Claude Pompidou

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cahour et Pompidou.
Claude Pompidou
Claude Pompidou (à droite), en 1987.
Claude Pompidou (à droite), en 1987.
Fonctions
Présidente de la Fondation Claude-Pompidou
Prédécesseur Première présidente
Successeur Bernadette Chirac
Épouse du 19e président de la République française

(&&&&&&&&&&&017474 ans, 9 mois et 12 jours)
Président Georges Pompidou
Prédécesseur Yvonne de Gaulle
Successeur Anne-Aymone Giscard d'Estaing
Épouse du 2e Premier ministre français

(&&&&&&&&&&&022796 ans, 2 mois et 26 jours)
Président Charles de Gaulle
Premier ministre Georges Pompidou
Prédécesseur Anne-Marie Debré
Successeur Jacqueline Couve de Murville
Biographie
Nom de naissance Claude Jacqueline Cahour
Date de naissance
Lieu de naissance Château-Gontier (Mayenne)
Date de décès (à 94 ans)
Lieu de décès Paris
Conjoint Georges Pompidou
Enfant(s) Alain Pompidou (adoptif)
Diplômé de Faculté de droit de Paris
Religion Catholicisme

Claude Pompidou, née Claude Jacqueline Cahour le à Château-Gontier (Mayenne) et décédée le à Paris (4e arrondissement), était l'épouse de Georges Pompidou, dix-neuvième président de la République française de 1969 à 1974.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études et mariage[modifier | modifier le code]

Claude Cahour est la fille de Pierre Cahour[1], médecin-chef de l'hôpital et hospice Saint-Joseph de Château-Gontier de 1938 à 1950, et de Germaine Mélanie Houssaye, d'origine normande, sœur d'Alfred Houssaye, directeur de la Transatlantique. Sa mère décède le 24 mars 1919 lors de l'épidémie de grippe de 1918. Elle est la petite-fille d'Abel Cahour, avocat, qui exerce la charge de maire de Château-Gontier de 1914 à 1919[2].

Claude Cahour a une sœur, Jacqueline (Jackie), et pratique le piano et l'équitation. Elle effectue ses études secondaires à l'Institut Jeanne-d'Arc, puis au collège universitaire de Château-Gontier de 1928 à 1931. Elle commence des études de droit[3] à la faculté de Paris, ville dans laquelle elle rencontre son futur époux, Georges Pompidou, qui est alors professeur au lycée Henri-IV. Ils se fiancent à Clermont-Ferrand et se marient le 29 octobre 1935 dans la chapelle de l'hospice Saint-Joseph ; sans enfant, ils adoptent un garçon, Alain, né en 1942.

Le couple reste trois ans à Marseille, où Georges Pompidou est nommé professeur. Ils y passent en parallèle leur lune de miel ; c'est une des périodes les plus heureuses de la vie de Claude Pompidou qui se plaît particulièrement dans le Sud de la France[4].

Épouse du Premier ministre[modifier | modifier le code]

Alors que son époux Georges vient d'être nommé Premier ministre, elle refuse d'emménager à l'hôtel Matignon, la résidence officielle, trop triste de quitter la vie libre qu'elle menait avec son mari dans leur appartement de cinq pièces, au numéro 24 quai de Béthune, sur l'île Saint-Louis.

Le couple passe souvent ses vacances dans leur domaine de Cajarc, près de Cahors (Lot). Ils y pratiquent notamment l'équitation, sur les deux chevaux que leur a offerts le roi du Maroc Hassan II[4].

À propos de mai 1968, Claude Pompidou déclare : « Moi, j'ai trouvé cela très dur. Pour mon mari d'abord, je voyais que c'était très fatigant. Cela a duré au moins un mois. D'abord, nous n'étions pas en France, nous étions en voyage officiel en Iran et en Afghanistan, donc il a fallu revenir rapidement pour trouver une situation difficile. Ce que je trouvais très dur, c'est que cela traîne si longtemps »[5].

L'affaire Markovic[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Markovic.

Quelques mois avant la campagne pour le référendum du 27 avril 1969, un scandale éclabousse Claude Pompidou, alors que son mari est potentiellement candidat à la succession du général de Gaulle, à l'expiration du mandat de celui-ci, fin 1972.

Il s'agit à l'origine d'un fait divers : Stefan (ou Stevan) Markovic, ancien garde du corps de l'acteur Alain Delon, est retrouvé mort. Stefan Markovic est alors connu des services de police pour de petites infractions et l'organisation de soirées dissolues. Le scandale vient d'une lettre anonyme qui dénoncerait certains anciens ministres, hauts fonctionnaires et personnalités, dont Claude Pompidou, qui y auraient participé. En réalité, il s'agissait alors d'une manœuvre visant à déstabiliser Georges Pompidou, qui s'est placé « en réserve de la République » depuis son départ de l'hôtel Matignon, à l'été 1968.

La campagne référendaire puis, après l'échec du référendum et la démission surprise du général de Gaulle, la campagne présidentielle inopinée, font passer au second plan l'affaire Markovic et les manœuvres auxquelles elle a donné lieu.

Épouse du président de la République[modifier | modifier le code]

Georges Pompidou devient président de la République le 20 juin 1969. Lors de l'investiture de son époux, Claude est habillée en Chanel[4]. Elle introduit au palais de l'Élysée un style plus moderne, moins rigide, qui contraste avec l'attitude effacée d’Yvonne de Gaulle. De l'art abstrait et des meubles design font ainsi leur entrée au palais. Elle s'occupe personnellement de la re-décoration des lieux et ainsi déclare : « Je m'en suis entièrement occupée. Refaire les salons anciens est ce qui m'a donné le plus de mal. J'ai voulu refaire le décor, reconstituer les ensembles, retrouver les meubles dispersés, refaire les soieries d'origine à Lyon, réussir les éclairages. J'adore la décoration. C'est une manie chez moi : il faut que je sois chez moi, j'ai vraiment besoin de vivre dans un décor créé par moi »[4]. Elle installe en 1970 des nouvelles pièces dans un style très contemporain : au rez-de-chaussée naissent ainsi une antichambre dessinée par Yaacov Agam, une salle à manger et un fumoir par Pierre Paulin. Elle ne s'intéresse pas aux jardins, l'horticulture étant plutôt le domaine de son époux. Elle re-décore également dans un style plus simple, le fort de Brégançon ainsi que la nouvelle propriété de la présidence, l'hôtel de Marigny.

Elle rompt avec le protocole et la tradition, durant les voyages officiels. Parée de vêtements griffés Dior, Cardin ou Yves Saint Laurent, elle est ambassadrice de la haute-couture française mais en même temps s'attire les foudres de certains médias : son goût pour le luxe l'amène à être comparée par la presse à Marie-Antoinette, Le Canard enchaîné n'hésitant pas à la surnommer « Reine Claude » ou « Madame de Pompidour »[6]. Il convient pourtant de noter que la majorité des tenues qu'elle porte sont prêtées par les maisons de couture et leur sont rendues ensuite ; elle est notamment très amie avec Coco Chanel[4]. Lors du voyage officiel du couple présidentiel aux États-Unis, en mars 1970, elle emporte trente-deux tenues de grands couturiers et huit chapeaux ce qui vaut à la Première dame une double page dans le prestigieux Washington Post. Lors de leur passage à Chicago, à l'hôtel Palmer House, des personnes de la communauté juive américaine prennent à partie le couple et leur crachent dessus, en guise de protestation à la politique jugée pro-arabe que mène le président au Proche-Orient, sous les cris de « Meurtriers ! » ; la première dame est terrorisée : Richard Nixon choisit tout de suite de quitter Washington et organise pour le couple français un dîner informel à l'hôtel Waldorf Astoria de New York[4].

Elle est très amie avec la princesse Grace de Monaco et confie que son mari appréciait beaucoup Willy Brandt, le roi Hussein de Jordanie, Edward Heath et Richard Nixon[4]. Détestant l'Élysée, elle aurait aimé profiter des derniers mois de la vie de son mari, atteint de la maladie de Waldenström. Elle déclare déjà, en 1970, lorsque l'on lui demande ce qui lui manque le plus depuis qu'elle est Première dame de France : « Être libre, pouvoir me promener dans les rues lorsque j'en ai envie. Faire des courses comme autrefois, entrer au hasard dans un cinéma »[4]. Surnommant le palais « la maison du malheur », elle n'y remettra, après le décès de son époux, le 2 avril 1974, plus jamais les pieds. Elle déclare plus tard : « Ma vie a été un tel naufrage après la mort de mon mari. Toute ma vie était totalement liée a lui »[4]. On lui remet une clef du cimetière d'Orvilliers, dans lequel ce dernier est enterré.

Amatrice d'art contemporain[modifier | modifier le code]

Intéressée très jeune par l'art contemporain, Claude Pompidou aime collectionner avec son mari les œuvres des artistes de son époque. Elle est particulièrement passionnée par Yves Klein. Elle déclare, dans une interview publiée par le Centre d'art de Cajarc (Lot) : « Lorsque j'ai rencontré Georges Pompidou, il se passionnait déjà pour l'art contemporain. Ainsi, alors qu'il préparait encore l'École normale supérieure, acheta-t-il, à 18 ans La Femme 100 têtes de Max Ernst, qui venait d'être publié ».

Claude Pompidou était présidente d'honneur de ce Centre d'art contemporain. Le couple présidentiel possédait dans ce chef-lieu de canton une propriété non loin de celle de Françoise Sagan. Les Pompidou y vivaient simplement et y recevaient leurs amis : Françoise Sagan, Pierre Soulages, Christian Bourgois ou encore Bernard et Annabelle Buffet. Une exposition, Autour d'une collection, a été organisée en 1994 dans ce centre d'art (dont le président était alors Gilbert Paris, et le directeur Jean-Paul Coussy). Y figuraient notamment des œuvres de Pierre Soulages, Agam, Atlan, Alechinsky, Arman, Valerio Adami, Roger Bissière, Albert Bitran, Gaston Chaissac, Olivier Debré, César, Jean Dubuffet, Max Ernst, Alberto Giacometti, Kandinski, Paul Klee, František Kupka, Jean Hélion, Fernand Léger, Masson, Georges Mathieu, Hans Hartung, Henri Michaux, Pablo Picasso, Jean Tinguely, Günther Uecker, Martial Raysse, Ossip Zadkine, Sonia Delaunay et Zao Wou-Ki.

Fondation Claude-Pompidou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fondation Claude-Pompidou.

Claude Pompidou crée et préside pendant plus de trente ans une fondation reconnue d'utilité publique qui porte son nom : la fondation Claude-Pompidou, qui vise à venir en aide aux personnes âgées, aux malades hospitalisés ainsi qu'aux enfants handicapés[7].

À sa mort, Bernadette Chirac lui succède à la présidence de la fondation.

Institut Claude Pompidou[modifier | modifier le code]

En partenariat avec le CHU de Nice, la fondation Claude-Pompidou ouvre en 2014 l'Institut Claude Pompidou. Consacré à la maladie d'Alzheimer, il permet d'offrir sur un même site, en plein cœur de la ville, l'information du public, le dépistage de la maladie, le développement de la recherche clinique et fondamentale ainsi que le soin et la prise en charge des malades grâce à 72 lits d'hébergement et 19 places d'accueil de jour. Il est inauguré le en présence de Bernadette Chirac, présidente de la fondation Claude Pompidou et de Nicolas Sarkozy, ancien président de la République[8].

Obsèques[modifier | modifier le code]

La tombe de Georges et Claude Pompidou, à Orvilliers.

Claude Pompidou décède à son domicile parisien du 24, quai de Béthune le . Ses obsèques sont célébrées le 6 en l’église Saint-Louis-en-l’Île à Paris, en présence de nombreuses personnalités dont le président de la République Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, les ministres Michèle Alliot-Marie, Christine Albanel, Christian Estrosi et Christine Boutin, les journalistes Claire Chazal et Christine Ockrent. Sont également présents : l’ancien président de la République, Jacques Chirac et son épouse Bernadette Chirac, les anciens Premiers ministres Édouard Balladur et Pierre Messmer et les anciens ministres Jacques Toubon, Simone Veil, Jean-Jacques Aillagon et Françoise de Panafieu, l’ancien maire de Paris Jean Tiberi, ainsi que l’ancienne impératrice Farah d'Iran, la princesse Caroline de Monaco et son époux, le prince Ernest August de Hanovre et la femme d’affaires Liliane Bettencourt[9].

Elle a été inhumée aux côtés de son époux au cimetière d'Orvilliers, dans les Yvelines. Nicolas Sarkozy lui rend alors hommage en parlant d'une « très grande dame »[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né le 25 janvier 1885 à Château-Gontier, et décédé le 5 juillet 1962 dans le XVIème arrondissement de Paris, ancien interne des hôpitaux de Rennes, il est docteur en médecine. Libre-penseur, il est médecin de la gendarmerie de 1919 à 1924, puis de la SNCF, à partir de 1924. Il a assuré le service hospitalier jour et nuit pendant l'épidémie de grippe de 1918, puis a prêté secours en 1940 à un convoi de malades entre Chemazé et Château-Gontier. Il est chevalier de l'ordre de la Santé publique en 1946, et chevalier de la Légion d'honneur en 1951.
  2. Conseiller municipal en 1884, il assure la charge, étant non-élu, pendant la Première Guerre mondiale à la mort de Jean-Sylvain Fouassier.
  3. Sur les traces de son grand-père.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée. Celles d'hier et de demain, Librairie Académique Perrin, Paris.
  5. Émission L'Heure de vérité,
  6. http://www.linternaute.com/savoir/magazine/dossier/premieres-dames-de-france/2-claude-pompidou.shtml
  7. Fondation Claude-Pompidou
  8. Alzheimer: un institut du futur ouvre à Nice
  9. http://features.rr.com/photo/03d9c141HI4P4?q=Paris
  10. http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-claude_pompidou-3785.php

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Autour d’une collection, le Président et Madame Georges Pompidou, interview de Claude Pompidou par Luc Vezin. Textes de Claire Stoullig, Jean-Louis Prat, Jacques Rigaud. 1994, Arts et dialogues européens, Maison des Arts Georges Pompidou, BP 24, 46160 Cajarc.
  • Aude Terray, Claude Pompidou, l’incomprise, 2010, Éditions du Toucan