Beaujeu (Alpes-de-Haute-Provence)

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Beaujeu
Le village ; l'église et le cimetière sont un site classé
Le village ; l'église et le cimetière sont un site classé
Blason de Beaujeu
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Digne-les-Bains
Canton La Javie
Intercommunalité Communauté de communes de Haute Bléone
Maire
Mandat
Brigitte Bonnet
2008-2014
Code postal 04420
Code commune 04024
Démographie
Population
municipale
150 hab. (2010)
Densité 3,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 12′ 15″ N 6° 22′ 20″ E / 44.2041666667, 6.37222222222 / 44.2041666667; 6.3722222222244° 12′ 15″ Nord 6° 22′ 20″ Est / 44.2041666667, 6.37222222222 / 44.2041666667; 6.37222222222  
Altitude Min. 821 m – Max. 2 153 m
Superficie 45,68 km2
Localisation

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Beaujeu

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Beaujeu

Beaujeu est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Beaujolais[1],[2].

Sommaire

Géographie[modifier]

 Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes
Beaujeu et les communes voisines
Légende (français) des cartes communales de France.svg

Le village est situé à 880 m d’altitude[3]. La commune est traversée par l’Arigeol.

Les communes limitrophes de Beaujeu sont Le Vernet, Prads-Haute-Bléone, La Javie et Verdaches

Géologie[modifier]

Les montagnes autour de Beaujeu sont composées de schistes noirs.

Relief[modifier]

  • Sommet du Blayeul (2 189 m), relais hertzien
  • Sommet de Chappe (1 667 m)
  • Col du Labouret (1 240 m) sur la route départementale 900

Environnement[modifier]

La commune compte 2 793 ha de bois et forêts, soit 61 % de sa superficie[1].

Hameaux[modifier]

  • Boullard
  • le Clucheret
  • l'Escale
  • Fonfrède
  • le Labouret
  • Saint-Pierre
  • les Traverses-Hautes
  • le Villard

Transports[modifier]

La commune est desservie par la départementale RD 900, ancienne route nationale 100. Le pont de la Gipière, construit en pierre à la fin du XVIIIe siècle, a été remplacé par un pont de béton en 2013[4].

Risques naturels et technologiques[modifier]

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de La Javie auquel appartient Beaujeu est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[5], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[6]. La commune de Beaujeu est également exposée à trois autres risques naturels[6] :

  • avalanche,
  • feu de forêt,
  • inondation (dans la vallée de l’Arigeol),
  • mouvement de terrain.

La commune de Beaujeu est également exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route[7]. La départementale RD900 (ancienne route nationale 100) peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses[8].

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[7] et le Dicrim n’existe pas non plus[9].

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle pour inondation, coulées de boue, et glissement de terrain en 1986, 1994 et 1996[6]. Le dernier glissement de terrain en date, le 18 mai, emporte deux pylones de la ligne électrique à 20 000 volts[10]

Toponymie[modifier]

Le terme désignant la localité en 1147 vient du latin bellom jugum, signifiant Beau Mont[11],[12]. Devenu Bèl jog, une confusion de sens s’insinue avec l’occitan bèl joc, qui signifie beau jeu en français[11].

Le nom du hameau du Clucheret semble venir de son statut de paroisse, qui lui aurait valu le nom de Clocher[13].

Le nom du sommet de Chappe (1667 m), limitrophe de Prads-Haute-Bléone, garde le souvenir de l’existence d’un relais de télégraphe optique, dit télégraphe Chappe[14].

Histoire[modifier]

Dans l’Antiquité, les Bodiontiques (Bodiontici) peuplaient la vallée de la Bléone, et étaient donc le peuple gaulois qui vivait dans l’actuelle commune de Beaujeu. Les Bodiontiques, qui sont vaincus par Auguste en même temps que les autres peuples présents sur le Trophée des Alpes (avant 14 av. J.-C.), sont rattachés à la province des Alpes-Maritimes lors de sa création[15].

D’après un inventaire des biens de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, l’abbaye y possédait plusieurs tenures et bergeries, parmi lesquelles on peut identifier la Bouisse, Champ Premier, la Sébière, Auche[13]. Plus tard, on identifie trois communautés distinctes, chacune disposant de son église : Beaujeu, Le Clucheret, et Saint-Pierre-des-Auches[13].

Saint-Pierre était à l’origine construit plus en hauteur, et le prieuré dépendait de l’abbaye des Augustins de Valence[13].

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1147 (Beljog)[3], mais une motte castrale avait été construite dès le XIe siècle au lieu-dit la Tour[16].

La baronnie de Beaujeu s’étendait sur les communautés de Mariaud et du Clucheiret[17]. Un péage était établi sur la route du col de Labouret à la fin du Moyen Âge[18].

En 1309, Guillaume de Roumoules est signalé comme seigneur de Roumoules, de Beaujeu, de Bédéjun, de Bras-d'Asse, d’Entrages, de Majastres, de Vergons et d'Estoublon[19].

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792[20].

Héraldique[modifier]

Blason de Beaujeu

Blasonnement :
« Echiqueté d'or et d'azur. »[21].

Administration[modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 mars 2008 Jean-Pierre Broveli[22],[23]    
mars 2008   Brigitte Bonnet[24] PS  

Économie[modifier]

Aperçu général[modifier]

En 2009, la population active s'élevait à 76 personnes, dont 9 chômeurs[25] (14 fin 2011[26]). Ces travailleurs sont majoritairement salariés (80 %)[27] et travaillent majoritairement hors de la commune (74 %)[27]. L'essentiel des emplois de la commune se trouvent dans l’agriculture, qui compte 8 établissements[28].

Agriculture[modifier]

Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait 8 établissements actifs au sens de l’Insee et 1 emploi salarié[28].

Le nombre d’exploitations, selon l’enquête Agreste du ministère de l’Agriculture, est en augmentation dans les années 2000, passant de 6 à 8, des élevages ovins et hors-sol[29]. De 1988 à 2000, la surface agricole utile (SAU) a plus que doublé, de 226 ha à 468, alors que le nombre d'exploitations baissait (de 9 à 6)[30]. L’accroissement de la SAU s’est poursuivi lors de la dernière décennie, atteignant le niveau de 561 ha[29].

Industrie[modifier]

Fin 2010, le secteur secondaire (industrie et construction) comptait un seul établissement, n’employant aucun salarié[28].

Activités de service[modifier]

Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, services) comptait deux établissements auxquels s'ajoutent les trois établissements du secteur administratif (salariant trois personnes)[28].

D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est importante pour la commune, avec entre un et cinq touristes accueillis par habitant[31]. En l’absence totale de structures d'hébergement, ce sont les résidences secondaires qui permettent d’accueillir des touristes[32] (les 41 résidences secondaires représentent plus d’un tiers des logements de l commune[33],[34]).

Démographie[modifier]

Évolution démographique
1315 1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
103 feux 18 feux 220 372 265 334 418 450 408 444
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
440 415 349 360 340 329 321 302 303 265
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
261 271 233 252 190 165 143 136 145 131
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2010 - -
121 92 110 109 129 152 152 150 - -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale en 2006
Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[17], EHESS jusqu'en 1962[35], base Insee à partir de 1968[36],[37],[38].

Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier]

Le relais de poste du village

Il y avait deux relais de poste sur la route du Labouret, un au village et un au pied du col, dont l’ascension était très ardue (un dicton affirmait De passa lou Labouret libera me, domine ![39]).

Anciennes paroisses :

  • église Saint-Pierre-des-Auches, à Saint-Pierre ;
  • église de la Transfiguration à Boullard (1824), qui desservait les hameaux de Boullard, Piogier, Bouse et Sausée[13] ;
  • église Notre-Dame-de-l’Assomption à Beaujeu (XVIe-XIXe siècles) date de 1840 sur structures anciennes[40], qui possède une châsse en cuivre et émail champlevé du XIIIe siècle, classée au titre objet[41] et un tableau représentant Saint Roch et saint Sébastien, classé[42].

Deux chapelles se trouvent sur la commune, la chapelle Sainte-Anne et la chapelle Saint-Blaise (le Clucheret) qui possède une croix d’autel et de procession en fer, datée de 1683, classée[43]. La chapelle du Labouret possède un calice et une patène en argent, du XVIIIe, eux aussi classés[44].

Le cimetière, sa chapelle et ses abords sont un site classé[45].

Personnalités liées à la commune[modifier]

Voir aussi[modifier]

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Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]

Sources[modifier]

Bibliographie[modifier]

Notes[modifier]

  1. a et b Roger Brunet, « Canton de La Javie », Le Trésor des régions, consultée le 9 juin 2013
  2. Annuaire des Mairies et Villes de France.
  3. a et b Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) (ISBN 2-7399-5004-7)
  4. D. Ch., « RD 900 : inauguration du pont de la Gipière », La Provence, 8 avril 2013, p. 4
  5. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence (DDRM), 2008, p. 39
  6. a, b et c Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 27 mai 2011, consultée le 2 juillet 2012
  7. a et b Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 95
  8. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 80
  9. Formulaire de recherche, base Dicrim, consultée le 2 juillet 2011
  10. Philippe Dubernard, « Pluie, coupures de courant, secours et moral en berne », La Provence, 19 mai 2013, p. 5
  11. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Collection Publications romanes et françaises, volume CVCIII. Volume I : Formations préceltiques, celtiques, romanes § 5254, p 318, corrigé par l’errata p 1857
  12. Bénédicte Fénié, Jean-Jacques Fénié, Toponymie provençale, Éditions Sud-Ouest, 2002 (réédition), ISBN 978-2-87901-442-5, p. 84
  13. a, b, c, d et e Daniel Thiery, « Beaujeu », Aux origines des églises et chapelles rurales des Alpes-de-Haute-Provence, publié le 13 décembre 2010, mis à jour le 19 décembre 2010, consulté le 2 juillet 2012
  14. Fénié & Fénié, op. cit., p. 83
  15. Brigitte Beaujard, « Les cités de la Gaule méridionale du IIIe au VIIe s. », Gallia, 63, 2006, CNRS éditions, p. 22
  16. Parc naturel du Luberon, Autour de l’An Mil en pays de Forcalquier, catalogue d’exposition, 2007, p 31
  17. a et b Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969, p. 164
  18. Louis Stouff, « carte 86 : Port, routes et foires du XIIIe au XVe siècles », in Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit.
  19. Isnard, Etat documentaire, p.446
  20. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires », La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 296-298
  21. Louis de Bresc, Armorial des communes de Provence, 1866. Réédition : Marcel Petit CPM, Raphèle-lès-Arles, 1994
  22. Jean-Pierre Broveli est l’un des 500 élus qui ont parrainé la candidature d’Olivier Besancenot à l’élection présidentielle de 2002, cf Parrainages élection présidentielle 2002, consulté le 28 juillet 2010
  23. Liste des citoyens ayant présenté les candidats à l'élection du Président de la République de 2002
  24. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, D’Aiglun à Braux (liste 1), consulté le 6 mars 2013
  25. Insee, Dossier local - Commune : Beaujeu (04024), p. 5
  26. Insee, Dossier local, p. 8
  27. a et b Insee, Dossier local, p. 7
  28. a, b, c et d Insee, Dossier local, p. 16
  29. a et b Ministère de l'Agriculture, « Orientation technico-économique de l’exploitation », Recensements agricoles 2010 et 2000. (lien : attention, le fichier fait 4,4 Mio)
  30. Insee, « Exploitations agricoles en 1988 et 2000 », Insee, 2012 (fichier de 24,6 Mio)
  31. Observatoire départemental du tourisme, Atlas de l'hébergement touristique, décembre 2008, p. 6
  32. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 44
  33. Insee, Dossier local, p. 17
  34. Insee, « Hébergements touristiques des communes, 2008, 2009 et 2012 », Insee, 2012 (fichier de 20,8 Mio)
  35. EHESS, notice communale de Beaujeu sur la base de données Cassini, consultée le 23 juillet 2009
  36. Résultats du recensement de la population - Beaujeu, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  37. Recensement de la population au 1er janvier 2006, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  38. Populations légales 2010 en vigueur le 1er janvier 2013, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2013.
  39. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, 1986, 559 p. , p 424
  40. Raymond Collier, op. cit., p 379
  41. Arrêté du 2 mars 1934 Châsse, base Palissy, ministère français de la Culture consultée le 28 octobre 2008
  42. Arrêté du 7 septembre 1988 tableau : saint Roch et saint Sébastien, base Palissy, ministère français de la Culture consultée le 28 octobre 2008
  43. Arrêté du 7 décembre 1989, croix de procession, base Palissy, ministère français de la Cultureconsultée le 28 octobre 2008
  44. Arrêté du 13 juin 1988, calice, patène, base Palissy, ministère français de la Culture consultée le 28 octobre 2008
  45. Direction régionale de l'environnement, « L'ancien cimetière, la chapelle et leurs abords », Inventaire départemental des sites classés, DIREN, publié en octobre 2003, consulté le 4 août 2012