Cruis

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Cruis
Rue de Cruis, avec le clocher de son église
Rue de Cruis, avec le clocher de son église
Blason de Cruis
Blason
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Forcalquier
Canton Saint-Étienne-les-Orgues
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Forcalquier et montagne de Lure

Pays de Haute-Provence

Maire
Mandat
Félix Moroso
2008-2014
Code postal 04230
Code commune 04065
Démographie
Gentilé Crussiens
Population
municipale
615 hab. (2010)
Densité 17 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 03′ 47″ N 5° 50′ 12″ E / 44.0630555556, 5.8366666666744° 03′ 47″ Nord
       5° 50′ 12″ Est
/ 44.0630555556, 5.83666666667
  
Altitude Min. 575 m — Max. 1 732 m
Superficie 36,47 km2
Localisation

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Cruis

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Cruis est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Crussiens[1].

Cruis a reçu le label « villages et cités de caractère »[2].

Sommaire

Géographie [modifier]

Le village est situé à 711 m d’altitude[3], au pied de la montagne de Lure. Il y a un important massif forestier (forêt de Cruis) et un gouffre, l’abîme de Cruis, aujourd’hui comblé (33 m de diamètre).

Le village est un carrefour entre la départementale 951 qui le traverse et la départementale 16.

Géologie [modifier]

Article connexe : Géologie des Alpes.
Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne

Le territoire sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre trois formations géologiques majeures des Alpes[4] :

  • la nappe de Digne à l'est[5], au niveau du lobe de Valavoire[6] : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de 5 000 m qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ;
  • la faille de la Durance au sud-est, dans la vallée.

Climat [modifier]

Article détaillé : Climat des Alpes-de-Haute-Provence.

Cruis est située distance équivalente des deux stations météorologiques de Château-Arnoux-Saint-Auban et de Lardiers (station manuelle)[7].

Communes limitrophes [modifier]

 Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes
Cruis et les communes voisines
Légende (français) des cartes communales de France.svg

Les communes limitrophes de Cruis sont[8],[9] :

Rose des vents Noyers-sur-Jabron Valbelle Mallefougasse-Augès Rose des vents
Saint-Étienne-les-Orgues N Mallefougasse-Augès
O    Cruis    E
S
Saint-Étienne-les-Orgues Montlaux Montlaux

Risques naturels et technologiques [modifier]

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Saint-Étienne-les-Orgues auquel appartient Cruis est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[10], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[11]. La commune de Cruis est également exposée à trois autres risques naturels[11] :

  • feu de forêt ;
  • inondation ;
  • mouvement de terrain : certains secteurs du sud de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort[12].

La commune de Cruis n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture[13]. Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune a été approuvé en 2006 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme[13] mais le Dicrim existe depuis 2010[14].

Toponymie [modifier]

Le nom de Cruis [modifier]

Le nom de la localité apparaît pour la première fois dans les textes vers 1060-1064 sous la forme Crois castrum, puis sous la forme de Crossio vers 1200 et Crueys au XVIe siècle[15].

Il existe deux hypothèses principales sur l'étymologie de ce toponyme, qui reposent toutes deux sur un étymon gaulois :

  • soit le nom s’est formé sur l'étymon gaulois *croudi-, suivi de la désinence latine -os au sens de « champ dur »[16],[17], autrement latinisé en *crodiu-[18] ou plus précisément *crōdio- « terrain dur »[19]. C'est le même mot que le gaulois latinisé crōdius « dur, cruel, mauvais » à l'origine des mots romans, dont l'ancien français croi « mauvais, méchant » et le provençal croi « dur, cruel ». Le mot gaulois remonte au protoceltique *croudis[20],[21], qui explique aussi l'irlandais crúaid « dur, rude, cruel »[22]. On retrouve cet élément dans des composés toponymiques comme Cruéjouls (Aveyron, *Crōdio-ialon) ou le nom de personne Crodius ;
  • Xavier Delamarre adhère à l’explication précédente, mais propose également une étymologie par le gaulois *croucā > *crūca « tertre, monticule », mieux attesté en toponymie que le précédent, mais moins assuré dans ce cas. Cruis remonterait éventuellement à une forme *Crocium (de Crossio vers 1200)[23]. L'apparentement avec le vieil irlandais crúach, le breton cruc et, plus loin, avec le germanique (vieux norrois hraukr, anglo-saxon hrēac) suppose aussi le sens de « tas, amas. »

Microtoponymie [modifier]

La toponymie de la commune est souvent en rapport avec la nature du relief : les cols (Pas de la Graille, Pas de la Croix), le Grand Peynier (« montagne noire »[24]), la Grande Plaine (qui désigne une zone relativement plane, en zone de montagne[25]), les combes de Chabrière, de l’Ours, de Russelle qui sont en montagne de Lure des vallées encaissées (sens différent du sens commun)[25].

Les sources sont souvent signalées : Font de Lavis, de Blacas, Fontaine-Neuve[25].

Le Blachessie est le bois de chênes blancs[25].

L’érosion provoquée par la déforestation médiévale et moderne ont laissé des traces dans les noms de lieux : la Casse (qui désigne un éboulis[25]) et le Gravas, qui est la zone engravée, équivalente à un cône de déjection[25], au-dessus du village.

L’exploitation agricole du terroir depuis des siècles a donné de nombreux noms : on a le Bois du Défends (qui est un terrain possédé par le seigneur ou la communauté et où il est interdit de mener les troupeaux[25]), la Vigne de Castle, la Treille (il y a eu des vignes plantées en cépage jacquez à Cruis jusque dans les années 1960[26]), la Grange d’Escar qui était une ferme[25]) et surtout les très nombreux jas (bergeries)[25]. La Ferraye, à l’est du village, est une bonne terre convertie en prairie cultivée pour produire des fourrages[25].

Le lieu-dit les Gipières, à la limite de Montlaux, est une ancienne zone d’extraction du gypse[25].

Histoire [modifier]

À la limite de la commune de Montlaux, une pierre de grès, dite la « Pierre de Cruis », inscrite (horologio) et ornée d’animaux (aigle, lion, basilic et agneau porteur de croix) aux angles, a été découverte au milieu de tombes médiévales[27].

Dans l’Antiquité, le territoire de Cruis fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), qui peuplent la montagne de Lure, en étant fédérés aux Voconces. Après la Conquête, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au IIe siècle, ce peuple est détaché des Voconces et forme une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron)[28].

Une voie antique traversait Cruis à l’époque romaine en direction de Mallefougasse, une portion de 10 m de large est visible à Notre-Dame-de-Lumière. C’est sur cette voie qui continue d’être utilisée au Moyen Âge qu’un péage est prélevé[29] et c’est à la présence de cette importante voie de passage que Cruis doit d’être implantée en plaine et non sur un site perché depuis le Moyen Âge[30].

Au Moyen Âge, l’abbaye Saint-Victor de Marseille possède des biens à Cruis[31]

La congrégation des chanoines réguliers de Cruis est fondée au XIe siècle, l’abbaye Saint-Martin en étant le centre[32]. Prospère, elle compte à son apogée 14 églises sous sa dépendance dans le diocèse de Sisteron[33]. Mais la crise de la fin du Moyen Âge (Grande Peste et guerre de Cent Ans) provoquent son effondrement, effectif en 1456[34]. Le long conflit qu’elle eut avec les évêques de Sisteron à propos du privilège d’exemption, conflit clos par le rattachement de l’abbaye à la mense de l’évêque de Sisteron (en 1456[33]). L’évêque y installe sa deuxième résidence[34].

Administrativement, la communauté de Cruis relevait de la viguerie de Forcalquier[35].

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792[36].

Jusqu’au milieu du XXe siècle, la vigne était cultivée à Cruis. Le vin produit, de qualité médiocre, était destiné à l’autoconsommation. Cette culture est aujourd’hui abandonnée[37].

Politique et administration [modifier]

Administration municipale [modifier]

De par sa taille, la commune dispose d'un conseil municipal de quinze membres (article L2121-2 du Code général des collectivités territoriales[38]).Lors du scrutin de 2008, il n’y eut qu’un seul tour et Félix Moroso a été réélu conseiller municipal avec le troisième total de 385 voix, soit 76,54 % des suffrages exprimés. La participation a été de 87,63 %. Il a ensuite été nommé maire par le conseil municipal[39].

Liste des maires [modifier]

Article détaillé : Histoire des maires de France.

L'élection du maire est la grande innovation de la Révolution de 1789. De 1790 à 1795, les maires sont élus au suffrage censitaire pour 2 ans. De 1795 à 1800, il n’y a pas de maires, la commune se contente de désigner un agent municipal qui est délégué à la municipalité de canton.

En 1799-1800, le Consulat revient sur l'élection des maires, qui sont désormais nommés par le pouvoir central. Ce système est conservé par les régimes suivants, à l'exception de la Deuxième République (1848-1851). Après avoir conservé le système autoritaire, la Troisième République libéralise par la loi du 5 avril 1884 l'administration des communes : le conseil municipal, élu au suffrage universel, élit le maire en son sein.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
1977 (?) mars 1983 Marceau Beaujour[40]    
mars 1983 1986 (?) René Louise   démissionnaire avec une partie du conseil
1986 (?) mars 1989 Gérard Peyron   1er adjoint, maire par intérim puis élu
mars 1989 réélu en 2008[41] Félix Moroso DVG Conseiller général

Intercommunalité [modifier]

Cruis fait partie de la Communauté de communes du pays de Forcalquier et montagne de Lure

Fiscalité locale [modifier]

L'imposition des ménages et des entreprises à Cruis en 2010[42]
Taxe part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 7,80 % 0,00 % 5,53 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 22,88 % 0,00 % 14,49 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 58,71 % 0,00 % 47,16 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 0,00 30,54 % 0,00 3,84 %

La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

La taxe professionnelle est remplacée en 2010 par la cotisation foncière des entreprises (CFE) portant sur la valeur locative des biens immobiliers et par la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) (les deux formant la contribution économique territoriale (CET) qui est un impôt local instauré par la loi de finances pour 2010[43]).

Population et société [modifier]

Démographie [modifier]

Évolution démographique
1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846
11 feux 356 470 446 463 494 576 620 615 610
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
621 556 586 571 556 546 506 436 464 443
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
399 412 433 313 323 296 258 266 242 212
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2010 - - -
248 236 275 408 551 585 615 - - -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[32], EHESS[44], Insee à partir de 1968[45],[46],[47].

Enseignement [modifier]

Cruis a une école primaire publique regroupant école maternelle et école primaire, les élèves viennent des communes de Cruis, Montlaux et Malefougasse, ces deux dernières n'ayant plus d'école[48],[49]. Ensuite les élèves sont affectés au collège Henri-Laugier à Forcalquier[50]. Ensuite les élèves sont dirigés vers les Lycées de Manoque[51], soit le lycée polyvalent Les Iscles[52] soit le lycée Félix Esclangon[53].

Santé [modifier]

La commune dispose d'un médecin[54]. La pharmacie de proximité se trouve à Saint-Étienne-les-Orgues (4,7 km)[55]. L'hôpital local des Mées est le plus proche à (11,6 km)[56]. À Forcalquier toutes les professions de santé sont représentées.

Culte [modifier]

La commune fait partie du secteur paroissial Montagne de Lure[57].

Économie [modifier]

Située sur le versant sud de la montagne de Lure, Cruis tirait l'essentiel de son économie de l'agriculture ; céréales, lavande et exploitation forestière. Mais depuis quelques années, l'essor du tourisme dans la région a permis à la commune de se diversifier.

Aperçu général [modifier]

En 2009, la population active s’élevait à 243 personnes, dont 43 chômeurs[58] (34 fin 2011[59]). Ces travailleurs sont majoritairement salariés (68 %)[60] et travaillent majoritairement hors de la commune (64,5 %)[60]. L’essentiel des emplois de la commune se trouvent dans le secteur tertiaire[61].

Agriculture [modifier]

Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait 20 établissements actifs au sens de l’Insee (exploitants non-professionnels inclus), et ne fournissait aucun emploi salarié[61].

Le nombre d’exploitations professionnelles, selon l’enquête Agreste du ministère de l’Agriculture, est de 14 en 2010. Il était de 13 en 2000[62], de 25 en 1988[63]. Actuellement, ces exploitants sont essentiellement tournés vers les grandes cultures (la moitié des exploitations) et l’élevage ovin[62]. De 1988 à 2000, la surface agricole utile (SAU) a fortement augmenté, de 486 ha à 599 ha[63], hausse se poursuivant au début du XXIe siècle, pour arriver à 733 ha en 2010[62].

Les agriculteurs de la commune de Cruis ont droit à quatre labels appellation d'origine contrôlée (AOC) (huile essentielle de lavande de Haute-Provence, banon, huile d'olive de Provence et huile d'olive de Haute-Provence) et à neuf labels indication géographique protégée (IGP) (pommes des Alpes de Haute-Durance, miel de Provence, agneau de Sisteron[64].

L’olivier n’était pas présent dans la commune au début du XIXe siècle. Actuellement, l’oliveraie compte plusieurs milliers de pieds[65].

Parmi les labels IGP couvrant la commune, les six concernant le vin (alpes-de-haute-provence (IGP) blanc, rouge et rosé et VDP de Méditerranée blanc, rouge et rosé) ne sont pas utilisés, la vigne n’étant pas cultivée pour une production commerciale dans la commune[37].

L'agneau de Sisteron est un agneau de quatre mois, élevé sous la mère et originaire des Alpes provençales et de la Drôme provençale. Quatre exploitations agricoles de Cruis sont spécialisées dans l’élevage ovin[62] et peuvent donc bénéficier de cette IGP.

Industrie [modifier]

Fin 2010, le secteur secondaire (industrie et construction) comptait 14 établissements, employant 12 salariés[61].

Activités de service [modifier]

Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, services) comptait 24 établissements (avec neuf emplois salariés), auxquels s’ajoutent les cinq établissements du secteur administratif (comptant le secteur sanitaire et social et l’enseignement), salariant 14 personnes[61].

D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est importante pour la commune, avec entre un et cinq touristes accueillis par habitant[66], l’essentiel de la capacité d'hébergement étant non-marchande[67]. Plusieurs structures d’hébergement à finalité touristique existent dans la commune :

Les résidences secondaires apportent un complément à la capacité d’accueil[74] : au nombre de 160, elles représentent un tiers des logements. Onze résidences secondaires possèdent plus d’un logement[75],[70].

Culture et patrimoine [modifier]

Fête départementale de la musique [modifier]

Tous les ans, depuis 1991, est organisée à Cruis la Fête départementale de la musique. Proposée par le conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, cette manifestation regroupe sur deux jours divers concerts et spectacles le dernier week-end de juin.

Lieux et monuments [modifier]

L’église paroissiale Notre-Dame-et-Saint-Martin est l’ancienne église d’une abbaye de moines augustins. Elle conserve quelques arcades du cloître, datant de la fin du XIIIe siècle. La nef est restée romane (peut-être du XIVe siècle), le bœuf de saint Luc est réutilisé dans la façade[76]. Le chœur est du XVe siècle. Les chapiteaux de la façade sont à un tournant dans l’évolution des formes décoratives, au début du XVIe siècle, les crochets de la période précédente devenant des feuillages[77]. L’église et les arcades du cloître sont inscrites à l’inventaire des monuments historiques[78]. Dans son mobilier, plusieurs pièces sont classées :

  • le très grand autel avec son immense retable du XVIIe, en bois couvert de dorures, avec un antependium (devant d’autel) en cuir de Cordoue peint et repoussé, du XVIIe siècle (classé au titre objet[79],[80]) est signalé comme un ensemble « de toute beauté »[81]. Il fait 6,2 m de large sur 7 m de haut : outre la partie centrale et les deux parties latérales, il comporte aussi deux ailerons et est recouvert de 4000 feuilles d'or[82] ;
  • le tableau du Baptême du Christ, est une œuvre de Monticelli[83] qui a peint aussi une toile représentant l'intérieur de l'église avec le retable[82] ;
  • la crèche remonte au milieu du XIXe siècle[84] : les treize santons de 60 cm de haut sont classés[85] ;
  • une fontaine de sacristie, en faïence de Mane, du XVIIIe siècle[86].
  • une sculpture : un bœuf Ailé du XIIe siècle [87]
  • un chapiteau du XIIe siècle [88]
  • un bas-relief : les obsèques d'un moine du XIVe siècle [89]

Parmi les autres œuvres:

  • une Descente de Croix, attribuée à Nicolas Mignard par L. Aubanel, restaurée par Martin Cadenet en 1845 et par Jean Bouchet peintre restaurateur des Musées de France et des Monuments Historiques[82] ;
  • un tableau représentant Marie-Madeleine : l’original est exposé dans la chapelle de gauche, et la copie est sur le retable. L’original est peint sur les deux faces. Ce tableau est découvert à l'occasion du remplacement des vitraux du chœur. Le dos du tableau représente un évêque regardant un soleil au pied d'un autel[82]. L’œuvre au dos, appelée L’Évêque au soleil noir, date comme la Marie-Madeleine de la fin du XVIIIe siècle. Le personnage représenté sur le tableau est identifié comme étant saint Denys l'Aréopagite par Régis Bertrand de l’université de Provence. C'est en tout cas l'unique toile représentant cette scène, qui figure sur deux vitraux, l'un à Bourges l'autre à Chartres et des fresques à Aurons dans les Alpes-Maritimes[82] ;
  • une huile sur toile : Retour de la Saint Famille de Jérusalem par L. Albanel (1861)[82].

À l’Est du village, se trouve la chapelle Croix-de-Lumière, construite en 1682[35].

Il reste des vestiges du moulin à roue à eau des moines chalaisiens[90]. Il se trouve un pigeonnier dont la particularité est un pignon incurvé[91].

La pierre de Cruis a été mise au jour à la limite de la commune de Montlaux, sur une éminence où se trouvent également quelques tombes médiévales. C’est un bloc de grès qui mesure 90 cm sur 90, elle est ornée d’un demi-cercle au centre, et de quatre figures animales dans les angles (un aigle et un lion à visage humain en haut, un basilic et un agneau (disparu) en bas). D’après l’inscription (Horologio) et le trou central qui a pu accueillir un style, la Pierre est souvent interprétée comme un cadran solaire. Si cela se révélait exact, ce serait un des très rares cadrans solaires médiévaux (ceux des cathédrales de Strasbourg et de Chartres datant du XVIe siècle)[92]. Cette utilisation n’est pas certaine : l’ornement semi-circulaire, plutôt que de servir à indiquer l’heure, a pu simplement servir de symbole du temps qui passe[27]. Elle peut dater du XIe ou du XIIe siècle.

Héraldique [modifier]

Blason de Cruis

Blasonnement :
« D’azur à un saint vêtu pontificalement, la mitre en tête, tenant de sa main senestre une crosse, et levant la main dextre, comme pour donner la bénédiction, le tout d’or. »[93].

Sources [modifier]

Références bibliographiques [modifier]

  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale 

Bibliographie [modifier]

  • Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, 1986, 559 p. 
  • Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969
  • Yves Gonin, Le retable de Cruis, éd. l'Aven, brochure réalisée avec le concours de la CRCA des Alpes de Haute-Provence, (s.d.)

Notes [modifier]

  1. Nom des habitants des communes françaises, Cruis, sur le site habitants.fr de la SARL Patagos. Consulté le 9 juin 2011.
  2. Villages et cités de caractère sur le site de l'Agence de Développement Touristique des Alpes de Haute-Provence
  3. Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) (ISBN 2-7399-5004-7)
  4. Maurice Gidon, Les chaînons de Digne, Carte très schématique, montrant les rapports entre les chaînons des Baronnies orientales (moitié nord) et ceux de Digne (moitié sud), avec l'avant-pays de la nappe de Digne (partie occidentale).
  5. Carte géologique de la France au 1:1 000 000
  6. La Nappe de Digne et les structures connexes,par Maurice Gidon, professeur de géologie à l'Université de Grenoble.
  7. Météo-France, « Réseau des postes du Sud-Est », Climathèque, consultée le 11 mars 2013
  8. Carte de la communauté de communes sur le site du pays de Forcalquier-Montagne de Lure, consultée le 22 octobre 2008
  9. Carte IGN série verte n° 60
  10. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence (DDRM), 2008, p. 39
  11. a et b Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 27 mai 2011, consultée le 17 juillet 2012
  12. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, p. 37
  13. a et b Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 95
  14. Dicrim de Cruis, base Dicrim, consultée le 17 juillet 2011
  15. Albert Dauzat, Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 232
  16. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Collection Publications romanes et françaises, volume CVCIII. Volume I : Formations préceltiques, celtiques, romanes § 2314, p 134
  17. Bénédicte Fénié, Jean-Jacques Fénié, Toponymie provençale, Éditions Sud-Ouest, 2002 (réédition), ISBN 978-2-87901-442-5, p. 41
  18. Dauzat, Rostaing, op. cit.
  19. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance, 2003 (ISBN 2-87772-237-6), p. 130
  20. Charles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence (depuis les origines jusqu’aux invasions barbares, Laffite Reprints, Marseille, 1973 (1re édition 1950), p 326
  21. Xavier Delamarre, op. cit.
  22. Xavier Delamarre, Op. cit.
  23. Xavier Delamarre, op. cit., p. 130.
  24. Claude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in Barruol, Réparaz, Royer, op. cit., p.219
  25. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Guy Barruol, Claude Martel, Jean-Yves Royer, « Glossaire lié à la topographie et à la toponymie de Lure », in Barruol, Réparaz, Royer, op. cit., p. 229
  26. André de Réparaz, « La vigne » in Guy Barruol, André de Réparaz, Jean-Yves Royer (directeurs de la publication), La montagne de Lure, encyclopédie d’une montagne en Haute-Provence, Forcalquier, Alpes de Lumière, collection « Les Alpes de Lumière », no 145-146, 2004, ISBN 2-906162-70-1, 320 p. p. 130
  27. a et b Parc naturel du Luberon, Autour de l’An Mil en pays de Forcalquier, catalogue d’exposition, 2007, p 27
  28. Brigitte Beaujard, « Les cités de la Gaule méridionale du IIIe au VIIe s. », Gallia, 63, 2006, CNRS éditions, p. 18-19
  29. Lucien Stouff, « Ports, routes et foires du XIIIe au XVe siècle », carte 86 et commentaire in Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit.
  30. Irène Magnaudeix et alii, Pays de Haute-Provence : de Lure au Luberon. Manosque, pays de Forcalquier, de la montagne de Lure au Luberon, guide de découverte par les chemins, ADRI/Les Alpes de Lumière, 1999, ISBN 2-906924-25-3, ISBN 2-906162-47-7, p. 33
  31. Irène Magnaudeix, op. cit., p. 31
  32. a et b Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969, p. 172
  33. a et b Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit., carte 72
  34. a et b Irène Magnaudeix, op. cit., p. 138
  35. a et b Daniel Thiery, « Cruis », Aux origines des églises et chapelles rurales des Alpes-de-Haute-Provence, publié le 19 décembre 2010, mis à jour le 21 décembre 2010, consulté le 17 juillet 2012
  36. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 296-298
  37. a et b André de Réparaz, « Terroirs perdus, terroirs constants, terroirs conquis : vigne et olivier en Haute-Provence XIXe-XXIe siècles », Méditerranée, 109 | 2007, p. 56 et 59
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  39. Résultats élections municipales 2008 à Cruis, sur linternaute.com
  40. Marceau Beaujour est l’un des 500 élus qui ont parrainé la candidature de Brice Lalonde (Mouvement d'écologie politique) à l’élection présidentielle de 1981, cf Conseil constitutionnel, liste des élus ayant présenté les candidats à l’élection du Président de la République, Journal officiel de la République française du 15 avril 1981, page 1057, disponible en ligne, consulté le 29 juillet 2010
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  48. Inspection académique des Alpes-de-Haute-Provence, Liste des écoles de la circonscription de Sisteron-Sud, publiée le 27 avril 2010, consultée le 31 octobre 2010
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  50. Sectorisation des collèges des Alpes-de-Haute-Provence, Académie Aix-Marseille, 8 novembre 2004
  51. Sectorisation des lycées des Alpes-de-Haute-Provence, Académie Aix-Marseille, 2010
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  54. Médecin à Cruis, sur pagesjaunes.fr
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  62. a, b, c et d Ministère de l'Agriculture, « Orientation technico-économique de l’exploitation », Recensements agricoles 2010 et 2000. (lien : attention, le fichier fait 4,4 Mio)
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  64. Liste des appellations AOC et IGP à Cruis, sur INAO
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  70. a et b Insee, « Hébergements touristiques des communes, 2008, 2009 et 2012 », Insee, 2012 (fichier de 20,8 Mio)
  71. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 32
  72. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 36
  73. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 38
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  75. Insee, Dossier local, op. cit., p. 17
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  77. Raymond Collier, op. cit., p 158
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  81. Jacques Morel, Guides des Abbayes et des Prieurés : chartreuses, prieurés, couvents. Centre-Est & Sud-Est de la France, Éditions aux Arts, Paris, 1999. (ISBN 2-84010-034-7), p 60
  82. a, b, c, d, e et f Yves Gonin, Le retable de Cruis, Ed l'Aven, brochure réalisée avec le concours de la CRCA des Alpes de Haute-Provence, (s.d.)
  83. Arrêté du 30 janvier 1995, Tableau : Baptême du Christ (le), base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 6 novembre 2008
  84. Raymond Collier, op. cit., p 532
  85. Arrêté du 13 juin 1988, Santons (13), base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 6 novembre 2008
  86. Arrêté du 18 mars 1957, Fontaine de sacristie, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 6 novembre 2008
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  90. Raymond Collier, op. cit., p 431
  91. Raymond Collier, op. cit., p 445
  92. Jean-Marie Homet et Franck Rozet, Cadrans solaires des Alpes-de-Haute-Provence, Édisud, Aix-en-Provence, 2002, ISBN 2-7449-0309-4 , p 103
  93. Louis de Bresc Armorial des communes de Provence 1866. Réédition - Marcel Petit CPM - Raphèle-lès-Arles 1994

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