Compagnies républicaines de sécurité

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Compagnies républicaines de sécurité
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Devise : « Servir »

Création 1944
Type Corps constitué
Siège 84 rue de Villiers, Levallois-Perret
Coordonnées 48° 53′ 33″ N 2° 16′ 39″ E / 48.8925364, 2.2775275 ()48° 53′ 33″ N 2° 16′ 39″ E / 48.8925364, 2.2775275 ()  
Langue(s) Français
Budget
Effectifs 14 780 (2008)
Directeur central Philippe Klayman
Affiliation(s) Direction générale de la Police nationale

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Compagnies républicaines de sécurité

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Compagnies républicaines de sécurité

Les Compagnies républicaines de sécurité, également connues sous le sigle CRS, sont un corps de la police nationale en France, intervenant dans les manifestations, mais aussi dans la protection civile. Elles ont été créées par un décret du 8 décembre 1944 par le Général De Gaulle.

Le sigle « CRS » désigne d'abord une compagnie, mais dans la langue courante, par métonymie, « un CRS » est un policier affecté dans une « compagnie républicaine de sécurité ».

La devise des compagnies républicaines de sécurité est « Servir »[1].

Forces civiles, réserves générales de la police nationale, les CRS ont un double impératif de disponibilité et de mobilité, leur conférant une importante rapidité de projection.

Historique[modifier | modifier le code]

Fourgon de la CRS autoroutière de Strasbourg

Les CRS, créées le 8 décembre 1944 et réorganisées en 1952, forment un corps civil (contrairement aux gendarmes) formé aux techniques antiémeutes suite à la dissolution des Groupes mobiles de réserve (GMR) créés par le régime de Vichy. Alors que les sympathisants communistes étaient à l'origine très présents dans ses rangs (ce qui s'explique par leur engagement dans la Résistance, et selon certains par une volonté d'entrisme), une épuration a limité leur nombre après que le Parti communiste se fut placé dans l'opposition aux gouvernements d'après-guerre : à la suite d'une manifestation à Marseille (du 12 novembre 1947) à l'appel de la CGT et du PCF, non réprimée[réf. nécessaire] par certains gardiens de CRS proches des idées communistes dont le comportement avait été jugé "douteux", plusieurs compagnies sont dissoutes et les CRS réorganisées de sorte de faire disparaître l'influence communiste en leurs rangs.

Les CRS sont aussi chargés de la surveillance routière (notamment grâce aux motocyclistes et aux CRS Autoroutières, en ce qui concerne les autoroutes de contournement des grandes agglomérations), de la surveillance des plages (grâce aux Nageurs Sauveteurs) et des secours en montagne (grâce aux CRS Montagne). Une Compagnie, la CRS n°1, est spécialement dévolue aux Voyages Officiels en partenariat avec le service de protection des hautes personnalités (SPHP), que ce soit une personnalité étrangère en visite officielle sur le territoire français, ou le déplacement d'une personnalité française à l'étranger.

Il existe un musée des CRS, situé sur le site des CRS n°1 et n°61 à Vélizy-Villacoublay (78).

À noter que le Peloton motocycliste d'acrobatie de la CRS 01 a été dissous en 2009.[réf. nécessaire]

Missions[modifier | modifier le code]

Bus Véhixel des CRS
Les membres des CRS se reconnaissent à leur écusson rouge.
Motocyclistes CRS à Strasbourg.
CRS en tenue de maintien de l'ordre, protégeant le siège de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy (2007)
Fourgon de CRS à Strasbourg

Voici les principales missions de la Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (DCCRS) :

  • maintien de l’ordre et services d’ordre et de sécurité lors des grands évènements (sommet de chefs d'État, déplacement de ministre, etc.), des rencontres sportives (matchs de foot), des rassemblements de foule (spectacles, festivals, etc.) et des conflits sociaux (manifestations, grèves massives, etc.)
  • surveillance des plages (MNS : maîtres nageurs sauveteur) en période estivale,(fonctionnaires issus des unités de maintien de l'ordre)
  • sauvetage dans un massif en haute montagne en alternance avec la Gendarmerie nationale (une semaine sur deux) toute l'année
  • lutte contre les violences urbaines,
  • sécurité routière et surveillance des autoroutes (autoroutes de contournement des grandes agglomérations (gratuites),
  • organisation d'actions à destination de la jeunesse : piste d'éducation routière, rocher d'escalade et de prévention de la délinquance (centres de loisirs jeunes en période estivale)
  • musée des CRS
  • musique de la Police nationale.

Organisation[modifier | modifier le code]

La Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité est dirigée par un directeur central assisté d'un directeur central adjoint et comprend 3 structures différentes :

  • un échelon central, composé d’un bureau de la coordination et des services, d'une inspection technique et de 3 sous-directions,
  • un échelon zonal composé des directions zonales,
  • un échelon territorial, composé des compagnies (CRS).

Échelon central[modifier | modifier le code]

L’échelon central de la DCCRS est composé :

  • d'un bureau de la coordination et des services (état major),
  • d’une inspection technique,
  • d’une sous-direction des opérations,
  • d’une sous-direction des personnels et de la formation,
  • d’une sous-direction de la logistique.

Le directeur est obligatoirement du grade de directeur des services actifs.

L’actuel directeur central des CRS est Philippe Klayman. Le directeur central adjoint est Patrick Dargirolle[2].

Liste des directeurs centraux depuis 2003 :

  • Jacques Lamotte (2003-2005)
  • Christian Lambert (2005-2007)
  • Philippe Laureau (2007-2009)
  • Hubert Weigel (2009-2011)
  • Luc Presson (2011-2012)
  • Philippe Klayman (2012- )

Échelon national[modifier | modifier le code]

La DCCRS dispose de ses propres moyens de formation pour spécialiser ses hommes dans des domaines comme le sauvetage en montagne, en mer ou le maintien de l’ordre lors de manifestations :

  • le centre national d’entraînement à l’alpinisme et au ski, situé à Chamonix ;
  • Le pôle d'excellence maritime (PEM), centre de formation des nageurs sauveteurs, situé à Cenon.
  • quatre centres de formation des CRS, situés à Dijon, Rennes, Sainte-Foy-lès-Lyon, Toulouse.

Échelon territorial[modifier | modifier le code]

La DCCRS exerce ses missions sur tout le territoire français à travers 7 directions zonales correspondant aux zones de défense et de sécurité.

Article détaillé : Directions zonales des CRS.

Organisation d'une CRS[modifier | modifier le code]

Camionnette des CRS

Une CRS comprend :

  • une section de commandement des services, destinée aux tâches administratives et logistiques.
  • 4 sections de service général, destinées aux missions opérationnelles.

Certaines unités (1 par Direction zonale) ont également une S.M.S. (section des moyens spécialisés). Cette section bénéficie d'engins lanceurs d'eau (Camiva ou CCF 4000 ou CCF 6000 ou Mercedes), de camions 4X4 (type TRM 2000), de bateaux à coque souple ou rigide, de motopompe, d'obstacles de rue (barre pont), et de camions cuisine.

Une CRS, sans SMS, comprend 140 policiers actifs (hors officiers).

Voici la composition d’une CRS à 4 sections :

  • 1 Commandant de Police, Commandant de la CRS,
  • 1 Capitaine de Police,
  • 2 Lieutenants de Police,
  • 1 à 4 Majors de Police,
  • 10 à 20 Brigadiers-Chef de Police,
  • 5 à 10 Brigadiers de Police,
  • 100 à 150 Gardiens de la Paix,

Les policiers des CRS sont basés dans des casernements (où ils ne sont pas logés contrairement aux gendarmes mobiles) et vivent en cantonnement lors de leurs déplacements. À ces occasions, tous les services opérationnels, logistiques et administratifs de la Compagnie sont déplacés, lui assurant une autonomie complète et une grande réactivité en toutes circonstances.

Effectifs[modifier | modifier le code]

La DCCRS emploie environ 14 000 fonctionnaires. Parmi ces 14 000 fonctionnaires, 30 à 50 % sont affectés au soutien logistique, ce qui porte à moins de 10 000 le nombre de fonctionnaires affectés sur la voie publique[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Textes législatifs[modifier | modifier le code]

Décret du 8 décembre 1944 portant création des Compagnies républicaines de sécurité.

  • Article 1er : Il est créé dans l'ensemble du territoire des forces mobiles de police appelées Compagnies républicaines de sécurité. Ces forces sont groupées dans chaque région sous l'autorité d'un commandant régional placé sous les ordres du secrétaire général pour la police de la région.
  • Article 2 : Il est créé vingt commandements régionaux répartis comme suit : un pour l'ensemble des départements de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne, un pour la Moselle, un pour chacun des dix huit commissariats régionaux. Le ministre de l'Intérieur fixera par arrêté l'effectif des commandements régionaux.
  • Article 4 : Les conditions de stationnement et d'emploi des Compagnies républicaines de sécurité feront l'objet d'un arrêté du ministre de l'Intérieur.
  • Article 5 : Le ministre de l'Intérieur est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Pinel, Une police de Vichy : les groupes mobiles de réserve (1941-1944), L'Harmattan, coll. « Sécurité et Société »,‎ 25 juin 2004, 400 p. (ISBN 2-7475-6670-6)
    Traite des Groupes mobiles de réserve et de la création des CRS
  • Jean-Louis Courtois, CRS au service de la nation, C/O Crepin-Leblond, novembre 2004
  • Jean -Louis Courtois, les CRS en Algérie : 1952-1962 Mariens éditions, à paraître en mars 2010,
  • Christophe Dubois, Au cœur de l'action, Police Nationale, éditions ETAI
  • Yves Mathieu, Policiers perdus: Les GMR dans la seconde Guerre mondiale

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]