Georges Duby

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Georges Duby

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Biographie
Naissance
Paris
Décès
Le Tholonet près d'Aix-en-Provence
Nationalité Drapeau de la France Français
Vie universitaire
Formation Université de Lyon
Titres professeur au Collège de France
Membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
Membre de l'Académie française
Approche disciplinaire histoire de la représentation mentale

Principaux travaux

  • La Société aux XIe et XIIe siècles dans la région mâconnaise (thèse de doctorat, 1952)
  • Les Trois Ordres ou l'Imaginaire du féodalisme (1978)
  • Adolescence de la chrétienté occidentale, L'Europe des cathédrales et Fondement d'un nouvel humanisme (1966-1967)

Georges Duby[1], né le à Paris, mort le au Tholonet près d'Aix-en-Provence, est un historien français spécialiste du Moyen Âge, professeur au Collège de France de 1970 à 1991.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Georges Duby est issu d'une famille d'artisans parisiens. Son père était teinturier et travaillait notamment pour le cinéma.

Il fait ses études secondaires à Mâcon[réf. nécessaire] et est lauréat du Concours général de dessin. Il fait ensuite des études supérieures d'histoire et est reçu 9e (sur 12) à l'agrégation d'histoire et géographie en 1942[2].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière dans l'enseignement secondaire, puis est nommé assistant à la Faculté de lettres de l'université de Lyon à la Libération, enseigne quelque temps à Besançon, puis obtient la chaire d'histoire du Moyen Âge à la Faculté de lettres d'Aix-en-Provence en 1951. Il se fixe alors dans cette région.

En 1952, Georges Duby soutient à la Sorbonne sa thèse de doctorat ès lettres, réalisée sous la direction de Charles-Edmond Perrin et intitulée La Société aux XIe et XIIe siècles dans la région mâconnaise (thèse qui sera ensuite publiée en 1953). Il y utilise la masse considérable des documents de l'abbaye de Cluny pour expliquer « à fond » un espace particulier, le Mâconnais, reprenant l'exemple des monographies régionales produites alors par l'école géographique française[réf. nécessaire].

En 1970, il est élu à la chaire d'histoire des sociétés médiévales du Collège de France, qu'il occupe jusqu'en 1991.

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Les honneurs officiels récompensent son enseignement et ses nombreuses publications, dont le rayonnement dépasse très largement le cercle des spécialistes.

Apport à l'histoire du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Georges Duby a su dès le début de sa carrière renouveler la perception du Moyen Âge en adoptant des points de vue originaux. Sa rencontre avec la géographie est importante dans sa formation d'historien. Elle est alors, à la fin des années 1940, selon ses mots, une discipline où l'on est « le plus attentif à ce qui se produisait de plus neuf parmi les sciences de l'homme ». Cette filiation (André Allix, Roger Dion) l'amène à étudier l'histoire médiévale, mais, plus encore, à prendre en compte les paysages et les sociétés rurales de cette époque.

Plus particulièrement spécialiste des Xe, XIe, XIIe, et XIIIe siècles en Europe occidentale, Duby contribue tout au long de ses ouvrages à renouveler les méthodes et les objets de la discipline historique. Auteur de vastes études (Guerriers et paysans en 1973, L'Europe au Moyen Âge en 1979), il pousse encore plus loin ses recherches sur la société médiévale en reprenant la célèbre trifonctionnalité de Georges Dumézil (Les Trois Ordres ou l'Imaginaire du féodalisme en 1978) tout en renouvelant l'archétype de l'événement historique dans un livre aujourd'hui célèbre par le paradoxe apparent qu'il affirme dans son titre : Le Dimanche de Bouvines, sur la Bataille de Bouvines, publié en 1973, est une célébration de l'événement, certes, mais surtout une analyse magistrale de son environnement et de ses conséquences.

Par son œuvre, il appartient, comme Fernand Braudel qu'il admirait, à la deuxième génération d'historiens de l'école des Annales, fondée en 1929 par Marc Bloch et par Lucien Febvre. Outre son intérêt non démenti pour la géographie relevé plus haut, Georges Duby s'illustre également par sa maîtrise de la langue française et par des apparitions à la télévision, dans le cadre d'émissions de vulgarisation inspirées par ses écrits, comme Le Temps des cathédrales (1976), ou dans le cadre de débats.

Georges Duby a beaucoup apporté au renouvellement de la compréhension de l'Histoire grâce au concept de représentation mentale. Avec d'autres penseurs, comme Marc Augé en anthropologie, il a reconnu et explicité la fonction de la représentation dans la constitution des ordres et des rapports sociaux, l'orientation des comportements collectifs et la transformation du monde social. À propos de l'imaginaire de la féodalité, Georges Duby parle de la représentation comme « membrure », « structure latente », « image simple » de l'organisation sociale assurant le passage vers différents systèmes symboliques.

Citations[modifier | modifier le code]

« Il arrive que l'historien découvre inopinément beaucoup de ce qu'il cherche lorsqu'il sort de sa chambre et regarde autour de lui. (...) Ce que je cherchais dans mes courses à travers les champs et les bois, c'était une bonne prise, concrète, sur le réel. »[3]

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Note : une liste exhaustive des œuvres de Duby est disponible sur le site de l'Académie française[4],[5].

Ouvrages universitaires
  • La société aux XIe et XIIe siècles dans la région mâconnaise, Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1953. Thèse de doctorat d'État.
  • L'économie rurale et la vie des campagnes dans l'Occident médiéval, Paris, Aubier, 1962, 2 volumes
  • Hommes et structures du Moyen Âge, Mouton, 1973 ; rééd. en deux volumes : Seigneur et paysans et La société chevaleresque, Flammarion, 1988
  • Guerriers et paysans, VIIe ‑ XIIe siècles : premier essor de l'économie européenne, Gallimard, 1973
  • Les trois ordres ou L'imaginaire du féodalisme, Paris, Gallimard, 1978 (ISBN 2070286045)
  • Le chevalier, la femme et le prêtre : le mariage dans la France féodale, Paris, Hachette, 1981 (ISBN 2012790712)
  • Guillaume le Maréchal ou Le meilleur chevalier du monde, Paris, Fayard, 1984 (ISBN 2070323447). Biographie de Guillaume le Maréchal, qui s'élève dans la hiérarchie féodale par ses dons jusqu'à devenir l'un des hommes les plus puissants du royaume d'Angleterre
  • Mâle Moyen Âge : de l'amour et autres essais, Paris, Flammarion, 1988, réédition de 2010, (ISBN 9782081236325)
  • Dames du XIIe siècle, Gallimard, 1995-1996, 3 volumes
  • Les femmes et le pouvoir au XIIe siècle, conférence donnée au Collège de France le 17 février 1994, CD audio, Houilles, Le Livre qui parle, 2009
Ouvrages grand public
  • Le dimanche de Bouvines (27 juillet 1214), Gallimard « Trente journées qui ont fait la France », Paris, 1973 (ISBN 2070322955). Duby y montre qu'un historien des Annales peut aussi, à l'occasion, traiter d'un événement : la bataille de Bouvines
  • Avec Andrée Duby, Les procès de Jeanne d'Arc, Gallimard, 1973
  • L'an mil, Gallimard, 1980 (ISBN 2-07-032774-4)
  • L'Europe au Moyen Âge , (art roman , art gothique), 2 novembre 1981, Arts et métiers graphiques
Histoire de l'art
  • Adolescence de la chrétienté occidentale, L'Europe des cathédrales et Fondement d'un nouvel humanisme, Skira, 1966-1967, 3 volumes ; repris en un volume sous le titre Le Temps des cathédrales : l'art et la société (980–1420), Paris, Gallimard, 1976 (Grand Prix Gobert de l'Académie française 1977) (ISBN 207029286X)
  • Saint Bernard : l'art cistercien, Arts et métiers graphiques, 1976
Participation à des ouvrages collectifs
  • (dir.) Atlas historique, Paris, Larousse, 1978 ; nombreuses rééditions revues et augmentées
  • Avec Robert Mandrou, Histoire de la civilisation française, A. Colin, 1958, 2 volumes
  • (dir.) Histoire de la France, Des origines à nos jours, Larousse, 1970-1971, 3 volumes ; rééd. Bibliothèque historique Larousse, 2007 (ISBN 978-2035826367)
  • (codir. avec Armand Wallon) Histoire de la France rurale, Paris, Le Seuil, 1976, 4 volumes
  • (dir.) Histoire de la France urbaine, Le Seuil, 1980-1985, 5 volumes
  • (codir. avec Philippe Ariès) Histoire de la vie privée, Paris, Le Seuil, 1985-1987, 5 volumes[6] (ISBN 2-02-008987-4)
  • (codir. avec Michelle Perrot) Histoire des femmes en Occident, Plon, 1990-1992, 5 volumes
Divers

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour l'état civil : Georges Michel Claude André Duby
  2. Cf. les résultats de l'agrégation 1942 sur le site de l'INRP. Le 12e est Marcel Baleste.
  3. L'Histoire continue, Odile Jacob, 1991, p. 49-51.
  4. Biographie et liste exhaustive des œuvres de Duby
  5. On trouvera dans Histoire et société : mélanges offerts à Georges Duby, textes réunis par les médiévistes de l'Université de Provence (Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Provence, 1992) la référence des articles publiés par ce savant dans diverses revues et publications.
  6. I : De l'Empire romain à l'an mil, (ISBN 2-02-008986-6) ; II : De l'Europe féodale à la Renaissance, (ISBN 2-02-008992-0) ; III : De la Renaissance aux Lumières, (ISBN 2-02-009293-X) ; IV : De la Révolution à la Grande Guerre, (ISBN 2-02-009455-X) ; V : De la Première Guerre mondiale à nos jours, (ISBN 2-02-009679-X)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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