Aedes albopictus
| Aedes (Stegomyia) albopictus | |||
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| Classification | |||
| Règne | Animalia | ||
| Embranchement | Arthropoda | ||
| Sous-embr. | Hexapoda | ||
| Classe | Insecta | ||
| Sous-classe | Pterygota | ||
| Infra-classe | Neoptera | ||
| Super-ordre | Endopterygota | ||
| Ordre | Diptera | ||
| Sous-ordre | Nematocera | ||
| Infra-ordre | Culicomorpha | ||
| Famille | Culicidae | ||
| Sous-famille | Culicinae | ||
| Genre | Aedes | ||
| Nom binominal | |||
| Aedes (Stegomyia) albopictus (Skuse, 1894) |
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| Synonymes | |||
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Le moustique-tigre Aedes (Stegomyia) albopictus est un insecte de la famille des Culicidae, originaire d'Asie du sud-est et de l'océan Indien. C'est l'une des dix espèces les plus invasives au monde[1], étant actuellement présente dans 80 pays sur les cinq continents.
Sommaire |
[modifier] Description de l'espèce
Le moustique-tigre a une longueur de 2 à 10 mm, les mâles étant en moyenne plus petits que les femelles. Il doit son nom à ses rayures qu’il porte sur ses pattes et qu'il partage avec les espèces du même sous genre (Stegomyia).
[modifier] Cycle Biologique
La femelle pond dans les eaux stagnantes, par exemples dans des vieux pneus ou dans des récipients en fer ou en plastique abandonnés, mais aussi dans les flaques d'eau après les fortes pluies[2]. Avec des températures comprises entre 25 et 30°C, les femelles pondent en moyenne 74 oeufs tous les 3-4 jours.
La moitié des femelles vivent 29 jours à 25° et 32 jours à 30°C[3].
[modifier] Comportement
C'est une espèce agressive qui pique de jour comme de nuit, avec une prédilection pour l'aube et le crépuscule. Elle est très résistante aux insecticides. En fait, aucun insecticide présent sur le marché, plaquette, spray ou diffuseur, ne semble l'incommoder. Son cousin européen disparaît totalement partout où le tigre s'installe.
C'est la femelle, une fois fécondée qui pique les mammifères ou les oiseaux pour absorber du sang dans lequel elle trouvera les protéines nécessaires à sa progéniture. Ce n'est pas directement le sang bu sur la précédente victime qui infecte la suivante, mais la salive que le moustique-tigre injecte dans sa victime pour liquéfier le sang.
[modifier] Expansion
Avec l'expansion des transports, l'aire de répartition[4] de ce moustique ne cesse de se modifier, avec des risques sanitaires préoccupants[5],[6]. Depuis quelques décennies, il est en forte expansion à travers le monde, même en zone non-tropicale. Le transport ou le stockage de vieux pneus dans lesquels de l'eau stagne toujours (de par la forme du pneu) semble servir de véhicule principal. En Amérique, on pense que c'est de cette manière qu'il est parvenu à Houston aux États-Unis, d'où il a conquis une majeure partie du continent américain.
Le réchauffement climatique pourrait être un facteur d'expansion vers les zones tempérées et plus en altitude. On cherche à comprendre les facteurs génétiques liés à cette possibilité[7].
En Afrique, les graves épidémies de chikungunya, au début du XXIe siècle, correspondent probablement à l'arrivée de ce moustique dans des îles comme les Comores en juillet 2004, La Réunion dès le mois de mai 2005 ou encore Madagascar, Maurice, les Seychelles ou Mayotte[réf. souhaitée].
En Europe[8] : ce moustique est arrivé en Catalogne vers 2005[9]. Depuis le début des années 1990, il est très présent sur une grande partie de l'Italie où il a été découvert pour la première fois à Gênes dans un dépôt de vieux pneus importés[10],[11]. Il est particulièrement abondant en Romagne surtout dans les villes de la province de Ravenne ainsi que dans la région de l'Abruzze et Molise entre Vasto et Termoli. On le trouve également ponctuellement dans d'autres pays d'Europe méditerranéenne comme le Monténégro et la Croatie, à Malte[12],[13] et il a été repéré en Allemagne[14] et en Belgique [15] et même aux Pays-Bas (en 2007)[16], ou encore en Albanie[17]. En novembre 2007, il a été repéré pour la première fois au nord des Alpes, dans le canton suisse d'Argovie[18].
En France, après quelques tentatives d'installation sur des zones de stockage de vieux pneus, d'où il avait été éradiqué, il a réussi depuis 2004[19],[20] à s'établir durablement sur la côte des Alpes-Maritimes et en 2006 en Haute-Corse, principalement dans la région de Bastia[21]. En septembre 2008, on peut le rencontrer dans le Var, signalé à Saint-Raphaël, Fréjus, Roquebrune-sur-Argens et Hyères, mais aussi dans le Sud Ouest, à Arcachon. Il semble également certain qu'il ait été identifié dans la région de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) au printemps 2008. Le moustique-tigre est arrivé à Marseille en 2010[22].
Le 24 juin 2009, plusieurs habitants de la ville d'Orsay (Essonne) affirment l'avoir identifié après en avoir reçu la piqûre, caractérisée par un gonflement anormal et par une réaction inflammatoire violente, apaisée seulement après application de crème à base de cortisone. Identifié à Paris, le 20 juillet 2009.
[modifier] Vecteur de maladies
[modifier] Le Chikungunya
Seules les femelles sont porteuses du chikungunya car les mâles ne piquent pas. Les moustiques se contaminent en absorbant le sang d'un homme malade. Le virus se multiplie alors dans les cellules de l'insecte, en particulier son tube digestif, et finit par atteindre les glandes salivaires après une incubation de 2 à 6 jours[23]. L'insecte peut alors contaminer d'autres personnes. Des tests contrôlés réalisés à la Réunion ont par ailleurs permis de démontrer que si cet insecte est capable de se nourrir sur de nombreuses espèces (caméléon, poule, rat, chien, chèvre,...), l'Homme est choisi dans 70 à 90% des cas dès lors que l'insecte à le choix[24].
En 2005, une épidémie de chikungunya frappe l'Ile de la Réunion, épidémie durant laquelle le moustique tigre s'avère être le principal vecteur de la maladie au détriment d'Aedes aegypti.
Une souche particulière du virus du Chikungunya nommée E1-226V, apparue après l'épidémie de 2005 se multiplie plus rapidement chez les femelles infectées, ce qui augmente encore les risques de transmission[25].
En juillet 2007, il a été reconnu responsable de la transmission du chikungunya en Italie (plusieurs dizaines de cas dans la province de Ravenne)[26], ce qui est le premier cas de transmission connue en Europe.
[modifier] Autres maladies en zone tropicale
En zone tropicale, cet insecte peut inoculer une trentaine de virus, propageant notamment le l'encéphalite de Saint Louis et la dengue.
[modifier] Lutte
Des opérations de lutte se mettent en place, dont dans le sud de la France. Des solutions existent comme utiliser un gel douche à base patchouli (plante tropicale), utiliser un piège spécial moustique tigre, et surtout lors du début et à la fin de l'hiver, nettoyer les lieux où vous déposez des encombrants comme des tuyaux. Les moustiques tigres sont très résistants aux insecticides et ont très peu, en France, de prédateurs (hirondelles, grenouilles,...)[27].
Des recherches sont actuellement en cours pour tenter de mâitriser le développement des populations par la technique dite de l'insecte stérile à la Réunion et en Italie. Il s'agit de relâcher des millions de mâles stérilisés (par irradiation ou transgénèse) qui s'accouplent avec les femelles au détriment des mâles sauvages[28].
[modifier] Notes
- Référence GISD : espèce Aedes albopictus (en)
- C. Paupy et al. Mircobes Infect. 11 1177,2009
- La Recherche n°458, pp 52-55
- Knudsen, A.B. (1995) Global distribution and continuing spread of Aedes albopictus. Parassitologia 37, 91-97.
- Straetemans, M. (2008) Vector-related risk mapping of the introduction and establishment of Aedes albopictus in Europe. Eurosurveillance 13, 1-2.
- Mitchell, C.J. (1995) Geographic spread of Aedes albopictus and potential for involvement in arbovirus cycles in the Mediterranean basin. Journal of Vector Ecology 20, 44-58.
- Offre de thèse Bases génétiques de l’adaptation du moustique tigre Aedes albopictus aux milieux tempérés grâce aux nouvelles technologies de séquençage
- Reinert, J.F. & Harbach, R.E. (2005) Generic changes affecting European Aedine mosquitoes (Diptera: Culicidae: Aedini) with a checklist of species. European Mosquito Bulletin 19, 1-4.
- Agència de Salut Pùblica
- Romi, R. (1995) History and updating on the spread of Aedes albopictus in Italy. Parassitologia 37, 99-103.
- Sabatini, A., Ranieri, V., Trovato, G. & Coluzzi, M. (1990) Aedes albopictus in Italia e possible diffusion della specie nell’area mediterranea. Parassitologia 32, 301-304
- Gatt, P., Deeming, J.P. & Schaffner, F. (2009) First record of Aedes (Stegomyia) albopictus (Skuse) (Diptera: Culicidae) in Malta. European Mosquito Bulletin 27, 56- 64.
- Joseph A. Buhagiar, [http://e-m-b.org/sites/e-m-b.org/files/EMB%2827%2965-67.pdf A second record of Aedes (Stegomyia) albopictus (Diptera: Culicidae) in Malta , European Mosquito Bulletin 27 (2009), 65-67 Journal of the European Mosquito Control Association ISSN 1460-6127; w.w.w.e-m-b.org online 2009/11/12
- Pluskota, B., Storch, V., Braunbeck, T., Beck, M. & Becker, N. (2008) First record of Stegomyia albopicta (Skuse) (Diptera: Culicidae) in Germany. European Mosquito Bulletin 26, 1-5.
- http://www.pathexo.fr/documents/agenda/SPE-SIMET-3.pdf
- Scholte, E-J., Jacobs, F., Linton, Y-M., Dijkstra, E., Fransen, J. & Takken, W. (2007) First record of Aedes (Stegomyia) albopictus in the Netherlands. European Mosquito Bulletin 22, 5-9.
- Adhami, J. & Reiter, P. (1998) Introduction and establishment of Aedes (Stegomyia) albopictus Skuse (Diptera: Culicidae) in Albania. Journal of the American Mosquito Control Association 14, 340-343.
- Chikungunya: le moustique a passé les Alpes Libération, 26 novembre 2007
- Revue: médecine tropicale: 2007;67,3, page 310
- Schaffner, F., Boulletereau, B., Guiller, B.,Guilloteau, J. & Karch, S. (2001) Aedes albopictus (Skuse, 1894) established in metropolitan France. European Mosquito Bulletin 9, 1-3.
- De Jong, L., Moreau, X., Dalia, J., Coustau, C. & Thiery, A. (2009) Molecular characterization of the invasive Asian tiger mosquito, Aedes (Stegomyia) albopictus (Diptera: Culicidae) in Corsica. Acta Tropica (in press).
- L'arrivée du moustique-tigre en France sur Vedura.fr du 10 juin 2010
- travaux réalisés par Anna Bella Failloux, institut Pasteur. La Recherche n°458, décembre 2011
- La Recherche n°458, Décembre 2011. Article de Didier Fontenille Directeur de Recherche à L'IRD.
- Travaux de M. Vazeille et al, PloS One, 2, 11, 2008.
- http://www.gouvernement.lu/salle_presse/communiques/2007/09/05sante/index.html
- Dispositif de lutte contre la dissémination du moustique {Aedes albopictus} dans le sud de la France, MTES 2011/05/04
- La Recherche n°458 pp 52-55
[modifier] Liens externes
- Référence Fauna Europaea : Aedes albopictus (en)
- Référence ITIS : Aedes albopictus (Skuse, 1895) (fr) ( (en))
- Référence Animal Diversity Web : Aedes albopictus (en)
- Référence NCBI : Aedes albopictus (en)
- Référence GISD : espèce Aedes albopictus (en)