La Romieu

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La Romieu
Mairie
Mairie
Blason de La Romieu
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Gers
Arrondissement Condom
Canton Condom
Intercommunalité Communauté de communes de la Lomagne gersoise
Maire
Mandat
Denis Delous
2008-2014
Code postal 32480
Code commune 32345
Démographie
Gentilé Romévien, romévienne
Population
municipale
566 hab. (2011)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 58′ 58″ N 0° 29′ 55″ E / 43.9827777778, 0.49861111111143° 58′ 58″ Nord 0° 29′ 55″ Est / 43.9827777778, 0.498611111111  
Altitude Min. 104 m – Max. 217 m
Superficie 27,48 km2
Localisation

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La Romieu (L'Arromiu en gascon) est une commune française située dans le département du Gers en région Midi-Pyrénées.

Le nom de cet ensemble médiéval, « l'Arroumîu », signifie « le pèlerin » (un « roumieu » désignait à la base un pèlerin pour Rome, mais le terme s'est appliqué à tous les pèlerins).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Petit Auvignon prend sa source sur la commune.

La commune était alimentée par la source de Sept Hountas qui est une jonction de 7 sources de grande qualité. À présent, de très nombreux puits, dont la profondeur peut s'étendre à 33 mètres, se trouvent dans la ville.

Plusieurs collines entourent la ville. De très nombreux sites préhistoriques et des carrières de sable les jonchent. La Romieu fut habitée à l'époque romaine : une voie antique, la Peyrigne, qui reliait La Motte de Lécussan à Saint-Bertrand-de-Comminges[1], Valcabrère et la Ténarèze, passent par la Romieu.

Le pèlerinage de Compostelle[modifier | modifier le code]

La Romieu est une ville étape européenne sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, située sur la via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1998, le chemin Lectoure-La Romieu-Condom, soit 33 km, est classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.

Les chemins de Rocamadour (GR 652) et du Puy-en-Velay (GR 65) se rejoignent à La Romieu.

Le 25 juillet 2010, une messe a lieu dans la collégiale Saint-Pierre pour l'année jacquaire. La prochaine est prévue pour 2021.

le 22 septembre 2010 voit l'arrivée à la Romieu de la Vierge Noire de Rocamadour sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un prieuré bénédictin a été fondé par le moine Albert sur les terres des seigneurs de Firmacon, vicomtes de Lomagne.

Une charte du cartulaire de l'abbaye Saint-Victor de Marseille de 1082 indique que le prieuré est donné à l'abbaye par le moine Albert, Odon, seigneur de Firmacon et sa femme Adélaïde. Cet acte fait de La Romieu une « sauveté » avec une charte de franchise qui place la communauté villageoise sous la protection des seigneurs de Firmacon[2].

Les co-seigneurs de la ville étaient le seigneur de Firmacon et le prieur du monastère. Les seigneurs de Firmacon y rendaient la justice.

Après le traité d'Amiens, en 1279, qui reprenait les clauses du traité d'Abbeville de 1259 et cédait l'Agenais au roi d'Angleterre, La Romieu entra dans le domaine du roi d'Angleterre. Ils exercèrent un temps le droit de haute et de basse justice mais les vicomtes de Lomagne conservèrent le droit de juger en cas d'homicide et de vol. Puis les droits de justice furent partager entre les vicomtes de Lomagne et le chapitre de chanoines. La Romieu ne revint définitivement dans le domaine du roi de France qu'après 1453.

Au 13e siècle, la ville devint une commune avec des consuls.

La Romieu dépendait du Parlement de Bordeaux, de la sénéchaussée de Gascogne et du diocèse de Condom à partir de 1318.

Arnaud d'Aux, né en 1270 à la Romieu, fut chargé de plusieurs missions diplomatiques par son cousin Bertrand de Got (qui devint le pape Clément V). Il fut promu évêque de Poitiers, puis camérier du pape (ministre des Finances). Il eut la charge du problème des Templiers. En 1312, il devint évêque d'Albano et cardinal. Vers 1312, Arnaud d'Aux a acheté aux consuls et aux habitants de La Romieu un terrain situé contre les fossés de la ville qu'il a fait combler pour en creuser d'autres plus loin. En 1314, le roi Édouard II d'Angleterre en fit son consul privé. C'est à cette époque, c'est-à-dire au faîte de sa gloire, qu'il décida d'établir une fondation religieuse dans son village natal, La Romieu. Pour construire la collégiale, il a racheté le prieuré à l'abbaye Saint-Victor de Marseille. Le 22 décembre 1317, le pape Jean XXII a donné son accord pour cette transaction dans une bulle. Au cours d'une messe dans l'église Notre-Dame-du-Prieuré, en juillet 1318, le cardinal d'Aux annonça le rattachement du prieuré à la collégiale Saint-Pierre. L'acte de fondation de la collégiale date du 30 juillet 1318. Raymond de Galard, évêque de Condom a approuvé la fondation le 2 octobre 1318[3].

À l'époque médiévale, le village dépendait de l'Angleterre. L'amitié d'Arnaud d'Aux pour Édouard II facilita grandement les choses, d'autant plus que le roi anglais reversait la totalité des impôts collectés localement pour qu'il puisse édifier sa fondation. Elle fut achevée vers 1320. Le cloître fut construit peu après l'église. Arnaud d'Aux est mort en août 1320 à Avignon et son corps a été transporté dans la collégiale où il a été placé dans un enfeu. Le cardinal d'Aux avait prévu dans son testament daté du 20 août 1320 que les descendants mâles de la famille d'Aux devaient porter le titre de Patron du chapitre de la collégiale. Ce titre est resté dans la branche aînée de la famille d'Aux jusqu'en 1790[4].

En 1569, les protestants commandés par Montgommery prirent la ville et la pillèrent. La collégiale Saint-Pierre et l'église paroissiale Notre-Dame ont été saccagées. Le cloître fut incendié et ses étages partiellement détruits.

Le chapitre de la collégiale disparaît au début de la Révolution. Les villageois choisirent la collégiale comme église paroissiale ce qui a entraîné la démolition de l'église Notre-Dame.

Depuis 1901, la collégiale et son cloître, exceptionnel exemple d'architecture gothique méridionale, sont classés monuments historiques.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules aux deux tours d'argent maçonnées de sable, ouvertes et ajourées du champ, rangées en fasce, accompagnées de trois étoiles d'or, ordonnées deux en chef et une en abîme, d'une étoile de six rais du même en chef et d'une lettre A capitale aussi d'argent en pointe[5].
Commentaires : Le Blason, qui était celui du chapitre de la Collégiale, représente les étoiles de Compostelle ainsi que la molette de Notre-Dame de la Romieu, les tours de la Collégiale de la Romieu et la première lettre de la famille "Aux", fondatrice de la commune. Ce blason est celui de la ville depuis la Révolution Francaise.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 2014 Denis Delous[6]    
mars 2001 2008 Raymond Sourbe    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 566 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
1 584 1 248 1 278 1 259 1 262 1 390 1 360 1 355 1 333
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 378 1 297 1 200 1 206 1 212 1 205 1 110 1 052 1 007
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
956 941 811 815 824 790 744 748 688
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011 -
644 535 547 528 532 538 539 566 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Collégiale Saint-Pierre.

Influencée à la fois par le gothique méridional et l'art du Nord, la collégiale Saint-Pierre de La Romieu[9],[10] se signale par son vaisseau unique de quatre travées, long de 36 mètres, haut de 15 mètres et étroit de 9 mètres et qui s'achève par une abside polygonale. Elle se caractérise par sa voûte gothique et abside à pans coupés. Dans le chœur, on trouve les tombeaux du prélat et de ses neveux, profanés à la Réforme, banalement refaits. Elle est classée au titre des Monuments historiques par arrêté du 26 octobre 1901[11].

Une tour octogonale s'appuie sur le côté oriental de l'abside. Composée de trois salles voûtées (une par niveau) et cent-soixante-huit marches, elle s'achève sur une pièce très ajourée au sommet. Le rez-de-chaussée sert de sacristie ornée de peintures du XIVe siècle (seize anges chanteurs ou musiciens escortés de la famille d'Aux). Elle possède un clocher de 33 mètres.

Au nord de l'église, dont il jouxte les deux premières travées extérieures, le cloître carré à quatre galeries de huit arcades gothiques géminées est une œuvre majestueuse, bâti probablement au XIVe siècle. En dépit de restaurations maladroites, on distingue encore quelques traces d'un très riche décor sculpté de feuilles de chêne, de vigne et de lierre mêlées à des figures humaines et animales. Du cloître, une arcade à mâchicoulis conduit à l'église. Il soutenait l'étage disparu des bâtiments conventuels.

L'ancien couvent des religieuses franciscaines de Montpellier jusqu'à l'après guerre, qui est ensuite devenu le couvent des religieuses de la Providence, est aujourd'hui l'accueil des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, géré par une association privée. C'est une œuvre des vicomtes de Saint-Gresse-de-Merens pour la mémoire du vicomte mort en 1870 à Paris.

Parmi les autres édifices religieux, on trouve :

  • la chapelle du hameau de Saint-Caprais à 5 km de la Romieu ;
  • la chapelle Saint-Jean-De-Rouède (qui ne se visite pas) ;
  • l'ancien hôpital Saint-Jacques devenu couvent des clarisses (propriété privée) ;
  • la croix dite de Sainte-Lucie avec l'emplacement de la relique réalisée en pierre, située à l'arrivée du chemin de Rocamadour.
  • les ruines de la chapelle de l'église (Belmont).

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Tour du cardinal d'Aux.

La tour du Cardinal d'Aux est classée au titre des monuments historiques en 1928[12]. C'est, avec un morceau de mur d'enceinte, le seul élément subsistant du palais cardinalice que s'était fait construire le cardinal d'Aux au sud-ouest de la collégiale. L'entrée occidentale du palais se trouvait rue du Puits.

Construit en 1582 par Bernard du Bousquet, magistrat de Condom, deux atlantes encadrent la porte du château de Madirac ; une inscription en latin résume les circonstances de la construction. Ce château est inscrit au titre des Monuments historiques par arrêté du 28 avril 1964[13].

En outre, on trouve :

Les sites naturels incluent :

  • les grottes de Broutés ;
  • les grottes de Cavet blanc ;
  • les grottes de Sinaie ;
  • la grotte de Mathurin ;
  • la source de Sept Hountas.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Fortius de Auxio ou Fort d'Aux de Lescout, évêque de Poitiers en 1312, succède au cardinal d'Aux, son oncle, premier patron du chapitre de la collégiale.
  • Le vicomte de Saint-Gresse de Merens, né à La Romieu, zouave pontifical, s'est illustré et est mort au siège de Paris de 1870.
  • Le marquis de Lally-Thollendal fit, pour le mariage de son fils en 1845, restaurer la collégiale de La Romieu en la faisant orner d'une frise et doter de calices.
  • Gilbert Cours-Darne, né à La Romieu (1909-2001), est un botaniste, ingénieur agronome, inspecteur général de la recherche scientifique Outre Mer, fondateur de l'arboretum de La Bordette.
  • Le chevalier de Romegas de Mansonville ou Mathurin d'Aux de Lescout général des galères fit réparer la collégiale de la Romieu.
  • L'abbé Felix Maupomé, chevalier de la Légion d'honneur, né à la Romieu, résistant était prisonnier de guerre ; on le nomme aussi le curé mousquetaire inhumé à Dému.
  • Adrien Larribeau, chevalier de la Légion d'honneur, né à la Romieu, fut archevêque de Séoul, présent au concile Vatican II. Il est mort en 1975 et est inhumé à Montbeton en Tarn-et-Garonne.
  • Étienne Bouet, officier de la Légion d'honneur, héros des deux guerres, résistant, fut tué au maquis de Meilhan dans le Gers en 1944 au côté de son petit-fils Jean Seguin et auprès du commandant Louis Marcellin.
  • Sœur Jeanne Boyer, religieuse de la Providence de La Romieu (+ en 1995), est reconnue par le mérite national pour son rôle dans la Résistance.
  • Jean Laboubée, tombé au champ d'honneur en Indochine, est chevalier de la Légion d'honneur et Croix de guerre.
  • Jarry Pailler, ancien sous-préfet de Condom, est inhumé au cimetière de la Romieu.
  • Alain Leclère, facteur d'orgue, est créateur de l'orgue de Terraube ; il est inhumé à La Romieu.
  • Gabriel de San Mateo, directeur de lycée et ancien maître des chœurs de l'Armagnac, est inhumé à La Romieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. GUÉRARD (M.). – Cartulaire de l’abbaye de Saint-Victor de Marseille. Paris : Lahure, 1872. Tome premier, charte 150.
  3. Marcel Durliat, La Romieu, p. 181-193, dans Congrès archéologique de France. 128e session. Gascogne. 1970, Société Française d'Archéologie, Paris, 1970
  4. Evelyne Ugaglia, La collégiale Saint-Pierre. La Romieu, Office du tourisme de La Romieu, La Romieu, 2003 (ISBN 2-9513405-8-3) ; p. 32
  5. Banque du blason.
  6. http://www.annuaire-des-mairies.com/32/la-romieu.html
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  9. Jacques Gardelles - Aquitaine gothique - pp. 96-101 - Picard - Paris - 1992 - ISBN 2-7084-0421-0
  10. * Marcel Durliat, La Romieu, pp. 181-193, dans Congrès archéologique de France. 128e session. Gascogne. 1970, Société Française d'Archéologie, Paris, 1970
  11. « Église et cloître », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Tour dite du Cardinal d'Aux », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Château de Madirac », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]