Sancerre
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| Sancerre | |
|---|---|
Détail |
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| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Centre |
| Département | Cher |
| Arrondissement | Bourges |
| Canton | Sancerre (chef-lieu) |
| Code commune | 18241 |
| Code postal | 18300 |
| Maire Mandat en cours |
Jacques Haton 2008-2014 |
| Intercommunalité | communauté de communes du Sancerrois |
| Site web | www.ville-sancerre.com |
| Démographie | |
| Population | 1 727 hab. (2007) |
| Densité | 106 hab./km2 |
| Gentilé | Sancerrois |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 146 m — maxi. 366 m |
| Superficie | 16,27 km2 |
Sancerre est une commune française, située dans le département du Cher et la région Centre.
Sommaire |
[modifier] Géographie
Sancerre est située à 310 mètres d'altitude, sur une montagne isolée, se rattachant aux collines de la région naturelle du Sancerrois et dont le sommet domine le niveau de la Loire, de plusieurs centaines de mètres.
La commune se trouve à environ deux kilomètres de la rive gauche de la Loire et de son confluent avec la Vauvise, du canal latéral à la Loire et à 43 km au nord-est de la préfecture du Cher, Bourges. La ville s'étale sur la pente la moins escarpée, située au sud-ouest, depuis la base de la colline jusqu'au sommet[1]. Sancerre offre un panorama sur son vignoble et sur les bords de la Loire.
Sancerre se situe à la limite orientale du département du Cher et de la région Centre, limitrophe du département de la Nièvre et de la région Bourgogne dont elle est séparée par la Loire. Le canal latéral à la Loire traverse le territoire communal.
[modifier] Chavignol
Le village de Chavignol est fusionné à la commune de Sancerre entre 1790 et 1794[2].
Implanté dans une cuvette au milieu des vignes, le village de Chavignol s'étire le long de la route qui monte à l'église ; le roi de France Henri IV se serait exclamé sur la petite "Place de l'Orme" où il se serait arrêté avec ses troupes « Hé ! Qu'en dites-vous mes gaillards ? Ventre saint gris ! Ce vin est le meilleur que j'ai bu ! Si les gens du royaume le goûtent, il n'y aura plus de guerre de religion ».
Le crottin de Chavignol, fromage de chèvre au lait entier et cru, a aussi fait la réputation du village et bénéficie d'une Appellation d'origine contrôlée (AOC) depuis 1976. La forme du fromage, due à celle de son moulage, qui rappelle celle des anciennes lampes à huile en terre cuite (le crot), explique sa surprenante dénomination[3].
Dominant le village de Chavignol, le belvédère du Graveron offre des points de vue sur tout le Sancerrois.
[modifier] Communes limitrophes
[modifier] Héraldique
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Les armes de Sancerre se blasonnent ainsi : D'azur à la herse de labour d'or liée de gueules[4]. |
[modifier] Étymologie, origine légendaire, toponymie
La hauteur primitive sur un plateau élevé à deux kilomètres sur la rive gauche de la Loire est associée à la légende du conquérant des Gaules, César. En 1146, sacro cesaris en est d'ailleurs une dénomination de moine copiste. Ces sources érudites et historiques du XIXe siècle sont reprises par Lalanne[5]. Le nom "Sancerre" serait tiré d'un hypothétique Sacrum Caesaris soit « de César le Sacré », ensuite christianisé en saint César ou « Saint-Cere ».
Les linguistes, historiens et archéologues s'accordent sur une autre évolution toponymique, plus complexe. Le nom antique du site de hauteur gaulois est Gortona. L'oppidum est bien antérieur à la conquête des Gaules. L'occupation de cette hauteur remonterait au-delà de la période celtique de Hallstatt. Attiré par l'eau abondante, une petite cité gallo-romaine s'installe dans la plaine alors que le site de Gortona est abandonné. Un sanctuaire dédié à saint Satyre, martyr africain du IIIe siècle s'élève à proximité des voies marchandes et d'un cimetière externes à la petite cité. Une église qui s'y maintient permet de laisser le toponyme Saint-Satur. Elle préserve le nom du martyr africain dont les restes auraient été ramenés là[5].
Au VIIIe siècle est attesté un habitat de hauteur sur la colline toujours dénommée Gortona selon des fouilles archéologiques. Une partie des reliques y est mise fin IXe siècle à l'abri des pillages. En 1136, Gortona commence à se dénommer dans une tradition latine Santus Satyrus. La forme populaire de Satyrus en ancien français donne Sayre, puis Serre. Sancerre est née. La colline de Sancerre a servi de refuge aux populations lors des désordres de la nature et des invasions.
[modifier] Histoire
[modifier] Antiquité
Localisée dans la partie de la Gaule, coincée entre la puissante tribu celtique des Bituriges et celle des Éduens, la colline de Sancerre surplombant l'un des rares endroits guéables de la Loire aurait intéressé Jules César qui y sédentarisa un peuple originaire de Bohème, les Boïens. La ville de Gordona, « cité capitale » de ce peuple occupe aujourd'hui ce qui est devenu le quartier hors les murs de Saint-Romble de Sancerre et Saint-Thibault, village portuaire sur la Loire (commune de Saint-Satur)[6].
[modifier] Moyen Âge
En 1152, Sancerre est promue chef-lieu d'un comté sous dépendance de la maison de Champagne. Louis IX en achète de Thibaut de Champagne la suzeraineté en 1226. Pendant la guerre de Cent Ans, la place forte de Sancerre est un lieu stratégique notoire contrôlant les axes de la proche vallée de la Loire.
[modifier] Le château de Sancerre et le siège de la ville
Le château de Sancerre, dont la date de fondation est inconnue, est construit à partir du XIIe siècle par Étienne Ier de Sancerre sur une colline facilement défendable, et à proximité du village formé autour de l'abbaye de Saint-Satur. Un nouveau village se constitua autour du château, qui finit par devenir plus important que le village d’origine[7]. Étienne Ier fortifie la cité, bat monnaie, développe la culture de la vigne, avant son décès survenu probablement en 1176. Il est à l'origine de la dynastie de la Maison de Sancerre et ses descendants régneront sur la cité jusqu'en 1419.
Louis de Sancerre (1342-1402), deuxième fils de Louis II de Sancerre, fut compagnon d'armes de Bertrand Duguesclin, devint maréchal de France à 28 ans et fut fait connétable de France en 1397 par le roi de France Charles VII. En 1383, son frère Jean III de Sancerre a acquis la terre de Boisgibault assise au comté de Sancerre, de Gaucher de Châtillon, seigneur de Tracy ; il fait construire en 1380 le donjon (de nos jours connu sous l'appellation "Tour des Fiefs") du château féodal qui comprenait à l'époque six tours.
[modifier] Le comté de Sancerre
De 1152 à 1789, le comté de Sancerre appartient à des grandes familles du royaume de France, successivement la maison de Sancerre (1152-1419), la maison d'Auvergne (1419-1436), la maison de Bueil (1451-1628), la maison de Condé (1628-1777), la maison d'Espagnac (1777-1786) et le roi Louis XVI (1786-1791).
[modifier] Jacques Cœur à Sancerre
Jacques Cœur (né en 1395 à Bourges, décédé en 1456 à Chio), commerçant français et grand argentier de Charles VII, a vécu un temps à Sancerre. Sa maison, conservée, même si elle a subi beaucoup de transformation au cours des siècles car elle fut, tour à tour, boutique de drapier, boulangerie jusqu'au XXe siècle, est peut-être la plus ancienne maison de la ville. Elle pourrait avoir été construite par Jean III, comte de Sancerre au XVe siècle ou par sa fille. La rue du Carroir de Velours, à proximité, tire son nom de la présence entre le XVe siècle et le XVIIIe siècle de nombreux marchands d'étoffes.
[modifier] Époque moderne
Les habitants de la ville comtale embrassent la réformation dès les années 1550. La paix de Saint-Germain en 1570 la laisse théoriquement au roi de France Charles IX, mais elle est acquise aux protestants.
Sancerre continue à résister un an après le massacre de la Saint-Barthélémy et la reprise des guerres. La ville forte a refusé de « faire cesser les prêches » et de recevoir une garnison royale. Elle est l'objet d’un siège de mars à août 1573 de huit mois des forces catholiques du roi, une armée de 7 000 hommes, commandée par le gouverneur du Berry, le maréchal de La Châtre. Les catholiques de la ville, au lieu de fuir, se joignent par solidarité citadine aux protestants.
Le siège a été raconté par un pasteur protestant, également grand voyageur et homme de lettres, qui a survécu au siège, Jean de Léry, dans l'« Histoire mémorable du siège de Sancerre ». Ce siège est effroyable : la ville reçoit 5 915 coups de canons, la famine terrasse 500 habitants, on mange le cuir des souliers, des pains de paille et d'ardoise pilée. Le 19 août 1573, la ville capitule après 220 jours de siège. Les représailles royales sont sévères : les murailles sont détruites, les portes de la ville brûlées, la cloche du beffroi confisquée, une amende de 40 000 livres exigée. Le 12 septembre 1573, l'échevin et gouverneur militaire de la ville, André Jouhanneau, est assassiné et son corps jeté dans le puits de la Halle[8].
Le démantèlement du château est alors ordonné en 1621 par le gouverneur du Berry, à la suite d'un ultime soulèvement contre le pouvoir royal. Les fortifications sont rasées, il ne reste que les tours du château.
[modifier] Révolution française
En 1789, Vincent Poupard, curé de Sancerre, est élu député du clergé pour les États généraux de 1789 de Versailles. Pendant la Révolution française, Sancerre est le site d'une rébellion royaliste menée par Antoine Le Picard de Phélippeaux, « la Petite Vendée Sancerroise ».
Elle est chef-lieu de district de 1790 à 1800 puis chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1926.
[modifier] Le XIXe siècle
Avant 1880, Sancerre, sous-préfecture du Cher à 48 km au nord-est de Bourges, compte 2 878 habitants. La ville est irrégulièrement bâtie et entourée de magnifiques campagnes. Elle dispose d'un tribunal de première instance, d'un collège et d'une société d'agriculture. Le commerce de chanvre, de grains, de noix, de laine et bestiaux la caractérise, en plus de son vignoble producteur de bons vins rouges et blancs.
[modifier] Le XXe siècle
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Sancerre a été un centre de commandement régional pour la Résistance intérieure française. En août 1944, lors de l’« opération Spencer », Sancerre était positionné sur l'aile droite. Cette offensive alliée visait à empêcher les Allemands de traverser la Loire entre Gien et Nevers et renforcer les troupes en Bretagne. Les Forces françaises libres y ont fait sauter le pont de Saint-Thibaut.
[modifier] Administration
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| mars 2001 | En cours | Jacques Haton | SE | |
| 1995 | mars 2001 | Pierre Touzery | DVD | |
| 1971 | 1995 | Jacques Genton | UDF | Sénateur |
| 1904 | 1919 | Jules Habert | ||
| 1874 | Ch. Cassier | |||
| 1838 | 1846 | Leveillé | ||
| 1833 | 1835 | Lahaussois | ||
| 1815 | M. Meunier | |||
| Toutes les données ne sont pas encore connues. | ||||
[modifier] Démographie
| 1810 | 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2006 | 2007 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| 2 511 | 2 379 | 2 461 | 2 460 | 2 139 | 2 059 | 1 799 | 1 789 | 1 727 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
[modifier] Économie
La commune possède deux appellations d'origine contrôlée, le vin de Sancerre et le fromage de chèvre crottin de Chavignol.
[modifier] Culture
- Le cinémobile
[modifier] Littérature
Sancerre et le Sancerrois ont inspiré plusieurs auteurs francophones et anglophones. Au XIXe siècle, François-René de Chateaubriand séjourna au château de l’Estang, Stendhal au château de Tracy-sur-Loire lors d’un bref séjour en 1830.
L'action de La Muse du département de Honoré de Balzac se situe à Sancerre.
[modifier] Patrimoine
- Le vignoble sancerrois.
- L'église Notre-Dame. XVIIe-XIXe siècle.
- L'hôtel de la Thaumassière[10] date du XVIIe siècle ; son toit est orné de belles sculptures en pierre, la façade
- La Tour des Fiefs : du haut de ses 195 marches et d'une hauteur de 40 mètres, ce dernier vestige de l'ancien château féodal offre une belle vue panoramique sur Sancerre et sa région ; l'arrière est orné d'une magnifique glycine plantée en 1903.
- La place du Beffroi et le beffroi de Sancerre, dit aussi "Tour Saint-Jean", qui fut privé de son horloge et de sa cloche après le siège de 1573. Une chapelle se trouve au rez-de-chaussée.
- La Maison des Sancerre ou Maison Farnault[11]
- Maisons anciennes situées dans des rues étroites et pittoresques dont le quartier des vignerons et la "rue des Juifs"[12].
-
Le Christ au Jardin des Oliviers, 1841, par Thomas Degeorge[13]
-
L'hôtel de la Thaumassière (XVIIe siècle), de nos jours immeuble "Coeur de France", désormais école de langues
[modifier] Personnalités liées à la commune
Plusieurs personnalités sont liées à la commune :
- Jean III de Sancerre (1334- v.1402), conseiller et chambellan du roi Charles VI ;
- Louis de Sancerre (1342-1402), connétable de France ;
- Pierre-François Buchet (1679-1749), essayiste politique français né à Sancerre ;
- Jean-Charles Perrinet d’Orval (1707-1780), pyrotechnicien français né à Sancerre ;
- Étienne Jacques Joseph Macdonald (1765-1840), fait maréchal par Napoléon Ier après la bataille de Wagram ;
- Samuel Bernard (1651-1739), financier français né à Sancerre.
[modifier] Manifestation
[modifier] Cadre de vie
La commune possède les labels ville fleurie, une fleur lui a été attribuée par le conseil national des villes et villages fleuris de France dans le cadre du concours des villes et villages fleuris[14], et les plus beaux détours de France[15].
[modifier] Notes et références
- La Grande Encyclopédie, San Blas - Sancerre, op. cit., p 411
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui. Chavignol sur site de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 11 mai 2011
- Chavignol sur www.inao.gouv.fr, Ministère de l'agriculture. Institut national de l'origine et de la qualité, 3 juin 2003. Consulté le 28 novembre 2011
- Le blason de la commune sur Gaso. Consultation : février 2009
- Lalanne,Dictionnaire historique de la France Volume 1 - p 468
- Gustave Bourra, Histoire de Sancerre depuis son origine jusqu'à nos jours, 1877 [lire en ligne], p. 7
- Archives départementales de l’Indre, Berry médiéval : à la découverte de l’Indre au Moyen Âge, catalogue d’exposition, Châteauroux, Archives départementales de l’Indre, 2009, p. 53
- D'après un panneau d'information touristique situé devant le château de Sancerre.
- Sancerre sur le site de l'Insee
- César de la Thaumassière était le médecin de Henri II de Bourbon-Condé
- Site la maison des Sancerre
- D'après le concile local de Bourges de 1276, les Juifs de Sancerre se devaient d'habiter cette rue
- Peintre clermontois élève de David, œuvre commandée par M. de Montalivet lors du refus de Bonchamps, tableau restauré en 1988.
- Site du conseil national des villes et villages fleuris de France
- Sancerre sur le site des plus beaux détours de France
[modifier] Voir aussi
[modifier] Bibliographie
- Étienne de Blois-Champagne, premier comte de Sancerre, de Jacques Faugeras.
- Jean de Bueil, Le Fléau des Anglais, comte de Sancerre, de Jacques Faugeras.
- Histoire mémorable du siège de Sancerre, de Jean de Léry.
- Sancerre, deux millénaires d'histoire de Jacques Faugeras, Éd. du Terroir.
- Description de la ville de Sancerre de Léopold Bonnin, 1877, Éd. originale Éd. du Terroir.
- 1573 Sancerre, l'enfer au nom de Dieu, d'Abraham Malfuson, Édition présentée par Frank Lestringant et René Vérard, 2008, Regain de lecture.
[modifier] Article connexe
[modifier] Liens externes
- Site officiel
- (en) (fr) www.sancerre.net
- Film amateur montrant un Comice agricole à Sancerre en 1972