Blesle

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Blesle
Image illustrative de l'article Blesle
Blason de Blesle
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Haute-Loire
Arrondissement Brioude
Canton Blesle
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Blesle
Maire
Mandat
Pascal Gibelin
2008-2014
Code postal 43450
Code commune 43033
Démographie
Gentilé Bleslois(es)
Population
municipale
624 hab. (2011)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 19′ 11″ N 3° 10′ 17″ E / 45.3197222222, 3.17138888889 ()45° 19′ 11″ Nord 3° 10′ 17″ Est / 45.3197222222, 3.17138888889 ()  
Altitude Min. 472 m – Max. 875 m
Superficie 29,8 km2
Localisation

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Blesle

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Blesle

Blesle est une commune française, située dans le département de la Haute-Loire en région d'Auvergne.

Elle est classée parmi les plus beaux villages de France[1].

Ses habitants sont les Bleslois(es).

En auvergnat, la commune se nomme Bleira (prononcé « Bleïra ») (nom relevé sur place en 2000).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Blesle est mentionné sous la forme Blasilla au XIe siècle, Bleele en 1321[2].

L'onomastique communale a emprunté à la religion chrétienne un grand nombre de vocables, dont les uns appartiennent à des noms communs et les autres à des noms de saints (…). Les noms de saints entrent dans la composition de soixante-huit vocables communaux : Saint-André, Sanctus Andreas ; Saint-Arcons (2), Sanctus Arconcius (…). M. Augustin Chassaing inclut dans cette catégorie les communes de Blesle, Blesilla, dont l'adjectif Sancta aurait disparu, et Sambadel, forme altérée d'un ancien *Sanctus Baudelius[3]. Cependant, il n'y a aucune trace d'un *Sancta Blesilla dans la documentation du Haut Moyen Âge relative au toponyme Blesle et la forme la plus anciennement attestée, Blasilla, n'est pas Blesilla.

Le nom de Blesle est issu d'un hypothétique *Blasilla villa[4], nom d'un fundum gallo-romain, basé sur l'anthroponyme gallo-romain *Blasillus, non attesté, dérivé du nom de personne gaulois Blasius[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fenêtre romane

Origines et situation[modifier | modifier le code]

Le village bleslois se situe dans une vallée dominée par une falaise basaltique (composée entre autres par les « orgues basaltiques ») à la confluence de la Voireuse et du Merdan[6], ce premier rejoignant l’Alagnon plus bas. Situé sur le site néolithique de Chadecol, ce site fut aménagé il y a 4000 ans. Ensuite la présence d’un siège paroissial mérovingien suggère un peuplement gallo-romain. Enfin son essor débute lors de la fondation du monastère à la fin du IXe siècle, complété par la construction d’un château au XIe siècle[6].

Fondation de l’abbaye Saint Pierre de Blesle à la fin du IXe siècle[modifier | modifier le code]

La première mention de la fondation de l’abbaye bénédictine Saint-Pierre[7] ,[8],[9],[10] est révélée par une lettre écrite en 1095 et faisant état de sa construction entre 849 et 885[11]. Sa fondatrice est Ermengarde d’Auvergne[12], mère de Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et fondateur de l’abbaye de Cluny. Les possessions de l’abbaye sont alors placées sous la protection pontificale permettant d’accroître le territoire et incitant les religieuses à créer des prieurés à Autrac, Saint-Étienne-sur-Blesle, Bousselargues, Leyvaux ou Molèdes. À Blesle, l’abbesse était seigneur de la ville.

Eglise romane de Blesle

Arrivée des barons de Mercœur à la fin du XIe siècle[modifier | modifier le code]

Passage entre la place de l'Église et de la Mairie

À la fin du XIe siècle, les puissants barons du Mercœur décidèrent de s’installer à Blesle[12] et provoquent ainsi une lutte féodale entre eux et les abbesses, ces dernières combattant leurs empiètrement sur les droits de l’abbaye. Tout d’abord les barons essayeront de s’emparer de l’abbaye en vain à la fin du XIe siècle, ce n’est qu’au début du XIIIe siècle avec l’appui du pouvoir royal qu’ils s’emparèrent des pouvoirs de justice sur Blesle et devinrent co-seigneurs[6].

Pour concilier les deux camps, les barons disposent de nombreux terrains dans la ville pour bâtir leur château, en échange ils assureront la défense du monastère et rendront hommage pour ce fief relevant de l’abbaye. Malgré tout, les barons, par leurs poids, arrivèrent à édifier une tour imposante renforcée de deux contreforts par facen[12] (actuelle tour aux vingt angles) malgré les protestations des abbesses.

En même temps, l’église abbatiale Saint Pierre est refaite, en effet la majeure partie de son édifice date du XIIe siècle, avec la construction de deux absidioles méridionales et du chœur, enfin étant donné des différentes étapes de sa construction dans le temps, son originalité tient à l’abside et le chœur qui sont plus vastes que le nef[11]. Les moniales vivaient quant à elles dans des maisons donnant sur la cour intérieure du couvent. Au XIVe siècle, une seconde église est construite en raison de l’accroissement de la population[6] : l'église Saint Martin.

Lent déclin à partir du XVe siècle[modifier | modifier le code]

Donjon des Barons de Mercœur

Sans devenir des chanoinesses, les religieuses décident d’abandonner la vie commune pour des maisons individuelles en deux endroits, l’un derrière le chevet de l’église, l’autre dans la cour de l’abbaye à l’ouest de l’église. L’abbaye est à cette époque agrégée à l’Ordre de Cluny. Ce n’est qu’en 1789 que l’abbaye est transformée en collège de chanoinesses, avant sa suppression durant la Révolution[6].

De leur côté, les seigneurs du Mercœur voient leur château tomber en ruine, il sera repris à la fin du XVIIIe siècle par les Chavaniac (famille blesloise) qui le remet en état en le modifiant profondément[6].

À côté de cela, les villageois sont pour la plupart abrités par des maisons en pan de bois[12], architecture originale reflétant les fonctions commerciales et artisanales du bourg. Cette architecture s’est maintenue jusqu’au XIXe siècle. Autre événement de cette période se situe en 1558, quand Blesle fut retenu comme l’une des « treize bonnes villes » d’Auvergne, marquant la consécration de l’importance du village[6].

Révolution française[modifier | modifier le code]

Église Saint Pierre
Clocher Saint Martin

Sous la Révolution française, le village est nettement modifié, tout d’abord l’église saint Pierre, retenue comme église paroissiale, perd son clocher, en revanche l’autre église du village de Saint-Martin est complètement détruite après avoir été vendue comme bien national, à l’exception de son clocher qui est conservé afin d’y loger l’horloge communale[12].

Long déclin et exode rural[modifier | modifier le code]

Ville prospère jusqu’au XVIIe siècle en raison de l’artisanat et des nombreuses industries locales (élevage, tannage, tissage de toile de chanvre), l’arrivée du chemin de fer à Blesle a pour conséquence l’exode rural vers les grandes villes, seule l’exploitation de l’antimoine résiste mais son extraction se stoppera en 1925, les usines continueront de tourner jusqu’en 1958 avec l’importation de minerais étrangers avant leurs destructions[6]. De plus, le village perdra de nombreux jeunes en raison de la guerre, notamment la Première Guerre mondiale, envoyés sur le front (un monument aux morts y est installé).

A noter que dans les années 1850, une épidémie de fièvre typhoïde opère une coupe sévère dans la population : entre 1851 et 1856 (source : recensements de population), Blesle perd 8,4% de sa population. Les plus touchés sont les enfants (-10,4 % d'enfants mâles, -10,55 % d'enfants filles) ce qui aura un impact important sur les décennies suivantes.

Développement du tourisme à la fin du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Pour faire face à cela, la politique de la commune est tournée vers le développement du tourisme en s’appuyant sur la richesse culturelle du village et de ses vestiges, soutenue par le conseil général pour restaurer les fondations (église saint pierre, clocher saint martin, Tour au vingt angles …).

Le village a servi de lieu de tournage pour La Nouvelle Guerre des boutons de Christophe Barratier sorti en 2011.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Christian Malbec DVD Boucher
mars 2008 en cours Pascal Gibelin[13]   Épicier
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009
837 847 832 824 703 660 657 644
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes.
(Source : INSEE[14])


Évolution de la population de Blesle sur la période 1962-1999, selon l'INSEE [15]
évolution démographique 1962-68 1968-75 1975-82 1982-90 1990-99
nombre de naissances 72 90 80 83 52
taux de natalité / 1000 14,30 15,40 13,70 13,50 8,40
nombre de décès 90 82 96 98 97
taux de mortalité / 1000 17,90 14,00 16,50 15,90 15,70
solde naturel - 18 8 - 16 - 15 - 45
solde migratoire 28 -23 8 - 106 2
variation totale 10 - 15 - 8 - 121 - 43
évolution globale 0,20 % -0,26 % -0,14 % -1,96 % -0,70 %
dû au solde naturel -0,36 % 0,14 % -0,27 % -0,24 % -0,73 %
dû au solde migratoire 0,56 % -0,39 % 0,14 % -1,74 % 0,03 %

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Maurice Barrès, écrivain. Sa famille paternelle était de Blesle : son arrière-grand-père, Jean-Francis Barrès fut maire de Blesle et conseiller général.
  • Comte François Jacques Léo de Molen de Saint-Poncy, né à Blesle le 13 mars 1825, préfet de la Haute-Loire (1870), publiciste, auteur d'une importante Histoire de Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre (1887). Il a aussi publié Les fruits de la Révolution (1893) et une Notice historique sur Blesle et l'abbaye de Saint-Pierre de Blesle (1869)[22].
  • Gérard Klein, acteur
  • Jean Sarrus, acteur
  • Édouard Onslow, peintre
  • Emmanuel Chatillon, industriel qui inventa et fit breveter le procédé de traitement de l’antimoine par "grillage volatilisant" et développa l'extraction de ce métal à Blesle, le long de la petite vallée de la Sianne[23].

Blesle au cinéma[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les Plus Beaux Villages de France
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 88b
  3. On trouve dans le DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DU DÉPARTEMENT DE LA HAUTE-LOIRE comprenant LES NOMS DE LIEU ANCIENS ET MODERNES, rédigé par M. Augustin CHASSAING, archiviste paléographe, juge au Tribunal civil du Puy, complété et publié par M. Antoine JACOTIN, archiviste du département de la Haute-Loire, correspondant du Ministère de l’Instruction publique pour les travaux historiques, lauréat de l’Institut. PARIS. Imprimerie Nationale. MDCCCCVII. », ouvrage consultable sur le site de la Bibliothèque Nationale de France http://gallica.bnf.fr/)
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
  5. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Laissez-vous conter le village de Blesle, Office du tourisme de Blesle, LM communiquer
  7. « Église Saint-Pierre », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. « Abbaye de bénédictines, puis de chanoinesses Saint-Pierre », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Fédération des sites clunisiens : Blesle - abbaye Saint-Pierre
  10. Bernard Crapet - Auvergne romane (4e édition) - pp.287-290 - Éditions Zodiaque (collection "la nuit des temps" n°2) - La Pierre-qui-Vire - 1972
  11. a et b Guides Gallimard - Auvergne, Haute-Loire, Éditions Nouveaux-Loisirs, 1998 (ISBN 2-7424-0449-X)
  12. a, b, c, d et e Manufacture Française des pneumatiques Michelin, Guide de Tourisme - Auvergne Bourbonnais, Michelin et Cie, 1996 (ISBN 2-06-030403-2)
  13. Site de la préfecture de Haute-Loire-Liste des maires, consultée le 1er mai 2010
  14. Blesle sur le site de l'Insee
  15. Recensement INSEE 1999 de Blesle.
  16. « Église de Bousselargues », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  17. « Clocher Saint-Martin », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  18. « Tour du Massadou », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  19. « Château du Bos », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  20. « Maison romane », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  21. « Ancien château de Mercœur », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  22. Voir le Dictionnaire biographique de la Haute-Loire de Gaston Joubert (2004).
  23. Portrait d'Emmanuel Chatillon

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Leclercq, Jean-François Luneau, Bruno Ythier, Canton de Blesle, Étude du Patrimoine Auvergnat, Clermont-Ferrand, 1994 (ISBN 2-905554-08-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]