Rougon

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Rougon
Le Village
Le Village
Blason de Rougon
Blason
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Castellane
Canton Castellane
Intercommunalité Communauté de communes du Moyen Verdon[1]
Maire
Mandat
Michel Facchin
2008-2014
Code postal 04120
Code commune 04171
Démographie
Population
municipale
104 hab. (2010)
Densité 2,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 47′ 57″ N 6° 24′ 10″ E / 43.7991666667, 6.4027777777843° 47′ 57″ Nord
       6° 24′ 10″ Est
/ 43.7991666667, 6.40277777778
  
Altitude Min. 568 m — Max. 1 900 m
Superficie 35,83 km2
Localisation

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Rougon

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Rougon

Rougon est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Rougonnais.

Sommaire

Géographie [modifier]

Le village est perché à 930 m d’altitude[2], sur un éperon qui sert également de col, à proximité des gorges du Verdon. Le Belvédère du Point Sublime (site inscrit) est sur le territoire de la commune[3].

L’éperon sur lequel est situé le château est un site classé[3].

Le point culminant est le Mourre de Chanier (1930 m), dans le massif du Montdenier.

Géologie [modifier]

On trouve des fossiles tithoniques sur la commune. L'essentiel du substrat est cependant composé des calcaires jurassiques, qui ont donné lieu à de nombreuses formations karstiques[3].

Risques naturels et technologiques [modifier]

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Castellane auquel appartient Rougon est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[4], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[5]. La commune de Rougon est également exposée à trois autres risques naturels[5] :

  • feu de forêt,
  • inondation,
  • mouvement de terrain.

La commune de Rougon est de plus exposée à deux risques d’origine technologique[6] :

  • celui de transport de matières dangereuses par route : la départementale RD 952 peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses[7] ;
  • celui de rupture de barrage. Rougon fait partie de la zone d’inondation spécifique en cas de rupture du barrage de Castillon[8],[9]. Si cette rupture advenait, l’onde de submersion passerait en crête au-dessus de celui de Chaudanne[10], et atteindrait la clue de Chasteuil en 17 à 18 minutes (où elle entre dans la commune de Rougon)[11], progressant à une vitesse moyenne de 60 km/h. Ensuite, elle ralentirait pour arriver à hauteur du village au bout de 28 minutes, ne dépassant pas toutefois la cote des 670 m (soit une hausse du cours du Verdon de plus de 60 m)[12].

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[6] mais le Dicrim existe depuis 2011[13].

La commune a été l’objet de deux arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue en 1994 et 2011[5]. Le dernier tremblement de terre fortement ressenti dans la commune est celui de Chasteuil, le 30 novembre 1951. Il a été ressenti avec une intensité macro-sismique de VI et demi sur l’échelle MSK[14],[15]. Celui du 24 novembre 1994 avait son épicentre dans la commune, et une intensité de 4[16].

Communes limitrophes[17] [modifier]

Rose des vents Blieux Rose des vents
La Palud-sur-Verdon N Castellane
O    Rougon    E
S
Trigance

Toponymie [modifier]

Le nom de la commune est ancien : outre villa Rovagonis 814, on connaît les formes Rovagonus (1056), de castro Rogone (1096), oppidi Ragonis (1114) et de Roagono (1200). Il fait l’objet de différentes interprétations :

  • selon Charles Rostaing, il est construit sur la racine *Rub-, désignant un rocher[18], et antérieure aux Gaulois[19] ;
  • selon Ernest Nègre, il est construit sur un nom propre préceltique, à l’origine et au sens incertains[20]. La commune se nomme Rogon en provençal selon la norme classique et Rougoun selon la norme mistralienne.

Histoire [modifier]

Sur la barre de Catalan (1333 m d’altitude), une enceinte, peut-être protohistorique a été repérée par archéologie aérienne : elle était défendue par deux murs concentriques, épais d’environ 1,5 m[21].

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 814, avec la mention de villa Rovagonis dans le polyptyque de Wadalde. Cette villa est le siège d’une vaste exploitation appartenant à l’abbaye Saint-Victor de Marseille ; cette villa a aussi de nombreuses fermes sous sa dépendance à Rougon et La Palud[22]. Un château est construit au XIe siècle. La paroisse relevait de l’évêque de Riez, qui à partir de 1096 en partage toutefois les dîmes avec l’abbaye de Montmajour[22].

Les Templiers possédaient un bien à Rougon. Ils s’agit du prieuré Saint-Maxime, en limite de la commune de Trigance[22],[23]. Comme tout bien des Templiers, il était exempté de toute redevance envers l’évêque de Riez, et donc toutes les dîmes et redevances allaient intégralement aux Templiers. Le prieuré est passé à l’ordre des Hospitaliers au XIVe siècle[22].

La seigneurie, d’abord aux Castellane (XIVe siècle), passe aux Glandevez (XVe siècle), puis aux Brun-Castellane (XVIe-XVIIe siècle) et est enfin achetée par l’abbaye de Lérins en 1732[24],[22]. Cette seigneurie comportait le château, les droits de justice et divers autres, le moulin banal, plusieurs bâtiments dont deux bastides, des terres, prés

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792[25].

Héraldique [modifier]

Blason Rougon.svg

Blasonnement :
De gueules à un château donjonné de trois tours d'or maçonnées de sable sur une terrasse du même[26].

Administration [modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 mars 2008 Jean-Pierre Clair    
mars 2008   Michel Facchin[27]    

Démographie [modifier]

Évolution démographique
1315 1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
54 feux 16 feux 484 539 506 497 505 496 548 558
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
560 485 500 484 487 478 406 357 349 309
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
317 319 331 265 180 180 150 126 93 90
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2010 - -
52 41 40 55 77 85 135 104 - -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[24], EHESS[28], Insee à partir de 1968[29],[30],[31].

En 1906, la population comprend 21 ouvriers présents temporairement pour la construction d’une conduite maçonnée devant amener l’eau du Verdon de Castellane à l’usine hydro-électrique du Galetas, qui ne fut jamais achevée[32].

Courbe d'évolution démographique de Rougon depuis 1793

Économie [modifier]

Commerce [modifier]

Le café La Terrasse, qui porte le label Bistrot de pays[33], adhère a une charte qui a but de « contribuer à la conservation et à l’animation du tissu économique et social en milieu rural par le maintien d’un lieu de vie du village »[34].

Lieux et monuments [modifier]

Le site des gorges du Verdon traverse la commune, il est classé depuis 1990 et figure dans tous les guides touristiques consacrés à la région[3].

Le village est dominé par les ruines du château fort, perché sur une arête vertigineuse dominant l'entrée des gorges du Verdon. Le site du château est lui aussi classé[3]). Une arche construite au-dessus d’une faille permettait d’agrandir la surface du château, accessible par un sentier malaisé. D’autres vestiges de fortifications sont visibles à la barre des Catelans[35]. Ces châteaux défendait la route d’accès à Castellane[36].

La commune compte deux ponts anciens :

  • le pont du Tusset qui franchit le Verdon, au pied du village. Situé à l’aplomb du Point sublime, il est construit au XVIIIe siècle sur une draille de transhumance entre Chasteuil et le plan de Canjuers. Son arche en dos-d'âne supporte un tablier de 24 m long et de 3 m de large. Sa chaussée est caladée[37] ;
  • le pont de Carajuan, également sur le Verdon : situé dans la clue de Carajuan, ses deux arches surbaissées supportent une voie de 3 m de large. La pile centrale est protégée par un avant-bec. Construit au XVIIIe siècle, il remplace un pont qui existait en 1655[38].

L’église paroissiale Notre-Dame-de-la-Roche-et-Saint-Romain[24], patronnée par saint Christophe[22], est de style roman.

La chapelle romane Saint-Christophe, située au cimetière[22], précédée d’un porche, possède une nef de trois travées voûtées d’arêtes qui débouche dans une chœur à chevet plat en berceau. Elle est construite à la fin du XVIIe siècle ou au début du suivant[39]. Les peintures à motifs végétaux des arc-doubleaux datent de la fin du XVIIIe siècle[40]. Enfin, son sol est recouvert d’un carrelage émaillé jaune[41]. Dans son mobilier se trouve un buste-reliquaire des environs de 1600, classé monument historique au titre objet[42].

L’ancienne chapelle templière puis hospitalière Saint-Mayme (anciennement Saint-Maxime) et les bâtiments du prieuré, parfois décrits comme une bastide[23], sont occupés par une ferme[22].

Personnalités liées à la commune [modifier]

Galerie photos [modifier]

Pour approfondir [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Sources [modifier]

Bibliographie [modifier]

Notes [modifier]

  1. Voir le bulletin de l'intercommunalité : [1]
  2. Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) (ISBN 2-7399-5004-7)
  3. a, b, c, d et e Direction régionale de l'environnement, « Les gorges du Verdon », Inventaire départemental des sites classés, DIREN, publié en octobre 2003, consulté le 4 août 2012
  4. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence (DDRM), 2008, p. 39
  5. a, b et c Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 22 novembre 2011, consultée le 13 août 2012
  6. a et b Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 97
  7. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 80
  8. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 88
  9. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Plan particulier d'intervention des barrages de Castillon et Chaudanne, version du 4 juillet 2012, p. 14
  10. DREAL, « Cartographie de l’onde de submersion des grands barrages », Région PACA, consulté le 9 août 2012
  11. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, PPI de Castillon-Chaudanne, p. 19
  12. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, PPI de Castillon-Chaudanne, p. 20
  13. Document, base Dicrim, consultée le 13 août 2012
  14. BRGM, « Épicentres de séismes lointains (supérieurs à 40 km) ressentis à Rougon », Sisfrance, mis à jour le 1er janvier 2010, consulté le 13 août 2012
  15. BRGM, « fiche 40099 », Sisfrance, consultée le 13 août 2012
  16. BRGM, « fiche 40103 », Sisfrance, consultée le 13 août 2012
  17. Magazine Conseil général, juillet-août 2008, p 7
  18. Charles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence (depuis les origines jusqu’aux invasions barbares, Laffite Reprints, Marseille, 1973 (1re édition 1950), p 237
  19. Charles Rostaing, « Toponymie d’origine pré-gauloise » in Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit., carte 11 et commentaire
  20. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Volume I : Formations préceltiques, celtiques, romanes. Notice 1176, p 56
  21. Géraldine Bérard, Carte archéologique des Alpes-de-Haute-Provence, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1997, p 397
  22. a, b, c, d, e, f, g et h Daniel Thiery, « Rougon », Aux origines des églises et chapelles rurales des Alpes-de-Haute-Provence, publié le 22 décembre 2011, mis à jour le 23 décembre 2011, consulté le 13 août 2012
  23. a et b Joseph-Antoine Durbec (préf. Jacques Juillet), Templiers et Hospitaliers en Provence et dans les Alpes-Maritimes, Grenoble, Le Mercure Dauphinois, 2001 (ISBN 2-913826-13-X)  , p. 109-110
  24. a, b et c Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969, p. 193
  25. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 296-298
  26. Banque du Blason
  27. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, De Puimoisson à Saint-Julien-du Verdon (liste 6), consulté le 6 mars 2013
  28. EHESS, notice communale de Rougon sur la base de données Cassini, consultée le 31 juillet 2009
  29. Résultats du recensement de la population - Rougon, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  30. Recensement de la population au 1er janvier 2006, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  31. Populations légales 2010 en vigueur le 1er janvier 2013, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2013.
  32. Allain Collomp, La découverte des gorges du Verdon : histoire du tourisme et des travaux hydrauliques, Édisud, 2002, ISBN 2-7449-0322-1, p 49
  33. La charte Bistrot de Pays
  34. L'implantation des Bistrots de pays en France métropolitaine en 2010
  35. Raymond Collier, op. cit., p 273
  36. Raymond Collier, op. cit., p 316
  37. Notice qui lui est consacrée par Guy Barruol in Guy Barruol, Philippe Autran et Jacqueline Ursch, D'une rive à l'autre : les ponts de Haute-Provence de l’Antiquité à nos jours, Les Alpes de Lumière no 153, Forcalquier 2006, p 107
  38. Notice qui lui est consacrée par Guy Barruol in Guy Barruol, Philippe Autran et Jacqueline Ursch, D'une rive à l'autre : les ponts de Haute-Provence de l’Antiquité à nos jours, Les Alpes de Lumière no 153, Forcalquier 2006, p 106
  39. Raymond Collier, op. cit., p 224
  40. Raymond Collier, op. cit., p 486
  41. Raymond Collier, op. cit., p 513
  42. Arrêté du 8 janvier 1975, notice de la Base Palissy, consultée le 7 décembre 2008