Vézelay

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Vézelay
Façade de la basilique de Vézelay
Façade de la basilique de Vézelay
Blason de Vézelay
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Arrondissement Avallon
Canton Vézelay
(chef-lieu)
Intercommunalité CC Avallon - Vézelay - Morvan
Maire
Mandat
Hubert Barbieux
2014-2020
Code postal 89450
Code commune 89446
Démographie
Gentilé Vézéliens
Population
municipale
433 hab. (2011)
Densité 20 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 27′ 59″ N 3° 44′ 54″ E / 47.466389, 3.74833447° 27′ 59″ Nord 3° 44′ 54″ Est / 47.466389, 3.748334  
Altitude Min. 170 m – Max. 339 m
Superficie 21,83 km2
Localisation

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Vézelay

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Vézelay

Vézelay est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne. Elle est un chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Avallon. Elle est renommée en raison de la Basilique Sainte-Marie-Madeleine et de la colline classées au patrimoine mondial de l'humanité.

Elle est le point de départ de l'une des principales voie de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, la Via Lemovicensis.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La ville est située sur une haute colline. Celle-ci a valu à Vézelay d'être renommée Vézelay-la-Montagne en 1793, pendant la révolution. La raison en est simple : seul le côté ouest est facilement accessible, les versants sud, nord et est étant plus abrupts. La rue principale suit la ligne de crête de cette colline et permet de rejoindre l'église abbatiale située sur le point culminant. Vézelay domine la vallée de la Cure qui a longtemps été la voie de navigation principale de la région et la frontière entre le Nivernais et la Bourgogne.

Vézelay est distante de 15 km d'Avallon et de 45 km d'Auxerre.

De grands écrivains du XXe siècle, comme Romain Rolland, Georges Bataille ou Jules Roy, ont habités sur la « colline inspirée »[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Asnières-sous-Bois Montillot, Asquins Rose des vents
Chamoux N Saint-Père
O    Vézelay    E
S
La Maison-Dieu
(Nièvre)
Fontenay-près-Vézelay Foissy-lès-Vézelay

Géologie[modifier | modifier le code]

« La montagne sur laquelle est bâti Vézelay appartient tout entière aux différentes assises de la Grande-Oolithe. Vers la base, du côté de Saint-Père, se montrent encore quelques-unes des couches du lias et au-dessus les calcaires de l'oolite inférieure avec débris de pentacrinites et radioles de Cidaris Courtaudina, mais cet ensemble est promptement recouvert par les calcaires oolithiques subschistoïdes plus ou moins marneux de la grande oolite, que caractérisent les pholadomyes, les panopées, les mytilus, les ammonites. Du côté opposé, en descendant la route de Vézelay à Clamecy, la succession des couches oolitiques est plus apparente encore. Sous les calcaires compacts et résistants qui constituent le sommet de la montagne, on voit se développer des calcaires argileux très riches en Pholadomyes et qui renferment abondamment le Pholadomya Vezelayi. Au pied de la montagne, d'anciennes carrières aujourd'hui abandonnées, ont été exploitées dans la partie inférieure de cette assise. Les couches sont plus compactes, moins marneuses ; les pholadomyes n'apparaissent pas encore ; les fossiles, assez rares, se bornent à quelques Ammonites. »[2].

La toponymie des bois environnants dévoile un sous-sol riche en minerai de fer : bois des Ferrières, bois du Fourneau.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Les eaux de pluie étaient « soigneusement recueillies dans trois grandes citernes publiques, deux réservoirs et un grand nombre de citernes particulières »[2]. Les constructions les plus grandes sont au sein de l'abbaye, à la hauteur de l'ancien préau du cloître ; l'une d'entre elles a 16,85 m de longueur, 6,30 m de largeur et 3,60 m de profondeur. Des piliers en pierre carrée soutiennent des voûtes d'arêtes en moellons. Elle recueille les eaux pluviales des toitures plates de l'église et autrefois de tous les bâtiments du monastère.

Climat[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Pistes cyclables[modifier | modifier le code]

Sentiers de grande randonnée[modifier | modifier le code]

Transports en commun routiers[modifier | modifier le code]

L'autobus qui rejoint la gare de Sermizelles et la gare de Clamecy marque un arrêt à l'entrée de Vézelay.

Hameaux dépendant de Vézelay[modifier | modifier le code]

Le Bois-de-la-Madeleine, Les Brades, Les Chaumes-Hautes, L'Etang-Neuf (ou Chaumes-Blanches), La Goulotte, Le Grand-Jardin, La Justice, La Longueroie, La Maladrerie, Le Maupas, Les Triés, Versausse.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les Gaulois sont les premiers à avoir dénommés le nom de ce site en Uzellac, mot issu de la fusion de « uzell » (la montagne en celte) et de « awch » (le sommet en celte)[3]. Cette étymologie nous est fournie par Jules César lorsqu'il fait référence à Videliacus, un nouveau magistrat romain qui auparavant était druide d'Uzellac.[4],[5]. Après la colonisation romaine, le toponyme aurait été évolué en Vercellatus, Vezeliacum ou Virzeliacum à partir du nom d'un propriétaire agricole local important du nom de Vercellus[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du village de Vézelay (Yonne)

L'établissement humain sur la colline de Vézelay est très antérieur à l'abbaye bénédictine. On a découvert en 2012 un mur carolingien sous le cloître de Vézelay. Des sarcophages mérovingiens ont été retrouvés dans le sous-sol de l'église Saint-Pierre, et sous l'un d'eux un sarcophage plus ancien[6]. Du matériel gallo-romain trouvé sur la colline montre un centre d'activité économique (marché), un refuge et probablement un lieu de pèlerinage[7]. Par ailleurs le site de Saint-Père, au pied de la colline, a été occupé par un important domaine gallo-romain avec plusieurs sanctuaires, et les sources des Fontaines Salées proches l'ont été depuis 2200 à 2300 avant J.C.

Vers 858, Girart de Roussillon choisira d‘assurer la pérennité de ses possessions en les transformant en deux communautés bénédictines, respectivement masculine et féminine : Pothières et Vézelay. Il fonde ainsi un monastère de femmes à l'emplacement actuel de Saint-Père. Il possède une villa, entourée de grands domaines. Le finage dans lequel les habitations se trouvent porte le nom de Vezeliacus qui deviendra Vizeliac puis Vézelay.

L‘existence et l‘organisation de ce Vézelay primitif n‘aura toutefois qu‘une faible postérité puisqu‘elle s‘interrompt brutalement environ dix ans plus tard, entre 871 et 877, lorsque les Normands poussent les moniales à la fuite. Girard demande alors leur remplacement par une communauté d‘hommes. L’abbaye est alors transférée sur la colline et des moines bénédictins remplacent les moniales. La position du monastère attira nombre de familles afin de profiter de la protection des murs du nouvel établissement. Celui-ci est dédié à la Vierge et aux apôtres saint Pierre et saint Paul. Son statut est assez particulier car elle a été affiliée à Cluny qui a bénéficié d'une exemption jusqu'en 1744 : « moyennant la redevance annuelle d'une livre d'argent, qu'elle payait au Saint-Siège, elle fut autorisée à ne reconnaître ni chef d'ordre, ni évêque diocésain, ni prince, ni seigneur quelconque. Elle forme une espèce de république théocratique, détachée d'abord de la monarchie carolingienne, ensuite de la féodalité française, et ne conservant, ni avec l'une ni avec l'autre, aucun lien, aucun rapport de subordination[2]. » Eudes, premier abbé, est mentionné en 897.

Certains auteurs affirment qu'en 882 le moine Badilon aurait apporté de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume à Vézelay, des reliques de Marie-Madeleine. Par contre, Eudes, premier abbé, est mentionné en 897.

La grandeur de l'abbaye de Vézelay[modifier | modifier le code]

Élu en 1037[8], l'abbé Geoffroy réforme l'abbaye et convainc ses contemporains que l'abbaye possède les restes de Marie-Madeleine : d'où pèlerinages, donc offrandes et donations.

Entre les années 1050 et 1250, Vézelay fut le plus grand sanctuaire magdalénien d‘Europe occidentale. Ceci profita naturellement aux habitants et le village devint une petite ville. « De là, chez eux, un esprit d'indépendance que le despotisme monastique irrita, et qui bientôt se manifesta par des révoltes sanglantes, des luttes opiniâtres[2] ». Il faudra attendre une bulle pontificale pour que Madeleine devienne officiellement la patronne de l'abbaye (1050). Une telle prospérité attira Cluny : celle-ci soumit Vézelay et lui imposa l'abbé clunisien Artaud.

En 1060, Vézelay obtient le droit de commune

En 1096, Urbain II prêche la première croisade ; la construction de l’abbatiale est décidée. Elle est consacrée en 1104. L'impôt établi pour réaliser cette entreprise avait exaspéré les habitants qui se révoltèrent : l'abbé Artaud fut assassiné en 1106. Après bien des vicissitudes (révoltes, conflits seigneuriaux,[réf. nécessaire] incendie de 1120 provoqué par la foudre[9]), le narthex ou église des Pèlerins pénitents fut construit : il n'est dédicacé qu'en 1132). En 1137 l’abbé Albéric signe avec les habitants une charte qui définit les droits de l'abbaye et des bourgeois : acte de sagesse qui fut loué en termes élogieux par saint Bernard de Clairvaux.

En 1146 la réputation de Vézelay est telle que Bernard de Clairvaux y prêche la deuxième croisade. Le lieu du prêche est transformé en église commémorative : il en reste quelques débris connus sous le nom de la Cordelle. L'abbé Ponce de Montbossier rétablit temporairement l'abbaye dans ses privilèges anciens d'indépendance (« pote, potestas Vezeliacensis »). Les abbés reçoivent du Vatican d'énormes prérogatives : le droit de porter la mitre, la crosse, l'anneau et les sandales. La ville obtient des institutions communales en 1152, qui lui sont retirées dès 1155 par Louis VII le Jeune[10]. Après la révolte de 1167, les habitants obtiennent des moines une charte écrite qui leur garantit des libertés enviables dans la région (« libertas Vezeliacensis  »).

En 1190, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion s'y donnent rendez-vous pour la troisième croisade. Le chœur de l'église romane est reconstruit en plus vaste. L'abbé Hugues, homme corrompu, dilapide les richesse de l'abbaye et est destitué en 1207. Le déclin de l'abbaye commence, coïncidant en cela avec le déclin des ordres monastiques et celui des bénédictins en particulier.

Le déclin de l'abbaye et la fin du pèlerinage[modifier | modifier le code]

Si vers 1215 l'abbatiale est achevée, les conflits avec les comtes de Nevers reprennent. Les différents papes et les rois de France ne pourront rien pour protéger la communauté religieuse. La protection des reliques de la Madeleine semble peu efficace, et les pèlerins se détournent de cette ville agitée par tant de conflits (soulèvement de 1250). Le pape Clément IV lance une enquête pour comprendre les raisons d'une telle déchéance et ordonne une vérification solennelle des reliques de la Madeleine. Le roi saint Louis s'est associé à la cérémonie (24 avril 1267). Mais en 1279 le pape proclame que le corps retrouvé à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume est bien le corps de Marie Madeleine. Les pèlerins se détournent de Vézelay et la prospérité aussi : d'ailleurs l'apport, fête de Vézelay, change de date et se célèbre le jour de la Quasimodo.

En 1280 une ordonnance signée de Philippe le Hardi proclame le rattachement plus ou moins complet de Vézelay au domaine royal. Le pape Martin IV approuve le décret. L’ordonnance de 1312 de Philippe le Bel confirme que ville et abbaye sont une dépendance ordinaire du domaine royal. Les habitants ont compris que cette autorité leur permettait de contenir l'omnipotence abbatiale et d'échapper aux brutalités de seigneurs féodaux. Vézelay entre dans le cercle restreint des bonnes villes du royaume (il n'y en avait alors que 16).

Le 27 juillet 1421, les troupes du duc de Bourgogne, Philippe Le Bon attendent l'armée de secours à Vézelay. Elles font leur jonction avec les contingents anglais du roi Henri V, commandées par son frère, le duc de Bedford, Jean de Lancastre. Les deux armées rassemblent 12,000 hommes et se réunissent pour contrer les forces du Dauphin Charles à La Charité-sur-Loire[11].

L'abbé Hugues de Maison-Comte, conseiller de Charles V est reconnu pour son équité dans ses rapports avec les habitants de Vézelay, (1353-1383), et l'abbé Alexandre, conseiller de Philippe Le Bon pour son rôle diplomatique. Il exhorte les Vézeliens à quitter la ligue anglo-bourguignonne, et contribue au rapprochement entre Philippe le Bon et Charles VII et provoque la réunion du concile de Bâle en 1431. Il participe enfin à l'élaboration de la Pragmatique Sanction de Bourges en 1438.

Louis XI ne tolère pas que les abbés soient liés au duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Afin de s'assurer d'une place forte il impose brutalement un de ses courtisans Pierre de Balzac.

En 1538, une bulle accorde ce que les moines demandent depuis longtemps : à savoir la sécularisation. L'abbaye devient une simple collégiale, un chapitre de chanoines remplace les moines bénédictins et surtout le domaine est mis entre les mains d'abbés commendataires. François Ier essaie en vain d'obtenir que Vézelay devienne un évêché.

La bulle de 1541 n'est enregistrée par le Parlement de Paris qu'en 1653. Elle ne laisse au chapitre que des revenus insuffisants et favorise les abbés commendataires.

Vézelay dans les guerres de religion[modifier | modifier le code]

Lors des guerres de religion elle passe au gré de ses abbés, de place forte des Réformés à citadelle de la Ligue. L'influence de Théodore de Bèze, l'abbaye en pleine décadence, font de Vézelay une des premières villes de la région acquise au protestantisme. En mars 1569, la ville est prise par les troupes protestantes des capitaines Sarrasin et Blosset soucieuses de gagner une belle position militaire.

La ville est bientôt assiégée par les armées de Charles IX commandées par Louis Prévost de Sansac. La cavalerie est lancée sur Vézelay le 6 octobre, mais les capitaines retranchés dans la ville se défendent très bien en attaquant à leur tour. Les bombardements depuis Asquins et Saint-Père ne donnent rien. Le siège se transforme en blocus pour affamer la ville. La ville ne se rend pas malgré huit mois de siège et de combats intenses, grâce à un ravitaillement de secours de troupes protestantes. Sansac lève le camp, laissant la ville invaincue, le 25 février 1570[12].

Au traité de Saint-Germain (1570) Vézelay est l'une des deux villes du gouvernement de Champagne à autoriser les protestants à exercer librement leur culte.

En 1594, Edme de Rochefort, sieur de Pluvault, qui gouverne la ville au nom de la Ligue, livre la place à Henri IV et prend la tête des troupes royalistes pour prendre Avallon.

Le long sommeil[modifier | modifier le code]

Son successeur Erard de Rochefort s'ingénie à réparer l'église de la Madeleine et ses dépendances, en particulier la chapelle basse : il fait des concessions équitables à la population. Mais les calamités s'abattent de nouveau sur la région avec la nomination de Louis Fouquet frère du surintendant : ce sont des procès interminables, l'abandon du privilège d'échapper à la juridiction de l'ordinaire et enfin les persécutions des protestants et ce bien avant la révocation de l'édit de Nantes.

En 1696-1697, Vauban rédige la Description géographique de l'élection de Vézelay[13]. Document statistique précis qui nous décrit minutieusement l'état de misère et de ruine du pays. La paroisse de Vézelay y est décrit comme un « Pays rude, sec et pierreux, qui ne rapporte que du vin très-médiocre et peu de blé. ».

C'est sous l'abbé Jacques Berthier, prédicateur du roi que le château gaillard est détruit : l'abbé de Cours le trouve trop triste et lui préfère une construction plus au goût de l'époque (1752-1769). À la veille de la Révolution, Vézelay a perdu ses privilèges municipaux, voit sa population diminuer et n'est plus qu'un petit bourg.

Le 6 septembre 1790, les membres du Directoire d'Avallon, agissant en vertu des lois votées par l'Assemblée Constituante, et en exécution des arrêtés spéciaux du Directoire du département, signifièrent aux chanoines que désormais l'abbaye de la Madeleine avait cessé d'exister[2]".

Viollet-le-Duc et la réinvention de Vézelay[modifier | modifier le code]

En août 1834, Prosper Mérimée découvre en Bourgogne l'église abbatiale de Vézelay. Immédiatement il alerte le ministre de l'Intérieur sur l'état du monument : "il me reste à parler des dégradations épouvantables qu'a subies cette magnifique église. Les murs sont déjetés, pourris par l'humidité. On a peine à comprendre que la voûte toute crevassée subsiste encore. Lorsque je dessinais dans l'église, j'entendais à chaque instant des petites pierres se détacher et tomber autour de moi… enfin il n'est aucune partie de ce monument qui n'ait besoin de réparations… Si l'on tarde encore à donner des secours à la Madeleine, il faudra bientôt prendre le parti de l'abattre pour éviter des accidents"[14].

De 1840 à 1859, la très longue campagne de restauration de l'église abbatiale de Vézelay est dirigée par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, assisté par ses inspecteurs des travaux, François Nicolas Comynet puis d'Émile Amé.

Le renouveau de Vézelay et le mouvement de reconquête catholique[modifier | modifier le code]

Les autorités ecclésiastiques et administratives locales décident de relancer le pèlerinage de la Sainte-Madeleine.

  • Le 22 juillet 1876, la fête de la Sainte Madeleine est rétablie et Mgr Bernadou, archevêque de Sens, restitue à Vézelay la relique donnée en 1267 au Chapitre cathédrale de Sens par le pape Martin IV et le pèlerinage est rétabli. L'activité de l'abbé Barret, prêtre militant d'une reconquête catholique se heurte aux républicains, qui ne se privent pas de troubler les processions et même de dérober les nouvelles reliques en 1898.
  • En 1919, Mgr Chesnelong, archevêque de Sens, nomme le chanoine Marie-Augustin Despiney comme curé doyen et qui va lancer une véritable politique culturelle pour faire connaitre Vézelay pendant 25 ans[15].
  • En 1920, l'ancienne église abbatiale, paroissiale depuis la Révolution, reçoit le titre de basilique du Vatican, pour signaler son importance historique pour la chrétienté[16].

Le sauvetage d'enfants juifs 1942-1944[modifier | modifier le code]

l'école des sœurs de Sainte-Madeleine, aujourd'hui le Centre Sainte-Madeleine, fut l'abri d'une quinzaine d'élèves réfugiées juives entre 1942 et 1944. Elles furent accueillies par la directrice, sœur Léocadie, Marie Arnol (1880-1952), élevée au rang des Justes parmi les Nations par l'état d'Israël en 2006[17].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1977 1992 André Ginisty - Chirurgien-dentiste
1992 mars 2001 Bernard Chardon socialiste Médecin généraliste
mars 2001 mars 2008 Simone Galtier - Retraitée
mars 2008 mars 2011[18] André Villiers Nouveau Centre Agriculteur, sénateur, président du conseil général depuis 2011, ancien maire de Pierre-Perthuis de 2001 à 2008
avril 2011 juin 2013 Claude Michon[19]   Horloger
juillet 2013 en cours Hubert Barbieux   Médecin
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 433 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 300 1 406 1 285 1 245 1 161 1 169 1 193 1 243 1 308
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 158 1 162 1 148 1 053 1 010 969 901 937 863
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
798 799 753 684 633 585 639 532 562
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
541 513 541 582 571 492 473 433 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[20] puis Insee à partir de 2004[21].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Table d'orientation de Vézelay

Le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle[modifier | modifier le code]

Le tourisme généré par l'attrait de la basilique et le départ d'un des chemins de Compostelle. Les pèlerins, en route vers Compostelle, se rendent directement à la basilique romane Sainte-Marie-Madeleine pour se recueillir dans son imposante nef de 62 mètres. Trois fois par jour, la communauté religieuse entame des chants liturgiques qui emplissent les hautes voûtes.

Le Bourgogne Vézelay[modifier | modifier le code]

Le vignoble de Vézelay qui produit des vins rouges légers et blancs est devenu une appellation « Bourgogne Vézelay », depuis 1996, sur les vins blancs en cépages Chardonnay[22].

Article détaillé : Bourgogne vézelay (AOC).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • La basilique Sainte-Marie-Madeleine, autrefois église de l'abbaye de Vézelay.
  • Les remparts de Vézelay
Article détaillé : Enceinte de Vézelay.
La Porte Neuve.

La muraille d'enceinte a été construite au tout début du XIIe siècle. Elle épouse la forme de la colline. Les guerres de Cent Ans puis celles de religion ont eu raison du bel ensemble.

  • L'ancienne église Saint-Étienne
Article détaillé : Église Saint-Étienne de Vézelay.

Sise aux 2, 4, 6, rue Saint-Étienne, près de la porte du Barle présente la façade du bas-côté nord sur rue. Cette église de fondation ancienne date du début du XIIe siècle. La paroisse de Saint-Étienne est supprimée par décret en 1791 ; à partir de 1794 l'église sert de marché aux grains, avant d'être vendue en 1797. Bien qu'ayant subi de nombreuses transformations (« elle est raccourcie d'une ou deux travées lors de la construction, au XVIIe siècle d'un clocher carré que surmontait une haute toiture qui fut démolie peu de temps après la Révolution française »[2], les contreforts ont été arasés au nu du mur, de nouveaux percements ont été effectués, etc.), elle présente encore aujourd'hui encore un porche ouvert voûté en berceau plein-cintre typique de l'architecture romane.
L'ancienne église Saint-Étienne est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1960[23].
47° 27′ 48.4″ N 3° 44′ 33.4″ E / 47.463444, 3.742611 (église Saint-Étienne).

L'ancienne église Saint-Pierre
  • L'ancienne église Saint-Pierre

Le clocher de cette église subsiste a mi-parcours de la colline, place Borot. Fondée en 1152, son histoire est peu documentée : on sait que la voûte s'effondre le 26 février 1587 et que la grosse cloche (fondue en 1633 de l'horloge est placée dans la tour en 1688. En l'an II, l'église est détruite, à l'exception de la tour de l'horloge (conservée pour cause d'utilité publique). Le clocher semble dater du XVIIe siècle, il porte une inscription selon laquelle il a été restauré en 1859. L'emplacement de l'église Saint-Pierre est resté non bâti, il est marqué par un mur bahut, il s'appelle actuellement place Borot. À la fin du XIXe siècle six tilleuls sont plantés autour de la place Borot. Il a été question pendant le XIXe siècle d'y bâtir un marché couvert, cependant la place Borot sert de parking.
47° 27′ 56.1″ N 3° 44′ 43.6″ E / 47.465583, 3.745444 (église Saint-Pierre).

  • La chapelle de la Cordelle
Article détaillé : Chapelle de la Cordelle.

Située sur le flanc nord de la Colline (à gauche de la basilique lorsqu'on en regarde la façade), à mi-pente en direction du village d'Asquins, la chapelle Sainte-Croix dénommée aujourd'hui La Cordelle, a été construite dans l'année qui a suivi la prédication de la seconde croisade en 1146 par saint Bernard. Les premiers franciscains venus d'Italie, en 1217, y construisirent un couvent. « L'église désignée sous le nom de chapelle Saint-Fiacre, subsiste encore ; elle présente, en plan, une forme à peu près carrée de 7 mètres 50 de largeur. La voûte est en berceau ogival et s'appuie sur des murs décorés d'arcatures plein-cintre reposant sur des colonnes élégantes. Le profil des moulures est d'une très grande pureté et habileté d'exécution. Une petite chapelle absidale est murée ; sa voûte est défoncée... »[2]. En 2011, 3 frères franciscains résident à la Cordelle[24].

Institutions culturelles[modifier | modifier le code]

Philatélie[modifier | modifier le code]

  • En 1946, un premier timbre postal est émis, d'une valeur de 5 francs, lilas, dans la série Monuments et sites. Il bénéficie d'une vente anticipée le 21 juillet à Vézelay. Il porte le n° YT 759
  • En 1983, un timbre faisant partie de la série Personnages célèbres à l'effigie de Max-Pol Fouchet, rouge et noir, de valeur 1,80 franc surtaxé de 0,4 franc, comporte Vézelay en 2e plan. Ce timbre a bénéficié d'une vente en 1er jour le 30 avril à Saint-Vaast-la-Hougue et à Vézelay. Il porte le n° YT 2282.
  • En 2008, un nouveau timbre postal est émis, d'une valeur de 0,55 euro, héliogravé, dans la série Portraits de régions. La France à voir. Il bénéficie d'une vente anticipée le 29 mars à Vézelay. Il porte le n° YT 4164.

Ce timbre fait partie d'un feuillet qui porte le n° YT BF117[26].

Pèlerinages[modifier | modifier le code]

  • Chaque année depuis 1975, à la Toussaint, des centaines de routiers scouts d'Europe convergent vers Vézelay en cinq ou six tronçons.

Vézelay et le cinéma[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • Théodore de Bèze (1519-1605), pasteur, écrivain, historien, ambassadeur et théologien protestant, successeur de Jean Calvin à Genève. Il est né au 55, rue Saint-Étienne, fils du bailli de Vézelay.

Au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Edme Étienne Borne Desfourneaux (1767-1849), général des armées de la République et de l'Empire est né à Vézelay.
  • Prosper Mérimée (1803-1870), sa redécouverte de Vézelay, a lancé le programme de sauvegarde et de rénovation de la basilique.
  • Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879), architecte, archéologue et écrivain français, a séjourné a de très nombreuses reprises à Vézelay pendant les 19 années qu'ont pris la reconstruction et la restauration de l'église abbatiale de Vézelay entre 1840 et 1859.

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
« De gueules aux trois fleurs de lys d'or, au chef cousu d'azur chargé d'une châsse romane d'argent accostée de dix larmes aussi d'or, cinq à dextre et cinq à senestre, ordonnées en sautoir. ».

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Pujo, Histoire de Vézelay, coll. « Perrin »,‎ 2000 (ISBN 2-262-01442-6).
  • Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne, recueil de notices historiques, biographiques... concernant toutes les communes du département, Auxerre, C. Gallot,‎ 1870, In-4.
  • Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne, Avallon, Voillot,‎ 2001
  • Rosalind Kent Berlow, Social and Economic Aspects of the Early History of Vézelay (ninth to twelfth centuries), (Thèse de doctorat –Philosophy – université de New York), 1971
  • Aimé Chérest, Vézelay: étude historique, Auxerre, Perriquet et Rouille,‎ 1868, 3 volumes
  • Aimé Chérest, Etude archéologique sur l'église de Vézelay, Ann. de l'Yonne,‎ 1866
  • Augustin Thierry, Etudes sur l'organisation communale de Vézelay au XIIe siècle, in Lettres sur l'Histoire de France, Paris, Garnier frères,‎ 1866, in-8°
  • M. Flandin, Vézelay, Ann. de l'Yonne,‎ 1845
  • M. Challe, Statistique de l'Election de Vézelay, oeuvre inédite du maréchal de Vauban, Ann. de l'Yonne,‎ 1846
  • Christian Sapin, « Vézelay », in Dossiers d’archéologie 275, p. 134-139,, Ann. de l'Yonne,‎ 2002
  • Yvette Szczupak-Thomas, Un Diamant brut: Vézelay-Paris 1938-1950, Paris, Editions Métailié,‎ 2008, 438 p. (ISBN 978-2864246541)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. GEO no 403 de septembre 2012 p. 137
  2. a, b, c, d, e, f et g (Petit 1870)
  3. a et b (Pujo 2000, p. 18)
  4. Jules César, Commentaire de la Guerre des Gaules.
  5. (Pujo 2000, p. 19)
  6. Christian Sapin, Saint-Père (Yonne) - Église Saint-Pierre. Bulletin du CEM no 7, 2003, no 8 de 2004, et Études et Travaux de 2005, p. 41-42. Cité dans La villa gallo-romaine de St-Père ne cesse d’intriguer les archéologues. Philippe Beyney, 2012.
  7. René Louis, Les fouilles gallo-romaines de Saint-Père-sous-Vézelay (Yonne) : vue d'ensemble sur les campagnes 1934, 1935 et 1936 aux lieux-dits "Les Fontaines-Salées", "Le Perron" et "La Corvée Saint-Jean" ]. Monographies de fouilles, Société des fouilles archéologiques et des monuments historiques de l'Yonne. 1937.
  8. Monuments inédits sur l'apostolat de Sainte Marie-Madeleine, Migne, 1848
  9. Jean-Pierre Leguay, Les catastrophes au Moyen Âge, Paris : J.-P. Gisserot, 2005, collection « Les classiques Gisserot de l'histoire », 224 p., ISBN 2-87747-792-4., p. 33.
  10. André Chédeville, « Le mouvement communal en France aux XIe et XIIe siècles, ses éléments constitutifs et ses relations avec le pouvoir royal » in Robert Favreau, Régis Rech et Yves-Jean Riou (directeurs), Bonnes villes du Poitou et des pays charentais (XIIe-XVIIIe siècles) : Actes du colloque tenu à Saint-Jean-d’Angély les 24-25 septembre 1999, publiés par la Société des antiquaires de l'Ouest in Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest et des Musées de Poitiers, 5e série, tome VIII (2002), à Poitiers. ISBN 2-9519441-0-1, p. 20
  11. Enguerrand de Monstrelet, Chronique, éd. Louis Douët d'Arcq, Paris, Renouard, 1857-1862 (6 tomes), p. 107
  12. Histoire du protestantisme et de la Ligue en Bourgogne. T. 1 / par P.-M. Baudouin - 1881-1884, p. 51
  13. "Description géographique de l'élection de Vézelay, contenant ses revenus, sa qualité, les mœurs de ses habitants, leur pauvreté et richesse, la fertilité du pays et ce que l'on pourrait y faire pour en corriger la stérilité et procurer l'augmentation des peuples et l'accroissement des bestiaux"http://www7.inra.fr/dpenv/vaubac35.htm
  14. http://www.merimee.culture.fr/fr/html/mh/mh_2_1.html
  15. http://www.garae.fr/IMG/pdf/La_conquete_de_Vezelay.pdf
  16. http://www.lesamisdevezelay.fr/Site/index.php?option=com_content&view=article&id=201:le-foisonnement-culturel-du-xxeme-siecle&catid=37:ils-ont-marque-vezelay&Itemid=57
  17. http://www.yadvashem-france.org/les-justes-parmi-les-nations/les-justes-de-france/dossier-10495/
  18. Suite à démission (article « André Villiers, nouveau président du conseil général de l'Yonne, n'abandonne pas Vézelay » sur le site lyonne.fr)
  19. « Claude Michon maire de Vézelay » sur le site lyonne.fr
  20. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  21. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  22. http://www.vins-bourgogne.fr/nos-vins-nos-terroirs/tous-les-bourgognes/bourgogne-vezelay,2378,9172.html?&args=Y29tcF9pZD0xMzg2JmFjdGlvbj12aWV3RmljaGUmaWQ9MjU1Jnw%3D
  23. Source : fiche de la base Mérimée.
  24. site officiel des franciscains de la Cordelle
  25. http://www.fondationzervos.com/maison/maison1.html
  26. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1
  27. Vincent Chapeau, Sur la route de la grande vadrouille : Les coulisses du tournage, 2004, pp.119
  28. Eddy Przybylski, Brel, la valse à mille revers, Archipel, 2008, Chapitre 24, pp. 726
  29. http://www7.inra.fr/dpenv/vaubac35.htm
  30. http://www.fabriquedesens.net/Une-vie-une-oeuvre-Georges
  31. http://www.fondationzervos.com/historique/historique1.html