Turenne (Corrèze)
| Turenne | ||
Vue générale |
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Blason |
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| Administration | ||
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| Pays | ||
| Région | Limousin | |
| Département | Corrèze | |
| Arrondissement | Brive-la-Gaillarde | |
| Canton | Meyssac | |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération de Brive | |
| Maire Mandat |
Yves Gary 2008-2014 |
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| Code postal | 19500 | |
| Code commune | 19273 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Viscomtins ou Turennois | |
| Population municipale |
793 hab. (2010) | |
| Densité | 28 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 140 m — Max. 408 m | |
| Superficie | 28,03 km2 | |
| Localisation | ||
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Turenne (Torèna en occitan) est une commune française, située dans le département de la Corrèze et la région Limousin.
Les habitants s'appellent les Viscomtins, en souvenir de la Vicomté de Turenne, ou Turennois.
Sommaire |
Géographie [modifier]
Le village, perché sur une butte du Jurassique, se situe aux confins de la Corrèze (région Limousin) au nord, à 3 km du Lot (région Midi-Pyrénées) au sud, et à quelques kilomètres du Périgord (région Aquitaine) à l'ouest.
La butte est entourée d'une vaste dépression, bordée à l'est par la Faille de Meyssac (la fin du Massif Central). Durant la 2e ère géologique, le territoire était recouvert par la mer, quelques témoins nous restent de cette période, un cimetière de fossiles de coquilles Saint-Jacques au pied du village et de coquillages au pied du château.
Il semblerait que la 1re implantation du château se trouvait à quelques centaines de mètres à l'est, sur le Puy de Gondres.
La butte domine la vallée de la Tourmente et contrôlait l'ancienne voie Limoges-Brive-Cahors-Toulouse.
La commune est bordée au nord-est par la Loyre.
Histoire [modifier]
C'est au IXe siècle (823) qu'apparaissent les premiers seigneurs de Turenne[1] . Devenue un véritable État féodal à la suite des croisades, puis un des plus grands fiefs de France au XIVe siècle, la vicomté de Turenne jouit du Moyen Âge au XVIIIe siècle d'une autonomie complète.
Jusqu'en 1738, les vicomtes, tenus à un simple hommage d'honneur envers le roi et exempts d'impôts à son égard, agissent en véritables souverains : ils réunissent des États généraux, lèvent les impôts, battent monnaie, anoblissent.
La vicomté forme un État dans l'État. Ainsi, lorsque le roi interdit dans le royaume la culture du tabac, introduite en Aquitaine en 1560, cette mesure ne s'applique pas à la vicomté, où, au contraire, elle s'intensifie.
La seigneurie de Turenne occupe un territoire limité par trois provinces et trois évêchés. Jouxtant le Périgord noir, elle prend appui dès l'origine sur le Bas Limousin et le Quercy.
Elle contrôle notamment les transhumances de bétail entre les plateaux du Limousin et ceux du Quercy.
Dans sa plus grande extension, au XVe siècle, elle s'étire des environs de Meymac ou de Lapleau (Corrèze), au nord-est, à ceux de Terrasson (Dordogne), à l'ouest, et de Gramat (Lot), au sud.
À cette époque, les principales villes fortifiées de la vicomté sont Argentat, Servières, Beaulieu, Gagnac, Martel, Saint-Céré et Turenne ; les remparts entourent également les bastides de Bretenoux et Puybrun, les cités de Carennac, Vayrac, Curemonte, Meyssac et Collonges. On dénombre alors environ 100 000 habitants, répartis en 18 500 feux, 111 paroisses, 1 200 villages et bon nombre d'abbayes.
par Girolamo di Benvenuto
fresque de l’Ospedale Santa Maria della Scala à Sienne
Turenne a vu se succéder quatre familles de vicomtes.
Du IXe siècle au XIIIe siècle, les Comborn, originaires de la vallée de la Vézère, qui participent activement aux croisades et aux guerres franco-anglaises, obtiennent des privilèges exorbitants des rois de France.
Puis, durant la première moitié du XIVe siècle. la vicomté est reprise par les comtes de Comminges, grands féodaux pyrénéens, avant d'être cédée, pendant 94 ans, aux Roger de Beaufort, dont sont issus deux papes d'Avignon, Clément VI et Grégoire XI. Cette famille donna deux vicomtes : Guillaume III Roger de Beaufort, Raymond de Turenne, huitième du nom et deux vicomtesses Antoinette de Turenne et Éléonore de Beaujeu.
Ensuite, de 1444 à 1738, la vicomté devient la possession de la famille des La Tour d'Auvergne[2]. À leur apogée, Henri de La Tour d'Auvergne, coreligionnaire et compagnon d'armes du roi Henri IV, devient duc de Bouillon et prince de Sedan. Son fils Henri, maréchal de France, reçoit le surnom de «grand Turenne».
Sous les La Tour d'Auvergne, la vicomté passe à la Réforme. Le calvinisme, propagé par les bateliers de la Dordogne, se diffuse dans la région. En 1575, après la Saint-Barthélemy, Henri de La Tour s'engage aux côtés d'Henri de Navarre ; Turenne devient un haut lieu des guerres de religion puis des troubles de la Fronde.
Le 8 mai 1738, Turenne est vendue à Louis XV, pour rembourser les dettes de jeu de Charles-Godefroy, le dernier des vicomtes de la famille La Tour d'Auvergne. Ainsi prend fin la quasi-indépendance du dernier fief français.
Les viscomtins, devenus sujets de Louis XV, sont alors contraints à l'impôt et le roi ordonne le démantèlement de la forteresse.
À la Révolution, Turenne n'est plus que le siège d'une prévôté royale.
Sous la Révolution française, pour suivre un décret de la Convention, la commune change de nom pour Mont-Franc.
De la Tour César (tour du suzerain) on aperçoit le village de Jugeals Nazareth. La Chapelle Notre Dame de Nazareth est mentionnée dans un livre belge, du XIIIe siècle, des pèlerins de St Jacques de Compostelle comme un arrêt conseillé. Nazareth appartenait à Turenne jusqu'au XIXe siècle, date à laquelle le village fut rattaché à Jugeals.
Héraldique [modifier]
Armes de la commune : coticé d'or et de gueules de douze pièces (armes des Turenne). Le blason a été voté le 22 janvier 1978.
Dicton corrèzien célèbre:
VENTADOUR vente,
POMPADOUR pompe,
TURENNE règne,
Et CHATEAUNEUF ne les craint pas d'un œuf,
Des CARS richesse (grandeur),
BONNEVAL noblesse.
Administration [modifier]
Démographie [modifier]
En 2010, la commune comptait 793 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
Économie [modifier]
Patrimoine [modifier]
Patrimoine civil [modifier]
- Maison Livet du XVe siècle inscrite aux monuments historiques[6].
- Maison Duché du XVIe siècle inscrite aux monuments historiques[7]
- Maison Cheyroux du XVe siècle inscrite aux monuments historiques[8]
- Château de Linoire du XVe siècle inscrit pour une partie et classé pour l'autre aux monuments historiques[9]
- La tour César (XIIe siècle) et la tour de l'horloge (XIIIe siècle), vestiges de l'ancienne forteresse classée aux monuments historiques[10].
- Au XIVe siècle un second donjon, la « Tour du Trésor ou Tour de l'Horloge » est juxtaposé à l'ancien. De plan quadrangulaire elle est munie de contreforts plats comme les vieux donjons romans.
- Le village descend en cascade du XIIIe siècle au XVIIe siècle
- quantité de maisons nobles.
Patrimoine religieux [modifier]
- La Collégiale de Turenne, baptisée Notre-Dame-Saint-Pantaléon a été construite de 1660 à 1680 dans un style roman très élevé (voute à 13.20m) et très sobre. Elle dispose d'un retable en bois doré à trois niveaux des frères Tounié de Gourdon (46). Sur les côtés du chœur, 18 stalles en bois permettaient à des chanoines d'apporter leurs chants et leur apparat à l'office (d'où l'appellation de Collégiale. En bas du vitrail de saint Martial (créé en 1860), un médaillon décrit le château avant sa démolition après le rachat de 1738 par la couronne de France avec une précision étonnante : un lever topographique de 1998 fait ressortir les fondations des tours et gros murs, exactement comme sur le dessin. Une église Saint-Paul a existé à Turenne antérieurement, mais on n'en retrouve aucune trace. La Collégiale et son retable sont classés aux monuments historiques. Un son et lumière très documenté (peut être trop!) est accessible au fond de la collégiale qui n'est ouverte que des Rameaux à Toussaint, pendant les vacances scolaires de la Corrèze et les dimanches après midi
- Ancienne chapelle des Capucins classée aux monuments historiques[11].
Selon les études récentes faites sur le patrimoine bâti roman en Vicomté de Turenne par Mr Paloumbas, il semblerait que la rue droite ait été doublée, rétrécissant ainsi cette voie principale qui monte directement au château.
Turenne est classée parmi les plus beaux villages de France.
Notes et références [modifier]
- Christian Remy, Gilles Séraphin, en collaboration avec Nicolas Faucherre - Le castrum vicomtal de Turenne - pp.381-410 dans Congrès archéologique de France - 163e session - Corrèze - 2005 - Société Française d'Archéologie - Paris - 2007
- http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA211 Lettres patentes de Louis XI, Plessis-du-Parc-lèz-Tours, novembre 1476
- Site de la préfecture, consulté le 20 août 2008
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
- Maison Livet, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Maison Duché, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Maison Ceyroux, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Château de Linoire, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Vestiges du château, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Ancienne chapelle des Capucins, base Mérimée, ministère français de la Culture
Notes [modifier]
- Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
- Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Bibliographie [modifier]
- Agnès Brahim-Giry, Dimitri Paloumbas, Turenne, Collonges-la-Rouge (Corrèze), Samogy éditions d'art (collection Parcours du patrimoine no 360), Paris, 2011 (ISBN 978-2-7572-0467-2) ; p. 96
Liens externes [modifier]
- Ville de Turenne- la Mairie
- Office du Tourisme du Pays de Brive
- le Causse Correzien
- Le Château de Turenne
- Turenne l'un des plus beaux Villages de France
