Saint-Cirq-Lapopie

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Saint-Cirq-Lapopie
Vue générale du village médiéval surplombant la vallée du Lot
Vue générale du village médiéval surplombant la vallée du Lot
Blason de Saint-Cirq-Lapopie
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Lot
Arrondissement Cahors
Canton Cajarc
Intercommunalité Communauté de communes du Grand Cahors
Maire
Mandat
Gérard Miquel
2014-2020
Code postal 46330
Code commune 46256
Démographie
Gentilé Saint-Cirquois
Population
municipale
218 hab. (2011)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 27′ 55″ N 1° 40′ 14″ E / 44.4652777778, 1.67055555556 ()44° 27′ 55″ Nord 1° 40′ 14″ Est / 44.4652777778, 1.67055555556 ()  
Altitude Min. 120 m – Max. 389 m
Superficie 17,89 km2
Localisation

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Saint-Cirq-Lapopie

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Saint-Cirq-Lapopie

Saint-Cirq-Lapopie (en occitan Sent Circ de la Pòpia) est une commune française, située dans le département du Lot dans la région Midi-Pyrénées, en Quercy.

Ses habitants sont appelés les Saint-Cirquois(es).

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située à 30 km à l'est de Cahors au cœur du Parc naturel régional des Causses du Quercy. Ce village médiéval surplombant le Lot a été classé « Village préféré des Français » au cours d'une émission diffusée sur France 2 le 26 juin 2012.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme latinisée eccl.[esia] S[ancti] Cirici de la Papia en 1269[1]. Selon Ernest Nègre, Albert Dauzat cite le déterminant complémentaire sous la forme Popia[2], ce qui est erroné, du moins dans la réédition de 1979.

Il s'agit de hagionyme saint Cyr, en occitan Sent Circ, honoré dans l'église paroissiale qui porte son nom.

Article détaillé : Cyr de Tarse.

En revanche le déterminant complémentaire est obscur, c'est pourquoi ni Albert Dauzat, ni Charles Rostaing, ni Ernest Nègre n'en donnent une explication.

Lapopie vient de l'occitan pòpia qui désigne un tertre, souvent artificiel, sur lequel se dressait pour des raisons de défense un château ou une maison forte. Son nom est adopté définitivement au IXe siècle : saint Cirq, jeune enfant martyrisé avec sa mère Juliette en Asie Mineure, sous Dioclétien, et dont les reliques avaient été rapportées d'Antioche par saint Amadour d'Auxerre, originaire de Corronzac, près de Vers. Et Lapopie, seigneurs du lieu, dont le nom dérive d'un terme géographique désignant un tumulus, un monticule, probablement par métaphore du latin poppia, « sein, mamelle » (cf. en français les deux sens du mot « mamelon »).[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Il est vraisemblable que l'occupation de cet escarpement rocheux surplombant la rive gauche du Lot, face à un cirque de falaises, a tenté les hommes dès l'époque gallo-romaine.

La terre de Saint-Cirq appartenait à la famille de Cardaillac. En 1229, Bertrand de Cardaillac rendit hommage à Raymond comte de Toulouse pour cette terre. Un de ses descendants, nommé lui aussi Bertrand, reçut en 1395 le château et la terre de Saint-Cirq. Il fut la source des barons de Cardaillac-Saint-Cirq[3].

Plus tard, trois familles se partagèrent la seigneurie. Cette triple seigneurie ne fut pas sans poser quelques problèmes lors de la croisade contre les Albigeois :

Pendant la guerre de Cent Ans, Hugues IV de Cardaillac se rangea dans le camp français. Il fut un grand technicien de l'artillerie[4]

En 1471, Louis XI fit démanteler le château de Raymond de Cardaillac qui avait pris parti contre lui en soutenant le duc de Berry dans la guerre du bien public. Le château fut reconstruit sous le règne de Charles VIII, qui accorda de grandes faveurs à Raymond de Cardaillac, en dédommagement des préjudices causés sous le règne de Louis XI[3].

La division entre seigneuries se reproduisit à l'époque des guerres de religion : un Cardaillac devint le chef des protestants du Languedoc, tandis qu'un Saint-Sulpice restait catholique.

Amis cependant, ils s'entendirent pour interdire toute violence dans leur cité commune, mais en 1580, rompant la trêve, les huguenots s'emparèrent du château d'en haut, qu'Henri de Navarre fit démolir[réf. nécessaire].

Ancien chef-lieu de l'une des quatre vicomtés du Quercy.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Armorial des communes du Lot.
Armes de Saint-Cirq-Lapopie

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'azur au château de trois tours en silhouette d'or, la tour du milieu plus haute ajourée de sable, brochant sur le tiers supérieur d'un besant aussi d'or en pointe[5].

Le pèlerinage de Compostelle[modifier | modifier le code]

Sur la Via Podiensis du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Cabrerets par un court détour sur la variante de la vallée du Célé ; en aval de ce village en effet, les jacquets qui avaient emprunté la vallée du Lot rencontraient à rebours ceux qui avait choisi la vallée du Célé.

La prochaine commune traversée est Cahors, avec sa cathédrale Saint-Étienne et le Pont Valentré.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1977 1989 André Valette   Agriculteur
1989 1995 Jacques Delmas   Médecin
1995 en cours Gilles Hardeveld   Restaurateur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 218 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 090 1 186 1 214 1 219 1 333 1 282 1 276 1 366 1 407
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 423 1 461 1 341 1 321 1 440 1 379 1 308 1 312 1 172
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 070 504 536 378 341 317 291 235 241
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
221 191 167 179 187 207 215 218 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Depuis le Moyen Âge était établie à Saint-Cirq-Lapopie une puissante corporation de tourneurs sur bois. Ces artisans, encore nombreux au XIXe siècle, utilisaient un tour primitif. Deux tourneurs dont un spécialisé en robinetterie (robinets de tonneaux) perpétuent, de nos jours, cette tradition.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Photo aérienne de Saint-Cirq-Lapopie
Église fortifiée de Saint-Cirq-Lapopie
  • Un des plus beaux villages de France et un des lieux les plus touristiques du Lot, Saint-Cirq-Lapopie est un village-musée presque entièrement classé et bien connu des artistes, dont André Breton, qui acheta et s'installa dans l'ancienne Auberge des mariniers dans les années 1950.
  • Vue sur la vallée du Lot, à 80 mètres en contrebas.
  • Au sommet du plateau, ruines de trois châteaux et l'église Saint-Cirq, puissante église du XVe siècle à abside romane, donjon carré et tourelle d'escalier.
  • Ruelles escarpées et étroites, aux maisons médiévales du XIVe siècle[8] en encorbellement et aux toits pointus.
  • Musée Rignault, où se déroulent notamment des expositions temporaires d'art contemporain. Émile-Joseph Rignault (1874-1962), passionné d'art et collectionneur, en a fait don en 1946 au conseil général du Lot.
  • Les Maisons Daura, demeures du peintre Pierre Daura, offertes par sa fille Martha au Conseil Régional Midi-Pyrénées pour qu'y soient installés une résidence d'artistes et un lieu d'exposition [9], sont désormais dévolues à l'Art Contemporain. Sous la direction artistique de la MAGP (Maison des Arts Georges Pompidou)[10] à Cajarc, cette résidence d'artiste à la programmation exigeante accueille depuis 2005 une sélection de créateurs du monde entier sur deux périodes (été et hiver) : la résidence d'été donne lieu chaque année à la création d'œuvres inédites in-situ dans le village et des recoins inattendus de la Vallée du Lot à l'occasion du Parcours d'Art Contemporain en Vallée du Lot[11].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • André Breton venait poursuivre son rêve de pierre et de lumière, en sa maison acquise en 1950 à Saint-Cirq-Lapopie, l’ancienne auberge des Mariniers (toujours visible).

« C'est au terme de la promenade en voiture qui consacrait, en juin 1950, l'ouverture de la première route mondiale - seule route de l'espoir - que Saint-Cirq embrasée aux feux de Bengale m’est apparue - comme une rose impossible dans la nuit. Cela dut tenir du coup de foudre si je songe que le matin suivant je revenais, dans la tentation de me poser au cœur de cette fleur : merveille, elle avait cessé de flamber, mais restait intacte. Par-delà bien d'autres sites - d'Amérique, d'Europe - Saint-Cirq a disposé sur moi du seul enchantement : celui qui fixe à tout jamais. J'ai cessé de me désirer ailleurs. Je crois que le secret de sa poésie s'apparente à celui de certaines Illuminations de Rimbaud, qu'il est le produit du plus rare équilibre dans la plus parfaite dénivellation des plans. L'énumération de ses autres ressources est très loin d'épuiser ce secret…. Chaque jour, au réveil, il me semble ouvrir la fenêtre sur les Très Riches Heures, non seulement de l'Art, mais de la Nature et de la Vie ». André BRETON - Saint-Cirq-Lapopie, le 3 septembre 1951[12]. »

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • 2012 : Lors de l'émission Le village préféré des Français diffusée sur France 2 le 26 juin 2012, le village a été élu parmi 22 villages de France par 66 000 votants[13],[14].

Documents[modifier | modifier le code]

  • Saint-Cirq-Lapopie, le plus beau village de France ?, ebook de l'écrivain lotois Stéphane Ternoise, publié le 21 mai 2012[15].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 590b
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France [lire en ligne]
  3. a et b Jacques-Antoine Delpon, Statistique du département du Lot, t. 1, Bachelier,‎ 1831 (réimpr. 1979), 554 p. (ISBN 2-902422-00-8), « Du Château de St.-Circq-Lapopie », p. 473
  4. Règlement d'Hugues de Cardaillac , datant de 1348, qui prouve explicitement que les canons pouvaient être placés dans les tours, sur les terrasses sommitales. E.Forestié, « Hugues de Cardaillac et la poudre à canon », in Bulletin de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, 1901, pp.203-216)
  5. Banque du Blason
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  8. Valérie Rousset, « Architecture civile médiévale à Saint-Cirq-Lapopie », p. 457-466, dans Congrès archéologique de France. 147e session. Quercy. 1989, Société française d'archéologie, Paris, 1993.
  9. Résidence internationale des Maisons Daura
  10. [1]
  11. [2]
  12. www.quercy.net André Breton et le Quercy.
  13. Le village préféré des français
  14. ladepeche.fr
  15. Saint-Cirq-Lapopie, le plus beau village de France ?

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]