Sainte-Enimie

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Sainte-Enimie
Sainte-Enimie, au cœur des Gorges du Tarn
Sainte-Enimie, au cœur des Gorges du Tarn
Blason de Sainte-Enimie
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Lozère
Arrondissement Florac
Canton Sainte-Enimie
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes des Gorges du Tarn et des Grands Causses
Maire
Mandat
Alain Chmiel
2014-2020
Code postal 48210
Code commune 48146
Démographie
Gentilé Santrimiols
Population
municipale
526 hab. (2011)
Densité 6 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 22′ 03″ N 3° 24′ 43″ E / 44.3675, 3.4119444° 22′ 03″ Nord 3° 24′ 43″ Est / 44.3675, 3.41194  
Altitude 480 m (min. : 444 m) (max. : 1 096 m)
Superficie 87,34 km2
Localisation

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Sainte-Enimie
Liens
Site web www.sainte-enimie.fr

Sainte-Enimie est une commune française située dans le département de la Lozère et la région Languedoc-Roussillon.

Haut lieu touristique car situé en plein cœur des gorges du Tarn, lieu de villégiature parfait pour le tourisme vert, sportif ou culturel, le village de Sainte-Enimie est adhérent à l'association des plus beaux villages de France grâce à son côté médiéval et son adaptation aux gorges qui l'entourent.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Sainte-Enimie est située dans le grand site classé des Gorges du Tarn, de la Jonte et des Causses, dans le sud-ouest du Gévaudan, dans le Parc national des Cévennes (aire optimale d'adhésion).

Relief[modifier | modifier le code]

La région des Causses en Lozère

Le village est disposé sur le flanc du Causse de Sauveterre, que la commune englobe en grande partie. Les communes voisines sont : au nord Chanac et Balsièges ainsi qu'une partie du Valdonnez (Saint-Bauzile), à l'est sur les gorges du Tarn (Ispagnac, Quézac et Montbrun), au sud de l'autre côté du Tarn Hures-la-Parade et à l'ouest Mas-Saint-Chély et Laval-du-Tarn.

Entre le causse Sauveterre au nord et le causse Méjean au sud, deux plateaux d'altitude moyenne supérieure à 1 000 m, le Tarn s'écoule dans de grandioses gorges. Ses rives sont couvertes par la forêt domaniale des gorges du Tarn.

Climat[modifier | modifier le code]

Le Tarn traverse la commune, un kilomètre environ en amont de Castelbouc, arrose Prades, Sainte-Enimie, Saint-Chély-du-Tarn, et quitte la commune à la sortie du cirque de Pougnadoires.
Au cours de sa traversée, il reçoit les eaux de plusieurs petits cours d'eau.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Chanac Balsièges Saint-Bauzile Rose des vents
Laval-du-Tarn N Ispagnac
O    Sainte-Enimie    E
S
La Malène Mas-Saint-Chély Montbrun

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune tire son nom d'Énimie, princesse mérovingienne et sainte du VIIe siècle dont la légende prit place dans les environs ; cependant, la graphie retenue pour le nom officiel de la commune ne comporte pas d'accent sur le « E ».

Néolithique[modifier | modifier le code]

Le causse de Sauveterre porte les traces d'une habitation très ancienne, avec une forte concentration de dolmens, aux limites entre la commune de Sainte-Enimie et de celle de Chanac.

Époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

C'est vers la fin de l'époque gallo-romaine que la cité du bord du Tarn prend son nom de Burlatis.

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sainte Énimie.

Le haut Moyen Âge est marqué par la légende d'Énimie, la princesse atteinte de la lèpre. Fille de Clotaire II, sœur de Dagobert Ier[1], ayant donc vécu au VIIe siècle. Énimie aurait guéri de la lèpre dont elle était atteinte, grâce aux eaux de la source de la Burle. Nommée abbesse, elle aurait fondé un monastère, autour duquel le village s'est développé.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La petite bourgade médiévale de Sainte-Enimie se développe autour du monastère bénédictin fondé en 951 par Étienne I, évêque de Mende. L'implantation d’une communauté de moines bénédictins marque une période de prospérité économique pour ce haut lieu spirituel. L'édification du nouveau monastère se termine au XIe siècle. Des recherches historiques authentifient alors l'histoire de la bienheureuse Énimie et un culte lui est consacré. En 1060, un moine retrouve le tombeau d'Énimie. Au XIIIe siècle, le prieur du village commande au troubadour Bertran de Massilha, la réécriture d'un poème latin relatant la vie d’Énimie. Ce poème, qui vante les mérites de la sainte, est déclamé dans toute la région. De nouveau, les pèlerins affluent.

Par le biais de dotations, les biens du monastère s'accroissent. Les habitants des gorges travaillent les versants défrichés des causses de Sauveterre et Méjean. Ils édifient des terrasses inclinées (les faïsses), plantent des vignes, des amandiers, des arbres fruitiers. Les causses, traditionnellement voués à l'élevage ovin, procurent le lait et ses dérivés ainsi que la laine (tissée dans la vallée). Des échanges transversaux entre les gorges et les causses permettent la survie de tous.

La situation de la bourgade sur des voies de communication ancestrales (draille d'Aubrac, rivière, Camin Romieu ou Camin Ferrat) constitue un atout majeur pour la circulation des pèlerins et des marchandises. L'édification d'un pont vers le XIIIe siècle facilite les transhumances et le transport des marchandises. À la Révolution française, le pouvoir de l'Église décline, les moines quittent le village, ce qui entraîne inexorablement la ruine du monastère de Sainte-Enimie.

Du XVIIe à la Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1793, pendant la Convention, le village est renommé, comme beaucoup en ce temps-là, et prend le nom de Puy-Roc[2]. Cependant les habitants sont très attachés à leur princesse, et ne tardent pas à lui redonner l'hommage, en rebaptisant le village[3].

Depuis le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, la mécanisation et le phylloxéra font disparaître progressivement les vignobles en terrasses.

En 1905, l'ouverture de l’actuelle route des gorges du Tarn apporte un désenclavement partiel à la région.
Les conflits du début du XXe siècle et l'industrialisation vident le pays de la population active. Après la dévaluation de la laine, les caussenards restructurent l'élevage ovin, au profit des races à lait et à viande.
Vers 1950, Sainte-Enimie et les gorges s'orientent vers une nouvelle ère économique fondée sur le tourisme. L'A75, qui relie Clermont-Ferrand à Montpellier, désenclave aujourd'hui la région dans sa totalité.

Au début des années 2000, 250 personnes habitent le village même de Sainte-Enimie à l’année. La commune, quant à elle, compte 500 habitants : elle comprend 25 hameaux et villages (Sauveterre, Champerboux, Saint-Chély-du-Tarn, Pougnadoires, etc.)

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Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Sainte-Enimie (Lozère).svg

Le blasonnement de Sainte-Enimie est :

d'azur à l'écusson d'or chargé de six tourteaux de gueules en orle, accompagné de trois fleurs de lys aussi d'or, au chef bastillé de cinq pièces cousu de gueules chargé d'une couronne à l'antique d'or, accostée de deux lys de jardin d'argent, tigés et feuillés d'or, mouvant du trait du chef.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 526 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 130 1 160 1 142 1 153 1 219 1 182 1 194 1 253 1 230
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 189 1 151 1 118 1 039 1 063 1 030 1 032 1 072 1 044
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 002 921 864 644 624 623 611 554 514
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
512 436 564 491 473 509 512 517 527
2011 - - - - - - - -
526 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Sainte-Enimie
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2008 Maurice Pagès    
2008 2014 François Gaudry DVG Conseiller général
2014 2014 Alain Chmiel    

Intercommunalités[modifier | modifier le code]

La commune de Sainte-Enimie appartient à la communauté de communes des Gorges du Tarn et des Grands Causses dont elle est par ailleurs le siège. Cette communauté a été fondée en 2002 et regroupe cinq communes, dont Sainte-Enimie est le centre.

Découpage administratif[modifier | modifier le code]

Le village est le chef-lieu du canton de Sainte-Enimie.

Conseiller général Canton Code cantonal Population (1999) Communes
François Gaudry Canton de Sainte-Enimie 48 21 1 164 hab. 5
Canton de Sainte-Enimie
Sainte-Enimie

Les autres villages de la commune[modifier | modifier le code]

La commune de Sainte-Enimie regroupe plusieurs autres villages, dont l'histoire est assez proche de celle de Sainte-Enimie. Ceux de ces villages qui se trouvent dans les gorges du Tarn ont souvent la particularité de posséder un château encore visible (bien que souvent en ruines). Alors que les autres, sur le causse de Sauveterre, ont la particularité d'avoir gardé leurs fonctions de fermes, principalement ovines.

Boisset[modifier | modifier le code]

Le village (ou plutôt le domaine) des Boisset est principalement connu pour sa ferme-écomusée et son centre d'interprétation. C'est à proximité qu'a été tourné le film Le Frère du guerrier.

C'est à proximité qu'ont été réintroduits des mouflons que l'on peut depuis observer dans toute la commune.

Castelbouc[modifier | modifier le code]

Le village de Castelbouc est un village troglodytique sur la rive gauche du Tarn. Au sommet du piton rocheux sur lequel sont attachées les maisons, on retrouve les ruines du château médiéval de Castelbouc, détruit en 1592 sur ordre des États du Gévaudan, afin qu'il ne puisse pas servir de refuge aux protestants durant les guerres de religion.

Une légende est liée au château. Du temps des Croisades, tous les hommes seraient partis guerroyer, sauf le seigneur de Castelbouc. La légende raconte qu'il aurait dû contenter toutes les femmes du village, en manque d'homme, et qu'il en serait mort d'épuisement. Le soir venu, son fantôme en forme de bouc aurait survolé le château, donnant son nom au lieu.

Une grotte de Castelbouc renferme deux espèces de mollusques endémiques : Bythinella bouloti et Bythinella galerae.

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Champerboux[modifier | modifier le code]

Le hameau de Champerboux se situe sur le causse de Sauveterre.

La zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique « Pelouses de la Plone » s'étend sur 248 hectares au nord du hameau. Elle vise notamment à inventorier les populations d'Appolon, une espèce de papillon souffrant de la disparition des zones de pelouses[5].

Une course pédestre annuelle, le « Trail des mouflons », est organisée depuis 2005 par une association locale. En 2013, le parcours faisait 14 km[6].

Hauterives[modifier | modifier le code]

Le village de Hauterives est le plus distant de Sainte-Enimie (10 km en aval du Tarn). Il est situé sur la rive gauche du Tarn, et on ne peut l'atteindre depuis l'autre rive qu'en traversant la rivière en barque. Le village est surmonté d'un château, utilisé dès le XIe siècle pour surveiller le passage dans les gorges.

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Prades[modifier | modifier le code]

Article connexe : Château de Prades (Lozère).
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Pougnadoires[modifier | modifier le code]

Le village de Pougnadoires présente lui aussi la particularité d'être troglodyte.

Saint-Chély-du-Tarn[modifier | modifier le code]

Le village de Saint-Chély-du-Tarn est une ancienne commune de la Lozère. La commune a été déplacée et rebaptisé en 1972, devenant celle de Mas-Saint-Chély. Cependant le village de Saint-Chély-du-Tarn se trouve depuis sur la commune de Sainte-Enimie.

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Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Sainte-Enimie fait partie d'un territoire offrant un patrimoine environnemental remarquable, avec des paysages particuliers et des villages d'architecture typique. Outre sa présence parmi les « plus beaux villages de France », Sainte-Enimie est :

Adhérente au Parc national des Cévennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc national des Cévennes.

Sainte-Enimie est adhérente au Parc national des Cévennes créé par décret du 2 septembre 1970[7].

En zone de Réserve de Biosphère des Cévennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réserve de biosphère de l'UNESCO.

Elle se situe en zone centrale de la Réserve de Biosphère des Cévennes[8].

Un Site Natura 2000[modifier | modifier le code]

Sainte-Enimie se trouve au cœur des gorges du Tarn qui sont classées site NATURA 2000 sous le n° FR9110105 - GORGES DU TARN ET DE LA JONTE (ZPS) depuis janvier 1997.

La ZPS s'inscrit dans le vaste ensemble des gorges du Tarn et de la Jonte, canyon entaillant les plateaux calcaires des causses méridionaux. Les causses de Sauveterre et surtout du Méjean sont également inclus dans le périmètre[9].

7 ZNIEFF[modifier | modifier le code]

La commune recense sept espaces naturels terrestres de grand intérêt, classés en Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (1re génération) :

  • Causse de Sauveterre - ZNIEFF910015711 - Causse de Sauveterre[10]
  • Causse Méjean - ZNIEFF910007335 - CAUSSE MEJEAN[11]
  • Gorges du Tarn - ZNIEFF730011172 - GORGES DU TARN (GORGES SUPERIEURES)[12]
  • Gorges supérieures du Tarn - ZNIEFF910007340 - GORGES SUPERIEURES DU TARN[13]
  • Gorges supérieures du Tarn du Rozier à Montbrun - ZNIEFF910007339 - GORGES SUPERIEURES DU TARN DU ROZIER A MONTBRUN[14]
  • Lavogne de Boisset - ZNIEFF910015713 - Lavogne de Boisset[15]
  • Plaine de Chanet - ZNIEFF910007333 - PLAINE DE CHANET[16]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.