Senez

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Senez
Carte de localisation de Senez
Pays France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Arrondissement de Digne-les-Bains
Canton Canton de Barrême
Code Insee 04204
Code postal 04330
Maire
Mandat en cours
Gilles Durand
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Moyen Verdon
Latitude
Longitude
43° 54′ 52″ Nord
         6° 24′ 28″ Est
/ 43.9144444444, 6.40777777778
Altitude (mini) – (maxi)
Superficie 70,27 km²
Population sans
doubles comptes
176 hab.
(2004)
Densité 2.5 hab./km²

Senez (Senès en provençal) est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Senez est un des meilleurs exemples de ces minuscules évêchés de Provence dont seule une église dont les dimensions, sans rapport avec l'importance du village, rappelle aujourd'hui l’ancien statut.

Ses habitants sont appelés les Senezois.

Sommaire

[modifier] Géographie

Le village est situé à 784 m d’altitude[1], sur la rive gauche de l’Asse, la route Napoléon passant sur la rive droite. Petit village, situé à 5 kilomètres de Barrême, Senez est une petite commune qui, bien que très étendue, ne compte que très peu d'habitants et d'habitations. Les maisons sont typiques du style architectural provençal.

Son territoire recèle de nombreuses aiguilles rocheuses.

Points remarquables :

  • source de Font Géline ;
  • Clue de la Roche percée ;

[modifier] Étymologie

Le nom de la localité évolue sous les formes Sanition (IIe siècle), civitas Sanitiensum (vers 400), Sanetia (VIe siècle), puis Senaciensis comitatum au IXe siècle. Il peut venir d’un nom propre, Senicius, ou de l’attribut relatif à la santé, sanites[2]. Charles Rostaing, dans son Essai sur la toponymie de la Provence (1950), avance une autre explication (ainsi que dans le Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, coécrit avec Albert Dauzat).

[modifier] Histoire

[modifier] Antiquité

La ville existe dès l’époque gauloise. Siège d’une civitas dès le IIe siècle, il paraît assuré qu’elle était le chef-lieu d’un peuple gaulois, mais le nom de ce peuple n’est pas certain[3] :

Elle se situait sur la voie qui reliait Vence à Sisteron[4]. La commune possède peu de vestiges de cette époque.

[modifier] Moyen Âge

Au Ve siècle, un évêché est installé à Senez. Les deux évêchés préexistants de Salinae (Castellane) et Eturamina (Thorame) lui sont rattachés après 450, ou au début du siècle suivant.

Au IXe siècle, un château est construit à la Roche, sur la rive droite de l’Asse[5]. Évêché très pauvre, et placé dans une ville minuscule et inconfortable, il est plusieurs fois tenté de le rattacher à l’évêché de Vence ou d’en déplacer le siège à Castellane, sans succès[6]. Les évêques résident souvent à Castellane, dès la deuxième moitié du XVe siècle.

L’évêque était coseigneur de la ville avec les Pontevès (XVe/XVIe siècles), puis les Gautier (jusqu’à la Révolution).

Au XVe siècle, le village de Boades lui est rattaché.

[modifier] Époque moderne

Jean Clausse de Mouchy (évêque de 1561 à 1587) restaure et aménage le château fort pour améliorer son confort, mais ces travaux sont ravagés par Paulon de Mauvans en 1562[7], pendant les guerres de religion. La ville est à nouveau pillée en 1569[8] : l’incendie allumé fait s’effondrer le clocher et détruit le cloître[9]. L’évêque, qui quitte la ville pour Castellane, fait néanmoins réparer la cathédrale en 1572[10], travaux qui reprennent au début du XVIIe siècle.

En 1644, un séminaire est construit[11].

Au XVIIIe siècle, Jean Soanen, évêque de Senez, refuse de condamner le jansénisme. Il est poursuivi[6], et condamné par un concile (1727). Il bénéficie d’un soutien important d’une partie du clergé et des avocats du Parlement de Paris. Un de ses successeurs, Amat de Volx, fait faire des travaux : détournement de la Bonde, qui ravage la ville lors de ses crues (1764-1768)[12] ; pont sur l’Asse (1767-1770)[13]. Cependant, dès 1774, le torrent a repris son ancien cours[14].

Une école pour les garçons (régence de latinité) est ouverte en 1713, et une école de filles en 1779[15].

[modifier] Révolution française

L’évêché est supprimé en juillet 1790 : l’évêque Ruffo de Bonneval comme les chanoines refusent de se soumettre et de prêter serment à la constitution civile du clergé, dans un département où 85 % des prêtres sont jureurs. En juillet 1792, Ruffo de Bonneval tente d’émigrer, est arrêté à Rouaine, puis emprisonné à Digne puis à Seyne. Il est jugé, et simplement condamné à la perte de son traitement et de ses droits civils, et il lui est interdit de revenir à Senez et de faire usage de son titre d’évêque de Senez, comme il continuait à le faire. Il s’exile finalement à Nice, puis Rome[16], et se fixe à Viterbe, où il meurt en 1837, ayant refusé tout nouveau siège épiscopal[17]. En juin 1792, l’archidiacre Raynard avait été lynché à Sausses, dans une tentative similaire[18].

La société patriotique de la commune (appelée la société d'amis du patriotisme et de la Constitution) fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, avant juin 1792 : elle a ceci de particulier que c’est la municipalité elle-même qui la crée[19]. Seulement 10 à 40 % de la population masculine la fréquente[20].

Les biens de l’évêché et de l’évêque sont vendus en 1793, ainsi que tout le mobilier précieux de la cathédrale et du séminaire. En 1795, les prêtres qui étaient restés réfractaires prêtent serment à la Constitution[21].

[modifier] XIXe siècle

Au XIXe siècle, la ville devient un petit centre administratif, en tant que chef-lieu de canton[22] :

  • une gendarmerie est installée de 1852 à 1866 et de 1875 à 1924 ;
  • un bureau de poste est installé en 1853[23].

Outre le moulin à farine, un moulin à plâtre est créé en 1868, ainsi qu’une scierie à eau, et des moulins à huile (pour broyer les noix)[24]. Avec la tuilerie qui existe du début du XVIIIe siècle au début du XXe siècle, c’est toute l’industrie du village.

Une deuxième fontaine est construite en 1896.

[modifier] XXe siècle

Un groupe scolaire est construit en 1902[25].

En 1927, une distillerie de lavande est créée, poussant au développement de la culture de la lavande sur les coteaux, puis à la plantation de lavandin, afin d’obtenir les énormes quantités de fleurs nécessaires (100 kg pour 0,72 kg d’essence). Elle ferme en 1972[26].

En 1973, la commune du Poil fusionne avec Senez, bien qu’ils n’aient pas de limite en commun.

Au Poil, des vestiges de diverses époques ont été observés :

  • sur le Chastelar, une grotte occupée à l’époque néolithique[27] ;
  • près du pont du Pas d’Escale, une vaste grotte a été occupée à la même époque[28].

[modifier] Communes voisines

Le nombre de communes limitrophes est très important en raison de la fusion du Poil et de Senez, dont les territoires ne sont pas contigus.


Chaudon-Norante   Barrême
Beynes,
Estoublon
N Moriez,
Saint-André-les-Alpes,
O    Senez    E
S
Saint-Jurs Majastres   Blieux Castellane
Enclave: {{{enclave}}}

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1944 1953 Marcel Aillaud
1953 1971 Fernand Granet
1971 1989 Marthe Rolland
1989 mars 2008 Gabriel Hermellin
mars 2008 Gilles Durand[29]

[modifier] Démographie

Évolution démographique
1851 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004
872[6] 178 182 134 153 121 145 176
Nombre retenu à partir de 1968 : population sans doubles comptes

[modifier] Lieux et monuments


[modifier] Personnalités liées à la commune

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources

  • Juliette Hermellin, Senez en Haute-Provence : chroniques d’une cité épiscopale aux XVIIe-XVIIIe siècles, Les Alpes de Lumière, 2002, in Les Cahiers de Salagon n° 7, ISBN 2-906162-64-7

[modifier] Notes

  1. Juliette Hermellin, Senez en Haute-Provence : chroniques d’une cité épiscopale aux XVIIe-XVIIIe siècles, Les Alpes de Lumière, 2002, in Les Cahiers de Salagon n° 7, ISBN 2-906162-64-7, p 18
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Volume I : Formations préceltiques, celtiques, romanes. Notice 11287, p 671
  3. Guy Barruol, « Senez dans l’Antiquité », in Juliette Hermellin, Senez en Haute-Provence, p 15-17
  4. Barruol, op. cit., p 16
  5. Hermelin, op. cit., p 40
  6. abc Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », Paris, 1989, Relié, 72 (non-paginé) p. (ISBN 2-7399-5004-7)
  7. Hermelin, op. cit., p 41
  8. Hermelin, op. cit., p 20
  9. Hermelin, op. cit., p 25-26
  10. Hermelin, op. cit., p 41
  11. Hermelin, op. cit., p 43
  12. Hermelin, op. cit., p 57-59
  13. Hermelin, op. cit., p 62-65
  14. Hermelin, op. cit., p 108
  15. Hermelin, op. cit., p 70
  16. Hermelin, op. cit., p 71-74
  17. Hermelin, op. cit., p 78
  18. Hermelin, op. cit., p 74
  19. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 296-301
  20. Patrice Alphand, op. cit., p 320
  21. Hermelin, op. cit., p 77
  22. Hermelin, op. cit., p 95-97
  23. Hermelin, op. cit., p 104
  24. Hermelin, op. cit., p 102-103
  25. Hermelin, op. cit., p 83
  26. Hermelin, op. cit., p 104
  27. Géraldine Bérard, Carte archéologique des Alpes-de-Haute-Provence, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1997, p 451
  28. Géraldine Bérard, Carte archéologique, op. cit., p 451
  29. Site de la préfecture des AHP
  30. Juliette Hermellin, op. cit., p 62-66
  31. Juliette Hermellin, Senez en Haute-Provence, p 41
  32. arrêté du 9 janvier 1930, qui la date du XVIe siècle, Base Mérimée, consultée le 6 juillet 2008
  33. Arrêté du 26 octobre 1910, Base Mérimée, consultée le 6 juillet 2006
  34. Hermelin, op. cit., p 83-84
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