Surface agricole utile

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La surface agricole utile (SAU) est un instrument statistique destiné à évaluer la surface foncière déclarée par les exploitants agricoles comme utilisée par eux pour la production agricole, différente de la SAT (surface agricole totale).

La SAU est composée des :

Elle n'inclut pas les bois et forêts. Elle comprend en revanche les surfaces en jachère, c’est-à-dire les terres retirées de la production (gel des terres). Ces terres sont comprises dans les terres arables.

Interprétation statistique[modifier | modifier le code]

Pour chaque exploitation, la SAU est affectée à la commune du siège de l'exploitation agricole, mais une exploitation peut déclarer des terres éclatées sur plusieurs communes. La SAU des exploitations des communes littorales n'est donc pas correspond pas à la SAU des communes littorales.

SAU au niveau du globe[modifier | modifier le code]

Sur l’ensemble de la surface terrestre (environ 51 milliards d’hectares), la SAU représente 5 milliards d’ha (un tiers de la superficie des terres émergées estimée à 15 milliards d’ha), soit :

  • 3,4 milliards d’ha de terrains de parcours, pâturages ;
  • 1,4 milliard d’ha en terres arables ;
  • 140 millions d’ha en plantations diverses (vergers, palmiers, vigne, plantes aromatiques, thé, café...).

Malgré des défrichements importants au Brésil, en Afrique ou en Indonésie (environ 12 à 13 millions d’ha/an), la superficie des terres arables reste gloablement à peu près constante depuis 1970 : Les terres cultivées régressent de 11 à 12 millions d’ha/an: Les gains dus à la déforestation équivalent aux pertes causées par la régression et dégradation des sols, la salinisation des terres dans les régions irriguées et l'extension de la périurbanisation[1].

SAU et prix du foncier[modifier | modifier le code]

Plus la demande est forte sur le foncier agricole, plus les prix montent. À titre d'exemple, en Allemagne, en 2006, le prix moyen d’un hectare de terre arable a atteint 8 900 €/ha (allant selon les régions de moins de 2 700 €/ha dans l'ancienne RDA à 24 300 €/ha en Bavière, et 26 000 €/ha en 2006 en Rhénanie du Nord-Westphalie). La part de la SAU en agriculture bio a atteint 5,1 % en 2007, mais la demande reste très supérieure à l'offre[2].

En Espagne, Le coût de location à l'hectare est passé d'une moyenne de 120 €/ha en 1998 à 165 € en 2006 (soit +37,5 % en € courants et +1,6 % en € constants), et selon le Ministère de l'Environnement, du Milieu Rural et Marin (MARM), le prix moyen des terres agricoles est passé de 6 125 €/ha en 1998, à 11 070 €/ha en 2007, soit une augmentation de 81 % en euros courants, et de 29 % en euros constants[2].

En Bulgarie, Fin 2007, l'hectare se vendait de 750 à 1 500 € selon la région, contre 200 à 750 €/ha entre 1991 et 2001. Le fermage s’élevait entre 60 et 100 €/ha en 2007 et il pourrait atteindre 150 à 175 €/ha en 2010 selon les experts. En 2014, les acheteurs étrangers non résidents pourront acheter des terres bulgares, avec le risque d'encore déstructurer le marché foncier local[2].

En France[modifier | modifier le code]

La SAU française [3] représente environ 29 millions d'hectares, soit environ la moitié (54) % du territoire national. Elle se répartit en terres arables pour 62 %, en surfaces toujours en herbe pour 34 % et en cultures pérennes pour 4 %. Cette surface totale se décompose en :

Terres arables (18,4 millions d'ha) dont céréales (9,4), prairies temporaires et fourrages annuels (4,9), oléagineux (2,3), autres cultures annuelles (1,3) et jachères (0,5)
Cultures permanentes: vergers, vignes (1)
Prairies permanentes (7,7)
Autres surfaces agricoles utilisées hors exploitation (1,9) dont prairies collectives et hors champ (1,8) jardins et vergers familiaux (0,1).

Cette surface est en baisse continue à cause de l'augmentation des surfaces boisées et surtout artificialisées (environ 3,4 millions d'hectares de surfaces bâties, revêtues ou rendues impropres à la culture):

Le non bâti (0,8 millions d'ha) correspond à des surfaces comme les chantiers, carrières, coures, jardins d'agrément, terrains vagues, cimetières).
Les sols revêtus (1,7 millions d'ha) sont les parking et les routes.
Les sols bâtis (0,9 millions d'ha ) reçoivent de nouvelles constructions.

Le rythme d'artificialisation ne cesse de progresser et enregistre à une cadence croissante depuis le début des années 2000. Cette pression s'exerce au détriment des milieux semi-naturels mais surtout de la surface agricole utile qui rétrograde depuis longtemps du fait des mutations agricoles. ( Les surfaces réputées plus difficiles à cultiver étant abandonnées au profit des forêts.

La SAU moyenne par exploitation agricole est passée en France de 42 hectares (1998) à 71 hectares (2005). La moyenne est de 110 hectares pour les exploitations de grande culture (+11 ha par rapport à 2000), 80 pour les élevages bovins (+9 ha).
Pour les exploitations ayant leur siège dans une commune littorale, la régression a été de 25% en 40 ans environ, avec une perte de SAU la plus forte sur le littoral méditerranéen continental, dans le Nord-Pas-de-Calais, en Poitou-Charentes et en Bretagne où l'urbanisation du littoral et localement la création de routes ou d'autoroutes ont été important[4]. Le rythme d'urbanisation a diminué depuis 1970, grâce à la loi littoral, mais il tend à augmenter sur les communs arrière-littorale[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Charvet, Atlas de l'agriculture - Comment pourra-t-on nourrir le monde en 2050 ?, Éd. Autrement, 2010
  2. a, b et c Source : Missions économiques - Allemagne – Espagne – Italie – Royaume-Uni, Ministère français de l'agriculture
  3. source INSEE, Agreste
  4. a et b ONML (2013), Évolution de la Surface Agricole Utilisée des exploitations agricoles des communes littorales et de leur arrière-pays de 1970 à 2010