Saint-Véran

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Saint-Véran
Saint-Véran en hiver
Saint-Véran en hiver
Blason de Saint-Véran
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Briançon
Canton Aiguilles
Intercommunalité Communauté de communes du Queyras
Maire
Mandat
Danielle Guignard
2014-2020
Code postal 05350
Code commune 05157
Démographie
Population
municipale
266 hab. (2011)
Densité 5,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 42′ 03″ N 6° 52′ 09″ E / 44.7008333333, 6.86916666667 ()44° 42′ 03″ Nord 6° 52′ 09″ Est / 44.7008333333, 6.86916666667 ()  
Altitude Min. 1 756 m – Max. 3 175 m
Superficie 44,75 km2
Localisation

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Saint-Véran est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette commune des Hautes-Alpes de 290 habitants est entièrement située dans le parc naturel régional du Queyras.

Le centre du village (église) est situé à 2 042 m d'altitude et Saint-Véran est souvent qualifiée de « plus haute commune de France ou d'Europe »[1].

Saint-Véran est cependant précédé par Juf en Suisse (2 133 m) et Trepalle en Italie (2 069 m). Tignes, commune située en Savoie (France), a son église à 1 790 m, mais la mairie, elle, se trouve à 2 100 m pour une altitude communale moyenne de 2 594 m.

La devise ne porte pas seulement sur l'altitude à proprement parler, mais aussi sur la relation entre l'altitude et la culture du seigle, servant à faire le pain. Dans l'esprit des anciens habitants, Saint-Véran est le plus haut village où se mange le pain fait avec les céréales cultivées dans les champs alentour : « Lou Plus haouto coumunoutas inte se mangeu lou pan de Diou » (« La plus haute commune où l'on mange le pain de Dieu » - inscription sur le cadran solaire sur le mur de l'église). Cependant, depuis les inondations de 1957 qui ont détruit les canalisations amenant l'eau au moulin, ce moulin n'existe plus et la farine n'est donc plus produite à Saint-Véran. La culture du seigle s'est donc aussi arrêtée depuis 1957.

Le territoire de la commune a une altitude qui s'étend de 1 756 à 3 175 m. Les communes de Saint-Gervais-les-Bains et de Chamonix en Haute-Savoie culminent à 4 810 mètres au Mont-Blanc, mais leur centre est nettement plus bas. La station de sports d'hiver de Val Thorens, située à 2 300 mètres sur la commune de Saint-Martin-de-Belleville, est probablement la localité, habitée toute l'année, la plus élevée des Alpes françaises.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des mines de cuivre étaient exploitées dès l’âge du bronze (IIe millénaire av. J.-C.) sur le territoire de la commune[2].

La légende de saint Véran de Cavaillon raconte que, évêque de Cavaillon, né dans le Gévaudan au VIe siècle, il blessa un dragon qui ravageait la région de Cavaillon et le chassa en lui ordonnant d'aller mourir dans les Alpes. Ce Coulobre, saignant lors de sa retraite, a laissé tomber des gouttes de sang ; d'où la présence en France d'autres villages nommés Saint-Vérand, dans le Vaucluse, l'Isère et le Rhône.

Le village alpin reconstitué à Grenoble en 1925, en occasion de l'Exposition internationale de la houille blanche.

Autrefois, le village avait une activité artisanale importante : vannerie, outillage, ébénisterie, charpentes et agricole, élevage (chèvres, vaches). Il avait aussi une activité d'ardoiserie à partir des galeries creusées dans la falaise.

En 1925, le village est choisi pour être reconstitué lors de l'exposition internationale de la houille blanche qui se déroule à Grenoble.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Véran
Blasonnement 
de sinople à l'aigle de sable membrée et lampasée de gueules

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[3]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1977 1983 André Lantier    
    Pierre Marou   ébéniste
  2001 Jean-Pierre Weber   hôtelier
mars 2001 août 2006 Jean-Marc Plichon    
août 2006 mars 2008 Jacqueline Turina    
mars 2008 en cours Danielle Guignard    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 266 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
724 520 562 640 800 831 874 842 839
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
748 751 740 668 641 639 664 633 598
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
579 536 539 451 404 422 412 379 255
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
236 220 232 275 257 267 290 286 257
2011 - - - - - - - -
266 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Comme de nombreux villages alpins, Saint-Véran s'est peu à peu métamorphosé au cours du XXe siècle grâce au tourisme. C'est ainsi une station de sports d'hiver familiale qui peut accueillir environ 1 800 personnes.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Porche d'entrée de l'église Saint-Véran.

L'église paroissiale Saint-Véran[6], classée monument historique, est située dans le centre du village ; à l'extérieur, on retrouve des lions sculptés dont l'un tenant entre ses pattes un enfant. À l’intérieur de l'édifice, différentes statues en bois sculptées par les habitants du village représentent certains saints ; une crèche en bois datant des années 1950 a été réalisée par les habitants du village, chaque famille ayant réalisé une pièce. L'église est entourée du cimetière dans lequel reposent les Saint-Vérannais de confession catholique. Les habitants de confession protestante reposent quant à eux dans un cimetière situé dans le hameau du Raux.

On trouve dans le village une vingtaine de cadrans solaires muraux qui datent de la Renaissance. Un cadran solaire réalisé par le peintre Zarbula, en 1840, sur une maison du quartier des Forannes[7] a été inscrit en 1996 sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Un observatoire astronomique a été créé en 1974 et est, depuis 1990, mis à disposition des astronomes amateurs.

Temple de Saint-Véran.

Le village possède une église réformée[8] (temple protestant). L'ancien temple avait été détruit à la suite de l'édit de Fontainebleau, en 1685. Le temple actuel a été construit en 1804. Le clocher date de 1843.

La municipalité, avec l'aide des habitants du village et la fondation du patrimoine, a entrepris depuis maintenant plus de deux ans la rénovation des chapelles du village dont la superbe chapelle de Clausis située dans le fond de la vallée de la Blanche. Les chapelles sont ouvertes une fois par semaine au public durant la période estivale.
À La Chalp, on peut voir l'église paroissiale Sainte-Agathe[9]. Elle a été reconstruite vers 1845 à la suite d'une inondation.

Musée « Le Soum ».

À visiter également, un musée de la vie paysanne du XIXe au XXe siècle, dans une vieille fuste, le musée « Le Soum »[10]. La maison a été construite en 1641. Elle a été achetée en 1993 par des personnes nées à Saint-Véran collectionneurs d'objets de la vie quotidienne et du travail de la terre dans les montagnes du Queyras. Elle permet de voir l'organisation d'une maison-ferme où vivaient hommes et bêtes en autarcie pendant les longs mois d'hiver.
Les maisons traditionnelles saint-vérannaises ont un plan particulier adapté à la vie montagnarde. Le rez-de-chaussée est construit en murs de pierre de 50 à 70 cm d'épaisseur. La partie supérieure appelée « fuste » est faite en troncs d'arbres empilés croisés aux angles et toit de bardeaux en mélèze. Le bâtiment est relié à un plus petit en pierres couvert de lauzes appelé « caset ». Hommes et bêtes accédaient au rez-de-chaussée par une porte à double-battants. On trouve à cet étage :

  • la fougagno, ou cuisine ;
  • la carotto, ou cave ;
  • le peil, pièce voûtée placée contre le mur de la fougagno où est placé l'âtre ;
  • l'étable ou l'écurie, qui est une pièce commune aux hommes et aux bêtes. La table, les chaises et le lit clos étaient placés près de la fenêtre et les hommes profitaient de la chaleur animale. Les bêtes se trouvaient au fond de la pièce.
Croix de mission.

Saint-Véran possédait six croix de mission[11]. Une croix était dressée à chaque passage d'un missionnaire venant apporter la bonne parole aux paroissiens. Chacune des croix portait les symboles de la Passion du Christ.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]