Blesle

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Blesle
Image illustrative de l'article Blesle
Blason de Blesle
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Haute-Loire
Arrondissement Brioude
Canton Blesle
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Blesle
Maire
Mandat
Pascal Gibelin
2014-2020
Code postal 43450
Code commune 43033
Démographie
Gentilé Bleslois(es)
Population
municipale
624 hab. (2011)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 19′ 11″ N 3° 10′ 17″ E / 45.3197222222, 3.17138888889 ()45° 19′ 11″ Nord 3° 10′ 17″ Est / 45.3197222222, 3.17138888889 ()  
Altitude Min. 472 m – Max. 875 m
Superficie 29,8 km2
Localisation

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Blesle

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Blesle

Blesle est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région d'Auvergne.

Elle est classée parmi les plus beaux villages de France[1].

Ses habitants sont les Bleslois(es).

En auvergnat, la commune se nomme Bleira (prononcé « Bleïra ») (nom relevé sur place en 2000).

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Blesle est mentionné sous la forme Blasilla au XIe siècle, Bleele en 1321[2].

L'onomastique communale a emprunté à la religion chrétienne un grand nombre de vocables, dont les uns appartiennent à des noms communs et les autres à des noms de saints (…). Les noms de saints entrent dans la composition de soixante-huit vocables communaux : Saint-André, Sanctus Andreas ; Saint-Arcons (2), Sanctus Arconcius (…). M. Augustin Chassaing inclut dans cette catégorie les communes de Blesle, Blesilla, dont l'adjectif Sancta aurait disparu, et Sambadel, forme altérée d'un ancien *Sanctus Baudelius[3]. Cependant, il n'y a aucune trace d'un *Sancta Blesilla dans la documentation du Haut Moyen Âge relative au toponyme Blesle et la forme la plus anciennement attestée, Blasilla, n'est pas Blesilla.

Le nom de Blesle est issu d'un hypothétique *Blasilla villa[2], nom d'un fundum gallo-romain, basé sur l'anthroponyme gallo-romain *Blasillus, non attesté, dérivé du nom de personne gaulois Blasius[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fenêtre romane

Origines et situation[modifier | modifier le code]

Le village bleslois se situe dans une vallée dominée par une falaise basaltique (composée entre autres par les « orgues basaltiques ») à la confluence de la Voireuze et du Merdan[4], ce premier rejoignant l’Alagnon plus bas. Situé sur le site néolithique de Chadecol, ce site fut aménagé il y a 4000 ans. Ensuite la présence d’un siège paroissial mérovingien suggère un peuplement gallo-romain. Enfin son essor débute lors de la fondation du monastère à la fin du IXe siècle, complété par la construction d’un château au XIe siècle[4].

Fondation de l’abbaye Saint Pierre de Blesle à la fin du IXe siècle[modifier | modifier le code]

La première mention de la fondation de l’abbaye bénédictine Saint-Pierre[5] ,[6],[7],[8] est révélée par une lettre écrite en 1095 et faisant état de sa construction entre 849 et 885[9]. Sa fondatrice est Ermengarde d’Auvergne[10], mère de Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et fondateur de l’abbaye de Cluny. Les possessions de l’abbaye sont alors placées sous la protection pontificale permettant d’accroître le territoire et incitant les religieuses à créer des prieurés à Autrac, Saint-Étienne-sur-Blesle, Bousselargues, Leyvaux ou Molèdes. À Blesle, l’abbesse était seigneur de la ville.

Église romane de Blesle

Arrivée des barons de Mercœur à la fin du XIe siècle[modifier | modifier le code]

Passage entre la place de l'Église et de la Mairie

À la fin du XIe siècle, les puissants barons du Mercœur décidèrent de s’installer à Blesle[10] et provoquent ainsi une lutte féodale entre eux et les abbesses, ces dernières combattant leurs empiètrement sur les droits de l’abbaye. Tout d’abord les barons essayeront de s’emparer de l’abbaye en vain à la fin du XIe siècle, ce n’est qu’au début du XIIIe siècle avec l’appui du pouvoir royal qu’ils s’emparèrent des pouvoirs de justice sur Blesle et devinrent co-seigneurs[4].

Pour concilier les deux camps, les barons disposent de nombreux terrains dans la ville pour bâtir leur château, en échange ils assureront la défense du monastère et rendront hommage pour ce fief relevant de l’abbaye. Malgré tout, les barons, par leurs poids, arrivèrent à édifier une tour imposante renforcée de deux contreforts par facen[10] (actuelle tour aux vingt angles) malgré les protestations des abbesses.

En même temps, l’église abbatiale Saint Pierre est refaite, en effet la majeure partie de son édifice date du XIIe siècle, avec la construction de deux absidioles méridionales et du chœur, enfin étant donné des différentes étapes de sa construction dans le temps, son originalité tient à l’abside et le chœur qui sont plus vastes que le nef[9]. Les moniales vivaient quant à elles dans des maisons donnant sur la cour intérieure du couvent. Au XIVe siècle, une seconde église est construite en raison de l’accroissement de la population[4] : l'église Saint Martin.

Lent déclin à partir du XVe siècle[modifier | modifier le code]

Donjon des Barons de Mercœur

Sans devenir des chanoinesses, les religieuses décident d’abandonner la vie commune pour des maisons individuelles en deux endroits, l’un derrière le chevet de l’église, l’autre dans la cour de l’abbaye à l’ouest de l’église. L’abbaye est à cette époque agrégée à l’Ordre de Cluny. Ce n’est qu’en 1789 que l’abbaye est transformée en collège de chanoinesses, avant sa suppression durant la Révolution[4].

De leur côté, les seigneurs du Mercœur voient leur château tomber en ruine, il sera repris à la fin du XVIIIe siècle par les Chavaniac (famille blesloise) qui le remet en état en le modifiant profondément[4].

À côté de cela, les villageois sont pour la plupart abrités par des maisons en pan de bois[10], architecture originale reflétant les fonctions commerciales et artisanales du bourg. Cette architecture s’est maintenue jusqu’au XIXe siècle. Autre événement de cette période se situe en 1558, quand Blesle fut retenu comme l’une des « treize bonnes villes » d’Auvergne, marquant la consécration de l’importance du village[4].

Révolution française[modifier | modifier le code]

Église Saint Pierre
Clocher Saint Martin

Sous la Révolution française, le village est nettement modifié, tout d’abord l’église saint Pierre, retenue comme église paroissiale, perd son clocher, en revanche l’autre église du village de Saint-Martin est complètement détruite après avoir été vendue comme bien national, à l’exception de son clocher qui est conservé afin d’y loger l’horloge communale[10].

Long déclin et exode rural[modifier | modifier le code]

Ville prospère jusqu’au XVIIe siècle en raison de l’artisanat et des nombreuses industries locales (élevage, tannage, tissage de toile de chanvre), l’arrivée du chemin de fer à Blesle a pour conséquence l’exode rural vers les grandes villes, seule l’exploitation de l’antimoine résiste mais son extraction se stoppera en 1925, les usines continueront de tourner jusqu’en 1958 avec l’importation de minerais étrangers avant leurs destructions[4]. De plus, le village perdra de nombreux jeunes en raison de la guerre, notamment la Première Guerre mondiale, envoyés sur le front (un monument aux morts y est installé).

À noter que dans les années 1850, une épidémie de fièvre typhoïde opère une coupe sévère dans la population : entre 1851 et 1856 (source : recensements de population), Blesle perd 8,4% de sa population. Les plus touchés sont les enfants (-10,4 % d'enfants mâles, -10,55 % d'enfants filles) ce qui aura un impact important sur les décennies suivantes.

Développement du tourisme à la fin du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Pour faire face à cela, la politique de la commune est tournée vers le développement du tourisme en s’appuyant sur la richesse culturelle du village et de ses vestiges, soutenue par le conseil général pour restaurer les fondations (église saint pierre, clocher saint martin, Tour aux vingt angles…).

Le village a servi de lieu de tournage pour La Nouvelle Guerre des boutons de Christophe Barratier sorti en 2011.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Christian Malbec DVD Boucher
mars 2008 en cours
(au 26 août 2014)
Pascal Gibelin[11]   Épicier

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 624 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 414 1 329 1 416 1 410 1 399 1 795 1 727 1 943 1 928
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 766 1 715 1 685 1 580 1 529 1 553 1 613 1 534 1 513
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 544 1 544 1 406 1 206 1 110 1 117 1 077 982 894
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
837 847 832 824 703 660 657 624 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Maurice Barrès, écrivain. Sa famille paternelle était de Blesle : son arrière-grand-père, Jean-Francis Barrès fut maire de Blesle et conseiller général.
  • Comte François Jacques Léo de Molen de Saint-Poncy, né à Blesle le 13 mars 1825, préfet de la Haute-Loire (1870), publiciste, auteur d'une importante Histoire de Marguerite de Valois, reine de France et de Navarre (1887). Il a aussi publié Les fruits de la Révolution (1893) et une Notice historique sur Blesle et l'abbaye de Saint-Pierre de Blesle (1869)[20].
  • Gérard Klein, acteur
  • Jean Sarrus, acteur
  • Édouard Onslow, peintre
  • Emmanuel Chatillon, industriel qui inventa et fit breveter le procédé de traitement de l’antimoine par "grillage volatilisant" et développa l'extraction de ce métal à Blesle, le long de la petite vallée de la Sianne[21].

Blesle au cinéma[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Leclercq, Jean-François Luneau, Bruno Ythier, Canton de Blesle, Étude du Patrimoine Auvergnat, Clermont-Ferrand, 1994 (ISBN 2-905554-08-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les Plus Beaux Villages de France
  2. a, b et c Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 88b
  3. On trouve dans le DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DU DÉPARTEMENT DE LA HAUTE-LOIRE comprenant LES NOMS DE LIEU ANCIENS ET MODERNES, rédigé par M. Augustin CHASSAING, archiviste paléographe, juge au Tribunal civil du Puy, complété et publié par M. Antoine JACOTIN, archiviste du département de la Haute-Loire, correspondant du Ministère de l’Instruction publique pour les travaux historiques, lauréat de l’Institut. PARIS. Imprimerie Nationale. MDCCCCVII. », ouvrage consultable sur le site de la Bibliothèque Nationale de France http://gallica.bnf.fr/)
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Laissez-vous conter le village de Blesle, Office du tourisme de Blesle, LM communiquer
  5. « Église Saint-Pierre », base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. « Abbaye de bénédictines, puis de chanoinesses Saint-Pierre », base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Fédération des sites clunisiens : Blesle - abbaye Saint-Pierre
  8. Bernard Crapet - Auvergne romane (4e édition) - p. 287-290 - Éditions Zodiaque (collection "la nuit des temps" no 2) - La Pierre-qui-Vire - 1972
  9. a et b Guides Gallimard - Auvergne, Haute-Loire, Éditions Nouveaux-Loisirs, 1998 (ISBN 2-7424-0449-X)
  10. a, b, c, d et e Manufacture Française des pneumatiques Michelin, Guide de Tourisme - Auvergne Bourbonnais, Michelin et Cie, 1996 (ISBN 2-06-030403-2)
  11. Liste des maires de la Haute-Loire sur le site de la préfecture (consulté le 26 août 2014).
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  14. « Église de Bousselargues », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  15. « Clocher Saint-Martin », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  16. « Tour du Massadou », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  17. « Château du Bos », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  18. « Maison romane », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  19. « Ancien château de Mercœur », base Mérimée, ministère français de la Culture consulté le 19 avril 2012
  20. Voir le Dictionnaire biographique de la Haute-Loire de Gaston Joubert (2004).
  21. Portrait d'Emmanuel Chatillon