Saint-Julien-du-Verdon

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Saint-Julien-du-Verdon
Village dominant le lac de Castillon
Village dominant le lac de Castillon
Blason de Saint-Julien-du-Verdon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Castellane
Canton Castellane
Intercommunalité Communauté de communes du Moyen Verdon
Maire
Mandat
Thierry Collomp
2014-2020
Code postal 04170
Code commune 04183
Démographie
Population
municipale
156 hab. (2011)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 54′ 50″ N 6° 32′ 27″ E / 43.9138888889, 6.54083333333 ()43° 54′ 50″ Nord 6° 32′ 27″ Est / 43.9138888889, 6.54083333333 ()  
Altitude Min. 869 m – Max. 1 760 m
Superficie 6,19 km2
Localisation

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Saint-Julien-du-Verdon

Saint-Julien-du-Verdon est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Pelugnes[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

 Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes
Saint-Julien-du-Verdon et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Saint-Julien-du-Verdon sont Angles, Vergons, Demandolx, Castellane et Saint-André-les-Alpes.

La commune est traversée par le Verdon (rive gauche), aujourd’hui immergé avec une grande partie du territoire de la commune sous le lac de Castillon. Le village était perché en hauteur (à 914 m d’altitude[2]), le lac en fait une presqu’île et les maisons sont à proximité du rivage et du lac.

Géologie[modifier | modifier le code]

Relief[modifier | modifier le code]

Le village sur sa presqu’île

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune compte 384 ha de bois et forêts, soit 62 % de sa superficie[1].

Transports[modifier | modifier le code]

La route nationale 202 passe à la lisière du village.

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Saint-André-les-Alpes auquel appartient Saint-Julien-du-Verdon est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[3], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[4]. La commune de Saint-Julien-du-Verdon est également exposée à trois autres risques naturels[4] :

  • feu de forêt ;
  • inondation ;
  • mouvement de terrain.

La commune de Saint-Julien-du-Verdon est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route[5]. La route nationale 202 peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses[6].

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[5] mais le Dicrim existe pas depuis 2011[7].

La commune a été l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue en 1994[4].

Toponymie[modifier | modifier le code]

D’après Ernest Nègre, la plus ancienne forme connue du nom de la commune, Sancto Juliano (vers 1300), fait référence à l’église et au saint Julianus[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Auguste fait la conquête de la vallée du Verdon en même temps que celle des Alpes, qu’il achève en 14 av. J.-C.. Il est difficile de connaître le nom du peuple gaulois qui peuplait la vallée : il est possible que le territoire des Vergunni (actuelle commune de Vergons) ait englobé le territoire de l'actuel Saint-Julien-de-Verdon, tout comme il est possible que son territoire ait été contrôlé par les Suetrii qui peuplaient la moyenne vallée du Verdon[9].

Dans tous les cas, la conquête romaine met fin à cette période d'indépendance entre 23 et 13 av. J.-C.[9]. Le nom de la civitas dont Saint-Julien dépendait au Haut-Empire est aussi difficile à élucider : Eturamina (Thorame), Civitas Saliniensum (Castellane) ou Sanitensium (Senez). À la fin de l’Empire romain, le rattachement à celle de Sanitensium, et à son diocèse, semblent avérés[10].

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1259 (Sanctus Julianetus)[11]. Son nom viendrait du pont romain, dit pont Julien sur le Verdon (rivière) (à proximité et sur la commune de Saint-André-les-Alpes), effondré au XVIIe siècle et rebâti en 1698.

Les seigneurs du lieu sont successivement les Castellane du XIIIe au XVIIe siècle et les Villeneuve au XVIe siècle[11]. La communauté relève de la viguerie de Castellane[12]. L’église paroissiale relevait de l’abbaye de Lérins[12]. Les Templiers y avaient une petite maison, dépendant de la commanderie de Biot[12].

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792[13]. Pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Villeverdon[14] ou Ille-Verdon[15].

La Révolution et l’Empire apportent nombre d’améliorations, dont une imposition foncière égale pour tous, et proportionnelle à la valeur des biens de chacun. Afin de la mettre en place sur des bases précises, la levée d’un cadastre est décidée. La loi de finances du 15 septembre 1807 précise ses modalités, mais sa réalisation est longue à mettre en œuvre, les fonctionnaires du cadastre traitant les communes par groupes géographiques successifs. Ce n’est qu’en 1834 que le cadastre dit napoléonien de Saint-Julien est achevé[16].

Au milieu du XIXe siècle, une fabrique textile employait 10 ouvriers[17].

Comme de nombreuses communes du département, celle de Saint-Julien se dote d’écoles bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, l’école installée au chef-lieu dispense une instruction primaire aux garçons[18]. Aucune instruction n’est donnée aux filles : ni la loi Falloux (1851), qui impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants[19], ni la première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, ne concernent Saint-Julien[20], et ce n’est qu’avec les lois Ferry que les filles d’Allons sont régulièrement scolarisées.

Le 10 juin 1944, 13 résistants ont été sélectionnés dans le quartier allemand de la maison d'arrêt de Nice pour être exécutés dans des représailles. Parmi ces résistants, 4 jeunes Niçois membres d'un groupe de résistants du lycée de garçons arrêtés avec Jacques Adam le 9 juin 1944 en revenant du maquis du Férion près de Levens. Les résistants Pierre Appolin et Joseph Graffino sont exécutés sur la route le 10 juin à Bar-sur-Loup en représailles de l'attentat qui a coûté la vie au consul fasciste républicain d'Antibes le 17 mars 1944. Les 11 autres (dont les 4 lycéens et Jacques Adam) sont exécutés à Saint-Julien-du-Verdon le 11 juin en représailles des actions des maquisards FTPF.

En 1955, la commune de Saint-Julien devient Saint-Julien-du-Verdon[21].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Saint Julien du Verdon.svg

Blasonnement :
De gueules à un mouton d'argent, et un chef d'or, chargé de trois croisettes de gueules[22].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945   Jean Martel[23]    
         
mars 2001 2003 Roger Reybaud[24]    
2003 réélu en 2008[25] Thierry Collomp    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, Saint-Julien-du-Verdon comptait 156 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (2007, 2012, 2017, etc. pour Saint-Julien-du-Verdon). Depuis 2004, les autres chiffres sont des estimations.

Le pic de population de 1901 est contemporain des travaux d'achèvement de la ligne du chemin de fer de Nice à Digne.

Évolution démographique
1315 1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
11 feux 7 feux 194 140 152 164 178 175 171 170
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
183 194 199 181 173 167 161 162 153 155
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
131 223 167 117 114 97 121 94 95 97
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
75 64 66 67 94 108 134 156 - -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
(Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[11], EHESS[21], Insee à partir de 1968[26],[27],[28].)


L’histoire démographique de Saint-Julien-du-Verdon, après la saignée des XIVe et XVe siècles et le long mouvement de croissance jusqu’au début du XIXe siècle, est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure de 1821 à 1861. L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique de longue durée. La perte est relativement lente, puisque ce n’est qu’en 1926 que la commune enregistre la perte de la moitié de sa population du maximum historique de 1856[29]. Le mouvement de recul se poursuit jusqu’aux années 1960. Après une période de stabilisation d’une quinzaine d’années, la population s’est remis à croître dans les années 1980 pour revenir à ses hauts niveaux du XIXe siècle.

Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Fontaine du village

L’église paroissiale Notre-Dame-de-l’Assomption, du début du XVIIIe siècle, est un ancien prieuré de l’abbaye de Lérins. Le chœur et les trois travées de la nef sont voûtés d’arêtes[30]. L’autel date de 1660[31]. Le mobilier de l’église comprend :

  • un tableau d’André Jean, représentant la mort d’un évêque[32], ou saint Joseph selon les Monuments historiques, qui le datent de 1665 (autour de 1700 selon Raymond Collier) et classé monument historique au titre objet[33] ;
Saint-Julien et le Verdon
  • un tableau représentant le couronnement de la Vierge, datant de 1660[34], lui aussi classé[35].

L’église du haut du village, sous le vocable de Saint-Julien et le patronage de saint Roch[12], construite en 1862, est plus courte d’une travée ; nef et chœur sont voûtés d’arêtes. Deux chapelles donnant dans la travée de chœur forment un faux transept. Le clocher est installé dans une tour construite contre l’église, du côté sud[36].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Abbé Brun de la Combe, oratorien, auteur du Triomphe du Nouveau Monde contre le supérieur de son ordre le révérend père Moisset (1785), et qui fut expulsé de l’ordre pour cette raison

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Roger Brunet, « Canton de Castellane », Le Trésor des régions, consultée le 9 juin 2013
  2. Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) (ISBN 2-7399-5004-7)
  3. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence (DDRM), 2008, p. 39
  4. a, b et c Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 27 mai 2011, consultée le 15 août 2012
  5. a et b Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 97
  6. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 80
  7. Document, base Dicrim, consultée le 15 août 2012
  8. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 3 : Formations dialectales (suite) ; formations françaises, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 195),‎ 1991, 1852 p. (lire en ligne), § 28444, p 1623-1624
  9. a et b Guy Barruol, Les peuples préromains du Sud-Est de la Gaule : étude de géographie historique, Paris, Éd. de Boccard, 1969, Revue archéologique de Narbonnaise (RAN), Suppléments 1. p. 379.
  10. Brigitte Beaujard, « Les cités de la Gaule méridionale du IIIe au VIIe s. », Gallia, 63, 2006, CNRS éditions, p. 22-23
  11. a, b et c Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, 1969 (notice BnF no FRBNF35450017h), p. 196.
  12. a, b, c et d Daniel Thiery, « Saint-Julien-du-Verdon », Aux origines des églises et chapelles rurales des Alpes-de-Haute-Provence, publié le 22 décembre 2011, mis à jour le 23 décembre 2011, consulté le 15 août 2012
  13. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p. 296-298.
  14. Jean-Bernard Lacroix, « Naissance du département », in La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p. 113.
  15. Charles Bouyssi, Communes et paroisses d’Auvergne, mis en ligne en 2002 [1], consulté le 18 novembre 2008.
  16. Alexeï Laurent, « Paysages ruraux de la première moitié du XIXe siècle dans le sud-est des Basses-Alpes », in Jean-Christophe Labadie (directeur éditorial), La matière et le bâti en Haute-Provence, XVIIIe-XXIe siècle, actes de la première Journée d'études d'histoire de la Haute-Provence, Digne, 13 octobre 2012. Digne-les-Bains : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013. (ISBN 978-2-86004-016-7), p. 10.
  17. Mireille Mistral, op. cit., p. 139.
  18. Jean-Christophe Labadie (directeur), Les Maisons d’école, Digne-les-Bains, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013, (ISBN 978-2-86-004-015-0), p. 9.
  19. Labadie, op. cit., p. 16.
  20. Labadie, op. cit., p. 18.
  21. a et b EHESS, notice communale de Saint-Julien-du-Verdon sur le site Cassini, consultée le 19 juillet 2009
  22. Louis de Bresc, Armorial des communes de Provence, 1866. Réédition : Marcel Petit CPM, Raphèle-lès-Arles, 1994
  23. [Sébastien Thébault, Thérèse Dumont], « La Libération », Basses-Alpes 39-45, publié le 31 mars 2014, consulté le 2 avril 2014.
  24. Roger Reybaud est l’un des 500 élus qui ont parrainé la candidature de Jean-Pierre Chevènement à l’élection présidentielle de 2002, Parrainages élection présidentielle 2002, consulté le 28 juillet 2010 et Liste des citoyens ayant présenté les candidats à l'élection du Président de la République de 2002
  25. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, De Puimoisson à Saint-Julien-du Verdon (liste 6), consulté le 6 mars 2013
  26. « Résultats du recensement de la population - Saint-Julien-du-Verdon », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  27. « Recensement de la population au 1er janvier 2006 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  28. « Populations légales 2011 en vigueur le 1er janvier 2014 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2014)
  29. Christiane Vidal, « Chronologie et rythmes du dépeuplement dans le département des Alpes de Haute- Provence depuis le début du XIX' siècle. », Provence historique, tome 21, no 85, 1971, p. 289.
  30. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean,‎ 1986, 559 p., p 224
  31. Raymond Collier, op. cit., p 471
  32. Raymond Collier, op. cit., p 468
  33. Arrêté du 7 septembre 1988, notice de la Base Palissy, consultée le 11 décembre 2008
  34. Raymond Collier, op. cit., p 480
  35. Arrêté du 8 janvier 1975, notice de la Base Palissy, consultée le 11 décembre 2008
  36. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean,‎ 1986, 559 p., p 224-225

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]