Ponerihouen

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Ponerihouen
Pwäräiriwa
Image illustrative de l'article Ponerihouen
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité Nouvelle-Calédonie
Province Province Nord
Aire coutumière Paici-Camuki
Maire
Mandat
Pierre-Chanel Tutugoro
2014-2020
Code postal 98823
Code commune 98823
Démographie
Population
municipale
2 384 hab. (2009)
Densité 3,4 hab./km2
Ethnie Kanak : 89,8 %
Européens : 4,4 %
Métis : 1,9 %
Asiatiques : 0,3 %
Wallisiens-Futuniens : 0,3 %
Ni-Vanuatu : 0,1 %
Tahitiens : 0,1 %
Autres : 0,5 %
Non déclarés : 2,6 %
Géographie
Coordonnées 21° 04′ 38″ S 165° 23′ 46″ E / -21.077231, 165.39599721° 04′ 38″ Sud 165° 23′ 46″ Est / -21.077231, 165.395997  
Altitude Min. 0 m – Max. 1 006 m
Superficie 707,3 km2
Localisation

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Pwäräiriwa
Liens
Site web www.commune-ponerihouen.com

Ponerihouen (en langue paicî : Pwäräiriwa, littéralement « l'embouchure du fleuve ») est une commune française de Nouvelle-Calédonie de la Province Nord. Au recensement de 2009, elle comptait 2 384 habitants.

Géographie[modifier | modifier le code]

Avec 1 006 mètres d'altitude, l'Aoupinié est le point culminant de la commune. Son territoire consiste en une succession de trois vallées d'orientations ouest-est : celles de la Tchamba au nord (limite avec Poindimié), de la Nérihouen (ou Naïriwa, ce qui signifie « le fleuve, la rivière » en paicî, qui a donné son nom à la commune et au village chef-lieu) au centre et de Monéo-Néavin au sud.

La quasi-totalité de la population (89,8 %) est Kanak, répartie en 2 districts coutumiers pour 13 tribus : Ponérihouen (10 tribus, dont 8 le long du cours de la Nérihouen : 4 dans la basse vallée, 1 dans la moyenne vallée et 3 en amont ; 1 en amont de la Tchamba, qui porte le même nom ; Mou à l'embouchure du petit fleuve côtier éponyme) et Monéo (3 tribus dans la vallée de Monéo-Néavin).

Sur les 707,3 km2, près d'un quart (24 %) sont des terres coutumières (169,71 km2) et à peine plus d'un dixième (12 %) sont des propriétés privées (84,33 km2). La grande majorité du territoire communal (453,27 km2, soit 64,1%) appartient ainsi au domaine public.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vers 1860, un poste de gendarmerie est installé à l'emplacement de l'actuel village. Un village se développe autour à partir de 1879 avec les premiers colons installés (notamment des Réunionnais comme Philippe Douyère). Les missionnaires sont d'abord protestants, avec de fortes implantations dans les tribus de Mou ou de L'Embouchure. Le père mariste Yves-Marie Hily, qui a fondé la mission de Houaïlou à Méomo en 1896, qui permet également d'y introduire la religion catholique, avec les premiers baptêmes de Kanak de Néavin en 1898. Il crée en 1905 la mission de Téouty, près de la tribu de Grochain dans la moyenne vallée de la Nérihouen. Une rivalité entre les deux cultes va aboutir à des tribus mixtes, en partie catholiques et en partie protestantes.

À partir de 1894, des « colons Feillet » sont installés pour cultiver le café essentiellement dans la moyenne et la haute vallée de la Nérihouen-Nimbayes (Armand Devillers, Antonin Clavel, François Thonon, par exemple). La production de café se développe par la suite, avec les premières usines créées entre les années 1930 et 1945 sur deux sites de la commune. Une station de recherche, l’Institut français du café et du cacao (IFCC), travaillant sur la mise au point de nouvelles variétés de café et sur la lutte contre les maladies, est installé sur la commune durant les années 1970. Par la suite, en 1977, une partie des installations devient une usine de traitement, de dépulpage et de transformation du café collecté par le Groupement des agriculteurs et des producteurs de la Côte Est (GAPCE) auprès des producteurs pour la confection et la fabrication du café « HOIA ». La mise en paquet est pour sa part faite dans une autre usine, à Poindimié.

Durant la période des Évènements, entre 1984 et 1988, une grande partie des descendants de colons européens quittent la commune pour aller s'installer sur la côte Ouest.

Administration[modifier | modifier le code]

La commune de Ponérihouen a longtemps été, des années 1980 aux années 2010, un fief traditionnel du petit parti indépendantiste de l'Union progressiste mélanésienne (UPM), composante fondatrice du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS). Le maire de 2001 à 2014, André Gopoea, est ainsi l'une des principales figures fondatrices de ce mouvement, tandis que son actuelle personnalité dominante et porte-parole, Victor Tutugoro, est également issu de la commune. Parmi les autres personnalités politiques originaires de Ponérihouen figurent Doui Matayo Wetta, président fondateur de l'Association des indigènes calédoniens et loyaltiens français (AICLF, mouvement confessionnel protestant de défense des intérêts mélanésiens) et un des créateurs également de l'Union calédonienne (UC) en 1953 avant de rejoindre le camp de la droite gaulliste en 1960, et ses deux enfants : Henri Wetta, figure du mouvement historique anti-indépendantiste, le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR, devenu Rassemblement-UMP en 2004) ; Marie-Claude Wetta, qui a épousé le dirigeant indépendantiste Jean-Marie Tjibaou. L'écrivain et militante du Parti de libération kanak (Palika, autre composante du FLNKS) Déwé Gorodey (membre de tous les gouvernements locaux depuis 1999, elle a été la vice-présidente de 2001 à 2009) est également native de Ponérihouen. Enfin, Pierre-Chanel Tutugoro, qui a gagné la commune en 2014, est un cadre de l'UC, ayant été à deux reprises candidat à la présidence de ce parti en étant battu à chaque fois par Daniel Goa en 2012 et 2013.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1961 1971 Doui Matayo Wetta AICLF puis Action Calédonienne (AC, Gaullistes)  
1971 1977 Jacques Lallut AC puis EDS  
1977 1983 Théophile Wakolo Pouyé Union pour la Renaissance de la Calédonie (URC) puis FNSC  
1983 1995 Jean Baptiste Naaoutchoue FI puis FLNKS-UPM  
1995 2001 Édouard Menrempon FLNKS-UNI-Palika  
2001 2014 André Gopoea FLNKS-UPM  
2014 en cours Pierre-Chanel Tutugoro FLNKS-UC  
Les données manquantes sont à compléter.

Économie[modifier | modifier le code]

Les populations mélanésiennes des tribus continuent à pratiquer la polyculture vivrière traditionnelle (igname, taro, manioc). Mais l'économie locale est surtout marquée par deux productions phares : le café (GAPCE et ses deux usines de Ponérihouen et Poindimié, à l'origine du café HOIA) et la sylviculture (scierie Ponéribois avec une petite unité de production de charbon de bois, sur le massif de l'Aoupinié). Ces activités revêtent un aspect identitaire fort dans la commune : depuis 2002, une fête annuelle du café, de l’igname et du bois est organisée en août.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]