Barrême

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Barrême

Église Saint-Jean-Baptiste
Église Saint-Jean-Baptiste

Administration
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Digne-les-Bains
Canton Barrême
(Chef-lieu)
Code Insee abr. 04022
Code postal 04330
Maire
Mandat en cours
Jean-Louis Chabaud
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Moyen Verdon
Démographie
Population 509 hab. (2006)
Densité 14 hab./km²
Géographie
Coordonnées
géographiques
43° 57′ 15″ Nord
         6° 22′ 07″ Est
/ 43.9541666667, 6.36861111111
Altitudes mini. 685 m — maxi. 1621 m
Superficie 37,05 km²

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Barrême (en vivaro-alpin et en provençal : Barrema dans la norme classique et Barrèmo dans la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Barrémois.

Sommaire

[modifier] Géographie

À la confluence de l’Asse de Moriez (affluent) et de l’Asse de Blieux, cette commune située à 722 m d’altitude[1] se trouve à 118 km de Nice, 30 km de Digne-les-Bains, 90 km de Grasse et à 76 km de Draguignan. Elle est au carrefour des RN 202, RN 85 et RD 4085, qui est l’ancienne RN 85 départementalisée. RN 85 et RD 4075 font partie de la route Napoléon.

Sur le territoire de la commune, l’Asse forme le Saut du Loup.

La commune est desservie par le train des Pignes.

[modifier] Hameaux

  • Gévaudan, sur un sommet proche de la route nationale 202
  • la Basse-Palud

[modifier] Sommets et cols

[modifier] Géologie

La commune attire des géologues du monde entier du fait de sa richesse en fossiles caractéristiques (les ammonites), allant jusqu'à donner son nom à une période de l'ère secondaire (appelée Mésozoïque) : le barrêmien (4e étage du Crétacé inférieur).

[modifier] Communes voisines

Rose des vents Saint-Jacques,
Saint-Lions
Rose des vents
Chaudon-Norante N Moriez
O    Barrême    E
S
Senez Blieux Senez
Enclave: {{{enclave}}}

[modifier] Histoire

[modifier] Toponymie

La localité est citée sous la forme sancti Jacobi de Barrema en 1215. Le nom est formé sur la racine oronymique (désignant une montagne) *BAR[2].

Le nom du village de Gévaudan est probablement issu de Gabalatanus, dont l’origine serait un domaine fondé par un Gaulois de la tribu Gabali[3].

[modifier] Moyen Âge

Le village apparaît pour la première fois dans les chartes en 1040[1], alors qu’il vient d’être détruit par un incendie[4]. Le village, qui était établi sur le col Saint-Jean et fortifié, se reconstruit dans la plaine. La ville est le siège d’une viguerie jusqu’à la Révolution[5].

En 1235, le baron de Castellane cède ses droits sur Barrême au comte de Provence[6].

La commune a pour armoiries le blason des Villeneuve, dont elle fut le fief de 1348, date à laquelle la reine Jeanne l’échange une terre du royaume de Naples, à 1748[7]. À cette date, sept autres familles nobles possèdent des droits de co-seigneurie sur la commune, et cinq y résident[8]. En 1390, le village est rançonné par Raymond de Turenne[9].

Elle est le chef-lieu d’une viguerie à partir d’une XVe siècle, dont dépendaient Clumanc, Lambruisse, Tartonne (les terres dites Baussenques, du nom de Raymond des Baux, qui les possédait de la dot d’Étiennette de Provence au XIIe siècle[10]), Saint-Jacques et Chaudon, dont dépendait Norante.

[modifier] Temps modernes : XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles

À partir du XVIe siècle au moins, la communauté désigne trois consuls pour son administration : deux sont élus par les Barrêmois, le troisième par Saint-Lions ou Gévaudan alternativement un an sur deux[11].

En 1536, lors de l’invasion de la Provence par Charles Quint, toutes les récoltes de l’arrière-pays furent détruites, y compris celles de Barrême[12].

En 1559, Antoine de Mauvans pille les chapelles et brûle les archives communales[13]. Pour se protéger des bandes catholiques et protestantes qui passaient sur les chemins, une muraille est érigée en 1589-1590[14], mais ces murailles construites à la hâte étaient très peu solides et, en 1688, elles avaient disparu et avaient été complètement oubliées des Barrêmois[15].

En 1629, l’épidémie de peste atteint Barrême malgré le cordon sanitaire établi en amont, et la touche durement[16]. Très appauvrie, la commune est classée comme « commune impuissante » en 1639, et autorisée à vendre ses terres pour payer ses dettes (49 000 livres)[17].

En 1703, l’évêque de Senez Jean Soanen détruit le menhir. La peste de 1720 n’atteint pas Barrême, peut-être en raison du cordon sanitaire établi sur le Verdon[18].

[modifier] Révolution française et Empire

Le cahier de doléances de la communauté de Barrême est rédigé le 29 mars, à la chapelle Notre-Dame-du-Pont, l’hôtel de ville étant trop petit pour accueillir toute la population ; le même jour, les députés de la communauté sont élus pour le porter à Digne[19].

La Révolution est bien accueillie : elle permet par exemple à la commune d’acheter ses biens au seigneur, le marquis Pierre Louis d’Aiminy, en 1792 et 1794[20]. Le curé de Barrême et son vicaire prêtent serment à la constitution civile du clergé[21]. En janvier 1791, le hameau de Saint-Lyons demande son détachement comme commune, qu’il obtient en mars 1791[22].

La société patriotique de la commune fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, avant juin 1792[23].

Avec la déclaration de guerre à l’Autriche (avril 1792), la garde nationale est organisée en juillet, et deux des cloches et la croix du clocher sont descendus pour être envoyées à la fonte. De même, la chapelle Saint-Blaise est utilisée pour stocker du fourrage pour l’armée des Alpes, et en septembre, seize Barrémiens se portent volontaires et rejoignent l’armée[24]. Avec la proclamation de la République (21 septembre), deux chênes sont plantés comme arbre de la liberté pour l’un et arbre de la fraternité pour le second[25].

Le 5 frimaire an III, le représentant en mission Gauthier épure la société[26].

Durant les Cent-Jours, l’Empereur Napoléon Ier passe la nuit du 3 au 4 mars à Barrême, suivi le 5 par les troupes royales à sa poursuite[27].

[modifier] XIXe siècle

L’épidémie de choléra fait quelques morts en 1834, puis 25 à l’été 1835[28]. Le village est ravagé par une crue de l’Asse en 1860.

La commune connaît un certain essor industriel grâce au tissage de la laine. La fabrique est ouverte vers 1843 par Ravel, sur le modèle de la fabrique Honnorat de Saint-André-de-Méouilles[29]. Cette activité disparaît à la fin du XIXe siècle[30].

[modifier] Économie

La commune compte une scierie. En 1974 il est crée un camping ,le camping NAPOLEON.

[modifier] Administration


Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
mars 2001 mars 2008 Jean-Marie Gibelin divers droite conseiller général
mars 2008 Jean-Louis Chabaud [31]

La commune possède une bibliothèque municipale informatisée (catalogue en ligne).

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[32])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
514 510 435 421 473 433 509[33]
Nombre retenu à partir de 1968 : population sans doubles comptes

[modifier] Lieux et monuments

Église Saint-Jean-Baptiste
  • Églises : Saint-Jean-Baptiste (1875) ; Sainte-Anne, façade ocrée, à Gévaudan (XIXe siècle), reconstruite en 1837[34]
  • Chapelles : Saint-Jean, église de l’ancien village, restaurée, qui abrite des ex-votos anciens (1765 et 1836[35]) ; Notre-Dame-de-Miséricorde, à l’entrée du village ;

L’église Saint-Jean-Baptiste succède à l’ancienne église, fermée en 1846 et 1862 car en trop mauvais état et dangereuse. Le prêtre nommé en 1864, Jean-Esprit Pellissier, entame la construction de l’église actuelle. L’ancien château est détruit pour lui laisser la place, et l’église construite de 1870 à 1871. Le chœur est voûté d’ogives[36].

[modifier] Personnalités liées à la commune

Napoléon Ier y fit une étape lors de son retour de l'île d'Elbe pendant les Cent-Jours.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Livres sur Barrême

  • Oxent Miesseroff, Au maquis de Barrême, souvenirs en vrac, Égrégores

[modifier] Articles de Wikipédia

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources

  • J.-F. Cruvellier, Histoire de Barrême, Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes, 1re édition 1889, 180 p
  • Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, 1986, 559 p.

[modifier] Notes

  1. ab Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », Paris, 1989, Relié, 72 (non-paginé) p. (ISBN 2-7399-5004-7) 
  2. Charles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence (depuis les origines jusqu’aux invasions barbares, Laffite Reprints, Marseille, 1973 (1re édition 1950), p 89
  3. Rostaing, op. cit., p 380
  4. J.-F. Cruvellier, Histoire de Barrême, Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes, p 12
  5. La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 107
  6. Cruvellier, op. cit., p 21
  7. Cruvellier, op. cit., p 28
  8. Cruvellier, op. cit., p 29
  9. Cruvellier, op. cit., p 31
  10. Cruvellier, op. cit., p 19
  11. Cruvellier, op. cit., p 16-17
  12. Cruvellier, op. cit., p 37
  13. Cruvellier, op. cit., p 40
  14. Cruvellier, op. cit., p 47-48
  15. Cruvellier, op. cit., p 71
  16. Cruvellier, op. cit., p 54-55
  17. Cruvellier, op. cit., p 58
  18. Cruvellier, op. cit., p 76-77
  19. ab Cruvellier, op. cit., p 87
  20. Cruvellier, op. cit., p 89
  21. Cruvellier, op. cit., p 94
  22. Cruvellier, op. cit., p 95
  23. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 296-297
  24. Cruvellier, op. cit., p 99
  25. Cruvellier, op. cit., p 100
  26. Alphand, p 333
  27. Cruvellier, op. cit., p 110-116
  28. Cruvellier, op. cit., p 120
  29. Mireille Mistral, L’industrie Drapière dans la Vallée du Verdon, thèse de doctorat d’État en Sciences économiques, Académie d’Aix-en-Provence, Nice, 1951, 231 p., p 135
  30. Mireille Mistral, op. cit., p 191
  31. Site de la préfecture des AHP
  32. Barrême sur le site de l’INSEE
  33. INSEE, population municipale au 1er janvier 2006, consulté le 9 janvier 2009
  34. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, 1986, 559 p., p 380
  35. Raymond Collier, op. cit., p 532
  36. Raymond Collier, op. cit., p 387-388
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