Le Malzieu-Ville

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Le Malzieu-Ville
Vue générale
Vue générale
Blason de Le Malzieu-Ville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Lozère
Arrondissement Mende
Canton Le Malzieu-Ville
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes des Terres d'Apcher
Maire
Mandat
Jean-Noël Brugeron
2014-2020
Code postal 48140
Code commune 48090
Démographie
Gentilé Malzéviens
Population
municipale
837 hab. (2011)
Densité 107 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 51′ 25″ N 3° 19′ 53″ E / 44.85694, 3.33139 ()44° 51′ 25″ Nord 3° 19′ 53″ Est / 44.85694, 3.33139 ()  
Altitude Min. 826 m – Max. 1 063 m
Superficie 7,80 km2
Localisation

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Liens
Site web www.gevaudan.com

Le Malzieu-Ville est une commune française, située dans le département de la Lozère en région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Malzéviens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le Malzieu-Ville se situe au nord du département de la Lozère, dans l'ancien pays du Gévaudan. Plus précisément, c'est dans la région naturelle de la Margeride que l'on retrouve la vallée où se blottit la cité. L'altitude moyenne de la commune est de 835 m.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

La commune se situe entre le Galastre et la Truyère. Le Galastre est d'ailleurs un affluent de cette dernière.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Plusieurs hypothèses sur l'étymologie du Malzieu ont été émises au fil du temps, mais aucune n'est affirmée :

  • La plus simple est que le Malzieu serait la contraction de " mal aux yeux ". Ce mal aurait été guéri par une source qui aurait existé entre le Malzieu et Saint-Léger.
  • Une autre origine pourrait résulter de la substitution d'un Z à un R, Malzieu deviendrait alors Malrieu, par allusion le Galastre, mauvais ruisseau que ses foucades sortent assez souvent de son lit.
  • La géographie aussi ne manque pas à l'appel à l'appui d'une autre hypothèse. En patois ancien, le Malzieu se dit " Malgaziou " et que gaziou peut se traduire par marécage ou par gué (Endroits où l'on marche dans l'eau). Il est certain que la Truyère a souvent divagué dans la plaine située au Sud du bourg la transformant en marécage et aussi qu'il y avait bien un gué sur le site du Malzieu, juste en amont du pont de Saint-Chély.
  • La dernière hypothèse s'appuie sur la dénomination de deux villages voisins, Prunières et Le Nozier, évoquant pruniers et noyers. Le Malzieu à travers le latin malus, évoquerait les poiriers qui aiment les sols humides et sont encore nombreux dans plusieurs vallées du Massif Central. Si on transforme la fin du nom de "zieu" en "rieu" on se trouve dans la vallée des pommiers.

Reste le " Ville " qui est un ajout pour éviter les homonymies notamment avec sa commune voisine du Malzieu-Forain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

À l'époque gauloise, le Gévaudan est habité par les Gabales. Ce peuple, client des Arvernes, s'est battu à leur côté durant la Guerre des Gaules[1]. Après la conquête, les Romains ont conservé la même capitale pour les Gabales, Anderitum, devenue Javols. Le village de Javols est situé à environ une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau du Malzieu.

Au Ve siècle, le fonctionnaire de l'empire Sidoine Apollinaire, qui n'est pas encore devenu évêque de Clairmont, réalise un voyage entre l’Auvergne et Narbonne. Il raconte dans un recueil de poème ce voyage qui traverse, notamment, le pays gabale. Il évoque comme première description, la présence d'une « ville altière dans un puits (un trou) »[2]. Les historiens peinent cependant à interpréter ces vers pour savoir de quelle vallée il veut parler, la majorité penchant pour la ville de Mende. Il existait cependant un oppidum romain sur le site du Malzieu[3].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Du haut Moyen Âge, il reste des traces, au moins dans les coutumes locales, d'une bataille qui aurait eu lieu contre les Sarrazins au VIIIe siècle. En effet, le « pré des Sarrazins », situé sous le village de Verdezun, attesterait de ce combat. Il y aussi le chemin des "Espagnols"

Vers le XIe siècle, des moines de Saint-Gilles s'installent dans la région du Malzieu. Ainsi, il battissent une église consacrée à saint Hippolyte au Malzieu, et une dédiée à saint Laurent à Verdezun[4]. Durant cette période, en 1055, le Malzieu devient la propriété des barons de Mercœur, l'une des huit baronnies du Gévaudan. Les barons, qui ont un château à Saugues, construisent leur château principal à Verdezun[5].

À la fin du XIIe siècle, la ville du Malzieu se munit de remparts et de grandes tours[3]. En 1307, l'évêque de Mende, Guillaume VI Durand, conclut avec le roi de France l'acte de paréage. Cette acte partage en trois le territoire du Gévaudan : la terre du Roi, la terre de l'évêque et la terre commune (administrée également par les barons). Les Mercœur ayant principalement leur possessions en Auvergne, leur baronnie est alors rattachée à la cour de Riom et au parlement de Paris, alors que le reste du Gévaudan est dépendant de la cour et du parlement de Toulouse[6].

Vers 1362 la ville est assiégée et pillée par les grandes compagnies.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle survient la Réforme protestante et les guerres de religions qui s'ensuivent. Lors du massacre de la Saint-Barthélémy, le baron Astorg de Peyre[N 1] est assassiné dans la chambre du roi[7] : sa veuve engage alors un jeune homme, Matthieu Merle, afin de venger la mort de son époux[8].

Le 17 novembre 1573, Merle et ses troupes se dirigent vers le Malzieu, et pénètrent dans la cité. Là, ils massacrent les treize prêtres de la ville, ainsi que le curé de Rimeize. Les troupes rançonnent les habitants fortunés, puis détruisent l'église[9]. Merle devient ensuite maître de Grèzes, puis d'une grande partie du Gévaudan.

La riposte contre les troupes de Merle est menée par Anne de Batanay, duc de Joyeuse. Son armée a détruit, en 1586, la partie qui est de nos jours tournée vers le Pont de la Truyère.

Du XVIIe à la Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1632 après une épidémie de peste, Jean Conchet, chargé de désinfecter la ville mit feu à une maison celui-ci se communiqua aux maisons voisines : neuf rues furent anéantis. La reconstruction permis d'adosser les nouvelles maisons aux remparts.

Viens ensuite l'affaire de la Bête du Gévaudan (1764/1767), d'après les listes des victimes une seule appartiendrait au Malzieu mais elle n'est pas certifiée, du canton environ 25 personnes furent soit attaquées ou tuées sur 3 ans.

La Révolution de 1789 apporta au Malzieu les mêmes troubles qu'en Gévaudan. Les Ursulines durent quitter leur monastère.

Vers les années 1790/1793 à cause du décret du 15 février 1790, les villages et hameaux qui faisaient partie du Malzieu-Ville sont séparés de celui-ci et donnent naissance à deux nouvelles communes : Le Malzieu-Campagne qui donnera plus tard Le Malzieu-Forain et Verdezun.

Le 2 novembre 1790 l'église vit ses biens nationalisés, la plupart des prêtres refusèrent le serment, fuirent ou se cachèrent.

Depuis le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

La Malzieu

Son blasonnement est : de sinople à la tour d'argent, maçonnée de sable, au chef d'azur chargé d'une lettre M onciale d'or, au franc-canton d'argent chargé d'une croix patriarcale de gueules.

Néanmoins la mairie semble arborer des armoiries légèrement différentes : le M onciale étant de sable (noir) de même pour la croix patriarcale (ou croix de Lorraine)[10].

Sur l'une des portes des remparts de la ville, on trouve sous le blason, un phylactère avec la devise de la cité "Vireti Gemma" (Perle de la vallée).

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 837 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 014 897 1 020 1 062 1 167 1 101 1 165 1 218 1 087
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
967 853 960 1 017 966 1 088 1 142 1 033 1 018
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 022 1 087 998 975 976 971 904 860 772
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
802 794 874 924 947 970 890 867 837
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

  • Tourisme
  • Agriculture

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires du Malzieu-Ville[13]
Période Identité Étiquette Qualité
1838 1848 D'Imbert    
1848 1855 Jean-François Pantel    
1855 1857 Bertrand Fraisse    
1857 1870 Brun de Villeret    
1870 1875 Dominique Pantel    
1875 1878 Jean-François Vialard    
1878 1892 Eugène de Rozière    
1892 1896 Brun de Villeret    
1896 1896 Eugène de Rozière    
1896 1904 Clovis Grèze    
1904 1908 Léon Paulhac    
1908 1913 Pierre Valadier    
1913 1914 Pierre Chabert    
1914 1916 Jean-François Rabeyrolle    
1916 1918 Pierre Chabert    
1918 1919 Jean-François Rabeyrolle    
1919 1929 Léon Paulhac    
1929 1940 Pierre Rousset    
1940 1945 Pierre Delmas    
1945 1947 Pierre Rousset    
1947 1949 Marc Monod    
1949 1953 Auguste Gras    
1953 1960 Léon Laporte    
1960 1971 Lucien Paulet    
1971 1982 Jean Boulet    
1982 1983 Joseph Boulet    
1983 en cours Jean-Noël Brugeron UMP Conseiller général

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Le Malzieu fait partie de la communauté de communes des Terres d'Apcher.

Découpage administratif[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Hippolyte
La mairie et la tour Bodon
Le beffroi, tour de l'horloge

La première église romane "Saint-Hippolyte" du Malzieu-Ville, fut fondée par les moines de Saint-Gilles. Elle fut détruite pendant les guerres de religion en 1573 par les Huguenots de Merle et reconstruite en 1582 dans le style gothique.

Un christ en bois du XIIIe siècle et classé par les beaux Arts occupe un pan de mur. En 1882 cette église est remplacée par une autre, plus grande, sur la demande de l'abbé Ruffin Clavel.

Les Tours[modifier | modifier le code]

Les Tours de l'édifice[modifier | modifier le code]

Le Malzieu au Moyen Âge possédait sept tours qui étaient reliées entre elles par des remparts :

  • la Tour de Mercœur (en 1739, elle est désignée « Tour de Jaumes ») située au nord-ouest, est fort abaissée et recouverte d'un toit ;
  • la Tour de Jonas, est emportée le 27 août 1656 par une crue du Galastre, les ponts sont tous noyés, la tour de sera jamais reconstruite faute de moyens ;
  • la Tour de Bodon à l'est, elle est la tour la mieux conservée, elle abrite l'office de Tourisme ;
  • la Tour de Crussols, de nos jours il n'en reste que de minces traces ;
  • la Tour de Thaler est située au nord-ouest au côté du trou de Merle, écrêtée mais conservée ;
  • la Tour de la Communauté, détruite par les troupes de Joyeuse ;
  • la Tour de Tourlande, détruite par les troupes de Joyeuse.

Les autres Tours[modifier | modifier le code]

Il y avait aussi trois autres tours qui à l'intérieur des remparts étaient censées former le « Château », l'une d'entre elles était la Tour de Baude, celle-ci est la seule qui reste du château.

Un autre tour est le Beffroi, qui porte l'horloge. Il servit autrefois de prison

Les places[modifier | modifier le code]

Le Malzieu en possède au moins sept, certaines ont plus d'importance que d'autres :

  • la place de Leyde, sur laquelle débouche l'avenue Pierre-Rousset ;
  • la place Eugène de Rozière connue aussi comme "place de la Vierge " très prisée lors des vides-greniers estivaux ;
  • la place du Foirail, certainement la plus active de nos jours ;
  • la place Jean-Boulet, sur laquelle sont situées la Poste et l'ancienne école publique des filles ;
  • la place du Soubeyran, sur laquelle débouche la rue Torte ;
  • la place du Marché, où trône une croix de granit. Plusieurs maisons anciennes de cette place comportent au-dessus de leur porte supérieure un encadrement en granit de forme triangulaire ;
  • la place de l'Église ou de l'Abbé-Clavel qui était cimetière des environs de 1582 à 1882.

Culture[modifier | modifier le code]

La salle des fêtes du Malzieu-Ville a été utilisée pour le tournage des scènes de bal dans le film "Hors la loi" de Robin Davis (1985)avec le tout jeune Clovis Cornillac[14].

Langue[modifier | modifier le code]

L'occitan encore parlé dans le village est auvergnat et non pas languedocien. Plusieurs communes du nord de la Lozère appartiennent en effet à l'Auvergne dialectale alors qu'elles sont languedociennes depuis des siècles.

Personnalités liées au Malzieu[modifier | modifier le code]

Les célèbres[modifier | modifier le code]

Les moins connues[modifier | modifier le code]

  • Marc Monod, maire de la commune de 1947 à 1949, docteur en médecine, qui pendant la guerre secondé de sa femme Jacqueline aida les juifs et les résistants du maquis. Frère de Jacques, aussi dans la résistance, tué au secteur du pont-rouge, près de Chaudesaigues (15).
  • Marcellin Cazals (1905-2001), un des 23 justes parmi les Nations de la Lozère
  • Léon Soulier (1924-), né au Malzieu, évêque émérite de Limoges.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  1. François Astorg de Cardaillac de Peyre plus précisément

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jules César, De bello Galico, Livre VII, chap.LXXV
  2. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 190
  3. a et b (fr) Site de la commune, patrimoine
  4. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 610
  5. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 615
  6. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 611
  7. [PDF] Arbre généalogique des Peyre
  8. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 826
  9. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 828
  10. [image] Logo sur le site officiel de la commune
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  13. D'après FranceGenWeb.org
  14. http://www.l2tc.com/cherche.php?titre=Hors-la-loi&exact=oui&annee=1985
  15. Le Malzieu : Personnages célèbres

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Club Les Remparts, Ombres et lumières sur les tours du Malzieu de l'origine à nos jours, Marvejols,‎ 1995
  • Joseph Tichit, « Le canton du Malzieu », Lou Païs,‎ 2008, p. 4-29
  • Georges Archer, « Le Malzieu, histoire d'un canton de la Lozère », Montpellier, 1964

Sources et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]