaux datant de l’Éocène au Groenland, en Alaska; les forêts tropicales poussent en Europe ; des fossiles de palmiers sont découverts en Alaska et en Europe du Nord durant le début de l’Éocène, ils deviennent moins abondants lorsque le climat se rafraîchit.

Le climat se refroidit à partir de l’Éocène moyen, le climat continental devient plus sec et les forêts s’éclaircissent nettement dans certaines régions. Les Poaceae sont confinés aux berges des rivières et des lacs et ne se sont pas encore étendus aux plaines et savanes. Le refroidissement conduit à l’expansion des arbres à feuilles caduques, plus résistants au changement de température, qui prennent la place des plantes sempervirentes. À la fin de l’Éocène les forêts composées de caducs couvrent de larges parties des continents. L’Antarctique vers la fin de cette période est nettement plus froid, la flore tropicale a disparu et au début de l’Oligocène de vastes étendues de toundra y sont présentes.

Faune terrestre[modifier | modifier le code]

Les plus vieux fossiles de mammifères modernes apparaissent durant une brève période au début de l’Éocène. Dans le même temps, plusieurs nouveaux groupes de mammifères arrivent en Amérique du Nord, tels que les Artiodactyles, Périssodactyles et des Primates, avec des membres fins, des pieds, des mains capables d’attraper et des dents capables de mâcher. Tous ces nouveaux ordres de mammifères sont petits, en dessous de 10 kg : en se basant sur la taille des dents, les mammifères de l’Éocène sont plus petits de 60 % que ceux du Paléocène et sont aussi plus petits que ceux qui les ont suivis pendant l’Oligocène. Ces différences de taille sont probablement reliées au climat chaud et au problème de conservation de la chaleur pour les grands mammifères.

En raison de leur rayonnement entre l’Europe et l’Amérique du Nord, les deux groupes d’ongulés (Artiodactyle et Périssodactyle) sont devenus dominants à cette époque. D’autre formes de mammifères sont aussi apparus durant l’Éocène : chauve-souris, proboscidiens, rongeurs et primates.

Les formes plus primitives de mammifères ont décliné en nombre et variété. On trouve des représentants de cette faune en Amérique du Nord, Europe, Patagonie, Égypte et Asie du Sud-Est. La faune marine est mieux représentée en Asie du Sud et au sud-est des États-Unis.

Pendant l’Éocène, les plantes et la faune marine ont évolué vers des formes plus modernes. De nombreuses formes modernes d’oiseaux, ainsi que des mammifères marins sont eux aussi apparus.

La limite Éocène-Oligocène, il y a environ 34 Ma, est marquée sur les terres émergées par un remaniement faunique très important, qui lui a valu, d'abord pour les terrains d'Europe, le nom de « Grande Coupure ». Aujourd'hui, on constate qu'il s'agit, pour les faunes mammaliennes en particulier, d'un bouleversement global.

Vie marine[modifier | modifier le code]

Les océans de l’Éocène sont chauds, les poissons y sont abondants.

Références[modifier | modifier le code]

  1. GeoWhen database
  2. Pomerol Ch. & Feugueur L., 1986 : Bassin de Paris, Guide Géologiques Régionaux, 3ème édition. Masson éditeur, Paris
  3. a, b, c et d Gradstein F.M. et Ogg, J.G., 1996 : A phanerozoic Time Scale ; Episode, vol. 19, no 1 & 2
  4. (en) Late Paleocene–early Eocene climate changes in southwestern Wyoming, Peter Wilf
  5. (en) Heat transport, deep waters, and thermal gradients: Coupled simulation of an Eocene Greenhouse Climate, Matthew Huber et Lisa Cirbus Sloan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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