Larressingle

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Larressingle
Mairie de Larressingle.
Mairie de Larressingle.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Gers
Arrondissement Condom
Canton Condom
Intercommunalité Communauté de communes de la Ténarèze
Maire
Mandat
Xavier Fernandez
2014-2020
Code postal 32100
Code commune 32194
Démographie
Gentilé Larressingloises, Larressinglois
Population
municipale
216 hab. (2011)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 56′ 45″ N 0° 18′ 40″ E / 43.9458333333, 0.31111111111143° 56′ 45″ Nord 0° 18′ 40″ Est / 43.9458333333, 0.311111111111  
Altitude Min. 75 m – Max. 177 m
Superficie 8,55 km2
Localisation

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Larressingle

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Larressingle

Larressingle (Larressingla en gascon) est une commune française située dans le département du Gers en région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Larressingloises, Larressinglois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Larressingle (classé « Plus Beaux villages de France ») est situé à 6 km à l'ouest de Condom dans la vallée de l'Osse. Il surgit au-dessus de vignes qui produisent de l'armagnac.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'après la légende, ce village fortifié du XIIIe siècle tirerait son nom de l'époque gallo-romaine. Une légion romaine trouvant résistance face à la population locale aurait eu pour ordre de leur lieutenant «RETRO SINGULI» en arrière un par un. Une autre étymologie puiserait ses racines du latin « Cingulum », enceinte de donjon féodal et de la syllabe « re », réfection, reconstruction pour devenir aujourd'hui Larressingle[1].

Larressingle entre dans l'histoire au début du XIe siècle. L'abbé Hugues de Gascogne, fondateur de l'abbaye de Condom, est héritier de son père Gombaud, duc de Gascogne et évêque de Gascogne, descendant des Ducs de Gascogne. Devenu évêque d'Agen et de Bazas, il laisse sa charge abbatiale de Condom et fait don à son successeur de ses terres de Larressingle et de l'église Saint-Sigismond. La possession de l'église et de la villa est confirmée en 1163 et 1245 par les bulles des papes Alexandre III et Innocent IV. C'est ainsi que les abbés puis les évêques de Condom sont devenus les seigneurs des lieux.
Au XIIe siècle, on remplace l'église primitive par une église à l'ouvrage défensif. Au XIIIe siècle, la couronne de France et d'Angleterre se disputent l'Aquitaine. On voit alors dans notre région, les bourgs se fortifier (Sauvetés, Bastides). Ce sont les abbés de Condom qui font réaliser cette forteresse. Le cartulaire attribue la fin de la construction des tours à l'avant-dernier abbé de Condom, Arnaud Othon de Lomagne, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, qui a aussi construit une partie du château de Cassaigne.
Le 20 juin 1285, son successeur, Auger d'Anduran, abbé de Condom entre 1285 et 1305, conclut un acte de paréage et le roi d'Angleterre, Edouard Ier dans lequel il est traité du castrum de Retrosingula. L'abbé fit exaucer les tours de l'enceinte. La construction du château avait probablement comme but de protéger Condom des agressions pouvant venir de l'ouest, mais il pouvait aussi servir aux abbés à se protéger des habitants de Condom qui étaient souvent en opposition avec eux pour leurs droits. Dans cet acte de paréage, l'abbé fait participer le roi d'Angleterre pour rendre la justice dans la ville de Condom, le château de Larressingle et leurs dépendances. Le roi fait de même avec l'abbé pour le château de Goalard et ses dépendances. Deux baillis, l'un nommé par le roi, l'autre par l'abbé, sont chargés de rendre la justice dans l'ensemble de ce bailliage. L'abbé partage avec le roi le droit de créer des consuls, jurats et notaires, et de recevoir de nouveaux habitants à Condom et à Larressingle. Le roi s'engage à protéger l'abbé de toute rébellion des habitants de Condom. La garnison de Larressingle a dû être fournie par le roi d'Angleterre à partir de cette date. Cet acte de paréage n'a pas mis fin aux oppositions entre les abbés, puis les évêques qui leur succèdent, avec les consuls.

Larressingle a pu avoir un bailli spécial, comme en 1324, Arnaud de Floris qui est bailli de Larressingle.

Le château de Larressingle ne semble pas avoir joué de rôle militaire pendant la Guerre de Cent Ans. Le compte consulaire de Montréal signale pour l'année 1412, en juin, le passage de la compagnie de routiers du capitaine "Nicolo lo Basquo", avant de camper devant Montréal.

À partir de 1587, la ville de Condom va entretenir une petite garnison de trois hommes à Larressingle. Le village ne sera jamais attaqué jusqu'en 1589. La petite garnison n'a pas pu empêcher les Ligueurs de s'emparer de Larressingle par surprise, puis Antoine Arnaud de Pardaillan de Gondrin, seigneur de Montespan, s'en rend maître. Le ligueurs vont utiliser Larressingle comme base afin de réaliser leurs razzias et méfaits et ce, jusqu'en 1596. Les consuls de Condom et le sénéchal d'Agenais ne purent arriver à les déloger. Ls consuls, en juin 1590, de discuter avec le sieur de Montespan pour lui faire quitter la place. Il accepta pour 2000 écus. Le maréchal de Matignon accepta cet accord et envoya des commissaires pour faire démanteler Larressingle, Vic et Nogaro. Mais Montespan changea d'avis. En juillet 1590, il demanda 2000 écus supplémentaires à payer par le pays d'Armagnac, ce que refusa le maréchal de Matignon. Montespan demanda ensuite 3000 écus pour ne pas inquiéter les habitants de Condom et de la juridiction, et s'engageait à démanteler Larressingle après le démantèlement de Vic et Nogaro, puis finalement il refusa de discuter de la reddition de Larressingle, en s'engageant de procurer "le soulagement du peuble, du laboureur et de son bestailh", en décembre 1590.
Le 3 mars 1591, le marquis de Villars qui commande les ligueurs du pays signe un traité "pour la liberté du laboureur, son bestail, et pour toutz ceulx qui de portent point les armes que pour la deffence des villes et maisons d'où ilz sont domiciliés". Le maréchal de Matignon refusa cet accord qui ne concernait que le Condomois et l'Armagnac.
En 1594, Montespan est encore à Larressingle, Valence et Mirande. Mais en juillet 1594, il fait savoir qu'il voulait "se rendre serviteur de Sa Majesté". Finalement Montespan n'évacua Larressingle qu'en 1596. Il fait la même année sa soumission au roi Henri IV. Le 12 mai 1597, Montespan prêtait serment aux consuls de Condom en sa qualité de sénéchal d'Agenais. Larressingle n'a plus joué de rôle militaire, même pendant la Fronde.

Dès le XVIIe siècle, le château est délaissé par les évêques au profit de celui de Cassaigne plus moderne. Et c'est à la fin du XVIIIe siècle que Mgr d'Anterroches, dernier évêque de Condom, fait démonter la toiture et transporter les bois de charpente à Cassaigne. Vendu comme bien national, il est dépecé et vidé. C'est alors que le village lui-même tombe dans l'oubli. Petit et peu commode, on habite plus facilement à l'extérieur.
Au début du XXe siècle, la forteresse est vouée à disparaître. Seules trois maisons sont habitées, les autres transformées en grange ou abandonnées, perdent toitures et pierres. Le village doit sa restauration à l'initiative du duc de Trévise qui fonde un comité de sauvegarde auprès de financiers de Boston qui alimenteront les caisses jusqu'en 1938.

Le Pèlerinage de Compostelle[modifier | modifier le code]

La commune de Larressingle est une des étapes du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, hors du chemin de la Via Podiensis. Larressingle se situe, sur ce chemin, après Condom. La prochaine commune est Beaumont-sur-l'Osse et son Pont d'Artigues.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2008 2014 Xavier Fernandez[2]    
2001 2008 Maurice Papelorey    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 216 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
292 327 305 317 306 322 305 312 355
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
303 307 270 272 284 288 278 275 263
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
246 225 203 228 247 226 223 213 187
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
170 155 138 161 200 204 216 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble.
  • Larressingle est homologué comme un des « plus beaux villages de France » et accueille en moyenne chaque année 133 000 visiteurs.
  • Les remparts[5]

Ce délicieux village, un des joyaux de la Gascogne, est ceint d'un rempart* polygonal de 270 m de tour presque intact sauf à l'est. L'enceinte s'ouvre à l'ouest par une haute porte fortifiée à brêtèche.
Le pont-levis qui le précédait est aujourd'hui remplacé par un pont fixe encadré de deux piliers étroits. Les murs parfois encore entourés de courtines et de créneaux sont renforcés par des tours carrées.

Situé à proximité de Larressingle, il est classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO en tant que point de passage des chemins de Compostelle en France. C'est un ouvrage roman de quatre arches qui reste l'un des rares témoins contemporains du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. À proximité s'élevait un couvent qui a, aujourd'hui, disparu.

  • Le château-donjon[6]
Entrée par le pont-levis.

Sa masse trapézoïdale à quatre niveaux, flanquée d'une tourelle hexagonale, est percée de fenêtres géminées ou à meneaux ; l'intérieur, ruiné, laisse voir en surplomb quelques cheminées monumentales.

  • L'église Saint-Sigismond[7]
20100702 Saint Sigismund Statue in Larressingle.JPG

Le château possède une église romane dédiée à saint Sigismond.

Au XIIe siècle, on remplace l'église primitive par une église à l'ouvrage défensif. En effet, une salle refuge, qui servait aussi de chapelle, située à l'étage était accessible par un escalier à vis situé derrière la petite porte, à droite de l'entrée. Un passage avec le donjon était possible depuis cette salle refuge. L'église est composée de deux parties. Lorsqu'on entre dans l'église, on accède directement dans le chœur de l'église primitive, avec sa voûte en cul-de-four. Pour pouvoir construire le donjon, il a fallu couper l'église primitive et la tronquer au niveau de son transept. Le chevet a alors été éventré et l'église rallongée vers l'est pour regagner ce qu'elle avait perdu vers l'ouest. C'est ainsi que deux travées en berceau brisé ont été rajoutées au XIIIe siècle. À noter que la statue de saint Sigismond est une copie, en réduction mais conforme, du Vercingétorix d'Aimé Millet érigé en 1865 à Alise-Sainte-Reine site "présumé" d'Alésia.

La cité des machines, à Larressingle.
  • Le Camp de Siège Médiéval des Machines du Moyen Âge

Ce site touristique s'est installé aux abords de la cité et accueille les visiteurs du 1er mars au 11 novembre.

Découvrez un camp médiéval avec des animations pour les enfants et les grands qui vous initient aux techniques de l’art de la guerre de siège.

Reconstitution et démonstration de tir des engins de siège. Sont présentés au public les machines de jet et l'artillerie à poudre.

Une bastille en bois et une tour de siège protège le campement composé d'une palissade avec des machines de guerre :
perrière, bricole, trébuchet, biffa ou couillard, bombardelle, couleuvrine, canon serpentine.

Les visiteurs peuvent faire tourner la grue médiévale, cage à écureuil ou treuil à tambour.

Animation archerie avec tir à l'arc, à l'arbalète, frappe de monnaie médiéval, taille du boulet de pierre, cotte de maille, on peut même s'habiller en costume de chevalier ou princesse du Moyen Âge...

Une magnifique catapulte est présentée au milieu du campement.

  • Le musée de la Halte du pèlerin

Le musée permet une évocation historique de la vie au Moyen Âge.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geroges Tholin, Joseph Gardère, Larressingle en Condomois, description et histoire, Imprimerie de G. Foix, Auch, 1892 ( lire en ligne )

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]