Moustiers-Sainte-Marie

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Moustiers-Sainte-Marie
Village de Moustiers-Sainte-Marie
Village de Moustiers-Sainte-Marie
Blason de Moustiers-Sainte-Marie
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Digne-les-Bains
Canton Moustiers-Sainte-Marie
Intercommunalité Communauté de communes Asse Bléone Verdon
Maire
Mandat
Patricia Brun
2014-2020
Code postal 04360
Code commune 04135
Démographie
Population
municipale
698 hab. (2011)
Densité 7,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 50′ 54″ N 6° 13′ 19″ E / 43.8483333333, 6.22194444444 ()43° 50′ 54″ Nord 6° 13′ 19″ Est / 43.8483333333, 6.22194444444 ()  
Altitude Min. 474 m – Max. 1 729 m
Superficie 87,97 km2
Localisation

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Moustiers-Sainte-Marie (Mostiers Santa Maria en provençal selon la norme classique et Moustié-Santo-Mario selon la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Moustiérains[1].

Blotti contre un escarpement rocheux, Moustiers est souvent comparé à une crèche avec son étoile suspendue dans le vide[2], et fait partie des plus beaux villages de France et du Parc naturel régional du Verdon.

Géographie[modifier | modifier le code]

 Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes
Moustiers-Sainte-Marie et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Moustiers-Sainte-Marie sont Saint-Jurs, Majastres, La Palud-sur-Verdon, Aiguines et Les Salles-sur-Verdon (dans le département du Var), Sainte-Croix-du-Verdon, Roumoules et Puimoisson.

Au point de rencontre des grandes routes touristiques du Verdon, en aval du fameux canyon, Moustiers-Sainte-Marie jouit d’une situation exceptionnelle. Le village est à 630 m d’altitude[1].

Géologie[modifier | modifier le code]

Relief[modifier | modifier le code]

Le massif du Montdenier s’étend sur la partie nord de la commune.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Riou se jette dans la Maïre, qui est elle-même un affluent du Verdon, la confluence s'effectuant dans le lac de Sainte-Croix.

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune compte 1 797 ha de bois et forêts, soit 20 % de sa superficie[1].

Le moustique tigre, probablement apporté involontairement par des touristes varois en voiture, est présent à Moustiers-Sainte-Marie. Il est susceptible de transmettre la dengue et le chikungunya[3].

Hameaux[modifier | modifier le code]

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Moustiers-Sainte-Marie est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[4], et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[5]. La commune de Moustiers-Sainte-Marie est également exposée à trois autres risques naturels[5] :

  • feu de forêt ;
  • inondation ;
  • mouvement de terrain : la moitié de la commune est concernée par un aléa moyen à fort[6].

La commune de Moustiers-Sainte-Marie est de plus exposée à deux risques d’origine technologique :

  • celui de transport de matières dangereuses : la départementale RD952 peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses[7] ;
  • celui de rupture de barrage : Moustiers-Sainte-Marie fait partie de la zone d’inondation spécifique en cas de rupture du barrage de Castillon[8],[9]. Si cette rupture advenait, l’onde de submersion passerait en crête au-dessus de celui de Chaudanne[10], et parcourrait les 45 kilomètres qui séparent le barrage de Castillon du pont du Galetas en un peu moins d’une heure[11]. L’onde arriverait déjà considérablement affaiblie, mais submergerait tout de même le pont du Galetas, les routes d’approche jusqu’à la cote 500 m (soit une montée des eaux du lac de vingt mètres)[11]. Les parties de la commune inondées seraient les rives du lac, la ferme Saint-Saturnin et le vallon situé entre le lac de Sainte-Croix et le Petit Lac, le village de vacances restant probablement épargné[11]. L’onde continuerait sa course en atteignant le barrage de Sainte-Croix dix minutes après être entrée dans le lac[12]. Les prévisions estiment que le barrage contiendrait l’eau du lac de Castillon environ vingt-trois minutes, avant de le déborder et de continuer jusqu'à Quinson[12].

Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2008 pour les risques de feu de forêt, d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme[13] ; le Dicrim n’existe pas[14].

La commune a été l’objet de deux arrêtés de catastrophe naturelle : pour des inondations et des coulées de boue en 1994, et en 2003 pour des glissements de terrain[5]. Dans la liste qui suit, figurent les deux tremblements de terre fortement ressentis dans la commune (dépassant une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets)) et dont la mémoire a été conservée. Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité peut être plus forte à l’épicentre[15] :

  • le séisme du 23 février 1887, d’une intensité ressentie à Moustiers de VII et dont l’épicentre était situé à Bussana Vecchia, en Italie[16],
  • le séisme du 30 novembre 1951, avec une intensité ressentie de V et Chasteuil pour épicentre[17].

En 1994, l’incendie du quartier Tréguier a marqué la commune[18].

Environnement[modifier | modifier le code]

Après l’incendie du quartier Tréguier, en 1994, la décision est prise de reconstituer l’oliveraie, afin de lui faire jouer le rôle de pare-feu. Les emplacements des plantations ont été choisis dans une perspective paysagère face au village, en complément des autres attraits touristiques de la commune (faïence, Verdon, site du village)[18].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Une ligne d’autocars relie Moustiers-Sainte-Marie à la gare routière de Marseille[19].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom du village, tel qu’il apparaît pour la première fois dans les textes (ecclesia Sancte Marie in Monasterio) en 1009, désigne le monastère fondé au VIe siècle[20]. Il devient Moustiers-Sainte-Marie en 1848[21].

Histoire[modifier | modifier le code]

Gravure ancienne montrant la chaîne, l'étoile, et le pont sur le Riou.
Photographie prise en 2008 sur laquelle l'étoile apparaît en contraste avec un ciel nuageux
Gros plan sur l'étoile

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Les périodes préhistorique et antique ont laissé plusieurs sites importants, dont la tombe du Grand Segriès fouillée par André Muller à la fin des années 1980[22]. Un habitat se trouvait sur le dôme de la plaine de Quinson au deuxième Âge du Fer[23].

De la période de présence romaine datent de nombreux vestiges. Plusieurs sites indiquent une occupation humaine de cette époque[23].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La petite ville de Moustiers est fondée au Ve s. par une colonie de moines. Un chapitre de chanoines y est fondé en 1052, et perdure jusqu’au don de toutes les églises de Moustiers et de la vallée à l’abbaye de Lérins, en 1097[24]. Le monastère se partageait les droits seigneuriaux avec l’abbaye de Lérins aux XIe et XIIe siècle, avant que le bourg rejoigne le domaine des comtes de Provence[25].

Le lieu-dit Ourbès était déjà occupé à la période carolingienne : c’est la villa Orbesio, fondée au VIIIe siècle. Située sur un plateau à 1000 m d’altitude, elle pouvait être à la tête d’un vaste domaine[24].

Le prieuré Saint-Jean, peut être cité en 909 parmi les biens de l’abbaye de Cluny, appartient ensuite à l’abbaye Saint-Victor de Marseille, qui le cède à l’abbaye de Lérins au début du XIIe siècle, qui le lui retourne ensuite[24]. Les autres églises, Saint-Saturnin, Saint-Michel, relèvent de Lérins[24].

Le comte de Provence accorde un consulat aux habitants au XIIIe siècle, et installe le siège d’une baillie à Moustiers en 1300[25]. En 1305, une petite communauté juive comptant 9 feux était établie à Moustiers (soit une cinquantaine d'habitants environ)[26]. La présence de cette communauté, d'un marché important, sont des indices montrant qu'à cette époque, Moustiers était une petite capitale régionale[27].

Guillaume de Moustiers-Gaubert fut seigneur de Ventavon. Il donna une procuration à son fils, le damoiseau Bertrand, en 1312, pour vendre sa part de Moustiers au roi Robert[28]. La famille des Moustiers-Gaubert était une des familles nobles les plus vieilles de Provence. J.-P. Poly signale qu'au XIe siècle, elle figure parmi les plus anciennes familles de propriétaires laïcs dont les possessions étaient situées dans la région du Verdon[29].

La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre le duc Louis Ier d'Anjou. La communauté de Moustiers se rallie au parti angevin en avril 1386, après la mort du duc et des négociations avec la régente Marie de Blois. Celle-ci accorde à la communauté le rattachement au domaine royal, ce qui signifiait relever d’un autre régime légal et fiscal[30].

Après la guerre de Cent Ans et une fois la sécurité revenue, de 1442 à 1471, plusieurs familles venues de Sausses s'installent à Moustiers afin de repeupler la communauté[31].

Les Temps modernes : du XVIe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La baillie est érigée en viguerie en 1540 en même temps que toutes celles de Provence[32],[33],[24] ; elle est aussi d’une foire jusqu’à la Révolution[34]. Le bourg connaît une grande renommée aux XVIIe et XVIIIe siècles grâce à ses faïences[25].

Selon la tradition, un religieux, venu de Faênza (Italie), aurait appris à un potier de la ville le secret du bel émail blanc laiteux qui devait assurer avec le bleu dit «de Moustiers » la réputation des faïences locales. À la fin du XVIIIe s. douze ateliers fonctionnaient. Puis les fours s'éteignirent un à un, le dernier en 1873. Marcel Provence entreprit, en 1925, de faire renaître à Moustiers l'art de la faïence. Il construisit un four et, avec le concours d'artistes décorateurs et d'artisans qualifiés, en fit sortir une production originale, inspirée de la flore et des insectes du pays.

Moustiers est un des rares bourgs de Haute-Provence à accueillir une loge maçonnique avant la Révolution, nommée Les Indissolubles et affiliée à la Grande loge provinciale en 1788[35].

Révolution française[modifier | modifier le code]

À la veille de la Révolution, la ville compte une loge maçonnique[36].

La nouvelle de la prise de la Bastille est accueillie favorablement, cet événement annonçant la fin de l’arbitraire royal et, peut-être, des changements plus profonds dans l’organisation de la France. Immédiatement après l’arrivée de la nouvelle, un grand phénomène de peur collective s’empare de la France. Des rumeurs de troupes de plusieurs milliers d’hommes en armes, soldés par les aristocrates et dévastant tout sur leur passage, se propagent à grande vitesse et provoquent la panique. On sonne le tocsin, on s’arme, on envoie des messages aux villages voisins pour se renseigner, ce qui propage la peur. Les solidarités se créent ainsi ; les milices formées à cette occasion constituent la base des bataillons de la Garde nationale. Cette Grande Peur, venant de Digne et appartenant au courant de la « peur du Mâconnais », atteint Moustiers et sa région le 31 juillet 1789 avant de s’éteindre[37].

Le prieuré Saint-Jean, qui appartenait à l’abbaye Saint-Victor, est vendu comme bien national[24].

Une société patriotique y est rapidement créée : elle fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, avant juin 1792[38]. Le 5 frimaire an III, le représentant en mission Gauthier épure la société[39].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 14 habitants de Moustiers-Sainte-Marie sont traduits devant la commission mixte, la majorité étant condamnés à la déportation en Algérie[40].

Comme de nombreuses communes du département, Moustiers-Sainte-Marie se dote d’une école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle en possède déjà une qui dispense une instruction primaire aux garçons et aux filles, au chef-lieu[41] : la loi Falloux (1851) impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants[42].

Jusqu’au milieu du XXe siècle, la vigne était cultivée à Moustiers-Sainte-Marie. Plusieurs dizaines d’hectares produisaient un vin destiné à l’autoconsommation et à la vente sur les marchés locaux. Cette culture est aujourd’hui abandonnée[43].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Moustiers-Sainte-Marie fait partie de la communauté de communes Asse Bléone Verdon depuis le 1er janvier 2013.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
années 1800   Bruno César Clappier[44]   juge de paix, conseiller général
         
mai 1945   Jules Rouvier[45]    
         
mars 1989 mars 2008 Fred Single[46]   Conseiller général
mars 2008   Alain Archiloque[47],[48]    

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Moustiers-Sainte-Marie est classé trois fleurs au concours des villes et villages fleuris.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, Moustiers-Sainte-Marie comptait 698 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (2007, 2012, 2017, etc. pour Moustiers-Sainte-Marie). Depuis 2004, les autres chiffres sont des estimations.

Évolution démographique
1315 1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
500 feux 162 feux 1 955 1 902 1 831 1 752 1 828 1 725 1 790 1 812
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
1 589 1 473 1 372 1 297 1 193 1 246 1 193 1 167 1 137 1 062
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 001 907 868 785 548 545 542 534 494 444
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 - -
478 535 602 575 580 625 705 698 - -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
(Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[25], EHESS[21], Insee à partir de 1968[50],[51],[52])


L’histoire démographique de Moustiers-Sainte-Marie, après la saignée des XIVe et XVe siècles et le long mouvement de croissance jusqu’au début du XIXe siècle, est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure jusqu’au milieu du XIXe siècle. L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique rapide et de longue durée. En 1901, la commune a perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique[53]. Le mouvement de baisse ne s'interrompt définitivement que dans les années 1960. Depuis, la population a repris sa croissance lentement.

Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Localisation des villes jumelées avec Moustiers-Sainte-Marie.
Localisation de la ville
Moustiers-Sainte-Marie

La commune est dotée d’une école primaire[54].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Faïence de Moustiers.

Aperçu général[modifier | modifier le code]

En 2009, la population active s’élevait à 379 personnes, dont 61 chômeurs[55] (76 fin 2011[56]). Ces travailleurs sont salariés à une courte majorité (59 %)[57] et travaillent majoritairement dans la commune (83 %), ce qui est assez rare[57]. Les différents tourismes (cures thermales, culturel, sportif, détente) représentent l’essentiel de l’activité économique relève de Moustiers-Sainte-Marie, même l’activité agricole servant, dans une certaine mesure, de support à l’activité touristique (paysage d’oliviers notamment). L’important flux de touristes fournit un débouché au commerce, à l'artisanat, à la production de la lavande (miel, distillerie...)

Agriculture[modifier | modifier le code]

Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait 30 établissements actifs au sens de l’Insee (exploitants non-professionnels inclus) et un emploi salarié[58].

Le nombre d’exploitations professionnelles, selon l’enquête Agreste du ministère de l’Agriculture, est de 32 en 2010. Il était de 35 en 2000[59], de 50 en 1988[60]. Actuellement, ces exploitants sont spécialisés dans les grandes cultures pour dix d’entre eux et les cultures permanentes (arboriculture, oléiculture) pour dix autres. Cinq exploitations sont des élevages ovins, les sept restantes pratiquant la polyculture[59]. De 1988 à 2000, la surface agricole utile (SAU) avait légèrement baissé, de 2353 à 2 204 ha[60]. Elle a depuis 2000 augmenté pour parvenir à 2 740 ha[59].

L’oléiculture, avec dix exploitants et une oliveraie de 20 000 pieds, joue un rôle important dans la commune. L’huile d'olive produite bénéficie de l’AOP "Huile d'olive de Haute-Provence"[61]. La culture de l’olivier est pratiquée dans la commune depuis des siècles, tout en étant limitée à certains versants. Le terroir de la commune se situe en effet à la limite altitudinale de l’arbre, qui ne peut que difficilement être exploité au-delà des 650 mètres : à Moustiers-Sainte-Marie, il s’agit des versants bien exposés des vallons entaillant le plateau de Valensole. L’oliveraie de Moustiers-Sainte-Marie occupait plusieurs dizaines d’hectares au début du XIXe siècle[62]. Actuellement, elle a fortement régressé : on ne compte plus que 3 300 arbres, contre 20 500 il y a un siècle. Elle est chargée d’un rôle patrimonial et paysager, en plus de son rôle productif[63].

Industrie[modifier | modifier le code]

Fin 2010, le secteur secondaire (industrie et construction) comptait 33 établissements, employant 34 salariés[58].

Activités de service[modifier | modifier le code]

Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, services) comptait 152 établissements (avec 117 emplois salariés), auxquels s’ajoutent les 12 établissements du secteur administratif (regroupé avec le secteur sanitaire et social et l’enseignement), salariant 66 personnes[58].

D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est très importante pour la commune, avec plus de cinq touristes accueillis par habitant[64], l’essentiel de la capacité d'hébergement étant marchande[65]. Les structures d’hébergement à finalité touristique de Moustiers-Sainte-Marie sont importantes et couvrent une large gamme de confort :

  • neuf hôtels[66], dont cinq classé deux étoiles[67], trois classés trois-étoiles[68] et un classé quatre-étoiles[69]). La capacité hôtelière correspondante est de 134 chambres[70] ;
  • huit campings : deux aires naturelles de camping[71], trois campings classés deux étoiles[72] et trois classés trois-étoiles. Les campings classés ont une capacité totale de 763 emplacements[73] ;
  • la commune compte aussi de nombreux meublés labellisés[74] et non-labellisés[75] ;
  • des chambres d’hôtes[76] ;
  • les hébergements collectifs sont aussi représentés, avec un village de vacances et un gîte[77].

Les résidences secondaires apportent un complément important à la capacité d’accueil[78] : au nombre de 239, elles représentent 37 % des logements. Parmi les résidences secondaires, 44 possèdent plus d’un logement[73],[70].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue générale du village
Clocher de l’église Notre-Dame-de-l'Assomption.

Depuis la chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir située au sommet du village, on peut admirer un immense panorama sur la vallée de la Maire et le plateau de Valensole.

Le musée archéologique est fondé en 1930[79].

Une porte de l’enceinte du XVe siècle subsiste[25].

L’église paroissiale Notre-Dame est classée monument historique. Sa construction est bien connue : elle est ordonnée par le cardinal Pierre de Pratis, entre 1336 et 1361. Seul le chœur est construit, et forme un angle prononcé avec la nef. Celle-ci est romane, et s’étend sur une longueur de quatre travées, voûtées de croisées d'ogives, avec deux bas-côtés. Les chapiteaux sont ornés de feuilles de chêne[80]. Le clocher est ajouré d'arcades romanes soutenues par de fines colonnettes.

La chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir, ou d’Entremont, ou de la Roche, possède un porche roman, dominé par un petit clocher de même époque que l’église paroissiale. La porte de bois date de la Renaissance. À l'intérieur, les deux premières travées de la nef sont romanes et remontent au XIIe siècle[24], les deux autres gothiques ainsi que l'abside. C'était autrefois un "sanctuaire à répit". Un chemin de croix, ponctué d’oratoires ornés de plaques émaillées, y conduit[81].

Le musée des faïences présente dans trois salles des collections de moules et d’appareils utilisés pour la fabrication des anciennes faïences ; des faïences des différentes époques du vieux Moustiers, parmi lesquelles de belles pièces décorées des XVIIe et XVIIIe siècles, œuvres des maîtres Clérissy, Olérys et Ferrat et des objets et des souvenirs relatifs à la région et à l'histoire de Moustiers depuis l'époque romaine.

L’étoile de Moustiers est accrochée à une chaîne, tendue entre deux montagnes, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol. Selon la légende rapportée par Frédéric Mistral, il s'agit d'un ex-voto : le chevalier de Blacas, qui fut fait prisonnier en croisade par les Mamelouks à Damiette, fit la promesse de consacrer un monument à la Vierge s'il revenait un jour en son fief. Revenu sain et sauf, il a tenu sa promesse et a fait suspendre une étoile à seize branches, emblème de sa famille. Une autre légende raconte que deux amoureux du village, issus de deux familles ennemies qui leur interdisaient de s’aimer, se sont suicidés ici, et que les deux familles ont ensuite fait suspendre cette chaîne[81]. La chaîne pèse environ 400 kg et l'étoile a un diamètre de 80 cm. L'étoile que l'on peut admirer aujourd'hui n'est pas l'étoile originale mais celle qui a été restaurée en 1882 ; en effet elle n'a maintenant que cinq branches. Il y a une dizaine d'années, l'étoile s'est décrochée et a été retrouvée au fond du ravin. Les habitants se sont cotisés et un mois après elle a été redorée et remise en place.

La chapelle du Clastre est gothique des XIIIe ‑ XIVe siècles[25].

Une chapelle est aménagée dans une grotte, la chapelle de la Madeleine[24],[81]. La chapelle Sainte-Anne date du XVIIe siècle : elle est construite en style roman avec les pierres du mur d’enceinte de la ville[24].

L’ancienne chapelle du prieuré de Saint-Victor Saint-Jean-de-l’Aval a été transformée en grange : elle n’a plus son abside et sa voûte[24]. Les restes de la chapelle Saint-Saturnin, construite au début du XIIe siècle, sont reconvertis en ferme depuis le XIXe[24].

Le prieuré Saint-Martin-d’Ourbès, à 5 km au sud-est du village, est en ruines, au milieu de la forêt[24].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Moustiers Sainte Marie.svg

Blasonnement :
d’azur à deux rochers d’argent, mouvants des flancs, sur une terrasse de sinople, entre lesquels sont posées en fasce deux fleurs de lys d’or, accompagnés en chef d'une chaîne d’argent reliant les cimes des deux rochers, au milieu de laquelle est suspendue, par un chaînon du même, une étoile d’or[82]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Roger Brunet, « Canton de Moustiers-Sainte-Marie », Le Trésor des régions, consultée le 10 juin 2013.
  2. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean,‎ 1986, 559 p., p 340
  3. Philippe Larue, « L'été du moustique tigre », La Provence, 16 juin 2013, p. 2.
  4. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence (DDRM), 2008, p. 39.
  5. a, b et c Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 27 mai 2011, consultée le 5 août 2012.
  6. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, p. 37.
  7. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 80.
  8. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 88.
  9. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Plan particulier d'intervention des barrages de Castillon et Chaudanne, version du 4 juillet 2012, p. 14.
  10. DREAL, « Cartographie de l’onde de submersion des grands barrages », Région PACA, consulté le 9 août 2012.
  11. a, b et c Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, PPI de Castillon-Chaudanne, p. 23.
  12. a et b Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, PPI de Castillon-Chaudanne, p. 26.
  13. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 97.
  14. Formulaire de recherche, base Dicrim, consultée le 5 août 2011.
  15. BRGM, « Épicentres de séismes lointains (supérieurs à 40 km) ressentis à Moustiers-Sainte-Marie », Sisfrance, mis à jour le 1er janvier 2010, consulté le 5 août 2012.
  16. BRGM, « fiche 1130045 », Sisfrance, consultée le 5 août 2012.
  17. BRGM, « fiche 40099 », Sisfrance, consultée le 5 août 2012.
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  48. Alain Archiloque est l’un des 500 élus qui ont parrainé Philippe Poutou (NPA) à l’élection présidentielle de 2012, Conseil constitutionnel, « Listes des citoyens ayant présenté les candidats à l’élection du Président de la République », Journal officiel, 31 mars 2012.
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  82. Louis de Bresc Armorial des communes de Provence 1866. Réédition - Marcel Petit CPM - Raphèle-lès-Arles 1994