Pradelles (Haute-Loire)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pradelles.
Pradelles
Vue vers le sud-est
Vue vers le sud-est
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Haute-Loire
Arrondissement Le Puy-en-Velay
Canton Pradelles
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes des Pays de Cayres et de Pradelles
Maire
Mandat
Stéphane Bourgoin
2014-2020
Code postal 43420
Code commune 43154
Démographie
Population
municipale
615 hab. (2011)
Densité 35 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 46′ 14″ N 3° 52′ 59″ E / 44.7706, 3.8831 ()44° 46′ 14″ Nord 3° 52′ 59″ Est / 44.7706, 3.8831 ()  
Altitude Min. 880 m – Max. 1 302 m
Superficie 17,48 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Pradelles

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Pradelles

Pradelles est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne. Elle est classée parmi les plus beaux villages de France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Pradelles est située au carrefour de la Haute-Loire, de la Lozère et de l'Ardèche, entre les gorges de la Loire et de l'Allier, à l'extrémité méridionale de la chaîne volcanique du Devès.

Pradelles domine la vallée de l'Allier et le barrage de Naussac.

Le Pays de Pradelles est situé aux confins de la Haute-Loire et à proximité de l'Ardèche et de la Lozère. Terre de volcans, ses paysages sont façonnés par les gorges de l'Allier et de la Loire. De nombreux témoignages du passé sont présents dans ses bourgs ruraux.

De Pradelles, le Castrum pratellae, on pouvait surveiller un vaste territoire s'étendant sur toute la haute vallée de l'Allier et au-delà, jusqu'aux crêtes du Mont Lozère qui ferment l'horizon vers le sud.

À l'ouest, c'est une longue échine de la Margeride où sévit au XVIIIe siècle la terrible « Bête du Gévaudan ».

À l'est, on peut apercevoir quelques sommets de la ligne de partage des eaux entre l'Atlantique, où se jettent la Loire et l'Allier, et la Méditerranée, vers laquelle coule l'Ardèche.

Enfin, vers le nord, s'étend le Pays de Pradelles où se mêlaient les influences du Velay et du Vivarais et où tant de sites pittoresques sont à découvrir.

Maison dans le vieux centre

Histoire[modifier | modifier le code]

Le plus ancien document publié mentionnant le nom de Pradelles est le cartulaire de Saint-Chaffre du Monastier où est transcrit un acte de donation d'une église dédiée à Saint-Andéol située "in pago Vivarensi, in vicaria Pratelliensi in villa quae dicitur Escolenco". Cet acte est daté de janvier 965.

Le culte de Notre-Dame de Pradelles apparaît en 1512, date à laquelle une statue est découverte dans le sol d'un pré à côté de l'hôpital, à la place où s'élève aujourd'hui le clocher de la chapelle. On ne connaît rien de plus sur l'histoire de cette statue. Le culte fut d'abord très local. En 1586, un incendie dévasta tout un quartier de Pradelles épargnant seulement la chapelle, attirant un peu plus l'attention sur ce petit sanctuaire.

Le grand événement qui contribua à la renommée de Notre-Dame de Pradelles fut le 10 mars 1588 ; en pleine guerre de religion, les troupes huguenotes, qui ravageaient la région depuis quelque temps, vinrent attaquer Pradelles. Mais, elles furent défaites et le pillage fut épargné à la ville. Les pradellains attribuèrent à la protection de Marie cette victoire.

Les dominicains s'installèrent à Pradelles en 1608 et contribuèrent à répandre la renommée du sanctuaire dans le Velay, le Vivarais et le Gévaudan. On vient même du Gard en pèlerinage à Pradelles. Ce pèlerinage est toujours bien fréquenté. En particulier le 15 août où une procession parcourt les rues de la ville avec la statue.

Parmi les miracles attribués à Notre-Dame de Pradelles, citons la guérison d'Anne-Marie Rivier, la fondatrice des Sœurs de la Présentation qui retrouva l'usage de ses jambes dont elle était privée depuis l'âge de deux ans.

En 1793, les révolutionnaires jetèrent la statue au feu. Quand un assistant put la récupérer, elle était à moitié consumée. Elle fut restaurée en pin du pays et après 1802, elle revint dans sa chapelle. Le 18 juillet 1869, elle fut solennellement couronnée.

En 1832, Pradelles fut réunie à la commune voisine de Saint-Clément-de-Pradelles. Cette dernière, au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), porta le nom de Robertin[1].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Pradelles Blason D'azur à trois demi-vols abaissés d'argent, ceux du chef affrontés.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1997 2014 Marc Liabeuf DVG  
1989 1997 Gilles Romand PS  
1983 1989 Henri Maurin DVD  
1977 1983 Pierre Pabiou    
1971 1977 Jean Lebobe    
1953   Maurice Hilaire   Commerçant
  1953 Adrien Durand   Notaire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 615 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 500 1 197 1 144 1 256 1 340 1 555 1 534 1 562 1 713
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 756 1 752 1 872 1 904 1 971 2 036 1 963 1 882 1 861
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 815 1 952 1 791 1 593 1 297 1 292 1 193 1 134 1 045
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
857 733 618 570 584 581 612 619 613
2011 - - - - - - - -
615 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Mal située d'un point de vue ferroviaire[4], Pradelles a une économie en partie axée sur le secteur médico-social et le tourisme de moyenne montagne. Quatre établissements du secteur médico-social sont présents sur la commune : Un EHPAD (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), l'Institut Saint-Nicolas d'accueil de handicapés et deux maisons d'enfants (La Renouée et l'Institut Jeanne de Lestonnac)[5].

La population active de Pradelles est de 186 habitants en 1999. On compte 16 agriculteurs et 20 artisans commerçants qui travaillent sur la commune[6], 8 cadres, 80 employés et 20 ouvriers. La part des retraités dans la communes est en constante progression : 144 en 1982, 160 en 1999, 188 en 1999[7].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Pradelles compte un office de tourisme, le vélo-rail et la présence de deux itinéraires de randonnée : Chemin de Stevenson (GR70) et le Voie Regordane (GR 700).

La commune fait partie des plus beaux villages de France[8] et des stations vertes de vacances et des villages de neige. Elle est équipée d'un camping municipal, avec piscine, d'un village de vacances, d'un gîte étape, de plusieurs chambres et tables d'hôtes, d'un hôtel-restaurant, de plusieurs restaurants et d'une base de rafting.

Vue de la gare de Pradelles reconvertie en terminus du vélo-rail en 2011.
Vue de la gare de Pradelles reconvertie en terminus du vélo-rail en 2011.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Une école publique, un médecin et un infirmier sont présents sur la commune. Présence également d'une pharmacie spécialisée en MAD. Les services aux personnes-âgées se composent d'une maison de retraite et d'un foyer résidence. Une gendarmerie, une poste, une caserne de pompiers, un centre de déneigement et le trésor public complètent les services.

Une bibliothèque municipale récente[Quand ?], avec des salles de lecture et une salle d'exposition[9].

La commune compte par ailleurs une association de VTT[10] et une piscine municipale.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

La chapelle Notre-Dame de Pradelles, construite en 1613, enjambe la route. C'est le seul édifice restant de l'ancien hôpital Saint-Jacques.

Il ne reste que des ruines de la chapelle Saint-Clément. Un ossuaire y est accolé. Une voûte en berceau brisé abrite deux sarcophages de pierre. La fontaine Sainte-Reine est toute proche.

La chapelle des pénitents de Pradelles date du XVIIe siècle.

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Une des porte de la vieille ville
Une des porte de la vieille ville

La porte de la Verdette construite au XIIIe siècle a conservé les corbeaux de pierre des mâchicoulis, les pierres primitives constituant l'escalier montant au rempart et une Vierge à l'Enfant. Elle a été inscrite aux Monuments Historiques le 22 octobre 1971.

La tour de Rochely est très proche de la porte de la Verdette et devait être un de ses éléments de défense. Elle a été inscrite aux Monuments Historiques le 29 février 1972.

La porte du Besset qui n'a conservé aucun appareil défensif était munie d'une herse dont les glissières sont encore bien visibles. Elle a été inscrite aux Monuments Historiques le 22 novembre 1972.

La maison Templer (ancienne demeure des Boutavin de Mortesagne), la maison Frévol, la maison aux arcades (construite au XVIe siècle par Antoine Vinhe), sont Place de la Halle et forment un ensemble urbain construit du XVe au XVIIe siècle. La halle, quoique classée aux monuments historiques a été progressivement démolie entre 1939 et 1960.

La façade ornée de deux portes gothiques de la maison Thomas, en contrebas de l'église paroissiale, font penser à une construction à partir de vestiges de l'ancien prieuré de Pradelles dépendant de la Chaise-Dieu. Elle a été inscrite aux Monuments Historiques le 23 mars 1972.

Le manoir du Mazonric daté de 1572 possède une tour d'escalier sur un corps de logis rectangulaire. Il a été inscrit aux Monuments Historiques le 27 octobre 1986.

Le château du Mazigon daté de 1642 et son parc ont été inscrits aux Monuments Historiques le 10 novembre 1997.

Galerie[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Baudouin, l'un des premiers membres de l'Académie française, est né à Pradelles en 1590. Lecteur de la reine Marguerite et pensionné sur le sceau par Séguier. Il fut le premier traducteur de la Jérusalem délivrée ; « son chef-d’œuvre est la traduction de Davila, mais il en a fait aussi plusieurs autres qui ne sont pas à mépriser... Dans tous ses ouvrages, son style est facile, naturel et français. » (Pellisson). Il fut admis à l’Académie avant le 13 mars 1634. Il mourut de faim et de froid en 1650 (bibliographie provenant de l'Académie Française).
  • Jeanne La Verdette : c'est au portail de la Verdette que se déroula, le 10 mars 1588, le fait d'armes le plus connu et le plus légendaire de l'histoire de Pradelles. Au cœur des guerres de religion, une troupe protestante, tentant de s'emparer de la cité qui commandait le passage entre la vallée du Rhône et la ville du Puy-en-Velay, fut repoussée après un combat acharné au terme duquel le capitaine des assaillants eut son casque « encloté » par une pierre lancée par Jeanne La Verdette. Néanmoins, Jacques de Chambaud survécut et eut encore l'occasion de se distinguer au service d'Henri IV, avant de mourir de congestion en 1600.
  • André Bruno de Frévol de Lacoste, général de brigade, tué au siège de Saragosse (Pradelles, 14 juin 1775 - Saragosse, 2 février 1809).
  • Bouchareinc de Chaumeils de Lacoste de Louis Michel, né le 30 mai 1798 à Pradelles.
  • Anne-Marie Rivier 1768-1838 Fondatrice des Sœurs de la Présentation de Marie a bénéficié d'un miracle attribué à Notre Dame de Pradelles. Elle a été béatifiée par le Pape Jean-Paul II le 23 mai 1982.
  • Gui de Mortessagnes[11],(1714-1796), né à Pradelles, est un frère cadet de Jean-Baptiste Boutavin de Mortessagnes qui fut curé de Pradelles durant une quarantaine d'années. Jésuite, formé au noviciat de Toulouse, il enseigne à Montpellier et à Pamiers. Lors de l'éviction des jésuites de leurs Collèges, il se retire en 1765 à Montélimar où il résidera jusqu'à sa mort. En 1767, il prête le serment exigé d'allégeance au roi par-devant l'autorité royale représentée par le vice-sénéchal Barthélemy Faujas: celui-ci n'est pas encore le Faujas de Saint-Fond qui, en 1793, sera le premier occupant de la chaire de géologie créée au Museum d'Histoire naturelle, mais il s'intéresse déjà à la géologie. Gui de Mortessagnes fera partie du réseau qui entoure Faujas, alors au début de sa carrière scientifique. Sollicité par Faujas, Gui de Mortessagnes, lui adressera ses observations et réflexions sur les volcans du Vivarais et du Velay sous forme de Lettres. Six d'entre elles[12] figurent, de la page 369 à 416, dans l'ouvrage très connu de Faujas de St Fond Recherches sur les volcans éteints du Vivarais et du Velay (1778). La précision de ses observations sur le terrain et la pertinence de sa réflexion, reconnues par des savants de l'époque comme de Gensanne et Giraud Soulavie, font de Gui de Mortessagnes un des pionniers de la volcanologie en France. Ses activités dans le domaine de la géologie se poursuivent au moins jusqu'en 1782.
  • L'écrivain écossais Robert Louis Stevenson traversa Pradelles lors de son périple à travers les Cévennes qu'il relate dans Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Saint-Clément sur le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui de l'EHESS, consulté le 18 juillet 2012.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  4. Site personnel sur Pradelles
  5. Pradelles sur le site officiel de la communauté de communes du Pays de Cayres Pradelles
  6. Navette domicile - travail des actifs de Pradelles ayant un emploi en 1999, INSEE
  7. Population de Pradelles selon la catégorie socio-professionnelle en 1999, INSEE.
  8. Pradelles sur le site de l'association Les plus beaux villages de France
  9. Bibliothèque municipale de Pradelles, article paru dans le bulletin municipal 2009.
  10. Association « riders 43 » sur un site personnel
  11. Jean Mergoil, Juliette Mergoil-Daniel, Académie des Sciences, C.R. 2011, tome 343, 370-378
  12. Jean Mergoil, Juliette Mergoil-Daniel, Académie des Sciences, C.R. 2012, tome 344, 526-534