Wallisien

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Wallisien
Fakaʻuvea
Parlée en Drapeau : Wallis-et-Futina Wallis-et-Futuna
Drapeau : France Drapeau : Nouvelle-Calédonie Nouvelle-Calédonie
Région Wallis
Nombre de locuteurs 29 800 (en 2000)
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 wls

Le wallisien (nom vernaculaire fakaʻuvea) est une langue issue de la branche polynésienne du groupe des langues austronésiennes. Il est parlé essentiellement à Wallis-et-Futuna et en Nouvelle-Calédonie. Le wallisien est proche du tonguien (notamment en raison d'importantes invasions des Tonga) et du samoan.

Sommaire

[modifier] Histoire

Les similitudes du wallisien avec le malgache (voir le tableau ci-dessus) ne proviennent pas d'une parenté directe, car les langues océaniennes et le malgache appartiennent à des rameaux différents des langues austronésiennes. En linguistique, la place du wallisien a toujours été controversée, en raison des invasions tongiennes à Wallis, l'influence de ces derniers a été forte : il est néanmoins généralement classé dans le sous-groupe dit polynésien proprement dit (Nuclear Polynesian), aux côtés de la majorité des langues polynésiennes, et non dans celui du tongien.

Correspondance des phonèmes
Phonème Proto-polynésien Tongien Samoan Wallisien Malgache Français
/ŋ/ *taŋata tangata tagata tagata ranada homme
/s/ *sina hina sina hina sina(matsaho) gris de cheveux
/ti/ *tiale siale tiale tiale fialy Gardenia
/k/ *waka vaka vaʻa vaka baka canoë
/f/ *fafine fafine fafine fafine vaviny femme
/ʔ/ *matuqa motuʻa matua matua matoa parent
/r/ *rua ua lua lua roa deux
/l/ *tolu tolu tolu tolu telo trois

Le wallisien était utilisé comme lingua franca par les kanak de Nouvelle-Calédonie dont les chefs recherchaient les femmes d'Ouvéa réputées pour leur beauté au XIXe siècle[1]. Cette variété occidentale est désormais une langue à part entière, le fagauvea, parlée par 1 100 locuteurs. Le fagauvea se distingue nettement du wallisien dit oriental par l'adoption massive de vocabulaire kanak (iaai et drehu), ainsi que par une phonologie profondément modifiée.

Le wallisien proprement dit s'est enrichi, dès les premiers contacts européens, avec des emprunts à l'anglais, au latin d'église puis au français. Il compte 9 750 locuteurs à Wallis (en 2008) et environ 12 000 en Nouvelle-Calédonie (recensement de 1996).

[modifier] Phonologie

Le wallisien comporte 12 consonnes et 5 voyelles, qui peuvent être soit longues soit brèves.

[modifier] Enseignement

En raison de l'introduction de l'enseignement du wallisien dans les collèges et le lycée de Wallis (une heure hebdomadaire facultative), l'orthographe phonologique, due au Père Bataillon (Langue d'Uvea (Wallis), 1932) a été récemment rétablie, en indiquant la longueur vocalique (notée par un macron ou tiret suscrit) et le coup de glotte (noté par une apostrophe). En 1984, ce dictionnaire a été réédité par Karl Rensch qui a également publié une petite méthode d'apprentissage du wallisien (Palalau Faka’uvea. La langue de Wallis (Uvea) en 24 conversations enregistrées sur cassette, Canberra, Australian National University, p. 57, 1981). Claire Moyse-Faurie élabore une Grammaire fondamentale du wallisien (non publiée en 2010).

Deux heures de catéchisme hebdomadaire sont dispensées chaque semaine, dans chaque classe. Il existe un hebdomadaire Te Fenua fo’ou, commun à Wallis et à Futuna, presque entièrement en français, à l’exception parfois d’une double page en wallisien, consacrée généralement à un thème religieux.

[modifier] Notes

  1. Voir notamment étude de Ch. Fabre, chirurgien auxilaire de la corvette Le Rhin, publiée dans la Revue coloniale en juin 1847.

[modifier] Liens externes

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