Venasque

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Venasque
Venasque
Venasque
Blason de Venasque
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Pernes-les-Fontaines
Intercommunalité Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin
Maire
Mandat
Gaby Bézert
2014-2020
Code postal 84210
Code commune 84143
Démographie
Gentilé Venasquais, Venasquaises
Population
municipale
1 172 hab. (2011)
Densité 33 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 59′ 49″ N 5° 08′ 50″ E / 43.99694444, 5.14722222 ()43° 59′ 49″ Nord 5° 08′ 50″ Est / 43.99694444, 5.14722222 ()  
Altitude Min. 137 m – Max. 639 m
Superficie 35,01 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.venasque.fr

Venasque est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont les Venasquais.

Venasque est classée parmi les plus beaux villages de France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village est à environ 11 km au sud-est de Carpentras par le CD 4, puis le CD 28 et à une trentaine de km d'Avignon et de la gare d'Avignon TGV.

Le village de Venasque est situé sur un éperon rocheux aux flancs abrupts, au débouché des gorges de la Nesque. Le territoire de la commune comprend des terres cultivables vers la plaine de Carpentras, et des zones de garrigue sur les hauteurs des monts du Vaucluse. La commune occupe donc un emplacement facile à défendre, permettant dans la plaine des cultures irriguées grâce à la Nesque, possédant des zones de garrigue fournissant le bois et permettant l'élevage des moutons. Enfin, c'est le début de la route qui mène à la vallée du Calavon, par Murs et la combe de Vaulongue vers Gordes. Passage défendu par la tour de Pinet qui se voit toujours sur une hauteur. Cette situation favorable a conduit très tôt à une occupation humaine.

Son sol calcaire bien mis en valeur par l'irrigation, a permis la création d'immenses jardins spécialisés dans la production de primeurs exportés dans la France entière.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[1].

Climat[modifier | modifier le code]

La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare[2].

Mois
Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 10 12 16 18 23 27 30 30 25 20 13 10 19,75
Températures minimales moyennes (°C) 2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
Températures moyennes (°C) 6 7,5 11 13 17,5 21 24 24 19,5 15,5 8,5 7,5 14,7
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 36,5 23,3 24,9 47,5 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34,0 465,4
Source : Données climatologiques de Mazan 2000-2007

Hydrologie[modifier | modifier le code]

La commune de Venasque est arrosée par la Nesque.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Pierre tombale de Bohetius, évêque de Carpentras

Dès l'époque paléolithique, puis surtout au Néolithique, on constate une intense fréquentation des grottes de la vallée de la Nesque, comme en attestent :

  • le gisement de plein air néolithique ancien de Céron ;
  • la grotte de Unang, à mi-pente des falaises de la Nesque, dans laquelle un enseignant, Maurice Picard, découvrit en 1947 des vestiges de l'époque néolithique ;
  • la grotte des dents, vestiges de l'âge du bronze.

Venasque faisait partie du territoire des Memini, tribu gauloise dont le chef-lieu était Carpentras (Carpentorate Meminorum). L'archéologie et la toponymie montrent que Vindasca fut l'une des principales places fortes de cette tribu. Le territoire de la tribu des Meminiens s'est conservé dans celui de l'évêché de Carpentras, et celui du Comtat Venaissin.

Au Bas-Empire, le site de la ville actuelle eut ses défenses naturelles améliorées par une muraille barrant l’éperon, renforcés par trois tours semi-circulaires à pédoncule et doublés par un large fossé sec. Pour les fondations de ces remparts, on utilisa des blocs de pierre ouvragés, provenant probablement d'un édifice démoli pour ses pierres.

Le quartier de Notre-Dame-de-Vic (de vicus, bourg — aujourd'hui Notre-Dame-de-Vie) a livré des vestiges gallo-romains et surtout la pierre tombale de Bohetius, évêque de Carpentras (583-604).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'histoire de Venasque suit celle du comtat Venaissin. En 1125 il devient la propriété des comtes de Toulouse. En 1219 le comte de Toulouse Raymond VII étant allié des Albigeois, vaincus par les troupes du pape et celles du roi de France, dut céder le comtat au pape. Le Comtat resta aux papes jusqu'au 14 septembre 1791, date à laquelle il fut réuni à la France.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Crucifixion, tableau de l'école d'Avignon, daté de 1498

La Crucifixion, tableau de l'école d'Avignon, daté de 1498, orne l'église paroissiale Notre-Dame.

Le village eut à souffrir des guerres de religion, et fut assiégé en 1562 puis en 1564 par les troupes protestantes de François de Beaumont, baron des Adrets. Venasque ne fut jamais conquise : lors de ces deux sièges, des traîtres, achetés par les réformés, furent découverts. Certains furent pendus à Avignon, un autre roué en place publique à Carpentras.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Venasque a été chef-lieu de canton durant la Révolution (du 14 septembre 1791 au 8 Pluviôse an IX (28 janvier 1801)).
Après la réunion à la France, Venasque subit aussi les effets de la Terreur : en 1793, dix-huit habitants, dont le premier maire J.-J. Cortasse et son prédécesseur le dernier consul J.-A. Morel, furent guillotinés à Orange[Pourquoi ?].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

L'histoire de Venasque est depuis lors l'histoire de France. La population de la commune diminua : il y avait 1723 habitants en 1723, et seulement 371 en 1946. De plus, les habitants du village, dont beaucoup étaient exploitants agricoles, eurent tendance à descendre s'installer dans la plaine, près de leurs terres. Il y eut de plus en plus de maisons vides qui tombaient en ruine. Le mouvement s'inversa dans les années 1960, de nouveaux venus de France ou d'Europe vinrent s'installer et remirent en état ces maisons, soit pour y vivre en permanence : les « étrangers d'ici », ou seulement une partie de l'année : les « étrangers d'ailleurs ».

L'eau courante fut définitivement installée entre 1959 et 1965, auparavant il fallait aller à la fontaine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Venasque — Vindasca — est probablement d'origine ligure, comme en général les noms qui se terminent par le suffixe - asc. Actuellement, en se basant sur les formes anciennes biens connues, il est proposé la racine * Vin-. Elle se retrouve dans le Mont Ventoux et la montagne Sainte-Victoire, qui étaient tous deux des Mons Venturi, ainsi qu'en région provençale dans Venterol (Alpes-de-Haute-Provence), Venterol (Drôme), Vence, Ventabren, Ventavon ou en en Corse dans Venaco et Ventiseri. Elle apparaît aussi dans le Piémont où se trouve un Venasca ainsi que dans les Pyrénées avec le Port de Venasque et Benasque qui a aussi donné son nom à la vallée de Bénasque. Cette racine pré-latine, répandue sur un large territoire, désigne à chaque fois une hauteur ou un lieu élevé[3].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Venasque

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

De geules à la croix vidée, cléchée et pommetée d'or[4]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Hôtel de Ville
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790   J.-J. Cortasse    
         
1969 1975 Julien Ruel   Agriculteur
1975 1981 Rémi Rapetti   Commerçant
1981 en cours Gaby Bezert   Agriculteur, puis retraité

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 172 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 194 1 117 1 050 1 093 1 054 1 057 983 942 984
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
950 1 007 938 885 830 735 680 700 646
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
595 545 524 442 422 420 410 371 407
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
506 519 526 656 785 966 1 131 1 172 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Cerisiers près de Venasque, le Mont Ventoux en fond

Les Venasquais s'étant spécialisés dans la cerise (label Cerise de Venasque) et le raisin de table (muscat de Venasque).AOC muscat du Ventoux. De nos jours, la commune est essentiellement vigneronne et produit du raisin de table et un peu de vin AOC Ventoux. Les fourrés de yeuses et les chênaies sont producteurs de truffes.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La plaine du comtat bénéficie de l'attrait touristique qu'engendre l'histoire de ses villages, le Mont Ventoux qui la domine au sud de son relief particulier, la richesse de ses sols et le résultat de son agriculture (oenotourisme en plein développement) et bien sur son ensoleillement.

L'Institut Notre-Dame de Vie attire régulièrement de nombreux fidèles (et curieux) sur la commune.

L'on peut aussi ajouter comme attrait la proximité des Gorges de la Nesque ou de la vallée du Luberon.

Petite hôtellerie, chambres d'hôtes, locations vacances, etc.

L'église de Venasque
Baptistère de Venasque

Vie locale[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Chapelle Saint-Siffrein.
  • Église Notre-Dame. Très remaniée, elle possède un beau retable du XVIIe siècle en bois sculpté et, surtout, la Crucifixion, tableau de l'école d'Avignon, daté de 1498.
  • Baptistère de Venasque.
  • Prieuré de Saint-Pierre-les-Thermes.
  • Remparts.
  • Bories et murs en pierres sèches : 240 bories sur la commune.
  • Mur de la peste.
  • Les tours sarrasines ou tours historiques protégeant le village.
  • La tour de Pinet.
  • L'Institut Notre-Dame de Vie fondé en 1932 par le Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, puis reconnu en 1973 comme un seul Institut séculier de droit pontifical à trois branches autonomes.
  • Venasque possède sur le territoire de la commune plusieurs dizaines de bories abritant des cuves vinaires rupestres. Elles ont été découvertes et étudiées au cours des années 1990 par Michel Bouvier.
Article détaillé : Cuve vinaire rupestre.

Personnes liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Les Peuples pré-romains du sud-est de la Gaule, Guy Barruol (1969).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Provence Romane, Guy Barruol.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Les Pierres racontent Venasque, Max Rolland (1998).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barthélemy, Avignon, 1986,‎ 1986 (ISBN 2903044279)
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Christian Lacour, Nîmes (réed.), 1997,‎ 1997 (ISBN 284406051X)
  • Jean-Pierre Saltarelli, Les Côtes du Ventoux, origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, A. Barthélemy, Avignon, 2000,‎ 2000 (ISBN 2879230411)

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  2. La climatologie du Vaucluse
  3. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1949
  4. Malte-Brun, in la France illustrée, tome V, 1884
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011