Riquewihr

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Riquewihr
Rue des Remparts, une des nombreuses ruelles pittoresques de Riquewihr.
Rue des Remparts, une des nombreuses ruelles pittoresques de Riquewihr.
Blason de Riquewihr
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Ribeauvillé
Canton Kaysersberg
Intercommunalité C.C. du Pays de Ribeauvillé
Maire
Mandat
Daniel KLACK
2014-2020
Code postal 68340
Code commune 68277
Démographie
Gentilé Riquewihrien, Riquewihrienne
Population
municipale
1 174 hab. (2011)
Densité 69 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 10′ 02″ N 7° 17′ 52″ E / 48.1672222222, 7.29777777778 ()48° 10′ 02″ Nord 7° 17′ 52″ Est / 48.1672222222, 7.29777777778 ()  
Altitude Min. 230 m – Max. 936 m
Superficie 17,04 km2
Localisation

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Riquewihr [ʁik(ə)viːʁ][1] (Reichenweier en allemand) est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

La rue du Général-de-Gaulle, vue depuis le Dolder.
La rue principale

Riquewihr est un village d'Alsace, très réputé et visité pour son charme. Riquewihr jouit d'une grande célébrité, non seulement en Alsace et en France, mais aussi en Europe. Riquewihr est une cité médiévale située en plein cœur du vignoble alsacien qui doit sa renommée à son caractère pittoresque et à son remarquable patrimoine architectural. Le village est situé sur la route des vins d'Alsace, à 10 km au nord de Kaysersberg et 4 km au sud de Hunawihr et de Ribeauvillé. Blottie à l'entrée d'un vallon boisé, protégée par le Schoenenberg contre les vents du nord, Riquewihr surplombe légèrement la plaine d'Alsace et offre une vue magnifique sur la vallée du Rhin, depuis les Alpes jusqu'aux abords de Sélestat. Aussi, son climat est, par sa douceur, particulièrement favorable à la culture de la vigne, les coteaux au sol lourd et aux versants raides n'offrant point d'autres possibilités de culture. Il est situé dans le canton de Kaysersberg. Sa particularité est d'être situé entre trois collines, qui ont donné le logo de la maison Hugel et fils, l'une des plus grandes familles viticoles de Riquewihr. Ce village conservé ses ruelles et ses maisons d'autrefois car il a eu la chance d'échapper aux destructions des deux guerres mondiales.

Riquewihr se trouve à 3 km de Hunawihr où est installé le parc des cigognes, à 5 km de Ribeauvillé, 5 km de Kaysersberg, 13 km de Colmar et 70 km de Strasbourg.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Selon la coutume franque, et afin de garantir la fidélité des guerriers, les successeurs de Clovis avaient pour habitude de distribuer des terres sous la responsabilité d'un chef. Le village de Riquewihr doit probablement son nom à un riche propriétaire franc nommé « Richo » qui vécut au VIe siècle. On appela son domaine « Richovilla » (de l'anthroponyme Richo et du latin villare, ferme), qui devint « Richovilare » à l'époque carolingienne, le nom « Richovilare » se transformant au fil des ans en « Riquewihr ».

Ne pouvant entretenir seul les immenses terres mises à sa disposition, cet important personnage de l'époque franque fit appel à des collaborateurs qui se bâtirent des maisons et devinrent alors par les premiers habitants de Riquewihr. En allemand, son nom est Reichenweier, parfois Reichenweiher ou Reichenweyer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une ancienne cité romaine[modifier | modifier le code]

Les origines de Riquewihr remontent à l'époque romaine. Les vestiges d'un « speculum » (tour d'observation), les restes d'un mur et d'une tour, prouvent le passage d'une route montant par la vallée à Aubure passant près d'un ancien mur païen. Il est fort probable qu'il existait à cet endroit une halde avant l'entrée de la montagne ; la culture de la vigne laisse supposer une petite agglomération fortifiée. Des tombeaux trouvés dans les alentours prouvent l'existence d'une localité aux environs des VIIIe et IXe siècles.

Une propriété des ducs d'Alsace[modifier | modifier le code]

Vers l'an 1000, Riquewihr fut avec son château de Reichenstein la propriété des ducs d'Alsace et d'Eguisheim-Dabo. Il est cité pour la première fois sous le nom de « Richovilare » en 1049 dans une donation au monastère de Sainte-Croix-en-Plaine, près de Colmar. En 1094, l'abbaye de Sainte-Croix-en-Plaine possède des vignes à Riquewihr. Le village de Richovilare du XIe siècle passa aux mains des comtes d'Eguisheim-Dabo.

Les Reichenstein et la destruction du château de Reichenstein[modifier | modifier le code]

À partir du XIIIe siècle le domaine tomba dans les mains d'une famille noble, les Reichenstein mais ses membres se firent une mauvaise renommée de seigneurs-brigands. En 1269,a fin de rétablir l'ordre et la sécurité, Rodolphe de Habsbourg, futur empereur d'Allemagne, assiège le château de Reichenstein avec le concours des troupes de la ville de Strasbourg et de Colmar. Les seigneurs, les deux frères Gislin, furent condamnés à mort et pendus à un chêne tout près du château dont les vestiges et le donjon sont encore visibles. Après l'exécution des chevaliers, Rodolphe se rendit dans le village de Riquewihr où il partagea un verre de vin avec les habitants. Le lendemain, en rentrant à cheval avec son métayer de Guémar, Roldolphe proclama que le village de Riquewihr méritait d'être érigé en ville car, grâce à ce « diable de vin  », il s'était fait tutoyer par les anciens du conseil et ne voulait pas qu'on puisse lui reprocher de se faire aussi tutoyer par les paysans. La disparition du château devint pour la ville le point de départ d'une période faste.

Les sires de Horbourg et la construction du mur d'enceinte[modifier | modifier le code]

Rue de la Caserne. À droite, portion occidentale de la muraille d'enceinte du XIIIe siècle.

La ville et le château étant devenus la propriété des sires de Horbourg, Burkhardt II de Horbourg fit, en 1291, élever des murailles et entourer le bourg d'un large et profond fossé. Ainsi Riquewihr devint une petite forteresse de 300 m de long et de 220 m de large, qui pouvait au besoin abriter les habitants de plusieurs villages voisins. L'accès de la ville était assuré par deux portes, celle du bas, détruite en 1804, et celle du haut, connue sous le nom de « Dolder ». Cette porte surplombée d'une tour à cinq étages, a une hauteur de 25 mètres. Le passage pouvait au moment du danger être fermé par une porte très solide à deux battants et par une herse. La cloche dans le petit clocheton servait de signal d'alarme en cas d'approche de l'ennemi venant de la plaine. L'intérieur du Dolder servait autrefois de lieu d'habitation au gardien du village. Cette enceinte fortifiée existe encore en partie au XXIe siècle. On peut ainsi encore voir les murs d'enceinte nord et ouest et les tours emblématiques de la cité : le Dolder et la Tour des Voleurs. Un coup d'œil le long du mur d'enceinte, à droite et à gauche du Dolder et le long de la Semme, donne une idée, à côté de son aspect pittoresque, de la solidité et de l'importance de ces fortifications. En 1320, les Horbourg obtinrent l'autorisation d'élever leur domaine en « ville », donnant ainsi une certaine importance à la cité.

Les comtes de Wurtemberg et la Réforme[modifier | modifier le code]

Reichenweiher (Riquewihr) en Alsace. Image de Merian. Extrait de l'ouvrage Geschichte von Wurtemberg, Stuttgart, 1896

Sans postérité, les sires de Horbourg vendirent en 1324 leurs terres à Ulrich X de Wurtemberg. En 1397, le comte Eberhard IV de Wurtemberg prit pour fiancée l'héritière du comté de Montbéliard, Henriette de Montfaucon, encore enfant. Riquewihr étant devenue capitale, les deux familles, les Wurtemberg-Monbéliard gouvernèrent sagement leur domaine qui connut alors une grande prospérité jusqu'à la Guerre de Trente Ans. Le commerce florissant du vin qui s'exportait dans tout l'Empire et les pays hanséatiques amena une grande prospérité, comme en témoignent les demeures remarquables datées pour l'essentiel du XVIe siècle. En 1420, les habitants expulsent les juifs du bourg "non par une décision du magistrat mais par la haine et la fureur du peuple[2]." En 1525, Riquewihr fut entraîné dans la guerre des paysans. En 1534, le comte Georges de Wurtemberg, luthérien, introduisit la Réforme dans la Seigneurie.

La guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

Maison David-Irion, maison patricienne renaissance de 1606. Remarquer à gauche la logette d'angle et à droite le portail d'entrée renaissance.

Lors de la guerre de Trente Ans (1618-1648) les armées sous différentes bannières déferlèrent sur l'Alsace et dévastèrent la majeure partie des villes et villages. En 1635 et 1652, Riquewihr fut assiégée, prise et pillée par les troupes du duc de Lorraine. Depuis 1607, le burgvogt, connu sous le nom de Johann Conrad Krämer, y résida jusqu'en 1626. Sous son règne, des travaux de restauration et de consolidation furent entrepris et permirent à la population de Riquewihr de trouver refuge à l'intérieur des murs fortifiés. Au cours de cette période, l'Alsace dut faire face à toutes sortes d'armées qui pillaient et rançonnaient la population. En 1626, le nouveau burgvogt s'appelait Michel Hauweber. Il était chargé par le duc de Wurtemberg de respecter un cahier des charges draconien, comme défendre à tout prix le château et les bois autour de la forteresse. En 1635, la ville de Riquewihr fut occupée par un détachement français de seize hommes venus de Colmar. Le burgvogt fit faire de nombreux travaux et fortifia les murs. La ville fut bombardée par six pièces d'artillerie. La petite garnison réfugiée au Château de Bilstein résista vaillamment. C'est alors que le commandant en chef de Colmar, Manicamp, décida d'envoyer des renforts à Riquewihr pour enfoncer les murs du château mais le détachement se perdit dans les bois et la troupe envoyée en renfort fut dispersée par les paysans du Val d'Orbey. Cependant, une petite colonne finit par se trouver devant le château et ouvrit des brèches dans son système de défense. L'assaut devint inévitable. Le commandant demanda alors aux défenseurs de Riquewihr de renoncer à protéger le village en promettant la vie sauve à la population si elle lui ouvrait les portes. Les habitants finirent par les ouvrir le mais les troupes ne respectèrent pas scrupuleusement leur promesse et on assista alors à des exécutions sommaires et à des règlements de compte. Aux meurtres succédèrent la famine et les épidémies de peste, de choléra et le typhus qui décimèrent une grande partie de la population ; Riquewihr eut beaucoup de mal à se relever de ces désolations, le passage des armées du roi de France en 1675 n'arrangeant pas la situation. En 1680, les émissaires de Louis XIV prirent possession de Riquewihr qui resta cependant soumise aux lois et coutumes de l'Empire germanique et aux ordres des comtes de Wurtemberg.

La période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Au cours de la Révolution, la famille des Wurtemberg dut abandonner ses possessions en Alsace. Riquewihr fut ainsi définitivement rattachée à la République française vers 1796, rattachement entériné par le traité de Paris.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Contrairement aux autres villages de la région (tels Mittelwihr, Bennwihr ou Sigolsheim), Riquewihr a miraculeusement échappé aux destructions de la Seconde Guerre mondiale du fait de sa position en cul-de-sac. Cette préservation de son patrimoine ancien en fait l'un des villages les plus visités d'Alsace.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Riquewihr

Les armes de Riquewihr se blasonnent ainsi :
« D'or aux trois armures de cerf de sable posées en fasce et rangées en pal, la point à dextre, chevillées chacune de cinq pièces, surmontées d'une étoile de six rais du même. »

Il s'inspire des armes des sires de Horbourg et de celui des comtes, puis des ducs de Wurtemberg.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Jean Buttighoffer    
mars 2008   Jean Buttighoffer    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 174 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 728 1 758 1 709 1 703 1 931 1 949 1 836 1 883 1 833
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 674 1 904 1 775 1 773 1 679 1 677 1 698 1 714 1 698
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 659 1 539 1 438 1 333 1 246 1 192 1 220 1 435 1 404
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 397 1 322 1 195 1 045 1 075 1 212 1 273 1 174 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Riquewihr : le Dolder, façade orientale.

L'ancien château des Wurtemberg abrite désormais le musée de la Poste. La tour, érigée en 1291, surveillant les remparts à l'extrémité supérieure de la ville porte le nom de Dolder, ce qui signifie sommet.

Les nombreuses petites ruelles qui rayonnent à partir de la grand-rue sont l'occasion de promenades et d'une plongée dans l'histoire de la ville. Au centre, la place des Trois-Églises dont deux ont été transformées en maisons d'habitation. Il ne subsiste que l'église protestante[5].

Le musée de la Tour des Voleurs abrite des oubliettes d'époque avec salle de torture. Il est établi dans les anciens cachots de la ville.

Le village est gratifié du label des plus beaux villages de France, décerné par une association indépendante visant à promouvoir les atouts touristiques de petites communes françaises riches d'un patrimoine de qualité.

Vestiges du château de Bilstein[modifier | modifier le code]

Les ruines du château fort situé sur la route d'Aubure, à l'est de Ribeauvillé, se trouvent au sud de la vallée du Strengbach, entre le col du Haut de Ribeauvillé et la vallée de Sainte Marie-aux-Mines. Elles se dressent sur une crête rocheuse du Schlossberg à 700 mètres d'altitude. Ce château est mentionné pour la première fois en 1217 dans la chronique de Richer, moine et abbé de Senones. Il appartenait alors au duc de Lorraine qui le céda en fief à la famille des Horbourg. Pour le distinguer d'un autre château portant le même nom mais situé au val de Villé près d'Urbeis, on lui a accolé de nom de château de Bilstein d'Aubure. Ce dernier le conserva jusqu'en 1324 puis il fut vendu à leur oncle le comte Ulrich III de Wurtemberg. Il transféra en 1387 l'image miraculeuse de la Vierge dans l'église Notre-Dame de Riquewihr. Le donjon et la chemise datent probablement du XIIe - début XIIIe siècle et la porte haute qui a été refaite au XIVe siècle. Ce château fut restauré à plusieurs reprises aux XVe, XVIe et XVIIe siècles. En 1388, les villes souabes et alsaciennes rassemblées déclarèrent la guerre au duc de Bavière et à ses alliés dont le comte Eberhard de Wurtemberg. Il leur fut demandé d'épargner le château de Bilstein. En 1424, Ferry, bâtard de Charles II de Lorraine, en obtint la jouissance. Les habitants de Beblenheim payaient en 1472 une redevance afin que le châtelain surveille leurs forêts. En 1547, l'empereur était en guerre contre les Wurtemberg et fit le siège du château. Pendant la guerre de Trente Ans, du 10 au 13 janvier 1636, il fut occupé et ruiné par les troupes impériales du comte de Schlick. Un incendie survenu en 1640 acheva de le ruiner complètement. Le dernier bailli du château qui prit possession des ruines prit ses fonctions en 1655. Devant l'ampleur des réparations, il fut petit à petit délaissé et servit de carrière à la population de Riquewihr. Le Château de Bilstein allait servir de prison à diverses reprises jusqu'en 1489.

Vestiges du château de Reichenstein[modifier | modifier le code]

Près de Riquewihr existent encore les ruines du château de Reichenstein (Castrum Richenstein) qui fut détruit en 1269 par Rodolphe de Habsbourg à cause des brigandages exercés par ses possesseurs, les frères Giselin.

Ancien château des Wurtemberg[modifier | modifier le code]

Ancien château des comtes de Montbéliard-Wurtemberg, 2e quart 16e siècle (1539), classé au titre des monuments historiques par arrêté du 23 février 1900[6], [7].

Ancienne cour de l'abbaye d'Autrey[modifier | modifier le code]

En 1579, le vigneron et bourgeois de Riquewihr, Melchior Strauss acheta aux chanoines augustins d'Autrey, près de Rambervillers (Vosges) cette cour mentionnée un siècle plus tôt. Elle fut restaurée de 1579 à 1581 par un entrepreneur de Milan, Antoine Muzat. L'année 1581 se trouve sur la porte de la tourelle et sur une pierre du chaînage d'angle près de l'oriel. Le receveur ecclésiastique Jean Fehr s'y installa comme locataire. Cette tourelle monte de la cave aux combles par un escalier à vis suspendu. Sa voûte à huit nervures supporte une terrasse dont le garde-corps est orné d'un réseau de pierres constituant une véritable dentelle (classé monument historique en 1990).

Tour des Voleurs[modifier | modifier le code]

Tour des Voleurs.

La Tour des Voleurs est une construction en forme pentagonale construite en 1550 et d'une hauteur de 18 mètres. À l'intérieur de la première pièce se trouve la chambre des tortures avec ses instruments authentiques. On y enfermait les malfrats. En 1484, les habitants demandèrent au seigneur de ne plus être enfermés dans cette tour et de la réserver aux étrangers. La tour blanche, aujourd'hui disparue, était destinée à y enfermer les détenus de Riquewihr. L'accès à la tour des Voleurs se fait par la cour des Juifs en escaladant le mur d'enceinte par un vieil escalier de l'époque.

Dolder[modifier | modifier le code]

Vue depuis l'entrée de la porte du Dolder

Le Dolder était la porte d'entrée de la ville de Riquewihr construite en même temps que l'enceinte fortifiée au XIIIe siècle (en 1291). Elle servait à défendre la ville contre toute intrusion étrangère grâce à sa tour de guet installé sur le beffroi. Dolder signifie en alsacien « le point le plus haut ». Le beffroi a une hauteur de 25 mètres et a été construit pour impressionner l'ennemi grâce à l'aspect militaire de sa façade extérieure. Le côté tourné vers la ville donnait un aspect plus agréable grâce à ses poutres en forme de colombages et ses quatre étages qui étaient occupés par la famille du gardien. Le gardien devait assurer le guet et fermer la porte de l'entrée du village chaque soir et prévenir la population si quelque chose d'anormal se passait en donnant l'alarme. Il disposait pour cela d'une petite cloche sur le sommet du beffroi. Cette cloche a été fondue en 1842 et portait l'inscription « c'est la joie, c'est l'alarme que mon son produit. De jour j'annonce le vacarme et le repos de la nuit ». Ce monument reste encore aujourd'hui l'emblème le plus remarqué dans la ville. L'intérieur du Dolder, autrefois habitation du gardien, abrite aujourd'hui dans trois de ses étages le musée local de l'art et de la tradition populaires. La tour abrite une collection d'armes du XVe au XVIIe siècle et divers outils et objets liés directement aux profession vinicoles. On y trouve également des documents et des souvenirs de familles ainsi que des ustensiles de l'époque dont l'usage a maintenant complètement disparu. Un coup d'œil le long du mur d'enceinte, à droite et à gauche du Dolder et le long de la Semme fait sentir son côté pittoresque, la solidité et l'importance de ces fortifications.

Ancienne église Notre-Dame[modifier | modifier le code]

Située 16 place des Trois-Églises, l'édification de cette ancienne église est due au comte Ulrich III de Wurtemberg, qui a fait venir du château de Bilstein une image miraculeuse de la Vierge dans cette église qui devient ainsi un lieu de pèlerinage très fréquenté. En 1534, avec la Réforme, l'église est transformée en presbytère protestant et l'image miraculeuse est détruite. Le clocheton et le chœur sont détruits au cours de la Révolution. Attenant au mur d'enceinte nord, l'édifice présente des vestiges significatifs d'un petit sanctuaire gothique : grandes arcades brisées, une fenêtre haute trilobée et une grande baie à réseau dans le pignon ouest. Au second étage, une fenêtre est datée de 1573.

Puits du XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Ce puits en grès rose datant du XVIe siècle est situé entre les rues Hederich et du Général-de-Gaulle. Les montants de ce puits conservent de magnifiques sculptures[8].

Porte Haute[modifier | modifier le code]

Porte haute (allem. Obertor), avec son pont-levis. Au second plan : façade arrière (occidentale) du Dolder.

La Porte haute se trouve à quelques pas de la sortie ouest. En raison du développement des armes à feu, une seconde enceinte fut aménagée vers 1500 et destinée à renforcer les trois côtés les plus vulnérables de la ville (est, sud et ouest). L'emplacement était muni d'un pont-levis qui reste encore partiellement visible sur le mur extérieur du bâtiment, ainsi que le passage où se dressait une porte massive en bois à double battant. Installée vers l'an 1500, cette herse est l'une des plus anciennes d'Europe et est antérieure de quelques années à celle que l'on peut apercevoir sur la tour de Londres. Cette porte ainsi que les remparts et les bastions furent édifiés à la demande du duc de Wurtemberg. Les deux battants de la porte ont bravé les siècles. À la même époque, l'édifice est complété d'un profond et large fossé destiné à rassurer la population. Des tours défensives de l'enceinte construite en 1291, il ne subsiste que les tours des angles sud-ouest (tour Heller), au nord-ouest (la tour des Anabaptistes) et au nord-ouest la tour des Voleurs. La porte se trouvant au bas du village a été démolie au début du XIXe siècle en même temps que la tour sud (la Tour blanche).

Musée de la Communication en Alsace[modifier | modifier le code]

Ancien château des comtes de Wurtemberg, aujourd'hui musée de la Communication en Alsace.
Musée Hansi (à gauche) et Maison Jung-Selig (à droite, de 1561).

C'est sur l'initiative des « Amis de l'Histoire des PTT d'Alsace » (Postes, diligences, telecoms) que ce musée a été créé et qu'il a reçu l'approbation du conseil municipal. Il est installé dans l'ancien château des comtes de Wurtemberg, désaffecté comme école en 1970-1971. C'est le seul musée de ce genre en France. On peut y voir de nombreuses pièces de l'histoire de la poste en Alsace. Il a évolué pour devenir le Musée de la Communication en Alsace[9].

Le musée Hansi[modifier | modifier le code]

Ce musée est consacré à Jean-Jacques Waltz dit Hansi et présente un ensemble de 150 pièces : lithographies, aquarelles, cartes postales, étiquettes de vins, affiches, livres, vaisselles. Il a été réalisé par des bénévoles de l'Association des amis de Hansi rue du Général-de-Gaulle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • René Paira, un préfet du Haut-Rhin issu d'une vieille famille de Riquewihr

Jumelages[modifier | modifier le code]

Riquewihr est jumelé depuis 1961 avec la ville allemande de Weil der Stadt en Forêt-Noire.

Parcs et espaces verts[modifier | modifier le code]

Riquewihr est récompensée par deux fleurs au palmarès du concours des villes et villages fleuris[10].

Galerie[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Le téléfilm Maître Zacharius, réalisé en 1973 par Pierre Bureau d'après l'œuvre de Jules Verne (Maître Zacharius ou l'horloger qui avait perdu son âme) a été tourné en grande partie à Riquewihr. À cette occasion, de nombreux habitants du village y ont été engagés comme figurants.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Ehret, Riquewihr, perle du vignoble, La Nuée Bleue, Strasbourg, 32 pages
  • Ensfelder Ed. : Schuetzenordnung von Reichenweier, Strassburg, 1866
  • Guy Leduc, Riquewihr, la perle d'Alsace, Éditions Edelhé, 2007, 208 pages, (ISBN 978-2-917227-01-5)
  • Christian Pfister, Le comté de Horbourg et la Seigneurie de Riquewihr sous la souveraineté française (1680-1793), Fiszchbacher, 1889, Strasbourg, 124 pages
  • Riquewihr, ce joyau de l'Alsace, Éditions des Dernières Nouvelles de Strasbourg, Collection « les merveilles de l'Alsace » 1954
  • Lucien Sittler, Riquewihr - Édition des Dernières Nouvelles, Strasbourg, 1974, 20 pages

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références
  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 104.
  2. Jean-Daniel Schöpflin, L'Alsace illustrée, t.IV, p.186, citant le manuscrit des chroniques des Franciscains de Thann
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  5. « Notice no IA68006912 », base Mérimée, ministère français de la Culture Temple 4e quart 18e siècle (1783)
  6. « Notice no IA68000789 », base Mérimée, ministère français de la Culture Ancien château des comtes de Montbéliard-Wurtemberg
  7. « Notice no PA00085598 », base Mérimée, ministère français de la Culture Ancien château des comtes de Montbéliard-Wurtemberg
  8. « Notice no PA00085635 », base Mérimée, ministère français de la Culture Puits, dit des Juifs
  9. Site Internet du musée de la Communication en Alsace
  10. Source : Villes et Villages Fleuris