Saint-Clair-sur-Epte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Clair.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Epte (homonymie).
Saint-Clair-sur-Epte
L'église Notre-Dame, façade nord.
L'église Notre-Dame, façade nord.
Blason de Saint-Clair-sur-Epte
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Val-d'Oise
Arrondissement Pontoise
Canton Magny-en-Vexin
Intercommunalité Communauté de communess Vexin Val de Seine
Maire
Mandat
Christophe Depont
2014-2020
Code postal 95770
Code commune 95541
Démographie
Gentilé Saint-Clairois, Saint-Clairoises
Population
municipale
958 hab. (2011)
Densité 79 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 12′ 00″ N 1° 41′ 00″ E / 49.2, 1.683349° 12′ 00″ Nord 1° 41′ 00″ Est / 49.2, 1.6833  
Altitude 38 m (min. : 30 m) (max. : 142 m)
Superficie 12,18 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Saint-Clair-sur-Epte

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Saint-Clair-sur-Epte

Saint-Clair-sur-Epte est une commune française située dans le département du Val-d'Oise en région Île-de-France. Ses habitants sont les Saint-Clairois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Saint-Clair-sur-Epte est située aux confins nord-ouest du Val-d'Oise ; il s'agit d'ailleurs de la commune la plus septentrionale de l'Île-de-France. L'Epte, fort logiquement, y coule ; son milieu marque la limite avec la Haute-Normandie. Saint-Clair possède quatre hameaux et écarts : Beaujardin, à l'extrémité nord et se résumant à une poignée de propriétés ; Breuil, petit village à près de 4 km au nord-est du bourg ; Le Héloy, à mi-distance entre les deux, consistant du domaine du château du même nom ; et Le Fayel, tout au sud près de Montreuil-sur-Epte, se résumant également à une poignée de maisons plus un manoir.

La commune est limitrophe de : Buhy et Montreuil-sur-Epte dans le Val-d'Oise ; Boury-en-Vexin et Parnes dans l'Oise ; Berthenonville, Château-sur-Epte et Guerny dans l'Eure.

Communes limitrophes de Saint-Clair-sur-Epte[1]
Guerny (Eure) Boury-en-Vexin (Oise) Parnes (Oise)
Château-sur-Epte (Eure) Saint-Clair-sur-Epte[1] Buhy
Berthenonville (Eure) Montreuil-sur-Epte

Environnement et risques naturels[modifier | modifier le code]

La présence d'un centre de stockage souterrain de gaz naturel sur son territoire classe la commune à risque majeur d'explosion ou d'incendie selon la directive Seveso, c'est-à-dire à risque élevé d'accident technologique[2],[3].

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'attribution de Vulcassum à Saint-Clair-sur-Epte n'est pas sûre d'autant que ce toponyme est atypique. Par contre, certains chercheurs[4] l'identifient à Petromantalum, nom mentionné sur la Table de Peutinger, terme gaulois signifiant « carrefour » (de petru, quatre et mantal, rue, route) que l'on retrouve dans Pierremande.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte d'État-Major, vers 1870.

Des groupements d'habitations existent à Saint-Clair-sur-Epte lors de la conquête des Gaules par Jules César, tout comme à Alges, à Gournay-en-Bray, à Ferrières, à Dampierre-en-Bray, à Elbeuf-en-Bray, à Avesnes-en-Bray, à Neuf-Marché...

Saint-Clair-sur-Epte doit son nom à Clair du Beauvaisis, moine anglais originaire du Kent, né en 845 à Olchestria (actuelle Rochester), et qui aurait été décapité dans le village le 4 novembre 884[5].

La présence humaine sur le territoire de la commune est attesté dès la Préhistoire par la découverte d'une allée couverte datant du Néolithique recelant plus de 110 corps.

Établi sur l'Epte à hauteur du gué de la chaussée Jules-César, le village subit à partir de 820 les invasions viking.

En 911, le traité de Saint-Clair-sur-Epte y est conclu entre le roi de France Charles III le simple et le chef viking Rollon. Il lui octroie les territoires entre l'Epte et la mer, ce qui deviendra plus tard le duché de Normandie, en échange de l'arrêt des pillages. Par l'intermédiaire de ce traité, s'est donc opérée la séparation du Vexin en deux parties : le Vexin Normand et le Vexin français. Le village devient alors un poste frontière entre la Normandie et l'Île-de-France ; organisé selon la structure d'un village-rue, il vit essentiellement du trafic sur la route de Paris à Rouen, et d'un pèlerinage à saint Clair.

Ayant subi de plein fouet le développement du chemin de fer au milieu du XIXe siècle, le village vit dès lors essentiellement de l'élevage, grâce à l'extension des prairies permis par l'assèchement des marais entrepris en 1843.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie, façade nord.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
    Jules Alexandre Leroux    
    Pierre Destouches    
septembre 2003 22 juillet 2013 Nathalie Guérin (Forest)[6] DVD  
22 juillet 2013 en cours Marc Mathey [7]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 958 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
589 634 599 609 600 607 627 637 571
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
539 513 550 545 546 537 593 558 548
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
569 569 546 520 542 539 563 514 512
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
521 495 479 601 782 801 869 958 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Saint-Clair-sur-Epte possède deux monuments historiques sur son territoire.

  • Église Notre-Dame (classée monument historique par arrêté du 2 juin 1938[10]) : Cette église de plan cruciforme, avec des bas-côtés inégaux, n'est pas régulièrement orientée : le chevet donne sur le nord-est et la façade occidentale sur le sud-ouest. À l'instar de la façade latérale de la nef côté sud-est, elle donne sur le domaine de l'ancien prieuré et n'est pas visible pour le public. L'important diamètre du clocher carré rend la silhouette de l'église particulière. La fondation de l'église est due aux bénédictins du prieuré voisin et remonte au XIe siècle. De la première église romane, subsiste le chœur voûté en cul-de-four, éclairé par trois petites baies en cintre brisé. La façade occidentale est également romane, mais un peu plus récente. Avec cette exception, la nef est reconstruite après avoir été incendiée par les Anglais en 1180. Elle reflète le style gothique primitif, avec ses fenêtres ogivales simples entourées de tores, ses cordons en dents-de-scie et sa corniche beauvaisine. Le transept se termine par des pignons à ses deux extrémités et possède des baies au remplage flamboyant, partiellement bouchées ; elles sont en tiers-point au sud et plein cintre au nord. Le bas-côté sud, plus large que son homologue au nord, est ajouté au XVe siècle pour faire face à l'afflux des pèlerins venant contempler les reliques de Clair du Beauvaisis. Il est de pur style flamboyant. À l'intérieur, le retable du XVIIIe siècle provient de l'ancienne chapelle de l'École normale de Versailles. Des sarcophages mérovingiens ont été mis au jour lors de fouilles dans l'église[11],[12].
  • Ermitage de Saint-Clair, chemin de l'Ermitage / sente de l'Ermitage (inscrit monument historique par arrêté du 8 février 1984[13]) : Il ne s'agit pas d'un ermitage au sens propre du terme, mais d'un lieu empreint de symbolisme, invitant à méditer sur le martyre du saint local et à invoquer son secours. L'ermitage est implanté sur le Pré du Paradis, où saint Clair se serait réfugié après sa fuite, et où il aurait été martyrisé. L'ensemble du terrain est ceint d'un mur, et cet enclos est subdivisé en un grand pré avec la fontaine miraculeuse d'une part, et un enclos intérieur avec une chapelle et un oratoire se faisant face d'autre part. Les deux disposent de portes sur l'extérieur : le premier sur le chemin de l'Ermitage, le second sur la sente de l'Ermitage. Le mur et les piliers des portes dateraient de 1722. La fontaine sacrée du XVIIe siècle se situe au-dessous du niveau du sol et est accessible par quelques marches d'escalier. Aujourd'hui tarie, la source était reputée guérir les maladies des yeux. Chaque 16 juillet, a lieu un pèlerinage nocturne, et ce n'est qu'à cette occasion que la statue de saint Clair est placée dans la niche dominant la fontaine. La chapelle est une petite bâtisse de plan carré, rebâtie en 1884. La façade principale sud-ouest est en pierre de taille et comporte une porte et deux fenêtres plein cintre, ces dernières derrière des grilles en fer forgé. L'oratoire en face est plus ancien et représente la cellule de saint-Clair, moine bénédictin. C'est un petit bâtiment dont le rez-de-chaussée est ouvert vers le nord-est. Il contient un sarcophage en pierre, sur lequel est placée une statue de saint Clair agenouillé, portant sa tête avec ses deux mains. Après sa mort, il aurait plongé sa tête dans la fontaine avant de la déposer dans sa cellule. Le pignon est orné de deux bas-reliefs, dont le plus grand représente la résurrection de Jésus[12]. L'enclos intérieur est fermé au public.

Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
  • Ancien prieuré, 3 place Rollon : Sa fondation par des bénédictins remonterait à l'an 841. Dès le XIe siècle, le prieuré devient la propriété de l'abbaye Saint-Denis, important propriétaire terrien non seulement dans le Vexin français. L'abbaye exerce le droit de justice seigneuriale sur ses terres, comme n'importe quel autre seigneur laïc. Plus tard, le prieuré est cédé à l'Abbaye de Bourgueil en Indre-et-Loire, mais il fonctionne jusqu'à la Révolution. Après sa vente comme bien national, il est reconverti en ferme. En 1898, un grave incendie détruit partiellement les bâtiments, mais une important substance architecturale médiévale s'est toutefois préservée. Sinon, le bâtiments datent du XVIe, XVIIIe et XIXe siècle[12].
  • Vestiges du château fort, impasse du château, à l'ouest du bourg : De l'ancienne forteresse du XIe siècle, subsiste la base d'un donjon. Sa mission était de défendre l'Île-de-France contre les Anglais, et le château est effectivement assiégé par Henri Ier d'Angleterre en 1181, puis reconquis par Philippe Auguste. Il fait améliorer les fortifications et édifier un châtelet sur l'unique voie d'accès. Les environs marécageux et le fossé alimenté en eau par l'Epte sont également censés protéger la forteresse. Trois puits et deux caves doivent assurer la survie des soldats en cas de siège. Le château-fort est finalement rasé en 1531[12].
  • Ancienne hostellerie, 12 rue Rollon : Grande maison à colombages du XVIe siècle, avec un rez-de-chaussée en moellons, influencée par l'architecture normande. Située sur la grande route de Paris à Rouen, les voyageurs faisant halte y sont nombreux. L'ouverture de la ligne de chemin de fer de Paris à Rouen en 1843 signifie toutefois la ruine de l'établissement.
  • Ancien moulin à eau, 36 rue Rouget-de-L'Isle : Minoterie du XIXe siècle établie à l'emplacement d'un moulin à eau bâti par les moines du prieuré au XIIIe siècle, sur un bras de l'Epte. La production de farine de blé était écoulé essentiellement à Paris[12].
  • Manoir du Fayel, au hameau du même nom : Partie d'un ancien fief de la famille Le Mercier, le petit manoir du XVe siècle a vécu des remaniements, mais garde à deux de ses angles de pittoresques échauguettes en colombages. Jusqu'à un incendie en 1930, le domaine comportait également un moulin à corozo[12].
  • Château et ferme du Héloy, au hameau du même nom : Le petit château sobre du XVIIe et de la deuxième moitié du XVIIIe siècle a appartenu d'abord aux Broglie, puis aux Caylus. La marquise de Caylus est la nièce de Madame de Maintenon. L'alliance avec les Lignerac, seigneurs de Buhy, sous le règne de Louis XV, agrandit la prospérité de la famille. Le marquis de Caylus en profite pour ajouter les deux pavillons d'angle au château, qui ne compte que deux niveaux sur six travées chacun. La ferme, agrémenté de colombages, comporte de nombreuses dépendances, dont des écuries, une chapelle, un colombier et des abreuvoirs. Ces derniers ont la particularité d'être abrités dans la salle basse du corps de logis principal[12].
  • Lavoir Saint-Clair, au hameau de Breuil : C'est l'un des rares lavoirs du XVIIIe siècle qui subsistent, mais il a été reconstruite au XIXe siècle. Le bassin rectangulaire est accessible de deux côtés, et des murs ferment le lavoir sur trois côtés. Deux toits ayant conservé leur charpente ancienne protègent les emplacements dédiés aux lavandières. Ils descendent plus bas du côté du bassin, afin de protéger les lavandières des intempéries. Au-dessus du bassin, deux barres en bois servent à étendre le linge après le rinçage.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Clair-sur-Epte Saint-Clair-sur-Epte
  • Parti : au premier de gueules aux deux léopards d'or, armés et lampassés d'azur, passant l'un sur l'autre, au second aussi d'azur semé de fleurs de lys d'or ; à la vergette ondée d'argent brochant sur la partition
  • Le ruban argenté symbolise l'Epte, qui sépare la Normandie à gauche de l'Île-de-France à droite, dont les armes sont chacune représentées.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Communes limitrophes de Saint-Clair-sur-Epte sur Géoportail.
  2. DRIRE - Les principaux établissements industriels à risques en région Île-de-France (établissements dits "SEVESO")
  3. Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie : Les chiffres-clés de la région Île-de-France - Édition 2007 - Environnement [PDF]
  4. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard, 1981.[réf. incomplète]
  5. Vie de Saint Clair
  6. Site officiel de la préfecture du Val d‘Oise-liste des maires (doc pdf)
  7. Site de la mairie
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  10. « Église Notre-Dame », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  11. Bernhard Duhamel, Guide des églises du Vexin français : Saint-Clair-sur-Epte, Paris, Éditions du Valhermeil,‎ 1988, 344 p. (ISBN 2-905684-23-2), p. 275-276.
  12. a, b, c, d, e, f et g Jean-Loup Corbasson, Pascal Goutrat et Stéphane Gasser, « Le patrimoine des communes du Val-d’Oise : Saint-Clair-sur-Epte », Collection Le Patrimoine des Communes de France, Paris, Flohic Éditions, vol. II,‎ octobre 1999, p. 588-593 (ISBN 2-84234-056-6)
  13. « Ermitage de Saint-Clair », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]