Grignan

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Grignan
Vue générale de Grignan.
Vue générale de Grignan.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Nyons
Canton Grignan
(chef-lieu)
Intercommunalité CC Enclave des Papes-Pays de Grignan
Maire
Mandat
Bruno Durieux
2014-2020
Code postal 26230
Code commune 26146
Démographie
Population
municipale
1 625 hab. (2011)
Densité 37 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 25′ 13″ N 4° 54′ 32″ E / 44.4202777778, 4.9088888888944° 25′ 13″ Nord 4° 54′ 32″ Est / 44.4202777778, 4.90888888889  
Altitude Min. 130 m – Max. 471 m
Superficie 43,43 km2
Localisation

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Grignan depuis le sud-ouest en juin 2014, avec un cumulonimbus.

Grignan est une commune française située dans le département de la Drôme en région Rhône-Alpes.

Ses habitants sont appelés les Grignanais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Grignan est située dans le sud du département de la Drôme77 km au sud de Valence, la préfecture), non loin du département de Vaucluse68 km d'Avignon), à proximité du mont Ventoux, dans le Tricastin, en Drôme provençale.

Grignan est située à 177 km de Lyon[1] par l'A7 prise à Montélimar sud, et seulement 156 km de Marseille par Uchaux et l'A7 prise à Orange. La grande ville la plus proche est toutefois Montpellier, située à environ 140 km.

Grignan jouxte l' Enclave des papes, avec laquelle elle partage la communauté de communes Enclave des Papes-Pays de Grignan.

Transports[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

L'accès par l'autoroute A7 se fait en sortant à Montélimar Sud (depuis le nord) ou Bollène (depuis le sud). La commune est accessible par la route départementale RD 541 depuis Grillon, à l'est, ou Valaurie à l'ouest, ainsi que par la RD 71, depuis Chamaret, au sud, et Taulignan, au nord.

Réseau ferroviaire[modifier | modifier le code]

À partir de 1907, la commune était desservie par le Chemin de fer Taulignan-Grignan-Chamaret, une ligne annexe de celle de Pierrelatte à Nyons. La ligne a fermé en 1932.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Plusieurs lignes de transport en commun desservent la commune de Grignan :
no 36 : Montélimar - Grignan - Valréas[2],
no 45 : Pierrelatte - Saint-Paul-Trois-Châteaux - Grignan - Valréas - Nyons[3],
TER no 71 : Montélimar - Nyons[4].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Grignan
Réauville Montjoyer Salles-sous-Bois
Chantemerle-lès-Grignan Grignan Taulignan
Chamaret Colonzelle Grillon

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune de Grignan est arossée par le Lez, la Berre, ainsi que par la Chalerne, un affluent de 8 km du Lez[5].

Relief[modifier | modifier le code]

Grignan (197 m) est situé sur un petit monticule, au cœur de la plaine du Tricastin, plaine entourée de reliefs du nord au sud-est, et limitée à l'ouest par le Rhône. Le relief le plus marquant est la Montagne de la Lance, au nord-est, culminant à 1 338 m au rocher Garaux. Cette montagne est aussi une barrière climatique. Au nord se situe un petit massif d'environ 500 m d'altitude, la montagne de la Série, faisant la limite avec la plaine de la Valdaine. Ce petit massif est reconnaissable à ses éoliennes. À l'est, les montagnes de Nyons et des Baronnies poursuivent l'écrin montagneux avec la montagne de Vaux, Garde Grosse [2] (944 m) et le rocher Saint-Julien. Au sud-est, le Mont Ventoux, avec ses 1 911 m et son antenne, est très souvent visible, sauf par temps brumeux. En poursuivant le regard vers l'ouest, on voit bien la crête Saint-Amand [3] (730 m) et les dentelles de Montmirail [4] (627 m), massif calcaire très reconnaissable car relevé par la faille de Nîmes [5].

Tous ces reliefs peuvent être admirés depuis les terrasses du château de Grignan (accès gratuit aux heures d'ouverture du château). Mme de Sévigné l'avait désignée comme une "belle et triomphale vue".

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Grignan est méditerranéen[6] à influence semi-continentale. Il est marqué par un important ensoleillement, d'environ 2500 heures par an[7][8], avec de belles journées ensoleillées hivernales, par des précipitations assez abondantes mais massives et réparties surtout au printemps et à l'automne[6]. Il y a deux saisons sèches: l'hiver et l'été. L'ensoleillement de Grignan est comparable à celui de Ventenac-Minervois dans l'Aude, et supérieur à celui de Bordeaux et Toulouse. Il est cependant moindre que l'ensoleillement de Nîmes ou Marseille.

Le mistral souffle assez fréquemment, parfois fort. Il augmente beaucoup la sensation de froid ressenti en hiver. Le brouillard y est exceptionnel. [6] Grignan partage le climat de Valréas.

La flore que l'on y rencontre est assez nettement méditerranéenne[9] [7]. Grignan est situé dans la zone de l'olivier, même si sa culture n'est pas traditionnelle en raison d'une exposition trop forte au mistral.

Le nombre de jours de gel annuel est assez limité, le gel n'y est en général pas fort, mais des gelées exceptionnellement fortes peuvent survenir.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Plusieurs hypothèses sans fondement ont été émises entre le XIXe siècle et 1960 par des historiens locaux.

L'étymologie de "Grignan" n'est pas formellement définie à l'heure actuelle.

En 1334, l'église Saint-Vincent était appelée "Sancti Vincenti de Greynhano"[10] ("nh" se prononçant "gn" en langue occitane, dont le provençal est issu).

Dans l'inventaire du château de Grignan du 15 février 1555[11], l'orthographe est "Greignan".

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Vestiges préhistoriques et gallo-romains, tombe, borne miliaire[12], colonne romaine avec inscriptions latines actuellement présentée à la mairie. Oppidum de Beauregard.

Au niveau de l'actuel château, il y a eu une occupation protohistorique et antique attestée par des tessons de céramique trouvés sur place (mais sans trace d'habitat retrouvée)[13].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'histoire médiévale de Grignan semble commencer à Cordy (à l'ouest du village) et la Motte[13].

Les Adhémar prirent possession au XIIe siècle d'un castelum édifié un siècle auparavant[13].

Les seigneurs de Grignan rendirent hommage aux comtes de Provence[11] pour leur baronnie.

Grignan et tout le territoire en dépendant fut une terre rattachée à la Provence, mais enclavée dans le Dauphiné (d'où le nom parfois utilisé de "terre adjacente").

Les monnaies trouvées dans les fouilles du château attestant surtout d'échanges avec le Comtat venaissin voisin (monnaies papales)[13].

En 1558, la baronnie de Grignan est érigée en Comté pour Louis Adhémar (qui est à l'origine de la reconstruction du château et de l'édification de la collégiale).

Sous Louis XIV, François de Grignan fut nommé lieutenant général des armées en Provence. Il participa au siège de plusieurs villes, dont Nice et Orange (qui sera ralliée à la couronne de France après la destruction du château des Nassau sur ordre de Louis XIV)[14].

François de Grignan fut l'époux de la fille de Madame de Sévigné qui séjourna régulièrement au château de Grignan puis y mourut en 1696. Elle fut inhumée dans la collégiale Saint-Sauveur.

François de Grignan est resté pendant 45 ans lieutenant général des armées en Provence et a participé à de nombreux sièges et victoires[14].

Il est l'un des personnages illustres de la dynastie des seigneurs de Grignan.

Cependant, il est resté dans l'ombre de son illustre belle-mère, Madame de Sévigné, qui, a donné son nom à de multiples endroits et établissements du village: place Sévigné, fontaine Sévigné, bar le Sévigné, tabac Le Sévigné, hôtel Le Sévigné, Au secret de Madame de Sévigné, Espace Sévigné (salle des fêtes)...

Le comte de Grignan n'a pas encore laissé son nom à une rue ou un commerce du village, bien que Nice ait son avenue Grignan, Toulon sa caserne Grignan et Marseille sa rue Grignan.


Un fief provençal[modifier | modifier le code]

Grignan fut rattaché au Royaume de Provence en 845[15].

Après les partages de la Provence, en 1125 puis 1195[16], les nouveaux seigneurs de Grignan, les Adhémar, se sentirent menacés au nord par les comtes de Valentinois et au sud par les comtes de Toulouse. Il prêtèrent hommage, dès 1239, pour tous leurs domaines, à Raymond-Béranger V, comte de Provence, afin d'obtenir sa protection[17].

Leurs terres durent ainsi volontairement ajoutées à celles dont ce dernier était déjà le seigneur ou suzerain.

Comme pour d'autres terres (Montdragon, Les Saintes-Maries-de-la-Mer, Les Baux, Salon, Aurons, Aureille, Entrevaux, Saint-Tropez appelé alors Saint-Nazaire, Monieux, Aurel, Saint-Trinit, Ferrassières)[17], ces terres furent considérées comme "petites terres et terres adjacentes" par opposition aux "grande terres" de Provence. Les seigneurs de ces territoires ne pouvaient pas participer aux assemblées provinciales, et ces terres étaient imposées séparément[17].

Jusqu'à la Révolution, Grignan est resté une seigneurie de Provence[18], enclavée en Dauphiné et jouxtant le Comtat Venaissin.

Dans l'inventaire du château de Grignan du 16 septembre 1776[11] (fait par des avocats de la cour d'Aix en charge de la succession de François de Grignan), une liasse est retrouvée, dans laquelle se trouve un hommage rendu au Roy Charles de Provence et à Madame Béatrix, sa femme, par Adhémard seigneur de Grignan en l'année 1257.

Charles, comte de Provence, donna au seigneur de Grignan et aux siens une pension de cinquante livres sur les revenus de la cité de Marseille[11].

Guyot Adhémar fut chambellan du roi de Sicile, comte de Provence en 1419[19].

Gaucher Adhémar, baron de Grignan dès 1476-1477, fut échanson en 1456, puis écuyer en 1475, de Louis, Dauphin puis roi sous le nom de Louis XI. Jusq'en 1481, il rendit hommage, pour sa baronnie, aux comtes de Provence, comme ses pères, qui étaient parfois aussi à leur service[11].

Gaucher Adhémar avait même acquis le droit de battre monnaie en ses terres en 1356, et ce texte attestant de ce privilège octroyé par "Charles le Quart" à Gaucher fut aussi retrouvé au château lors de l'inventaire de 1555.

La sœur de Gaucher, Jeanne Adhémar, épousa en 1439 Pierre de Glandevès, seigneur de Faucon, grand échanson du roi René.

Dans l'inventaire du château de Grignan du 15 février 1555[11], à la mort de Gaucher, plusieurs documents attestent de la situation de Grignan, enclave de Provence en Dauphiné:

-p. 5: "...ladite ville, terre, place et seigneurie de Grignan, assise dans le Comté de Valentinois, au ressort toutefois de Provence, dans le diocèse de Die";

- p. 26 CIIIIXXIII/ii "item ung hommage faict par Giraud Adhaymar seigne(ur) de Greignan au Conte de Prouvence de ladite barronye de Grignan et ses appartenences en datte de l'an mill deux cens nonante et le quinzième janvier". 1290

Puis suivent de nombreux hommages des Adhémar au Comte de Provence.

- p. 27 "Autre hommage faict par Giraud Adhyamar, seigneur de Greignan, à Jehanne, contesse de Prouvence, de ladite baronnye et ses appartenances et autres plusieurs terres";

-p. 29 "Aultre instrument d'hommage faict par Messire Loys Adhaymar de Monteil au Roy conte de Provence de ladite barronye de Greignan et ses dépendances (...) en datte de l'an mil cinq cens dix sept et le dixième décembre".1517

(etc.)

En 1558, la baronnie est érigée en comté, par lettres patentes de Henri II[15].

Le comté de Grignan de Provence ne correspond pas exactement aux petites terres de Provence, puisque Chamaret, faisant partie du comté, y constitue une enclave dauphinoise, et Aleyrac est dauphinois. Par ailleurs, Allan, hors du comté de Grignan, est une terre Provençale.[17]

En 1558, la maison de justice des seigneurs de Grignan comportait un bailliage (première instance) avec un juge (bailli), son lieutenant, un procureur et un greffier, ainsi qu’une cour d’appel ressortissant en partie au Parlement de Provence à Aix[20].

Carte du comté de Grignan de Provence aux environs de 1700.

Au XVIIIe siècle, la carte de Cassini (section de Vaison-la-Romaine) [8] fait état des limites du comté de Grignan, qui est noté comme inclut en Provence, tandis que la ville adjacente de Taulignan est incluse dans le Dauphiné[18].

En février 1740[11], une procédure est faite à Grignan par les commissaires du parlement d'Aix contre les habitants du Comtat venaissin pour avoir derrivé (sic) la rivière du Lez.

Sous l'Ancien Régime, la communauté gérait ses affaires de manière autonome, tous les habitants ayant part à l'assemblée du village, qui était cependant peu fréquentée[21].

Au XIXe siècle, le maire François-Auguste Ducros a fait édifier le lavoir place du Mail (1840) [9], la mairie, de style néo-classique (1857), à la place des anciennes halles du XVIe siècle [10] qui, cependant, constituaient probablement un patrimoine intéressant (rares sont les halles qui ont subsisté dans la région). Il fait aussi abattre 3 portails d'entrée dans la ville pour faciliter le passage des charrettes[15].

Voir aussi Château de Grignan

Quelques lignées de seigneurs de Grignan[modifier | modifier le code]

Louis d'Adhémar. étant mort sans postérité, son neveu, Gaspard de Castellane, baron d'Entrecastaux (époux de sa sœur Blanche en 1598) lui fut substitué, et releva le titre de Comte de Grignan, ainsi que le nom et les armes d'Adhémar.

Il épousa Anne de Tournon, en 1529 , puis Lucrèce de Grimaldi.

Louis de Castellane, fils de Gaspard, ne fut connu que sous les noms de Louis Adhémar de Monteil, comte de Grignan.

Il fut catholique, lieutenant général au gouvernement de Provence, et reçut le collier des ordres du roi en 1584. Il avait épousé le 24 mai 1559 Isabelle de Pontevès, et leur fils, qui suit, a continué la descendance directe.

Louis François Adhémar de Monteil, comte de Grignan, épousa le 4 juin 1595 Jeanne d'Ancezune, fille de Louis Cadart d'Ancezune et de Louise de Sassenage. Il mourut. en 1620, laissant entre autres enfants :

-Louis Gaucher, qui suit ; -François, archevêque d'Arles, 1643-1689 ; -Jacques, évêque d'Uzès, 1660-1694 ; -Philippe, capitaine aux gardes, tué au siège de Mardick en 1657.

Louis Gaucher Adhémar, comte de Grignan, mestre de camp du régiment d'Adhémar, épousa le 20 mai 1628 Marguerite d'Ornano, et mourut le 4 août 1668, laissant de cette union :

-François, qui suit ; -Ange, abbé d'Aigueulle ; -Jean-Baptiste, archevêque d'Arles après son oncle, 1689-1697 ; -Joseph, dit le chevalier de Grignan, nommé depuis le comte d'Adhémar, maréchal de camp en 1688, marié en 1704 à Gabrielle Thérèse d'Oraison ;

-Louis Joseph, évêque de Carcassonne, 1684-1722

François Adhémar, comte de Grignan, lieutenant général en Provence, chevalier des ordres du roi, épousa en 1658 Angélique Clarisse d'Angennes, fille de Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, et de Catherine de Vivonne, dont il eut Françoise Julie Adhémar, mariée le 6 mai 1689 à Henri Emmanuel Hurault, marquis de Vibraye. Le comte de Grignan se remaria en 1666 avec Marie-Angélique du Puy du Fou dont il n'eut qu'un fils mort en bas âge. Il épousa entroisièmes noces, le 27 janvier 1669, Françoise Marguerite de Sévigné, fille de la Marquise de Sévigné. Il eut de cette dernière union : Louis Provence Adhémar de Monteil, marquis de Grignan, qui épousa Anne Marguerite de Saint-Amand, et mourut sans enfants en octobre 1704 ;


Pauline, mariée à Louis de Simiane, marquis de Truchenu et d'Esparron. Le comte de Grignan, resté l'unique rejeton mâle des Castellane-Grignan par le décès de son frère, est décédé lui-même le 30 décembre 1714.

Outre ces deux maisons d'Adhémar et de Grignan qui ont possédé le Comté de Grignan, et en ont porté le nom et le titre, il a existé une famille de Grignan-Grignan, qui a été maintenue dans sa noblesse par l'intendant de Provence lors de la recherche de 1667. Sa filiation est établie par lespreuves fournies en cette circonstance depuis Raymond de Grignan, qui partit du lieu de ce nom pour aller s'établir à Mondragon, et fut le bisaïeul de Pons de Grignan, vivant en 1667.

À cette souche appartenait Claire de Grignan, qui épousa César de Nostradamus, historien de Provence.

Les Grignan-Grignan se sont alliés aux Venasque, aux Isnard, aux Calvières, aux Barillon, etc. ; ils ont donné deux chevaliers à l'ordre de Malte.

ARMES : de gueules, au chevron d'or, accompagné en chef de deux croix potencées et cantonnées de quatre croisettes du même, et en pointe d'une rose d'argent.

La « gare » du tramway, au pied du château.


Ėpoque moderne[modifier | modifier le code]

Le bourg fut desservi de 1907 à 1928 par le Chemin de fer Taulignan-Grignan-Chamaret [22], ligne métrique appelée localement "tramway à vapeur" permettant de rejoindre (à Chamaret) la ligne Pierrelatte-Nyons du Paris-Lyon-Méditerranée.

À cette période, Grignan vivait d'abord de son agriculture, marquée par de nombreux élevages, notamment ovins, des truffières, une polyculture. Un abattoir pour agneaux était d'ailleurs présent sur la commune (c'est aujourd'hui un bâtiment de l'actuelle caserne des pompiers).

La vigne et le lavandin se sont beaucoup développés après 1950.

Grignan avait aussi des carrières de pierre de taille, dans le Rouvergue (territoire situé entre Grignan et Chantemerle-lès-Grignan).

Le 17/06/1965 est inaugurée la piscine municipale (l'ancienne gare du chemin de fer Taulignan-Grignan-Chamaret est ensuite détruite le 24/11)[15].

Le 3 avril 1996 est inauguré le nouveau pont Sévigné sur le Lez, et ouverte à la circulation la déviation autour de Grignan, mettant fin à la traversée systématique du village par les voitures et camions se rendant à Valréas et Nyons.

Ėpoque contemporaine[modifier | modifier le code]

En janvier 2014, Grignan a rejoint l'intercommunalité Enclave des Papes Pays de Grignan. Cette intercommunalité a la particularité de s'étendre sur deux régions, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason de Grignan Blason D'or à trois bandes d'azur.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1830 1837 Joseph-Etienne Salamon   Baron d'empire, officier d'Etat-major, chevalier de la Légion d'honneur, chef du bureau au Ministère de la guerre

http://www.francegenweb.org/~heraldique/base/details.php?image_id=11382%7C- style="vertical-align: top"

         
24/07/1837 29/10/1868 François-Auguste Ducros   Notaire, chevalier de la Légion d'honneur. L'un des maires qui ont fait le plus pour Grignan : construction de la nouvelle mairie, du lavoir, de fontaines, du "pont Sévigné" traversant le Lez pour rejoindre Grillon. Restauration de la collégiale. C'est cependant sous ses mandats que 3 portes fortifiées ont été détruites pour faciliter le passage de charrettes (sous les remparts, petit Faubourg, jeu de ballon).
         
1926 1945 Dr A. Vergier (en remplacement du Dr Peyrremond décédé)    
1945 1947 Léopold Veyrier   Cadre SNCF
1947 1953 André Vergier   Médecin
1953 1959 Léopold Veyrier   Cadre SNCF
1959 1971 Maurice Chapouton   Trésorier payeur
1971 1983 Roger Monteillet   Exploitant agricole
1983 1995 Marcel Robert   Directeur d'école
1995 en cours Bruno Durieux CDS puis MDR puis DVD Ancien ministre
Président du comité national des conseillers du commerce extérieur de la France (CNCCEF)
Membre de la commission de déontologie
Président de la commission des comptes de santéCe maire a été à l'origine d'un véritable renouveau de Grignan : reconstruction de rues pavées, restauration du lavoir, rachat et modernisation de l'actuelle "maison de Pays", création d'un nouvel escalier permettant de rejoindre la rue du Tricot, création de fontaines modernes, le tout sans augmentation des impôts locaux.
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de jumelage avec Grignan à ce jour.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

La collecte des emballages recyclables n'est pas encore organisée.Le village n'a pas encore rejoint les nombreux villages de France qui éteignent les lampadaires après minuit pour des raisons économiques, écologiques (biodiversité, animaux nocturnes) et astronomiques (observation du ciel, lutte contre la pollution lumineuse).

Les rues du villages ne sont plus désherbées à l'aide d'herbicides. Le village est fleuri. Il fait partie des villages botaniques de la Drôme. Il comporte une grande collection de rosiers anciens plantés et entretenus par l'Association Pierres et Roses anciennes avec une éthique environnementale. Les avancées environnementales ont surtout été obtenues par l'aboutissement des longs efforts d'habitants et associations. Ce sont les habitants qui ont exhorté la municipalité à ne plus utiliser d'herbicide. L'APEG défend l'environnement du Pays de Grignan et de l'Enclave des Papes (en Vaucluse, région PACA) et organise des conférences et sorties.


Urbanisme[modifier | modifier le code]

La commune compte 975 logements, en 2009, contre 724 en 1999. Les 2/3 sont des résidences principales, 80 % sont des maisons individuelles[23].

Une modernisation du village ancien a été menée ces dernières années sous l'impulsion du maire Bruno Durieux, qui a notamment fait appel à l'architecte Jean-Michel Willmotte. Grignan est situé en ZPPAUP (et sera prochainement en AVAP). Les modifications qui sont apportées au bâti existant sont soumises à une autorisation par l'architecte des Bâtiments de France.

L'association pour la sauvegarde & la restauration de la Collégiale de Grignan a été à l'origine, notamment, de la superbe restauration de la double porte d'entrée et de la porte latérale du XVIIe siècle, de la restauration des fonts baptismaux.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 625 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 702 1 669 1 962 1 607 2 025 1 901 1 948 1 957 1 917
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 979 1 934 1 932 1 840 1 802 1 748 1 707 1 657 1 539
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 503 1 466 1 456 1 228 1 122 1 135 1 094 1 075 1 052
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 072 1 113 1 099 1 147 1 300 1 353 1 452 1 464 1 607
2011 - - - - - - - -
1 625 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[24] puis Insee à partir de 2004[25].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

La région est exploitée principalement pour les cultures de lavandin et de truffes mais aussi de vigne, avec les vins AOC Grignan-les-adhémar, et de tournesol. De nombreux apiculteurs produisent du miel. La proximité de la ville de Nyons fait que la culture des olives pourrait s'y étendre, mais elle n'y constitue pas une activité traditionnelle du fait de l'exposition de Grignan au mistral(l'olivier est plutôt utilisé comme arbre d'ornement).

De nombreux artisans y sont implantés (ferronniers, maçons, tailleur de pierres, potier, céramiste d'art...), ainsi que des hôtels, restaurants, commerçants.

L'entreprise Durance en Provence y a implanté une usine qui représente un bassin d'emploi important pour le village.

L'EHPAD les Tourterelles constitue aussi un centre d'emploi.

Vie Locale[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Le groupe scolaire Émile-Loubet accueille les élèves de classes de maternelles et primaires. Il est composé de six classes pour 138 enfants[26].

Santé[modifier | modifier le code]

Plusieurs médecins généralistes et dentistes sont installés à Grignan, ainsi que des infirmières, un masseur-kiénsithérapeute, une ostéopathe.

La commune ne dispose pas d'hôpital. Le plus proche se situe à Valréas (9 km) mais les hospitalisations nécessitant une intervention chirurgicale ou des examens complémentaires telles que scanner, IRM... doivent se faire à l'hôpital de Montélimar à environ 30 km.

Cultes[modifier | modifier le code]

La paroisse catholique de Grignan dépend du diocèse de Valence, paroisse Saint-Jean-François-Régis-sur-Lez

Sports et équipements sportifs[modifier | modifier le code]

La piscine municipale de Grignan est ouverte du 1er juillet au 31 août, et dispose d'un bassin de 25 m[27] et d'un grand bassin pour les enfants. La commune dispose également d'un stade de football, de terrains de tennis, et d'un boulodrome[28]. Des évènements sportifs annuels sont également organisés : « La Foulée de la marquise », course à pieds et en VTT, « Les Cyclos grignanais » organisent plusieurs courses cyclotourisme et de VTT[29].

Activités culturelles & évènements[modifier | modifier le code]

Début mai se déroule la Fiero au Païs, foire agricole du pays de Grignan, marquée par un concours de fauchage à l'ancienne, un spectacle chaque année différent, une exposition sur le thème de l'agriculture et une fête foraine.

Durant 5 jours de la première semaine de juillet a lieu le Festival de la Correspondance[30].

En juillet et août se déroulent les fêtes nocturnes du château de Grignan: chaque année se joue, devant la façade est du château de Grignan, en plein air, une pièce de théâtre.

À la fin du mois d'août, pendant 5 jours, a lieu depuis quelques années un festival de musique: les Soirées musicales de Madame de Sévigné.

Grignan propose des activités culturelles tout au long de l'année avec la MJC (théâtre, peinture, section botanique organisant une sortie mensuelle avec le groupe de Clansayes...).

Des concerts sont organisés par le Comité des Orgues de Grignan, et échelonnés au long de l'année.

La crèche de Grignan est considérée comme la plus grande du monde[réf. nécessaire]. Le village provençal miniature est composé de plus de quatre-vingt maisons dont la hauteur s'étage entre 1 mètre et 1,20 mètre. Elles ont été construites avec les mêmes matériaux qui sont utilisés dans la région (pierre, bois, ciment), elles ont été recouvertes de 60 000 tuiles et pèsent entre 50 et 120 kilos chacune. La crèche, qui couvre 1 116 m2, est animée par plus de 1 000 santons[31].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Grignan et son château, et la collégiale Saint-Sauveur.
Château de Grignan, côté ouest (bâtiments sur la cour du puits) et collégiale Saint-Sauveur.
Collégiale Saint-Sauveur - Façade.
Collégiale Saint-Sauveur - Chœur.

Le château de Grignan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Grignan.

La collégiale Saint-Sauveur[modifier | modifier le code]

La collégiale Saint-Sauveur et l’orgue construit par Le Royer en 1663[32].

La maison du Bailli[modifier | modifier le code]

Cette maison de justice du XIIe siècle est un des édifices les plus anciens de Grignan avec la chapelle Saint-Vincent. Elle comportait, en 1558, un bailliage (première instance) avec un juge (bailli), son lieutenant, un procureur et un greffier, ainsi qu’une cour d’appel ressortissant en partie au Parlement de Provence à Aix. [11] Ses bâtiments ont hébergé la chapelle Saint-Louis qui servit d’église paroissiale à la fin du XVI° siècle, puis la confrérie des Pénitents blancs du Saint-Sacrement aux XVII° et XVIII° siècles. Au XIXe et au début du XXe siècle, elle abritait une école de garçons (1831-1965). Des fenêtres percées au XIXe siècle en ont beaucoup modifié l'aspect, mais une intéressante ouverture murée en plein cintre, romane, est visible depuis la Poste. Aujourd'hui, cette maison abrite le musée de la lithographie.

La porte du Tricot[modifier | modifier le code]

Cette porte fortifiée est la seule qui soit restée debout à Grignan. Elle date du XIIIe siècle et a été surélevée en 1600 afin d'accueillir une cloche et une horloge qui lui valent son surnom de "beffroi". Le parement de la voûte a été restauré récemment[33].

Le presbytère[modifier | modifier le code]

Le presbytère ou cure, ancien palais du Doyenneté servit de mairie depuis la Révolution jusqu'en 1857. Aujourd'hui c'est une maison privée qui conserve une cheminée classée du XVIe siècle. Cet édifice inscrit aux Monuments historiques a cependant été modifié en 2013 avec des surhaussements, et deux extension arrondies à l'Est et au Sud. L' "escalier de la mule" qui desservait l'étage depuis la rue sous les remparts a été détruit pour laisser place à une entrée de garage.

Les restes de la rue couverte[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle existait, pour permettre la circulation autour des remparts de la ville de la garnison militaire, une rue couverte, voûtée. Cette rue s'étendait sur l'actuelle "montée du Tricot" (aujourd'hui à ciel ouvert) et se poursuivait le long des remparts. On peut en retrouver des fragments. Le plus visible est la voûte située près de la calade entre l' "escalier Neuf" (au sud) et la "Grande Rue" (au nord). Cette section de voûte a été correctement terminée par de belles pierres et une liaison au mur après la création de l'escalier neuf" et de la calade au XIXe siècle.

La chapelle Saint-Vincent au cimetière[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chapelle Saint-Vincent de Grignan.

Elle est aujourd'hui le monument le plus ancien de Grignan. De style roman primitif, la chapelle date du XIe siècle. Sa façade si pure aussi bien que la régularité de sa construction en petit appareil, en font un édifice remarquable. Mentionnée dans une bulle du pape Pascal II, du 24 avril 1105, elle dépendait du prieuré des Tourrettes, du diocèse de Die, et fut église paroissiale depuis 1280 jusqu'au XVe siècle. L'intérieur est digne de l'extérieur. Son abside, voûtée en cul de four, paraît cependant avoir subi de nombreuses transformations au XIVe siècle. En 2013, ses vitraux XIXe siècle ont été retirés pour faire place aux créations contemporaines de Ann Veronica Janssens.

Le four banal[modifier | modifier le code]

Ses restes sont visibles "rue du Four". Les voûtes ruinées qui le précèdent sont les restes d'une maison qui avait été bâtie devant.[12]

L'hôtel particulier de la rue du Grand Faubourg[modifier | modifier le code]

Au no 27 de cette rue s'élève un ancien hôtel particulier édifié à partir de 1680[34] mais surtout au milieu du XVIIIe siècle[35] où les travaux ont été commandés par M. Flachaire (famille qui prendra le nom de Flachaire de Roustan à partir de 1875)[36]. La façade sur rue présente une ordonnance de cinq travées, avec des fenêtres cintrées, une porte imposante, dominée par un balcon supporté par d'importantes consoles sculptées, et agrémenté d'un garde-corps en ferronnerie. Les clés de voûte des fenêtres n'ont pas été terminés: elles ont été posées mais non sculptées, ce qui laisse à penser que la décoration a été brutalement interrompue[34]. Cet hôtel particulier a abrité l'école privée Sainte-Thérèse au XXe siècle (jusqu'à sa fermeture définitive au début des années 2000).

Autres maisons remarquables[modifier | modifier le code]

. Près de la calade menant de la rue du Four au Chemin de ronde se trouvent les restes d'un bel hôtel particulier de la fin du XVe siècle, en grande partie reconstruit. Quelques pierres sculptées de style gothique flamboyant peuvent être admirées, notamment sur la partie ruinée non relevée.

. Rue Saint-Sauveur, au numéro 7, se trouve un grand hôtel particulier à la façade reconstruite au XVIIIe siècle, et qui est très remarquable depuis le sud du village où il forme un alignement de grandes fenêtres cintrées.

. Rue Saint-Louis, près du numéro 13, se trouve un ancien hôtel particulier du XVIe siècle dont les fenêres à meneaux et le porche voûté donnant sur la cour ont été vendus à des acheteurs des États-Unis au début du XXe siècle. Des gravures montrent le porche encore présent (il est aujourd'hui remplacé par un linteau de béton). À l'intérieur de ce bâtiment se trouve un très bel escalier à vis qui a eu à souffrir des ondes de choc du séisme qui a détruisit Clansayes sous Louis XV et qui fit quelques dégâts à Grignan (linteaux et marches fissurés).

. En face se trouve un bel édifice avec une avancée et une fenêtre moulurée.

. Des balustrades provenant des pillages du château de Grignan sont visibles depuis la rue de l'Hôpital et la rue Coste-Froide.

Lieux et monuments hors du village[modifier | modifier le code]

Grotte de Rochecourbière[modifier | modifier le code]

Située à environ 500 mètres du village de Grignan, une avancée de rocher devient « la roche courbée » ou Rochecourbière, lieu aménagé au XVIIe siècle par le comte François de Grignan.

Son épouse, Françoise Marguerite de Sévigné, comtesse de Grignan, écrit de Rochecourbière à sa mère, madame de Sévigné, qui aimait ce lieu. Les seigneurs de Grignan y donnaient des fêtes.

Une pierre encastrée dans le rocher, apprend que la grotte a été donnée à la commune de Grignan par le baron de Salamon le 20 novembre 1837.

Le baron d'empire Salamon l'avait en effet acquise en 1837, y avait fait faire des restaurations et installer la table de pierre de style Louis XIV que l'on peut encore y voir[37].Ensuite, il avait légué la grotte et la portion de "garenne" qui l'entourait à la commune.

L'entrée était au XIXe siècle décorée de vases rocailles disparus. La fontaine rocaille est, elle, toujours présente. Au XIXe et au début du XXe siècle, des concerts y étaient donnés et des fanfares y jouaient.

Dans les années 1930, la population de rendait à Rochecourbière se rendait à la grotte le lundi de Pâques, et y dansait à la clarté des lanternes une fois la nuit tombée[38].

Sarson[modifier | modifier le code]

(Sur le bord de la RD 56 en allant vers Réauville, après Bayonne). Il s'y élevait une abbaye, avec une église clunisienne des XIIe-XIIe siècles. Il persistait, jusqu'à une époque récente, une partie de la voûte du chœur. Cependant, elle menaçait ruine et a dû être abattue pour des raisons de sécurité au moment de la transformation de la ferme XIXe siècle (édifiée à l'emplacement de l'abbaye) en chambres d'hôtes. De vieux murs persistent[12].

Tourrette[modifier | modifier le code]

(sur le bord de la RD 56 en allant vers Salles-sous-Bois) Un monastère s'élevait à cet endroit où il existe aujourd'hui ds bâtiments d'habitation XIXe siècle. On peut encore y voir un imposant mur de l'église préromane[12].

Les monuments disparus[modifier | modifier le code]

Près du cimetière se trouvait aussi la chapelle Notre-Dame-de-Beaulieu ou de l'Aumône[39] [10], qui dépendait du diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux et de l'Archevêché d'Arles (Archives de Valence). Cette chapelle était en ruines en 1836[13] [40] puis ses pierres ont servi à la construction d'un pont sur la Berre.

Elle avait une forme de croix latine à abside mesurant 12 m dans œuvre, et un clocher-mur à arcades sur le chœur[13].

À côté de cette chapelle se trouvait un établissement destiné aux malades et aux pauvres, L'Aumône, attesté dès le XIIe siècle (bulle du pape Pascal II du 23 avril 1105). Cet hospice s'élevait au couchant par delà la fossé dit "vallat de l'Andrône", dans la Terre de Notre-Dame (l'actuel Pré Chapouton où a lieu le Concours de Fauchage de la foire agricole)[39].

Dans le village se trouvait la chapelle Saint-Louis. Cette chapelle ayant été transformée en temple par les protestants, ce sont les catholiques qui la détruisirent au XVIe siècle. Seule la crypte et quelques rares vestiges extérieurs sont encore visibles dans une propriété privée (où la crypte sert de cave).

L'entrée de l'Hôpital de Grignan était situé dans l'actuelle rue d'Or. Le 21 juillet 1455, dame Abisonne Auriole, veuve de Bertrand de Vesc, marquis de Montjou, lègue à la commune de Grignan, pour y fonder un hôpital, la maison qu'elle possédait à cet endroit[38]. Dans l'acte de donation, il est écrit "Cette maison sera destinée pour soigner les malades de jésurue du Four (la maison du 13 rue du Four date du XVIIIe siècle et n'existait pas à cette époque).

Si l'ensemble des bâtiments a été assez profondément modifié aux XVIIIe et XIXe siècles, la porte d'entrée XVe siècle a subsisté : visible rue d'Or, elle arbore le sigle "IHS" sur son linteau. Rue montant au château, une tourelle en léger encorbellement, avec ses moulures et sa petite fenêtre à meneau murée est un beau reste. Des restes de fenêtres à meneaux sont décelables derrière le crépi de la maison no 3 rue Montant au Château (au-dessus des encadrements cintrés XVIIIe siècle). Un reste de fenêtre gothique à remplages a été conservé dans un mur du grenier de cette maison.

Plusieurs portes fortifiées ont été détruites, dont on peut encore observer des restes (un claveau permettant la liaison entre l'arc de la porte fortifiée et le mur): une porte près de l'actuelle place Coste Chaude (ancienne "place aux Herbes" du cadastre de 1836), une porte rue Saint-Louis.

La gare de l'ancienne ligne de tramway à vapeur Taulignan-Grignan-Chamaret se trouvait près de l'actuelle piscine. Elle a d'ailleurs été détruite le 24 novembre 1965 alors que la piscine a été inaugurée le 17 juin 1965[15]. Cette gare peut être vue sur d'anciennes cartes postales.

Le patrimoine de pierres sèches[modifier | modifier le code]

Souvent considéré comme typique des régions du Sud de la France (Provence, Quercy, Languedoc, Corse), le patrimoine de pierres sèche est en réalité ubiquitaire.

Mais chaque région est marquée par un patrimoine spécifique.

Le Pays de Grignan est parsemé de murets de pierres sèches, qui sont, selon les endroits, ou en mollasse ou en calcaire. Beaucoup de ces murs, faute d'être régulièrement entretenus et réparés comme par le passé, se dégradent ou s'écroulent. Les rares murets reconstruits ne le sont pas dans les règles de la construction en pierres sèches puisqu'ils font appel à du mortier en ciment.

À Taulignan se trouvaient des "murets" faits de grandes dalles calcaires placées verticalement et alignées les unes à côté des autres : ces constructions se raréfient.

Les bories typiques du pays de Grignan sont à base carrée (comme les capitelles languedociennes). Elles datent pour la plupart du XIXe siècle et sont pour la majorité en mauvais état. Beaucoup sont ruinées, certaines ont la voûte effondrée mais les murs en bon état. Certaines sont littéralement détruites et pillées par des voleurs de pierres qui souhaitent orner les murs devant leur maison. Aucune loi ne permet leur protection, et, en dehors du bon vouloir de leurs propriétaires (qui reculent souvent devant les frais de restauration par des professionnels de la pierre sèche), rien ne permet de leur assurer une transmission aux générations futures.

C'est donc un patrimoine en péril à Grignan, alors qu'à d'autres endroits, la présence de bories est devenue un attrait touristique, comme dans le Causse de Gramat (Lot) ou sur le plateau des Claparèdes (Vaucluse).

Grignan soigne son patrimoine, mais le patrimoine rural, héritage modeste des générations passées d'agriculteurs mériterait plus d'attention.

Jean-Pierre Couren, ancien conseiller municipal délégué à la culture, ancien conservateur des Monuments historiques, avait commencé un programme d'inventaire et de restauration. Le muret de pierres sèches bordant l'ancien "chemin de Donzère" a ainsi été restauré, avec cependant une limite de moyens financiers, grâce à Loys Ginoul et une équipe de personnes en réinsertion.

En empruntant des sentiers, le touriste pourra, ça et là, en tournant la tête et regardant les bords des murets de pierres sèche, découvrir des bories (souvent attenantes aux murets de pierres sèches, côté pré).

Pour les journées du patrimoine 2014, Joël Monfredo, conseiller municipal et délégué à la culture, a fait visiter certaines bories aux visiteurs curieux.

L'atelier-musée de l'imprimerie et typographie[modifier | modifier le code]

Installé dans la Maison du Bailli, Cour de justice sous l'Ancien Régime puis tribunal de paix à partir de 1789, il abrite une collection de presses du XIXe siècle ainsi qu'un atelier typographique en activité.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Pitre et Daniel Hickey , « Rendre justice dans une communauté rurale de l'Ancien Régime : Grignan et l'affaire Bertholon en 1702 », Cahiers d'histoire En ligne, 44-3 | 1999.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « calcul itinéraire sur Tom Tom routes »
  2. ligne de bus 36
  3. Ligne de bus 45
  4. Ligne TER no 71
  5. site de la Chalerne sur le site du SANDRE
  6. a et b « géologie et climat Pays de Grignan » (consulté le 14/09/2014)
  7. « carte de l'ensoleillement de la France » (consulté le 14/09/2014)
  8. benoît France, Grand atlas des vignobles de France, SOLAR,‎ 2002, 322 p. (ISBN 2-263-03242-8), p251
  9. Note botanique de René Roux, botaniste de la Société botanique de la Drôme, dans le bulletin municipal de Grignan en 2012.
  10. a et b La Drôme romane, Plein cintre éditions,‎ 1989, 120 p. (ISBN 2-908233-02-9)
  11. a, b, c, d, e, f et g Christian TREZIN, Un palais d'Apollidon. Le château de Grignan de 1516 à 1776., Bourg-lès-Valence, Conseil Général de la Drôme,‎ 1996, 422 p.
  12. a, b et c Michel de la Torre, Drôme: le guide complet de ses 371 communes, DESLOGIS-LACOSTE,‎ 1992 (ISBN 2-7399-5026-8), Grignan
  13. a, b, c, d, e et f Christian Trézin, GRIGNAN- les mutations d'un château provençal (XIè-XVIIIè s.)- du castellum au palais d'Apolidon., Presses universitaires de Rennes, Département de la Drôme, les châteaux de la Drôme,‎ 2013, 456 p.
  14. a et b Jacqueline Duchêne, François de Grignan, Gemenos, Editions Jeanne Laffitte,‎ 2008, 173 p. (ISBN 978-2862764573)
  15. a, b, c, d et e comité de rédaction du bulletin municipal de Grignan, GRIGNAN- 2000 ans d'histoire, Grignan, Grignan "infos",‎ 2000
  16. Dr R.-L. Mouliérac-Lamoureux, Le Comtat venaissin pontifical- 1229-1791, Vedène,‎ 1977
  17. a, b, c et d Groupe des archives de la MJC de GRignan, Les Grignanais à l'époque de la marquise- essai de synthèse à partir des archives communales, Grignan, Imprimerie Graphic Contacts,‎ 1997, 59 p.
  18. a et b IGN: réédition de cartes anciennes dites de Cassini, section 121 "VAISON", échelle 1/86000, EAN 3282110109584
  19. Archives municipales de Grignan, BB1f°38
  20. « Ville de Grignan-la maison du bailli »,‎ 12/09/2014
  21. Roger Pierre, « Libertés et contraintes des communautés villageoises dans les pays de la Drôme à la veille de la Révolution », Études drômoises, (no)64, mars 1985, p. 21.
  22. FACS, « Les Chemins de Fer Secondaires de France - Département de la Drôme », sur http://www.trains-fr.org,‎ 2009 (consulté le 18 novembre 2010)
  23. type de logements sur l'INSEE
  24. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  25. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  26. groupe scaolaire Emile Loubet
  27. piscine municipale
  28. équipements sportifs
  29. évènements sportifs
  30. festival de la correspondance
  31. La crèche de Grignan, en Drôme provençale
  32. Présentation de l’orgue restauré par la Manufacture d’orgues Muhleisen
  33. [1]
  34. a et b Jourdan, Cécile Rémond et Christian Trézin, Le pays de Grignan Drôme- Images du Patrimoine (collection), Grignan, Syndicat d'aménagement du pays de Grignan,‎ 2001, 96 p. (ISBN 2-9516970-0-7)
  35. « Inventaire Rhône-Alpes » (consulté le 24/09/14)
  36. Pierre-Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, Sedopols,‎ 1982
  37. Marius Gilles, Grignan visite rationnelle et complète de l'ancien et célèbre bourg des Adhémar et des Castellane, joyau du Tricastin, Montélimar,‎ 1956
  38. a et b Marius Andé, Guide de Grignan, Marseille,‎ 1937, p55
  39. a et b Travaux de recherche en archives de Jean-Pierre Couren, ancien conseiller municipal délégué à la culture et ancien conservateur des Monuments historiques.
  40. « Cadastre de 1836 en ligne (GRIGNAN) » (consulté le 20/09/2014)
  41. Roger Duchêne, in Madame de Sévigné, Lettres choisies, coll. « Folio classique », Gallimard, 1988, p. 306.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]