Fernand Raynaud

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Fernand Raynaud

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Marcel Rossi et Fernand Raynaud (à droite) en 1969.

Naissance 19 mai 1926
Clermont-Ferrand (France)
Décès 28 septembre 1973 (à 47 ans)
Cheix-sur-Morge (France)
Nationalité Drapeau de la France Français
Profession

Fernand Raynaud est un artiste comique de scène, français né le 19 mai 1926 à Clermont-Ferrand et mort le 28 septembre 1973 dans un accident de la route au Cheix-sur-Morge, près de Riom.

Fernand Raynaud est parmi les artistes comiques les plus connus en France, dans les années 1950 et 1960. Initialement homme de cabaret et de music-hall avec des sketches et des chansons, il devient une vedette nationale grâce à la télévision. Son art comique consiste à présenter des histoires drôles à base de situations quotidiennes, qui mettent en scène le Français moyen. Il y exploite avec efficacité et talent des tours éprouvés de la farce et du cirque : quiproquos, absurdités, gaffes, art corporel du mime et de la grimace, multiplicité d'accents, fluidité du jeu alternant les différents protagonistes au sein d'un même sketch, mise en avant d'un personnage de benêt au costume trop grand et qui n'est pas sans évoquer une forme civile de l'Auguste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fernand Raynaud est né à Clermont-Ferrand au sein de la cité ouvrière de l'Oradou[1], bâtie par Michelin, où son père était contremaître après avoir été employé de la SNCF. Sa sœur Yolande, de treize ans son aînée, deviendra un personnage phare de ses sketches. À l'âge de 15 ans, il quitte l'école après avoir obtenu son certificat d'études.

Il joue au théâtre en amateur et exerce les métiers de bobineur, commis d'architecte, projectionniste de cinéma, terrassier au camp d'aviation d'Aulnat. À l'âge de 15 ans, pendant la guerre, après une dernière dispute avec son père, il part s'installer à Paris. À l'âge de 18 ans, il perd deux doigts dans un accident de gare. Selon l'anecdote, c'est épuisé par son travail et soucieux de ne pas déranger un couple qu'il s'installe discrètement et s'endort à proximité d'une voie. Un train lui arrache deux doigts de la main gauche. Une autre version de l'accident explique l'origine de la perte de ses deux doigts par la manipulation accidentelle d'une hache par l'un de ses amis, dans une étable, à l'âge de 17 ans.

Depuis son arrivée à Paris, il fréquente tous les soirs aux Folies Bergère les spectacles comiques de l'époque. Enchaînant quelques années de vaches maigres, il débute dans les brasseries et dans les cabarets une carrière d'amuseur va le mener classiquement des numéros intercalés aux premières parties de spectacle enfin jusqu'au récital personnel, en vedette et dans les salles les plus prestigieuses de son époque.

À 18 ans, de mai 1944 à février 1945, il travaille à Clermont-Ferrand à la direction régionale du Service national de la statistique (futur-INSEE)[2].

Sa rencontre avec Jean Nohain au début des années 1950 va décider de sa carrière. Il participe à l'émission télévisée 36 chandelles, où il rencontre Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Darry Cowl, Jacques Courtois et Omer et Raymond Devos. C'est en reprenant une anecdote arrivée à Jean Nohain pendant son service militaire qu'il fait un de ses sketches les plus célèbres : Un certain temps[3]. En décembre 1955, il épouse la chanteuse Renée Caron.

Il habite Gennevilliers pendant plusieurs années, et certains de ses sketches porteront la trace des personnages qu'il croisait, tel que Le 22 à Asnières, qui se trouve de l'autre côté du boulevard.

Il connaît le triomphe au début des années 1960 pendant 18 mois au Théâtre des Variétés, dans son spectacle Fernand Raynaud Chaud. Puis, il enchaîne les tournées en France, au Canada, en Afrique et dans le Pacifique. Il joue régulièrement à l'Olympia et à Bobino.

La stèle apposée sur le mur du cimetière du Cheix-sur-Morge.

En 1962, il produit Le Bourgeois gentilhomme de Molière, où il interprète Monsieur Jourdain. Un an plus tard, il joue Sganarelle dans le Don Juan de Molière, aux côtés de Georges Descrières. En 1970, il propose un spectacle entièrement mimé au Théâtre de la Ville, intitulé Une heure sans paroles, qui connaît un grand succès.

Le 28 septembre 1973, alors qu'il se rend à Clermont-Ferrand pour y faire un gala au profit d'ouvriers (milieu dont il était issu et pour lequel il avait toujours gardé une certaine tendresse), il se tue accidentellement lorsque son coupé Rolls-Royce Silver Shadow percute à très vive allure le mur du cimetière à l'entrée de Cheix-sur-Morge (Puy-de-Dôme), entre Aigueperse et Riom, deux jours après que sa Citroën SM fut volée. Une plaque commémorative signale cet endroit. Il plaisantait avec ses amis :

« Elle est braque, cette voiture, il y a un voyant Brakes (freins) qui reste tout le temps allumé. »

Il est inhumé en Bourbonnais, au cimetière (partie neuve) de Saint-Germain-des-Fossés (Allier), ville aimée, où, enfant, il passait ses vacances.

Il reste dans la mémoire collective de plusieurs générations successives de Français, avec ses sketches comme Le 22 à Asnières, Restons Français, Le plombier et ses chansons amusantes qui ont marqué son époque : Et v'lan passe moi l'éponge, Avec l'ami bidasse, Lena, Telle qu'elle est. Certaines de ses expressions sont restées célèbres : « Bourreau d'enfant », « Heu-reux ! », « Y a comme un défaut », « C'est étudié pour », « Ça eût payé », « Tiens ! Voilà l'hallebardier ! », « C'est l'plombier ! », « Allô ! Tonton ? Pourquoi tu tousses ? », « Ingénieur à Grenoble ».

Son comique peut incarner l'entrée de la France dans une certaine modernité : La prévention routière et le développement de l'automobile, Le douanier raciste et les travailleurs immigrés, le patron qui exige qu’on dise Je m’amuse, le paysan Crésus et le passage de la paysannerie à l’agriculture intensive.

Le comédien Jean Rochefort a créé à partir des sketches de Fernand Raynaud en 2004 un spectacle intitulé Heureux ? qui connut un grand succès.

Une association a été créée en 1985, les Amis de Fernand Raynaud dont le siège se situe en mairie de Saint-Germain-des-Fossés. Cette association organise tous les ans en septembre, un festival du rire Fernand Raynaud, destiné à de jeunes humoristes.

Sketches célèbres[modifier | modifier le code]

  • Allô ! Tonton ? Pourquoi tu tousses ?
  • Aux deux folles
  • Avec deux croissants…
  • J'm'amuse
  • C'est étudié pour
  • Heureux !
  • J'ai souffert dans ma jeunesse
  • La 2 CV de ma sœur
  • La bougie
  • La chatte à ma sœur
  • Le douanier
  • La pipe à pépé
  • La prévention routière
  • La tasse de lait
  • Le 22 à Asnières
  • Le bègue
  • Le bluff
  • Le fromage de Hollande
  • Le défilé militaire
  • Le match de boxe
  • Le paysan (Ça eût payé, Crésus)
  • Le peintre et son modèle
  • Le plombier
  • Le réfrigérateur
  • Le tailleur
  • Le timbre à 0 Fr. 25
  • Les œufs cassés
  • L'inspecteur des platanes
  • Ma sœur s'est mariée
  • Moi, mon truc c'est le vélo
  • Ne me parle pas de Grenoble
  • Restons Français
  • Un certain temps
  • Un mariage en grandes pompes
  • Vive le camping
  • Vlan, passe-moi l'éponge
  • Zanzi Bar

Mais on peut noter aussi que certains de ses textes tenaient de la poésie pure (T'entends t'y dis Paul ?), et que d'autres prenaient une dimension noire et tragique tel Le brassard.

Chansons[modifier | modifier le code]

Fernand Raynaud a interprété plusieurs chansons comiques, écrites le plus souvent par Raymond Mamoudy et composées par son pianiste et ami Marcel Rossi : Si tu savais (comédie musicale Purée de nous z'otres), Les gens riaient, Et vlan' passe moi l'éponge (paroles de Jacques Martin)[4], La chanson de Paris.

La comédie[modifier | modifier le code]

Plutôt qu'un parcours de comédien, sa carrière d'acteur reste limitée à l'exploitation de la veine comique qui a assuré son succès sur la scène. Au cinéma on le retrouve dans des rôles identiques à ceux qu'il incarnait sur scène, le personnage portant le plus souvent son propre prénom.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaque de la rue Fernand-Raynaud à Paris.

Une rue de Clermont-Ferrand ainsi qu'une petite rue du 20e arrondissement de Paris portent son nom.

Une avenue de St Germain des Fossés porte son nom ainsi que l'espace culturel Fernand Raynaud.

Une signalétique a été mise en place en septembre 2013, à l'entrée du cimetière à St Germain des Fossés (entrée côté Prieuré) afin d'indiquer aux visiteurs l'emplacement de sa sépulture.

En septembre 2013, à l'occasion du 40e anniversaire de sa disparition, une personnalisation de la tombe a été réalisée avec un dessin de la petite-fille de Fernand Raynaud.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Mon Clermont secret, Thierry Gauthier dir., tome 2, Clermont-Ferrand, La Montagne, décembre 2013, p. 29, il serait né en fait dans la cité Michelin de Lachaux, voisine de l'Oradou.
  2. Encadré dans Cinquante ans d’INSEE… ou la conquête du chiffre (éd. de l’INSEE, 1996) consultable en ligne sur le site de l’INSEE : [1].
  3. Le fût du canon, Fernand Raynaud, entre 1955 et 1958.
  4. http://www.encyclopedisque.fr/disque/11940.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Vocoret, Mon ami Fernand Raynaud, M. Lafon, 2006 (ISBN 2-7499-0523-0)
  • Fernand Raynaud : 25 sketches à lire et à jouer. Choix de sketches extraits de Heureux ?, présentation et commentaires de Dominique Guerrini. Illustrations de Michel Gay,  éd. L’école des loisirs, septembre 1984 (ISBN 2-211-018-26-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]