Eguisheim

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Eguisheim
La mairie
La mairie
Blason de Eguisheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Colmar
Canton Wintzenheim
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Rouffach,Vignobles et Châteaux
Maire
Mandat
Claude Centlivre
2014-2020
Code postal 68420
Code commune 68078
Démographie
Population
municipale
1 752 hab. (2011)
Densité 124 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 02′ 37″ N 7° 18′ 24″ E / 48.0436111111, 7.3066666666748° 02′ 37″ Nord 7° 18′ 24″ Est / 48.0436111111, 7.30666666667  
Altitude Min. 191 m – Max. 764 m
Superficie 14,13 km2
Localisation

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Eguisheim

Eguisheim est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

Les habitants de cette cité particulièrement pittoresque et fleurie, très visitée par les touristes, sont appelés les Eguisiens et Eguisiennes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Eguisheim s'étend sur 339 hectares et est située à 210 mètres d'altitude. Il s'appuie sur les collines peu pentues et bien exposées au soleil du Schlossberg qui ont permis la plantation de vignes. Eguisheim se trouve à 5 km au sud-ouest de Colmar et peut être rejoint par la route nationale 83 en direction de Rouffach. Ce village a été classé « Village préféré des Français » au cours de l'émission diffusée sur France 2 le 4 juin 2013.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Eguisheim
Wintzenheim, Wettolsheim Colmar
Husseren-les-Châteaux Eguisheim
Vœgtlinshoffen Obermorschwihr Herrlisheim-près-Colmar

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom propre d'origine germanique Egeno ou Egino fut très fréquent dans les anciens titres qui correspond à un certain Egino, un descendant du duc Aldaric.
Quant au suffixe -heim, il s’agit d’un vieux lexème germanique signifiant « maison, demeure », puis « village » par extension. Ce suffixe s’est considérablement répandu, non seulement en Alsace, mais également en Allemagne. Légèrement altéré en -hem sous sa forme flamande, on le trouve en Belgique et en Nord-Pas-de-Calais. Il est même arrivé jusqu’en Grande-Bretagne sous la forme -ham. On notera que l’orthographe initiale était « Egisheim », la lettre U ayant été intercalée pour « habiller » le toponyme à la française[Note 1], c'est donc une simple retouche provoquant la francisation phonétique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Reproduction d'une gravure (1885) se trouvant à la bibliothèque nationale représentant le château d'Eguisheim au temps de Hugues IV (1027-1048)

Le territoire est occupé dès le Paléolithique[modifier | modifier le code]

Plusieurs vestiges archéologiques trouvés sur le site en 1865 prouvent que Eguisheim fut occupé dès le Paléolithique. Le premier peuplement de la région peut être attribué aux Cro-Magnons. Plus tard d'autres habitants sont venus s'installer dans la région en apportant leur civilisation et leurs coutumes, comme semblent en témoigner les nombreuses sépultures découvertes au siècle dernier. Après les Celtes de la tribu des Séquanes, les Romains érigent un camp à l'entrée du village et développent la culture de la vigne. La présence romaine sur les lieux est attestée par une tuile découverte en 1900 au pied de la colline du Schlossberg, portant la mention Prima Legio Martia, un bataillon de légionnaires conduit par l'empereur Dioclétien (284-305).

Les ducs et comtes d'Alsace[modifier | modifier le code]

Le village d'Eguisheim vu depuis le sommet des Trois châteaux.

Du temps des Mérovingiens, l'Alsace était gouvernée par les ducs. Le premier duc, Etichon (ou Aldaric, ou Attic) est le plus connu d'entre eux. La mémoire alsacienne le désigne comme le père de sainte Odile (VIIe siècle). Pépin le Bref mit fin à la souveraineté de cette dynastie en 754 mais celle-ci resta tolérée pour un certain temps à l'époque de Charlemagne.

Après la dislocation de l'empire carolingien (IXe siècle), les comtes d'Alsace reprirent les rênes de la région. Vers l'an 1000, l'un de ces comtes, Hugues IV de Nordgau, après le décès de son neveu Eberhard VI en 1027, se trouve investi du Nordgau, auquel il ajoute le comté d'Eguisheim.

Cette famille liée aux dynasties les plus importantes compte dans ses rangs les comtes de Metz, les premiers empereurs du Saint-Empire romain germanique notamment à travers Adélaïde, mère de Conrad II.

Hugues IV, comte d'Eguisheim s'est marié à Heilwige du comté de Dabo (à l'époque Dachsbourg, ou Dagsburg en allemand, situé à 68 kilomètres à vol d'oiseau d'Eguisheim). Le couple aura neuf enfants. Brunon, le plus jeune des garçons, fera une carrière cléricale et deviendra par la suite le pape Léon IX.

Un village fondé par Eberhard[modifier | modifier le code]

C'est Eberhard, petit-fils d'Aldaric, troisième duc d'Alsace et neveu de sainte Odile, qui construit le premier château d'Eguisheim. C'est autour de ce château que se développe le village d'Eguisheim sous forme de résidence fortifiée, vers 720. En 727, il demandera à saint Pirmin de devenir abbé de l'abbaye de Murbach qu'il venait de construire.

Village natal de Léon IX ?[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Léon IX

Eguisheim est le village natal supposé de Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg, ancien évêque de Toul, qui devint pape sous le nom de Léon IX. Il devint d'abord évêque de Toul, charge qu'il occupa entre 1026 à 1051. Il est né le 21 juin 1002, probablement au château du Haut-Eguisheim à 5 km de Colmar. Il était le fils de Hugues IV d'Eguisheim et d'Hedwige du comté de Dabo (Basse-Alsace, aujourd'hui en Moselle). Les ancêtres de Hugues IV descendaient directement des Etichonides. Selon certains historiens, Léon IX serait un lointain cousin de sainte Odile.

Les cours colongères[modifier | modifier le code]

Il existait à Eguisheim cinq cours colongères qui avaient pour noms : le Girsberger, le Kyburg ou Braunschweiger, le Catharinen, le Zorn ou Escher, et enfin le Keiserdinghof. Les autres cours relevaient de cette dernière. Etait-ce la cour donnée à l'abbaye d'Ebersmunster par le duc Etichon, confirmée par Charlemagne en l'an 810, par les papes Lucius III (1183) et Honorius III (1224), enlevée par l'évêque Werner pour être donnée à son frère le comte Radbot de Habsbourg ?

Catharinenhof[modifier | modifier le code]

La Catharinenhof est l'ancienne cour de Hohenbourg confirmée à l'abbaye par Léon IX (1051). Elle fut transmise aux Catherinettes de Colmar et fut appelée ultérieurement "Unterlindenhof". Au XXe siècle, elle devint la maison Ginglinger. Aujourd'hui, cette cour est occupée par un restaurateur.

Le Kyburg ou "Braunschweigerhof"[modifier | modifier le code]

Le Kyburg a longtemps appartenu au grand prévôt de la cathédrale de Strasbourg. En 1118, la comtesse Heilwige, fille de Gérard d'Alsace, donna des terres à Notre-Dame de Strasbourg.

Le Girsbergerdinhof[modifier | modifier le code]

Le Girsbergerdinhof était primitivement la cour de Marmoutier avec chapelle adjacente de Saint-Martin, citée dans le pouillé de l'abbaye (1128), dans une charte de l'évêque Ortlieb (1145) et confirmée par le pape Alexandre III (1179). Ulrich de Rappolstein acheta cette cour pour la somme de 160 mars d'argent et la donna en 1262 à l'abbaye de Pairis. Elle devint à partir de ce jour et resta jusqu'à la Révolution le Pairiserhof, occupée d'abord par la famille Brucker puis par la famille Bauer au XXe siècle. L'évêque Widerold (991-999) donna une cour, et Sainte Adélaïde des dîmes d'Eguisheim à l'abbaye d'Eschau, biens qui furent confirmés par Alexandre III (1180). Peut-être s'agit-il de l'Escherdinghof ?

Marbacherhof[modifier | modifier le code]

La cour de Marbach se rattache à la donation du comte Albert (1092) et à celle faite avant lui, par d'autres membres de la famille d'Eguisheim, confirmée par Innocent III (1212) et mentionnée dans les chartes de Pairis 1314,1334. Cette ancienne cour colongère appartenait à l'abbaye de Marbach de 1413 à 1590. Marbacherhof a au siècle dernier été occupée par Gabriel Horber. Elle est actuellement occupée par une restaurateur privé. On trouve sur le linteau du portail la lettre M. Le domaine comporte également une cave volumineuse.

Keyserdinghof[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Eguisheim

Les armes d'Eguisheim se blasonnent ainsi :
« De gueules à Saint Pierre de carnation, vêtu d'argent, le manteau d'or, tenant de sa dextre une clef renversée de sable et de sa senestre un livre fermé du même, sur une terrasse de sinople. »

Le blason représente le portrait de saint Pierre qui tient de sa main droite une clef de sable et sur la main gauche un livre fermé.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1959 1995 Léon Beyer   Viticulteur, chevalier de la Légion d'honneur
1995 2008 Pierre Hussherr DVD  
2008 en cours Claude Centlivre DVG  
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Blasons d'Hautvillers et Eguisheim (commémoration de jumelage)

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 752 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 545 1 733 1 717 2 086 2 183 2 182 2 117 2 149 2 133
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 946 1 937 1 962 1 758 1 695 1 767 1 763 1 678 1 649
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 547 1 455 1 387 1 417 1 448 1 547 1 507 1 375 1 470
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 568 1 519 1 461 1 438 1 530 1 548 1 541 1 549 1 622
2011 - - - - - - - -
1 752 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Vignoble et crus d'Eguisheim[modifier | modifier le code]

Les vins d'Eguisheim au fil du temps[modifier | modifier le code]

Les débuts de la viticulture dans la plaine d'Alsace datent de la période romaine, stimulés par la présence des garnisons de Germanie supérieure, dont les légionnaires et auxiliaires étaient de gros consommateurs de cette denrée de luxe qu'était alors le vin.

Article détaillé : histoire du vignoble alsacien.

Au XVe siècle, la plupart des cours européennes du Nord de l'Europe achètent du vin d'Alsace. Celui d'Eguisheim part de Colmar par l'Ill puis de Strasbourg par le Rhin. La qualité du vin est telle qu'il supporte un transport en barrique de plusieurs semaines et que des millésimes exceptionnels comme 1539 sont conservés pendant plusieurs décennies. Certains clos plus réputés que d'autres font leur apparition : Eichberg et Pfersigberg à Eguisheim.

Au XIXe siècle, le vignoble alsacien atteint 28 000 hectares, produisant en masse des vins courants et n'exporte plus ses produits. Puis vient une période tragique, où oïdium, mildiou, phylloxéra mettent en cause son existence même. Le vignoble ne couvre plus que 6 000 hectares en 1945, mais uniquement sur les meilleurs coteaux. Dès lors débute une révolution car Eguisheim, comme d'autres vignobles alsaciens, se lance dans une politique de vins de qualité : les cépages très productifs sont remplacés par des ceps sélectionnés.

Les grands crus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : alsace grand cru.

Outre le niveau qualitatif requis, ces vins doivent refléter les caractéristiques liées à leur terroir ; leurs arômes complexes révèlent des particularités.

Le grand cru eichberg[modifier | modifier le code]
Article détaillé : eichberg.

Le riesling y présente des arômes d'agrumes, principalement de citron et pamplemousse, plus ou moins exotiques selon la maturation, jusqu'aux arômes de banane et d'abricot en cas de surmaturation. Une pointe végétale est toujours présente. Au vieillissement, l'évolution tend vers des caractères de réglisse et vers une note minérale, sans excès. Au palais, une agréable amertume précède un final de zeste d'orange. L'acidité virile des rieslings de l'eichberg est contrebalancée par beaucoup de charpente et de corps.

Le pinot gris génère des vins capiteux, corsés et étoffés, un peu arrondis, aux senteurs de miel, de fumé et de sous-bois. Ils évoluent admirablement.

Le gewurztraminer donne naissance à des vins très amples, gras, marqués par une certaine fraîcheur. Ils exaltent des senteurs de rose avec une pointe végétale (cassis-menthe). Au vieillissement apparaît un caractère anisé.

Le grand cru pfersigberg[modifier | modifier le code]
Article détaillé : pfersigberg.

Le riesling a des arômes de fruits à noyaux (mirabelle, pêche, abricot) rehaussés par une pointe épicée (poivre, muscade), ce qui confère à ces vins une très grande finesse. Ces rieslings sont très riches et très typés mais plus minces que ceux de l'eichberg.

Le pinot-gris est capiteux, corsé, aux arômes insaisissable de miel, de noix, de cuir, avec une nuance moelleuse. Ce sont des vins de garde.

Le gewurztraminer est un vin chaleureux à dominante épicée, il présente des arômes de rose fanée. Son évolution dévoile des arômes de grillé et, en cas de surmaturation, d'abricot confit.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Entente florale éd. 2006 - plaque commémorative

Depuis 2003, Eguisheim est classé parmi Les Plus Beaux Villages de France. En 2006, le village a gagné la médaille d'or de l'Entente florale, le concours européen des villes et villages fleuris[7].

En juin 2013, Eguisheim succède à Saint-Cirq-Lapopie au palmarès de l'émission de France 2 Le village préféré des Français.

Industrie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Place du Château d'Eguisheim
Fenêtre d'une maison ancienne à Eguisheim; l'inscription dit: Cette maison est dans la main de Dieu. Dieu protège cette maison du feu. U.S.M. (les initiales du fondateur de la maison)
Une rue typique d'Eguisheim

Église Saint-Pierre et Saint-Paul[modifier | modifier le code]

L'église d'Eguisheim de Saint-Pierre et Saint-Paul a été érigée en 1220 sur une ancienne fondation carolingienne dont il ne subsiste plus que la base du clocher. Cet édifice gothique ne comporte plus que quelques éléments romans qui correspondent à une certaine époque. La tour à quatre étages comporte des fenêtres ogivales géminées, caractéristiques de la période gothique. À l'intérieur de ce clocher se trouve un portail à sculpture romanes polychromes représentant dans le tympan un Christ bénissant, entouré des saints apôtres Pierre et Paul. Sur le linteau est sculpté la parabole des sages et des Vierges folles qui chacune de leur côté frappent à la porte du paradis (du côté des Vierges sages, le Christ les accueille alors que chez les Vierges folles la porte reste fermée). La charpente du clocher date du XVIe siècle et soutient quatre cloches suspendues à des poutres. La construction a été faite de telle sorte que les vibrations ne se propagent pas à la maçonnerie. L'ancienne église d'Eguisheim, dédiée aux apôtres saint Pierre et saint Paul, a été démolie en 1807. Il n'en reste plus que la tour romano-gothique avec un portail historié fort intéressant. Elle a cédé la place à une construction sans style, consacrée le 2 juillet 1809. On y voit encore une ancienne cuve romane que la tradition locale veut faire remonter au temps de Léon IX.

Les anciennes traditions[modifier | modifier le code]

Parmi les traditions portées à cette paroisse, mentionnons les processions qui s'y faisaient autrefois. À la fête de la Saint Marc, la population d'Eguisheim se rendait au couvent de Saint-Marc à Gueberschwihr tout proche. Le jour de l'Invention de la croix, la procession se rendait jusqu'à la ville de Sainte-Croix-en-Plaine et à la fête de Saint Urbain, les paroissiens allaient à cheval faire le tour de la banlieue. De là l'usage de porter encore aujourd'hui le buste de Saint Urbain à la procession du ban. Pendant la semaine des Rogations, la procession se dirigeait en divers endroits : le lundi à Herrlisheim, le mardi à Feldkirch, le mercredi et le jour de l'Ascension autour d'Eguisheim. Le vendredi, les paroissiens faisaient le tour à cheval autour du ban. Le samedi des Rogations, la population se rendait à l'abbaye de Marbach.

Chapelle Saint-Léon IX[modifier | modifier le code]

La chapelle, construite entre 1888 et 1894 et située dans la cour du château, repose sur les fondations du donjon. Elle est édifiée dans le style néo-roman, et la statue de saint Léon IX se dresse sur la façade. La chapelle a été consacrée en 1894.

Chapelle du château de Saint-Léon[modifier | modifier le code]

Bois polychromé de la Vierge ouvrante[modifier | modifier le code]

Statue de la Vierge ouvrante se trouvant dans l'église Saint-Pierre & Paul

À l'intérieur de l'église Saint Pierre et Paul se trouve une statue en bois polychromé d'une Vierge ouvrante du XIVe siècle (hauteur 119 cm). Cette Vierge à l'enfant présente un visage au doux sourire. Elle porte l'enfant comme pour le présenter à tous ceux qui passent. Un morceau de bois évidé qui se trouve sous la gorge de la statue pourrait avoir contenu des reliques. La plupart des Vierges ouvrantes appartiennent à deux catégories: les passionistes et les trinitaires, représentant Marie comme fille, comme épouse et comme mère. Celle-ci est la seule qui existe en Alsace, et est différente puisque les peintures, du XVIIe siècle, représentent le saint sacrement. (classé M.H en 1978)

Cloche de 1774[modifier | modifier le code]

Porche du XIIIe ou XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Le porche appartient à l'ancienne église d'Eguisheim dont les moulures sont de style roman, tandis que les lignes architecturales sont gothiques. Le portail comporte de chaque côté quatre colonnes dont le haut des chapiteaux est sculpté. Vers le haut des chapiteaux on distingue un tympan représentant le Christ bénissant la terre et à ses côtés les apôtres Pierre et Paul. La scène au-dessous représente la parabole des Vierges sages et des Vierges folles. Les premières sont accueillies à la porte du paradis par le Christ, alors que les secondes frappent à la porte du paradis qui reste fermé.

Cour Unterlinden (1290)[modifier | modifier le code]

Cour Unterlinden à Eguisheim

Cette cour possède une remarquable disposition architecturale comprenant des bâtiments avancés. Ils permettaient de stocker les récoltes et de lieu pour évaluer et administrer les biens. Cette cour était dès 1290 une propriété appartenant au couvent des Dominicains de Colmar,qui est devenu aujourd'hui le musée Unterlinden.

Cour de Pairis (1160)[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Pairis fondée en 1138 possède cette cour dès 1160. Les moines de Pairis utilisent cette cour pour stocker les récoltes et de centre administratif et aussi pour gérer les biens et d'endroit pour régler les litiges qui interviennent la bonne marche de la communauté. En 1262, la cour est agrandie grâce à l'adjonction de la cour voisine que possédait Marmoutier et qui est donnée par le sire de Ribeaupierre. Cette cour abrite à l'époque une chapelle dédiée à saint Martin qui est détruite pendant la Révolution.

Obertor (1257)[modifier | modifier le code]

Plan d'Eguisheim, ville construite en circulaire autour de la place du Château

Autres curiosités[modifier | modifier le code]

Le pigeonnier[modifier | modifier le code]

Le pigeonnier : maison à colombages d'Eguisheim

Fontaine de 1557[modifier | modifier le code]

Fontaine de la Vierge (1563-1883)[modifier | modifier le code]

Fontaine Saint-Léon[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une fontaine de forme octogonale qui est une des plus imposante de la région Alsace. Le bétail venait s'y abreuver et les habitants y puiser l'eau pour des usages domestiques. Une statue de Saint-Léon est placée au sommet de cette fontaine. Elle a été sculptée par un nommé Hugel de Sélestat et placée en 1842 financée par la famille Brucker et bénie en 1880 par M. le chanoine Sattler.

Fontaine Saint-Léon, place du château à Eguisheim
Fontaine octogonale de 1557

Le reliquaire[modifier | modifier le code]

Ce reliquaire, d'après la légende, contenant une châsse pourrait contenir une partie du crâne de Saint Léon. Ces reliques étaient auparavant exposées à l'abbaye de Lucelle fondée en 1123 qui l'avait reçue de Rome. Pendant la Révolution les reliques sont transférées à l'église de Bouxwiller dans le Sundgau. En 1869 elles sont reconnues comme de vrais reliques. En 1880, le curé Andlauer curé d'Eguisheim obtient l'autorisation de l'évêque de Strasbourg une partie du crâne qui sera transportée à Eguisheim le 23 décembre 1880. A la fête de Saint Léon en 1881 la châsse est exposée pour la première fois au public.

Les trois châteaux d'Eguisheim[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

Les trois tours qui se dressent au-dessus d'Eguisheim et de Husseren-les-châteaux sont perchés sur un petit sommet qui culmine à 591 mètres à l'est de Husseren-les-châteaux et à l'ouest d'Eguisheim. On peut rejoindre les trois tours des châteaux depuis le village d'Eguisheim en rejoignant la "Route des cinq châteaux" qu'il suffit de parcourir jusqu'au parking qui est bien signalé. À partir de cet endroit il faut marcher jusqu'au sommet qu'on rejoint en 10 minutes. On peut également rejoindre les trois châteaux en partant depuis Husseren les châteaux. En longeant le chemin derrière l'église, un chemin forestier permet de rejoindre le sommet en 30 minutes. Le sentier est très pentu. Il est donc déconseillé à ceux qui ne sont pas suffisamment entrainés.

Les trois châteaux[modifier | modifier le code]

Une partie des ruines du Dagsbourg

Les trois châteaux sont appelés dans les anciens titres, le Dagsbourg, le Wahlenbourg et le Weckmund. Ce dernier a été érigé au XIIIe siècle et a probablement été construit par le duc Ulrich de Vaudémont, petit-fils de Gérard d'Alsace.Actuellement ils sont désignés sous le nom de Trois-Châteaux , die drei Exemer Schloesser. Le Wahlenburg, le plus ancien est connu depuis 1006. Il aurait fait l'objet d'un assaut dès 1026 par le duc de Souabe, Ernest II de Souabe.Le Dagsbourg était celui qui était le plus imposant des trois et le moins ancien. Les comtes d'Eguisheim sont les plus anciens seigneurs de la région. Descendants d'Etichon, ils ont dans leur lignée plusieurs maisons souveraines d'Europe. Ce château, castrum Hegensheim, mentionnée pour la première fois dans la Bulle de la Rose d'or (1049) doit son origine selon la chronique d'Ebersmunster, au comte Eberhard, le fondateur de l'abbaye de Marbach. On en attribue la fondation au comte Hugues qui d'après Berler[8] , y avait établi sa résidence, avec la comtesse Heilwige[Note 4]. Entre 1049 et 1054, Brunon d'Eguisheim le futur pape Léon IX aurait consacré une chapelle castrale qui était située dans l'enceinte même du château dédiée à saint Pancrace.

Le Dagsbourg et le Wahlenbourg étaient entourés d'un fossé particulier. Le Weckmund, placé à l'avant-poste servait de vigie et de rempart aux deux autres auxquels il était relié par un pont-levis. À côté du Weckmund se trouvait une tour ronde, appelée Nellenbourg, que Billing nomme la tour d'oubli ou la prison de la forteresse. Dans l'enceinte commune des Trois châteaux, il y avait une chapelle dédiée à Saint Pancrace et consacrée par le pape Léon IX. Toutes ces constructions, sauf la chapelle, furent ruinées en 1466, à l'occasion de la guerre que le meunier Hermann Klee suscita contre la ville de Mulhouse.

Légendes[modifier | modifier le code]

Si l'on en croit une vieille légende, les Trois-Châteaux seraient l'un une source de feu, l'autre une source d'eau, et le troisième une mine d'or. Ailleurs on affirmait que les trois tours servaient de cadran solaire aux travailleurs de la plaine. À onze heures, l'ombre du château couvrait complètement la façade du Dagsbourg, à midi celle du Wahlenbourg, à une heure celle du Weckmund. À trois heures les Trois-Châteaux projetaient leur ombre tout droit devant eux sur la déclivité de la montagne.

C'est dans le château (Castrum Egisheimiensis) qui est mentionné la première fois dans "la Bulle de la Rose" en 1049 que serait venue au monde Bruno d'Eguisheim, fils du comte Hugues IV d'Eguisheim et Heilwige du comté de Dabo.

La lignée des Eguisheim[modifier | modifier le code]

Vestiges du château d'Eguisheim - Porte d'entrée du Wahlenbourg
Le donjon du Weckmund en travaux

Eberhard était le petit-fils d'Etichon et le fils d'Adalbert. De ce dernier sortirent les deux branches des Luitfridigènes qui furent les comtes du Sundgau et des Eberhardigènes, les comtes de Nordgau. L'un de ceux-ci, Eberhard IV, fondateur de l'abbaye d'Altorf, eut plusieurs enfants, entre autres Adalbert I , souche de la maison de Lorraine, et Hugues III chef de la lignée Eguisheim-Dagsbourg. Son fils Hugues IV avait épousé Heilwige, fille et héritière du comte Louis de Dabo. C'est de ce mariage que naquit celui qui devint le pape Léon IX. Les Eguisheim s'allièrent par la descendance féminine avec les comtes de Vaudémont et les comtes de Metz.Un petit neveu de Léon IX, le comte Hugues VI, fut surnommé le petit soldat de Saint Pierre, indefessus miles S.Petri, à cause du zèle qu'il déploya pour défendre la cause de Grégoire VII contre l'antipape Guibert. Il fut assassiné par trahison dans le lit de l'évêque Othon, avec lequel il venait de se réconcilier à Haselach. Le dernier qui porta le titre de comte d'Eguisheim, fut Ulrich de Vaudémont, petit-fils de Gérard d'Alsace et petit neveu de Léon IX. Il fonda l'abbaye de Pairis et mourut sans enfants en 1144. Sa sœur Stéphanie ayant épousé le comte Frédéric Ier de Ferrette, et c'est ainsi qu'une partie du comté d'Eguisheim passa aux Ferrette, de même qu'un mariage devait un siècle plus tard amener le domaine des Ferrette dans la maison des Habsbourg-Autriche.

Quant aux Eguisheim-Dagsbourg, ils s'éteignirent en la personne de Gertrude de Dabo, fille d'Albert II de Dabo-Moha, comte de Metz et de Moha et de Gertrude de Bade (Zähringen), fille d'Hermann III, margrave de Bade, et de sa femme Marie de Bohême. Celle-ci s'était mariée trois fois : premièrement à Thiébaud Ier de Lorraine, deuxièmement à Thibaut IV de Champagne et troisièmement à Simon III de Sarrebruck, comte de Linange. À sa mort en en 1225, ses biens échurent aux évêques de Metz, de Liège et de Strasbourg. Ce dernier hérita des terres de Dabo et en grande partie de celles d'Eguisheim. En 1251, le château d'Eguisheim était devenu un fief castral de l'évêque de Strasbourg et l'ancienne seigneurie fut incorporée dans le Haut-Mundat, formant un troisième bailliage composée des communes de Gueberschwihr, Gundolsheim, Ossenbihr, Orschwihr, Soultzmatt avec la vallée, la moitié de Westhalten, Wittelsheim, Obermorschwihr, Osenbach, et Weinfelden (Suisse) avec Eguisheim comme chef-lieu.

Le château est plusieurs fois détruit[modifier | modifier le code]

Le donjon du château de Wahlenbourg
Porte de la partie haute du Wahlenbourg permettant d'accéder au logis seigneurial

Les trois châteaux furent plusieurs fois ravagés et réparés. Le premier des trois édifices est détruit une première fois en 1026 au cours d'un assaut du duc Ernest de Souabe. Il fera l'objet d'une nouvelle attaque dès 1144 et une troisième fois en 1198. En 1298, le village d'Eguisheim assiste impuissant au siège de l'empereur Adolphe de Nassau, mais résiste néanmoins. Devant tant de vaillance les troupes de Adolphe de Nassau levèrent le siège. C'est à la suite de ces attaques que le village fut entouré d'une muraille, octogonale comme celle du château sous Rodolphe de Habsbourg. Le château et le village sont de nouveau pillés entre 1370 et 1380 par les Anglais, puis en 1444 par les Armagnacs conduits par le dauphin de France, le futur Louis XI.

En 1466 lors de la guerre des Six Deniers, le Wahhienbourg et le Weckmund sont détruits par les milices de Turckheim et Kaysersberg. Un meunier avait à cette époque réclamé son dû à la ville de Mulhouse. Il vint se plaindre auprès de Pierre de Réguisheim. Ce dernier alerta la noblesse alsacienne et emprisonna des ressortissants de Mulhouse. En signe de représailles, les bourgeois de cette ville, aidés des gens de Kaysersberg et de Turckheim vinrent mettre le siège aux châteaux qu'ils incendièrent. Le château était occupé alors par Pierre de Régisheim. Le Haut-Eguisheim ne s'en relèvera jamais. Le Dagsbourg est abandonné deux siècles plus tard.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anonyme: Eguisheim: patrie de Saint-Léon. La ville et son église, Alsace, France. Riquewihr, La petite imprimerie, 1991, 16 pages
  • Brucker, Pierre Paul: Le Château d'Eguisheim, berceau du pape Léon IX - Le Roux F.X. , Paris/retaux, Strasbourg, 1893, 95 pages
  • Comité d'Organisation, CCLE (Éditeur scientifique): Eguisheim, 2 février 1945 cinquante ans plus tard - Commémoration du cinquantenaire de la libération d'Eguisheim., Eguisheim, CCLE, 1995 - Vidéocassette VHS Secam
  • Fleck, Philippe: Saint-Léon IX, voyageur de Dieu, Éditions Coprur, Strasbourg, 2002 ISBN 2-84208-095-5
  • Muller, Claude: Eguisheim à l'époque contemporaine: 1870-1992, Éditions Coprur, Strasbourg, 1992, 423 pages - Monographies des communes alsaciennes
  • Pierrot, Bernard: «Eguisheim et Wettolsheim, possessions du prince-évêque de Strasbourg en 1578», Au pied des trois châteaux, 1990, pp. 33-53
  • Risacher, Bertrand: Les Châteaux forts d'Eguisheim du Haut Mundat du IXe siècle au milieu du XVe siècle. Mémoire de maîtrise, Strasbourg, 1993, 292 pages - Plans + illustrations
  • Schikele, M., curé de Sainte-Madeleine à Strasbourg : Egisheim, Sutter & Cie, Rixheim, 1892, 17 p. (extrait de la Revue catholique d'Alsace)
  • Société d'histoire et d'archéologie de Genève: Mémoires et documents, Volume 16, 1867, p. 245 à 272 et 301 Google livres

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Le nom de la ville d’Haguenau a subi la même adaptation. En revanche, Fegersheim et Gimbrett n’ont pas changé d’orthographe.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  4. Orthographié quelquefois aussi Helwige
Références
  1. Médiéval Généalogie le nomme Hugues VII
  2. Médiéval Généalogie le nomme Hugues VIII
  3. Médiéval Généalogie le nomme Hugo XI
  4. Médiéval Généalogie le nomme Hugo XII
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  7. Eguisheim Eguisheim a reçu le titre du Plus Beau Village de France 2013 par France 2, www.ot-eguisheim.fr
  8. Berler Chronicon, : Das Schlosz Dreyegenseheim, 1510