Bailli

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Un bailli est le représentant d'une autorité sur un territoire.

On a retrouvé cette fonction sous ce nom ou sous un nom similaire dans plusieurs pays.

France[modifier | modifier le code]

Le bailli était, dans l'Ancien Régime français, le représentant de l'autorité du roi ou du prince dans le bailliage, chargé de faire appliquer la justice et de contrôler l'administration en son nom. Il s'agissait de l'équivalent de nos actuels Préfets.

La juridiction en charge d'un bailli s'appelle un bailliage. En France méridionale, le terme généralement utilisé était sénéchal et la circonscription la sénéchaussée. En Provence, les termes bayle, baillie et viguier, viguerie étaient répandus.

Les bailliages ont été établis au XIIe siècle sur le domaine royal, notamment par Philippe Auguste. Il était à l'origine porté par des commissaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Leur juridiction, régularisée avec les Capétiens fut d'abord très étendue ; mais l'abus qu'ils firent de leur puissance obligea les rois à la réduire. Vers le XVIe siècle, le rôle du « bailli » était devenu simplement honorifique, le Lieutenant général du bailliage et d'autres officiers se répartissant son pouvoir. Néanmoins, leur office était noble et d'épée ; Charles IX, en 1560, les déclara officiers de robe courte.

À l'origine, le bailli était un agent d'administration seigneuriale. Plus précisément, c'était un officier d'épée ou de robe qui rendait la justice au nom du roi ou d'un seigneur. C'était de plus un agent pouvant provenir de n'importe quel rang social et exerçait des fonctions judiciaires ou financières ainsi que de contrôle dans le territoire de son bailliage. C'est dans le royaume de France que le bailli est apparu comme une figure essentielle de l'administration royale et le bailliage comme circonscription majeure de la France médiévale. Le bailli est en effet un personnage de haut rang, représentant le roi dans la plénitude de ses fonctions dans sa circonscription. Les baillis contrôlent l'activité des prévôts et tiennent des sessions judiciaires qui amorcent une juridiction royale d'appel. Le bailli est également un agent unique et polyvalent, établi par le roi, salarié, révocable à tout moment et soumis aux institutions centrales et aux enquêteurs royaux. Il est juge et tient des assises périodiques ; il est chef militaire et responsable des finances domaniales. Les baillis sont comparables aux missi dominici institués par Charlemagne ; en effet, ils se déplacent par deux ou par trois, un ecclésiastique et un ou deux laïcs, et ils appliquent la justice royale dans le royaume de France. Ils sont donc itinérants et effectuent des tournées d'inspection et de contrôle dans les bailliages. Les baillis jouent le rôle d'intermédiaires entre les seigneurs et les sujets du royaume.

Les baillis ont fini par prélever autant de taxes qu'ils le désiraient sous Philippe IV le Bel sans subir aucune sanction, ce qui agace la noblesse car elle se voit imposée toujours davantage. Par ailleurs, les baillis devaient tenir des assises au cours desquelles ils appliquaient une justice immédiate et recevaient les appels de ceux qui rendaient la justice des prévôts, ce qui confirme le degré de hiérarchie qui existait entre ces différents officiers royaux.

En outre, les baillis récoltaient les forfaitures, c'est-à-dire les amendes de justice. Les baillis se chargeaient également de percevoir les revenus occasionnels ou irréguliers appelés casuels : il s'agissait principalement du droit de régale et du relief.

La création des bailliages royaux a ramené les justices seigneuriales existantes à un rang de subalterne.

On appelait aussi baillis, baillis seigneuriaux, de simples officiers de justice seigneuriale, dits de robe longue ou petits baillis, pour les distinguer des baillis royaux.

Certains gardiens de châteaux servant de prison portaient ce titre.

Îles Anglo-Normandes[modifier | modifier le code]

La fonction de bailli (bailiff) existe toujours, notamment dans les îles Anglo-Normandes.

Ordre de Saint-Jean de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, on donne le nom de bailli à des dignitaires supérieurs aux commandeurs et inférieurs aux prieurs ou grands prieurs.

Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, sous l'Ancien Régime, le bailli était le gouverneur d'une prévôté (Landvogt). Dans les cantons alémaniques, on utilise depuis le Moyen Âge le terme d'Amtmann (ou Ammann) équivalent à celui de « bailli » pour désigner le chef du pouvoir executif désigné par les citoyens à l'échelon d'un canton (Landammann), d'une ville (Stadtammann) ou d'une commune (Gemeindeammann).

Venise et empire ottoman[modifier | modifier le code]

Le baylo était un diplomate supervisant les affaires des Vénitiens à Constantinople, et a été un élément permanent de Constantinople à partir des environs de 1454.

Synonymes[modifier | modifier le code]

Batlle : Le batlle était en pays catalan le représentant légal du seigneur dans le village, tandis que les consuls étaient élus chaque année par la population. Baille est bien sûr une forme francisée. Magistrat royal ou seigneurial doté de pouvoirs judiciaires et administratifs. Son supérieur est le viguier.

Bayle : désigne le bailli, représentant du seigneur dans le village. Le Bayle était l'exécutant du seigneur lors de ses absences. Initialement issues du peuple, les personnes ayant cette charge étaient mal vues de la population locale car elles percevaient l'impôt et distribuaient les corvées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Fédou, René, Lexique historique du Moyen Âge, Paris, Armand Colin, collection "Cursus", 2008, 168 pages
  • (fr) Gauvard, Claude, De Libera, A. et Zink, M. (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, PUF, 2002
  • (fr) Le Goff, Jacques, et Schmitt, Jean-Claude, Dictionnaire raisonné de l'Occident Médiéval, Poitiers, Fayard, 1999, 1236 pages
  • (fr) Touati, François-Olivier (dir.), Vocabulaire historique du Moyen Âge (Occident, Byzance, Islam), Paris, La Boutique de l'Histoire, 1995
  • (fr) Vauchez, André (dir.), Dictionnaire encyclopédique du Moyen Âge, Tome 1 et 2, Paris, Editions du Cerf, 1997

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]