Comps-sur-Artuby

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Comps-sur-Artuby
La chapelle Saint-André
La chapelle Saint-André
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Arrondissement Draguignan
Canton Comps-sur-Artuby
Intercommunalité Communauté de communes Artuby Verdon
Maire
Mandat
André Gaymard
2014-2020
Code postal 83840
Code commune 83044
Démographie
Population
municipale
313 hab. (2011)
Densité 4,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 42′ 39″ N 6° 30′ 34″ E / 43.7108, 6.5094 ()43° 42′ 39″ Nord 6° 30′ 34″ Est / 43.7108, 6.5094 ()  
Altitude Min. 736 m – Max. 1 178 m
Superficie 63,49 km2
Localisation

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Comps-sur-Artuby

Comps-sur-Artuby est une commune française située dans le département du Var en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Comps-sur-Artuby

Entre le mont Clare (1 267 m) et le mont Lague (1 109 m), se creusent les vallées du Jabron, du Verdon, le canyon de l'Artuby et les clues de la Bruyère. Comps est situé à 900 mètres d'altitude, autour du rocher qui supporte l'église Saint-André. L’ancien village fortifié se trouvait autrefois sur le rocher.

La commune est composée de nombreux hameaux hors du bourg comme Oribau (Avelan), Saint-Bayon, Chardan, Cuiros, Don, Doureisse, Endosse, Guent, Jabron, Sauvechane ou la Souche. Plus de la moitié du territoire de la commune dont les hameaux de Chardan, Saint-Bayon, Sauvechane ou Doureisse sont dans le camp de Canjuers, le camp militaire le plus vaste d'Europe.

D'après Achard, au XVIIe siècle, la vigne y était si abondante que les curés prélevaient la dîme en vin et non en foin.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Il existe 3 zones de sismicité dans le Var :

  • Zone 0 : Risque négligeable. C'est le cas de bon nombre de communes du littoral varois, ainsi que d'une partie des communes du centre Var. Malgré tout, ces communes ne sont pas à l'abri d'un effet tsunami, lié à un séisme en mer.
  • Zone Ia : Risque très faible. Concerne essentiellement les communes comprises dans une bande allant de la Montagne Sainte-Victoire au Massif de l'Esterel.
  • Zone Ib : Risque faible. Ce risque le plus élevé du département, qui n'est pas le plus haut de l'évaluation nationale, concerne 21 communes du nord du département.

La commune de Comps-sur-Artuby est en zone sismique de faible risque Ib[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Comps-sur-Artuby s'écrit Coumps-sus-Artubi en provençal de norme mistralienne et Comps d'Artubi en norme classique.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Panorama de Comps-sur-Artuby

Plusieurs sites du territoire témoignent d'une présence humaine aux époques chalcolithique et de l'âge du fer. Autrefois lieu de passage et marché important, le vieux bourg de Comps était construit sur la hauteur et son église Saint-André le dominait du haut de son rocher[2].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les Templiers de la maison de Ruou (voir Villecroze) y possédaient une importante commanderie qui devint après l'abolition de l'Ordre en 1312, chef-lieu d'une commanderie de Malte, jouissant de très importants revenus[2].

En 1342, la communauté de Bargème est rattachée à la viguerie de Castellane (actuel département des Alpes-de-Haute-Provence) par le comte de Provence[3].

La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. Puis, Aix se soumet en octobre 1387, ce qui précipite le ralliement des carlistes, dont le seigneur de Comps, André de Comps. Alors qu’il soutenait Charles de Duras depuis plusieurs années, il rejoint le camp angevin et obtient un « chapitre de paix » de Marie de Châtillon le 2 janvier 1388 et prête hommage à Louis II d'Anjou, âgé de dix ans[4]. La communauté villageoise soutient Charles de Duras, et même au-delà de 1386[5].

Au début du XVIe siècle, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem devinrent seuls seigneurs de Comps en acquérant la part de seigneurie qui avait été inféodée en août 1381 en faveur de Fulco de Pontevès, et qui dépendait précédemment du comté de Provence[2].

Pendant les guerres de succession de la reine Jeanne, le village et se remparts furent détruits par Charles de Duras ; les habitants s'établirent alors dans la campagne où ils bâtirent neuf hameaux: Oribau, Saint-Bayon, Chardan, Don, Doureisse, Guent, Jabron, Sauvechane et la Souche. La paix revenue, le village fut reconstruit en amphithéâtre sur le penchant du rocher qu'il occupe aujourd'hui[2].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre de Succession d'Autriche, une armée austro-sarde envahit la Provence et occupe Comps en décembre 1746. Elle est repoussée par une offensive des troupes franco-espagnoles les 21 et 22 janvier[6].

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Comps-sur-Artuby (83).svg

Les armoiries de Comps-sur-Artuby se blasonnent ainsi :

De gueules au monde ceintré et croisé d'or, accompagné de trois besants du même.

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Années 1970 1973 Maynard   Conseiller général
1973 en cours André Gaymard    

Démographie[modifier | modifier le code]

La commune comptait 205 habitants en 1371, 190 en 1471 et 650 en 1698[7].

En 2011, la commune comptait 313 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
755 739 729 809 858 839 907 900 875
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
827 775 810 802 810 780 942 724 613
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
609 622 584 444 454 406 396 344 299
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
282 242 206 271 272 280 320 315 328
2011 - - - - - - - -
313 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[10][modifier | modifier le code]

L'église Saint-André[modifier | modifier le code]

Comps chap St-André XIII 07.JPG

Construite au XIIIe siècle, par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, elle possède une abside en cul-de-four et une nef à deux travées d'ogives sans collatéraux. Le clocher latéral date du XIe siècle, avec une cloche de 1529 et l'autre de 1669. Depuis la plate-forme de l'église s'ouvre un vaste panorama sur les gorges de l'Artuby et du Verdon.

La maison hantée[modifier | modifier le code]

Cette grande maison située sous l'église n'a jamais été habitée continuellement. Tous les propriétaires l'ont en effet rapidement revendue sans en donner de raison valable.[réf. nécessaire]

L'église Sainte-Philomène[modifier | modifier le code]

Comps Ste-Philomène XVII 01.JPG

Elle conserve un tableau du XVIIe siècle représentant "la vision de Saint Dominique". Les murs de cette église contiennent une représentation de l'arche d'alliance, de grande taille ; ainsi que celle de la table des propositions des pains.

La chapelle Saint-Jean (classée)[modifier | modifier le code]

Comps Chap St-Jean XII 02.jpg

À la sortie est du village. Chapelle romane construite par l'ordre Hospitalier. Le tableau de l'autel "le baptême du Christ" porte les armoiries de Malte, ordre antérieur aux Templiers.

La chapelle Saint-Didier (classée)[modifier | modifier le code]

Comps St-Didier XII 07.jpg

À 800 m du village, à gauche de la route de Castellane. Art roman provençal. Construite par les hospitaliers.

La chapelle Notre-Dame[modifier | modifier le code]

Chapelle Notre-Dame, au Devenset
  • Maintenant dans le camp militaire de Canjuers ;
  • Dite de "la galine grasse" en raison des volailles qui étaient autrefois apportées en offrande.

Le mauvais pont, sur l'Artuby[modifier | modifier le code]

Comps mauvais-pont 20.JPG

Le moulin ex-Chauvet[modifier | modifier le code]

Moulin de Comps.jpg

La bonne fontaine[modifier | modifier le code]

Comps Bonne Fontaine 01.JPG

Source et fontaine médiévale, récemment restaurée.

Le hameau de Jabron[modifier | modifier le code]

  • Toujours actif ;
  • A donné son nom à la rivière ;
  • De la route du Bourguet, la D52 franchit le Jabron au pont des Trois évêchés. À gauche sur l'ancienne voie romaine se trouve une inscription en grec, avec des lettres de 12 cm de haut, probablement gravée par les Templiers.

Le hameau de L'Avelan (Oribeau)[modifier | modifier le code]

La ferme de l'Avellan, ruinée par l'E.D.F.
  • Maintenant dans le camp militaire de Canjuers ;
  • Entièrement en ruines.

Le hameau de Chardan[modifier | modifier le code]

Canjuers Chardan 01 1.JPG
  • Maintenant dans le camp militaire de Canjuers) ;
  • Assez bien conservé ;
  • Petite chapelle détoiturée, dédiée à la Sainte-Trinité ;
  • Autrefois alimenté par un aqueduc depuis l'Artuby toute proche.

Le hameau de la Colle[modifier | modifier le code]

  • Maintenant dans le camp militaire de Canjuers ;
  • Habitations détoiturées ;
  • Au nord de Brovès ;
    • 1811 = 14 habitants ;
    • 1856 = 35 habitants ;
    • 1950 = 1 famille.

Le hameau de Don[modifier | modifier le code]

  • Hors camp militaire ;
  • Persiste sous l'appellation Haut-Don et Bas-Don.

Le hameau de Douraisse[modifier | modifier le code]

  • Maintenant dans le camp militaire de Canjuers ;
  • Peu de traces.

Le hameau de Guent[modifier | modifier le code]

  • Maintenant dans le camp militaire de Canjuers ;
  • Entretenu et utilisé par l'armée.

Le hameau de Saint-Bayon (XVIe siècle)[modifier | modifier le code]

  • Maintenant dans le camp militaire de Canjuers ;
  • Détruit par l'armée ;
  • Contemporain de Brovès ;
    • 1392 : les habitants sont comptés avec ceux de Comps chassés de chez eux, on les surnommait les "pieds gelés" ;
    • 1720 : lors de la peste, c'était le poste de contrôle de la route de Comps ;
    • Chapelles dédiées à Saint-Jacques le Mineur (ruines) et à Saint-Joseph.

Le hameau de Sauvechanne[modifier | modifier le code]

  • Maintenant dans le camp militaire de Canjuers ;
  • Au sud-est de Saint-Bayon, voisin de Guent ;
  • Entièrement en ruines.

Le hameau de la Souche[modifier | modifier le code]

Comps pont souche XVII 13.jpg

Pont dit "romain", construit au XVIIe siècle.

Manifestations et traditions[modifier | modifier le code]

  • Selon Achard (1787), Comps honorait comme saints patrons au travers de processions ou roumagavi (étymologiquement : le chemin de Rome) :
    • Le 23 mai : Saint Didier, évêque de Langres, martyr. L'instauration d'une foire ce même jour ne s'est pas vraiment perpétuée ;
    • Le 24 juin : Saint-Jean-Baptiste.
  • Et, de la même manière :
    • Le 8 septembre : Notre-Dame (de Saint-Restitut) de la Géline Grasse, dont l'Évêque de Fréjus était le collateur et à laquelle on fait offrande de gallinacés ;
  • À la Pentecôte : le conte de la grotte des Gnomides, une charmante légende : cette grotte, imaginaire, était habitée par des gnomides, petits génies difformes qui, selon les kabbalistes, habitent à l'intérieur de la terre dont ils gardent les richesses. Le soir de la Pentecôte, ils sortent de leur grotte pour entraîner les passants dans ses profondeurs avec cette complainte "Viens nous retrouver dans l'eau souterraine, nous te donnerons une couronne d'émeraudes, avec des lotus bleu et noir qui fleurissent dans les ténèbres".

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Arnaud de Comps, 4e grand maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1162-1163 ;
  • Bertrand de Comps, 17e grand maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1236 (meurt en Palestine en 1258) ;
  • La famille Bain : une famille d'aubergistes de renom depuis 1727 !

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif (Conservations régionales des monuments historiques, des antiquités préhistoriques, des antiquités historiques, avec la collaboration d'A. Roth-Congès, IRAA-CNRS), Coordination générale : René Dinkel conservateur régional des monuments historiques, E. Decugnière, H. Gauthier, Suivez le guide, Monuments historiques Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marseille, Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur (Office Régional de la culture) et Ministère de la Culture (Direction régionale des affaires culturelles Provence-Alpes-Côte d'Azur), ouvrage en français, allemand et anglais,‎ 1986, 200 p.
    Lorgues, la collégiale Saint-Martin et la chapelle Notre-Dame des Salettes ou Notre-Dame de Benva, pp. 83 et Cartes thématiques : 2 Architecture médiévale / Architecture religieuse romane
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et fortifications de la France du Moyen Âge en France, Strasbourg, éditions Publitotal,‎ 1978, reprint 1991, 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Une vision d’ensemble de l’architecture castrale. Page 354 : Comps-sur-Artuby

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. sismicité du Var sur le site de la préfecture
  2. a, b, c et d M. Achard, Description Historique, Géographique et Topographique ... de la Provence, P.J. Calmen, imprimeur du roi, 1787, Aix-en Provence
  3. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, « Histoire de la Sous-Préfecture de Castellane », Préfecture des Alpes de Haute-Provence, consulté le 22 juin 2012
  4. Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, no 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, p. 408 (note 33).
  5. Geneviève Xhayet, op. cit., cartes p. 417-418 et p. 419.
  6. Pierre Grillon, « L'invasion et la libération de la Provence en 1746-1747 », Provence historique, volume 12, no 50, 1962, p. 354.
  7. Magnaudeix I. : Comps-su-Artuby : inventaire microtoponymique, 2001, chez l'auteur
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  10. Brun J.P. : Carte archéologique de la Gaule, Le Var 83/1, Fondation Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 1999, p. 346-8.