Les Aristochats
Les Aristochats
| Titre original | The Aristocats |
|---|---|
| Réalisation | Wolfgang Reitherman |
| Scénario | Larry Clemmons |
| Sociétés de production | Walt Disney Productions |
| Pays d’origine | |
| Sortie | 1970 |
| Durée | 78 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Les Aristochats (The Aristocats) est le 25e long-métrage d'animation et le 20e « Classique d'animation » des studios Disney. Sorti en 1970, ce film est inspiré d'une histoire de Tom McGowan et Tom Rowe, qui met en scène des chats héritiers désignés d'une vieille dame parisienne au prise avec un majordome qui souhaite recevoir l'héritage plus rapidement.
Ce film est le dernier dont la production a été approuvée par Walt Disney, décédé fin 1966, avant que le film ne soit réalisé. L'élément le plus important du film est sa musique, avec la participation de Maurice Chevalier et des frères Sherman. Malgré un succès en salles, les critiques négatives sont nombreuses surtout à cause de la réutilisation d'une recette classique, tant dans le scénario que dans l'animation, dans les acteurs ou dans la musique. Cet usage est souvent vu comme une conséquence du décès de Walt Disney tandis que d'autres évoquent la mise à la retraite progressive de la plupart des artistes du studio. L'absence d'un méchant d'envergure est aussi un sujet de critiques.
Pour les studios Disney, après Le Livre de la jungle en 1967, le film s'inscrit dans la période de déclin des années 1970 qui précède une forme de léthargie tout au long des années 1980 avant le Second âge d'or, débutant en 1989.
Sommaire |
Synopsis [modifier]
À Paris, en 1910, une chatte angora nommée Duchesse vit avec ses trois chatons, Marie, Toulouse et Berlioz dans la demeure d'une ancienne chanteuse d'opéra Adélaïde de Bonnefamille. Cette riche vieille dame décide de changer avec l'aide de son vieil ami avocat Georges Hautecourt. Ses nouvelles dernières volontés sont qu'elle lègue toute sa fortune à ses chats et elle stipule que la fortune appartiendra aux chats jusqu'à leur mort puis ira au majordome de la maison Edgar. Ce dernier apprend la nouvelle par un tube acoustique et décide de hâter la procédure en se débarrassant définitivement de toute la famille féline.
Edgar endort les chats avec des somnifères dans leur nourriture et part dans la campagne pour les abandonner dans la nature. Mais le projet est mis à mal par deux chiens de ferme, Napoléon et Lafayette. Edgar s'enfuit, abandonnant son parapluie, son chapeau et le panier avec les chats dans le side-car de sa moto. Les chats se retrouvent abandonnés dans la campagne française tandis que chez Mme Bonnefamille, la maîtresse de maison, la souris Roquefort et le cheval Frou-Frou s'aperçoivent de la disparition des félins. Duchesse décide de rentrer à Paris et rencontre Thomas O'Malley, un chat de gouttière qui offre son aide pour aider et guider la chatte et ses trois chatons.
Marie, Berlioz et Toulouse ont du mal à revenir dans la ville, tentant de faire du stop à l'arrière d'un fourgon de lait avant d'être chassé par le chauffeur. Par la suite Marie tombe dans une rivière et Thomas O'Malley plonge pour la sauver. Aux abords d'un champ, le groupe rencontre deux oies, Amélia et Amélie qui effectuent un tour de France. Sur le chemin ils rencontrent l'oncle des deux oies, Waldo totalement ivre. Amélie et Amélia décident de reconduire leur oncle à sa maison.
Une fois dans Paris, les chats se déplacent par les toits de la ville et rencontre Scat Cat et son groupe, des amis de Thomas O'Malley. Duchesse et les chatons découvrent alors la Bohême parisienne et chantent Tout le monde veut devenir un cat. Après le départ des musiciens, les chatons s'allongent dans un lit pendant que Duchesse et Thomas O'Malley s'installent sur un toit non loin pour discuter, mais ils sont écoutés par les trois petits depuis un rebord de fenêtre. Le sujet de discussion est que Duchesse reste auprès de Thomas et l'épouse mais elle refuse en partie par loyauté envers Madame Bonnefamille. Pendant ce temps Edgar recherche son side-car, son parapluie et son chapeau dans la ferme de Napoléon et Lafayette car il sait que ce sont des indices pouvant l'incriminer.
Les chats retrouvent le chemin de la maison, rentrent chez eux mais Thomas les quitte résigné. Edgar découvre Duchesse et les chatons revenus, les capturent dans un sac et les cachent dans le four. Les chats demandent à Roquefort de prévenir Thomas O'Malley pour qui les aident. O'Malley part vers la maison et ordonne à Roquefort de trouver Scat Cat et ses amis.
Edgar retire les chats du four et les placent dans son camion avec le projet de les envoyer dans une caisse à Tombouctou en Afrique. O'Malley, Scat Cat, son gang et le cheval Frou-Frou s'attaquent à Edgar pendant que Roquefort libère Duchesse et les trois chatons. Les chats parviennent à enfermer Edgar dans la boite en partance pour l'Afrique avant de rentrer à la maison.
Madame Bonnefamille retrouve ses chats, fait connaissance avec Thomas O'Malley et décide de changer son testament en remplaçant Edgar par Thomas. Elle crée une fondation pour les chats errants de Paris et lors de l'inauguration Scat Cat et ses amis interprètent Tout le monde veut devenir un cat.
Fiche technique [modifier]
- Titre original : The Aristocats
- Titre français : Les Aristochats
- Réalisation : Wolfgang Reitherman, assisté de Ed Hansen et Dan Alguire
- Scénario : Larry Clemmons, assisté de Ken Anderson, Julius Svendsen, Frank Thomas, Vance Gerry, Eric Cleworth et Ralph Wright d'après Tom McGowan et Tom Rowe
- Conception graphique :
- Direction artistique : Ken Anderson
- Cadrage (Layout) : Don Griffith, assisté de Basil Davidovich et Sylvia Roemer
- Décors : Al Dempster, assisté de Bill Layne et Ralph Hulett
- Animation :
- Supervision : Milt Kahl, Ollie Johnston, Frank Thomas et John Lounsbery
- Animation des personnages : Hal King, Eric Cleworth, Eric Larson, Fred Hellmich, Walt Stanchfield, Dave Michener et Julius Svendsen
- Effets spéciaux : Dan MacManus et Dick Lucas
- Son : Robert O. Cook (supervision)
- Montage : Tom Acosta (film), Evelyn Kennedy (musique)
- Musique :
- Compositeur : George Bruns
- Chansons[1] : Terry Gilkyson (Thomas O'Malley Cat), Floyd Huddleston et Al Rinker (Everybody Wants To Be A Cat), Richard M. Sherman et Robert B. Sherman (The Aristocats, Scales and Arpeggios, She Never Felt Alone)
- Orchestrations : Walter Sheets
- Production : Wolfgang Reitherman et Winston Hibler ; Don Duckwall (directeur de production)
- Société de production : Walt Disney Pictures
- Société de distribution : Buena Vista Pictures Distribution
- Budget : + de 4 millions de USD[1]
- Format : Couleur (Technicolor IB) - 35 mm - 1,37:1 (1,75:1 - soft ou hard matte) - Mono (RCA Sound System)
- Durée : 78 minutes
- Dates de sortie :
États-Unis : 24 décembre 1970 ;
France : 8 décembre 1971
Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin[2], John Grant[3] et IMDb[4].
Distribution [modifier]
Voix originales [modifier]
- Phil Harris : Thomas "Abraham-De Lacey-Giuseppe-Casey" O'Malley[5]
- Eva Gabor : Duchess (Duchesse, voix parlée)
- Robie Lester : Duchess (Duchesse, voix chantée)
- Sterling Holloway : Roquefort
- Liz English : Marie
- Dean Clark : Berlioz
- Gary Dubin : Toulouse
- Scatman Crothers : Scat Cat
- Paul Winchell : Chinese Cat (Chat siamois)
- Lord Tim Hudson : English Cat (Chat anglais)
- Vito Scotti : Italian Cat (Chat italien)
- Thurl Ravenscroft : Russian Cat (Chat russe)
- Hermione Baddeley : "Madame" Adelaïde Bonnefamille
- Roddy Maude-Roxby : Edgar, the butler (le majordome) / Trunk Mover (Le camionneur)
- Charles Lane : Georges Hautecour, the lawyer (le notaire)
- Nancy Kulp : Frou-Frou
- Ruth Buzzi : Frou-Frou (chant)
- Pat Buttram : Napoléon
- George Lindsey : La Fayette
- Monica Evans : Abigail (Amélie)
- Carole Shelley : Amelia
- Bill Thompson : Uncle Waldo (Oncle Waldo)
- Peter Renaday : Milkman (Le Laitier)
Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin[2] et IMDb[4]
Voix françaises [modifier]
- Claude Bertrand : Walter Giuseppe Désiré Thomas O'Malley
- Michèle André : Duchesse
- Anne Germain : Duchesse (chant)
- Roger Carel : Roquefort/La Fayette
- Christian Lesser : Berlioz
- Vanina Vinitzki : Marie
- Vladimir Vinitzki : Toulouse
- Denise Grey : Mme Adélaïde de Bonnefamille
- Jean-Henri Chambois : Edgar
- Alfred Pasquali : Georges Hautecour
- José Germain : Scat Cat
- Henri Tallourd : Chat siamois
- Steve Gadler : Chat anglais
- Albert Augier : Chat italien
- Michel Seldow : Chat russe
- Jacques Provins : Frou-Frou
- Jacques Dynam : Napoléon
- Sylviane Mathieu : Amélie
- Nicole Riche : Amelia
- Jacques Hilling : Oncle Waldo
Chansons du film [modifier]
- Les Aristocats (The Aristocats) - Maurice Chevalier
- Gammes et Arpèges (Scales and Arpeggios) - Marie, Berlioz et Duchesse
- Thomas O'Malley (Thomas O'Malley Cat) - O'Malley
- Tout le monde veut devenir un cat (Everybody Wants To Be A Cat) - Scat Cat, O'Malley, Marie et les chats
- She Never Felt Alone - Duchesse
- Tout le monde veut devenir un cat (Reprise) - Les Chats, Frou-Frou et Oncle Waldo
Distinctions [modifier]
- 1973 - Prix aux Goldene Leinwand d'Allemagne
- 1981 - Prix aux Goldene Leinwand d'Allemagne
Sorties cinéma [modifier]
Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database[6].
Premières nationales [modifier]
- États-Unis : 11 décembre 1970 (Première à Los Angeles, Californie) ; 24 décembre 1970 (nationale)
- Brésil : 20 février 1971
- Argentine : 14 mai 1971
- Australie : 5 août 1971
- Italie : 13 novembre 1971
- Royaume-Uni : 22 novembre 1971
- Suède : 4 décembre 1971
- Espagne : 6 décembre 1971
- France : 8 décembre 1971
- Allemagne de l'Ouest : 16 décembre 1971
- Finlande : 17 décembre 1971
- Pays-Bas : 23 décembre 1971 (version anglaise) ; 24 décembre 1980 (version néerlandophone)
- Danemark : 26 décembre 1971
- Norvège : 26 décembre 1971
- Hong Kong : 20 janvier 1972
- Japon : 11 mars 1972
- Portugal : 25 octobre 1977 (limitée)
- Mexique : 6 décembre 1978
- Hongrie : 31 mars 1994
- Allemagne : 15 mai 1994
Ressorties principales [modifier]
- Italie : 18 décembre 1979
- Allemagne de l'ouest : 12 décembre 1980
- Australie : 19 décembre 1980, 31 mars 1994
- États-Unis : 19 décembre 1980, 10 avril 1987
- Japon : 20 juillet 1985
- Irlande : 25 mars 1994
- Royaume-Uni : 25 mars 1994
- France : 30 mars 1994
- Allemagne : 15 mai 1994
- Norvège : 2 mai 2001 (Kristiansand International Children's Film Festival)
Sorties vidéo [modifier]
- 1er février 1995 - VHS
- 23 avril 1996 - VHS (États-Unis et Québec)
- 1997 - VHS Image
- 1997 - Laserdisc
- 1999 - DVD
- 23 mars 2000 - Première sortie en Islande
- 4 avril 2000 - VHS et DVD (Québec) collection « classique or »
- 21 septembre 2001 - VHS et DVD
- Printemps 2008 - DVD Collector (États-Unis et Québec seulement)
- 8 août 2012 - Blu-ray
Toutes ces versions présentent le film dans son format d'origine, à l'exception de la version laserdisc qui est recadrée en panoramique.
Origine et production [modifier]
Développement du scénario [modifier]
Les Aristochats est le dernier long-métrage initié par Walt Disney avant sa mort, en décembre 1966. Le scénario avait intrigué Walt Disney mais il n'avait pas eu le temps d'organiser une seule réunion avec un membre de l'équipe qui aurait fait le film[7]. À l'origine le projet est prévu comme un film en prise de réelle en deux parties pour l'émission The Wonderful World of Disney sur National Broadcasting Company[3],[8]. Le scénario initial a été écrit ainsi par Tom McGowan, Tom Rowe et Harry Tytle mais à sa lecture Walt Disney préfère un long métrage d'animation[3],[8]. John Grant note qu'un court métrage d'animation réalisé en 1943 par Chuck Jones pour Warner Bros. s'intitule The Aristo-Cat mais n'a aucun rapport avec le film de Disney[9]. La première version du scénario écrite en 1962 par Tom McGowan et Tom Rowe s'étale sur 106 pages[8]. Ils sont ensuite rejoint par Harry Tytle pour une seconde version avec, pour les deux, Boris Karloff dans le rôle du majordome et Françoise Rosay pour l'infirmière en chef[8]. Avec la production du Livre de la Jungle (1967) qui accapare Walt Disney, le projet est repoussé[3]. La mort de Walt Disney le 15 décembre 1966 relance la production[3]. Peu de temps avant son décès, Walt étudie les storyboards dessinés par Ken Anderson pour ce film et autorise la production[10]. Anderson devient une fois de plus dans une production Disney le directeur artistique[11].
Le film Les Aristochats est également la dernière prestation de Bill Thompson, qui avait prêté sa voix à de nombreux personnages Disney depuis Alice au pays des merveilles (1951) ainsi qu'à Droopy. Le film contient beaucoup de similarités avec Les 101 Dalmatiens (1961), comme les deux fourgons qui apparaissent dans les deux films. L'histoire tourne aussi autour du même sujet : l'enlèvement d'animaux[12]. Christopher Finch ajoute que la romance entre Duchesse et O'Malley ressemble elle beaucoup à celle de Lady et du Clochard dans La Belle et le Clochard (1955)[10]. Le film à l'instar des 101 Dalmatiens et du Livre de la Jungle (1967) doit beaucoup au travail sur la personnalité des personnages basée sur la voix des acteurs[10]. Maltin indique que le film utilise comme Le Livre de la jungle une palette de vedettes hollywoodiennes par leur personnalité : Phil Harris est Thomas O'Malley, Eva Gabor est Duchesse[13]. Le studio essaye d'engager Louis Armstrong pour Scat Cat, un chat très jazzy conçu avec à l'esprit Satchmo mais c'est Scatman Crothers qui donne sa voix[13]. Wolfgang Reitherman indique dans les colonnes du International Cinematographers Guild Magazine[3] que le personnage de Thomas O'Malley, aussi interprété par Phil Harris, est plus proche de Clark Gable alors que Baloo avait pour modèle initial Wallace Beery[9]. Reitherman dit aussi qu'Eva Gabor est probablement la voix féminine la plus originale jamais eu dans un dessin animé[3]. Lors de la préparation de la scène où Thomas O'Malley tombe dans la rivière, Harris a exécuté toutes les demandes des animateurs mais il a aussi proposé des modifications pour rendre la scène plus divertissante[14].
John Grant situe l'histoire dans les années 1930[9]. La scène avec les deux chiens de ferme Napoléon (Pat Buttram) et La Fayette (George Lindsey) qui s'en prenne aux voleurs a tellement plu à la production que le scénario a été modifié pour que le majordome revienne dans la ferme, le prétexte étant l'oubli de son parapluie[8]. Les deux chiens font ainsi une seconde apparition[15]. Plus tard durant la production, Harris a demandé à ne faire qu'une seule prise pour l'enregistrement sa voix au lieu de découper la scène comme habituellement et d'installer une baignoire pleine d'eau dans le studio[16]. Il s'est ensuite assis dans la baignoire avec l'eau jusqu'au menton, un micro installé près de lui, et a demandé la diffusion de la scène[16]. Durant la prise, il plongeait la tête sous l'eau pour bien reproduire l'effet de noyade[16].
La production du film dura quatre ans[1],[11] et coûta plus de 4 millions de dollars[1]. Il comprend plus de 325 000 dessins, 20 séquences principales pour 1 125 scènes séparées, 900 décors. Il a été réalisé par 35 animateurs et plus de 200 autres artistes[1]. Wolfgang Reitherman se souvient d'un coût de production d'environ 4 millions d'USD[17].
Musique [modifier]
Compositions des frères Sherman [modifier]
C'est la dernière participation des frères Sherman (Richard et Robert) à un long métrage d'animation de Disney en raison d'une frustration vis-à-vis des choix pris par la direction de Disney après la mort de Walt Disney[8]. Pour Disney, les frères Sherman achèvent à l'époque leur travail sur L'Apprentie sorcière (1971) et, sortant de leur retraite, ils composeront quelques chansons pour Les Aventures de Tigrou (2000)[18].
Pour Les Aristochats, les frères Sherman composent une longue liste de chanson mais seulement deux et demi sont conservées[8] : The Aristocats (Les Aristocats), Scales and Arpeggios (Gammes et Arpèges) et She Never Felt Alone (la moitié). Cette dernière devait s'intituler Pourquoi (and Why) avant d'être renommée temporairement I Newer Feel Alone et être la chanson de Madame Adelaïde Bonnefamille[19]. Duchesse ne faisant que reprendre le même thème mais seule cette partie a été conservée[19]. Une autre composition intitulée Le Jazz Hot devait être le pendant de I Wanna Be Like You (Être un homme comme vous) dans Le Livre de la jungle (1967) mais la production a préféré Everybody Wants To Be A Cat (Tout le monde veut devenir un cat) de Floyd Huddleston et Al Rinker[19]. Une chanson devait être associée à un personnage non conservé, la partenaire criminelle du majordome, Elvira la femme de chambre[19]. Le duo avait une scène romantique durant laquelle ils chantait en duo How Much You Mean to Me (and Court Me Slowly)[19].
Les frères Sherman avaient aussi écrit une chanson pour Thomas O'Malley, My Way's the Highway, qui fut remplacée par Thomas O'Malley (Thomas O'Malley Cat) de Terry Gilkyson, avec un texte autobiographique[19]. Également intitulée I'll Fly the Highway, la chanson fut reprise et incluse dans un album édité par Disneyland Records nommé The Orange Bird et destiné à promouvoir le restaurant The Sunshine Terrace du parc Magic Kingdom de Walt Disney World Resort, espace sponsorisé par les producteurs de citron de Floride[20]. Les paroles de la chanson évoquaient un lieu ensoleillé ce qui collait avec le thème du restaurant [20]. La chanson Thomas O'Malley a été enregistrée sous deux versions l'une assez simple et l'autre plus élaborée avec un orchestre de jazz au complet, c'est la première qui fut retenue[19]. Le thème musical associé à Thomas O'Malley a été composé par Terry Gilkyson, déjà auteur du thème de Baloo dans Le Livre de la jungle[21].
Participation de Maurice Chevalier [modifier]
En 1965-1966, Walt Disney persuade Maurice Chevalier de sortir de sa retraite cinématographique et de jouer le rôle du père Sylvain dans Rentrez chez vous, les singes ! (1967) et l'acteur français accepte[3]. Quand le studio Disney vient en 1969 demander à Maurice Chevalier alors âgé de 80 ans de chanter pour le film, le chanteur accepte à la surprise de tout le monde[3]. Selon John Grant c'est Bill Anderson, producteur du studio[3] qui aurait demandé à Maurice Chevalier de participer aux Aristochats et selon Jérémie Noyer, ce serait le réalisateur Wolfgang Reitherman[22].
On peut aussi noter que les frères Sherman ont déjà rencontré Maurice Chevalier lorsqu'il travaillé avec leur père Al Sherman en 1930 dans le film La Grande Mare dans lequel il chante Livin' in the Sunlight, Lovin' in the Moonlight[23]. Le chanteur utilisait des chansons des frères Sherman dans ses spectacles débutant souvent par la chanson There's a Great Big Beautiful Tomorrow de l'attraction Carousel of Progress et clôturant par It's a Small World[23]. C'est en pensant à lui que le duo d'auteur-compositeur a écrit le thème[23]. Ils ont enregistré une version de test interprétée par Dick Van Dyke et qui fut envoyée à Maurice Chevalier[23].
Maurice Chevalier accepte par amitié pour Walt[22],[24]. Ce fut là sa dernière prestation car il meurt le 1er janvier 1972. Au sujet de sa participation, Maurice Chevalier écrit « qu'il n'aurait accepté pour personne d'autre et quelle que soit la somme proposée, sauf pour l'honneur de montrer l'amour et l'admiration pour le seul et unique Walt »[3], lettre adressée à Bill Anderson[25]. La version avec Maurice Chevalier n'est toutefois pas présente sur le disque sorti chez Disneyland Records[3].
Les personnages [modifier]
Les chats [modifier]
Duchesse est la chatte, mère de la portée de trois chatons de Madame Bonnefamille. Elle est basée sur la voix d'Eva Gabor, une vraie lady selon Wolfgang Reitherman, et le personnage donne l'impression d'être parfaitement au courant de son statut aristocratique[9]. Toutefois c'est Robie Lester, narratrice pour Disneyland Records depuis 1965[26] qui assure le chant dans le film mais aussi le chant et les paroles pour la version narrée du disque[27]. Duchesse est de couleur blanche, élancée et féline avec une queue touffue et un collier doré[9], toujours joliment apprêtée avec un visage élégant, comme son modèle[28]. Eva Gabor lui donne en anglais une voix dont chaque initiale W est prononcée comme un, V ce que Grant associe à la prononciation européenne, si ce n'est française[9]. Pour Thomas et Johnston, Eva Gabor offre aussi son charme et son élégance[29]. Duchesse distille son éducation à ses trois chatons et cela fonctionne sauf peut-être pour Toulouse[9]. Pour Grant, Duchesse est un exemple du triomphe répété par les animateurs de Disney, celui de parvenir à donner à un animal de dessin animé beaucoup de traits humains tout en conservant ceux essentiels de l'animal[28].
Thomas O'Malley, de son nom complet Abraham de Lacy Giuseppe Casey Thomas O'Malley[5],[28], est le héros du film, un chevalier blanc en armure qui sauve Duchesse puis, d'abord contre son gré, ses trois chatons[28]. En français son nom a été traduit en Walter Giuseppe Désiré Thomas O'Malley. Dans le film le personnage déclare toutefois s'appeler J. Thomas O'Malley ce qui semble être un hommage à J. Pat O'Malley, acteur régulier des productions Disney depuis la fin des années 1940[28]. Un des éléments du scénario est l'évolution de Thomas O'Malley d'un chat de gouttière bon vivant et indépendant vers un père adoptif brave, aimant et protecteur[28]. Grant liste trois faits de bravoure, l'arrêt du camion de lait en se jetant devant, le sauvetage de Marie emportée par la rivière et le combat contre Edgar[28]. En termes de caractère et d'évolution, le personnage s'approche de Baloo dans le Livre de la jungle de même ils partagent tous deux un certain embonpoint et surtout la voix de Phil Harris[28]. Afin de mieux rendre compte des émotions des chats lors de la scène finale, les animateurs ont volontairement ignorée les règles de réalisme en faisant s'enrouler les queues de Thomas O'Malley et Duchesse ensemble, ce qui est anatomiquement impossible[30]. L'émotion est renforcée par les expressions des chatons regardant la scène[30]. Dans la version française du film, Claude Bertrand assure non seulement les dialogues mais aussi les chansons de Thomas O'Malley, ce qu'il ne fait pas avec Baloo dans Le Livre de la jungle et Petit Jean dans Robin des Bois, les chansons étant interprétées par Jean Stout.
Les trois chatons sont Marie, Toulouse et Berlioz[31]. Les noms des deux chatons masculins rendent hommage à des artistes français, Toulouse au peintre Henri de Toulouse-Lautrec et Berlioz au compositeur Hector Berlioz[21]. Les deux premiers ont une personnalité assez prononcée tandis que le dernier est plus « bidimensionnel » semblable aux chatons d'animation des autres studios et non de Disney[31]. John Grant décrit marie comme « le genre de petite fille que les petits garçons craignent d'être forcer de jouer avec et se souviennent en tremblant le reste de leur vie[31]. » C'est la « fille à sa maman » toute blanche et avec un nœud rose dans les cheveux mais dont la vertu est plutôt feinte provoquant des chamailleries auxquelles elle se soustrait avant d'être punie[31]. Toulouse est un chaton bagarreur qui ne craint rien ni personne, tentant même de se battre avec Thomas O'Malley[31]. Le chaton donne l'impression d'être un boxeur miniature maintenu à distance d'une seule patte par l'adulte lui faisant face[31]. Ollie Johnston responsable de l'animation des chatons a réalisé de nombreuses esquisses d'après des films pour découvrir ce qui rend un chaton mignon et attirant[32].
Scat Cat et son groupe de joyeux chats jazzies font parti des plus intéressants seconds rôles des films Disney mais seul le chef possède une identité[33]. Scat Cat devait être interprété par Louis Armstrong mais le chanteur était souffrant et il est mort peu après la sortie du film[33]. Avec Armstrong et Chevalier chantant dans le même film, l'affiche du film aurait eu beaucoup d'effet mais c'est Scatman Crothers qui donne sa voix à Scat Cat, se l'appropriant avec superbe[33]. Les quatre autres chats du groupe sont identifiés par leur accent, chinois, anglais, italien et russe[31]. Pour ce groupe de jazz, les animateurs ont réussi comme pour Duchesse, O'Malley ou les chatons à conserver la part féline de ces musiciens de jazz[33]. Collectivement ils forment un personnage composite qui permet de conserver l'esprit de la musique jazz[31].
Autres animaux [modifier]
Roquefort est une souris civilisée dont la voix originale est fournie par un habitué du studio Disney, Sterling Holloway[28]. Holloway avait déjà prêté sa voix à la cigogne dans Dumbo (1941), à Fleur adulte dans Bambi (1942), au Chat de Chester dans Alice au pays des merveilles (1951) et Kaa dans Le Livre de la jungle (1967)[34]. Le personnage a été conçu comme un brave petit compagnon, charmant, débrouillard et loyal, ayant beaucoup d'amitié pour les chats de la maison de Madame Bonnefamille[28]. Il bafouille quand il est inquiet[28]. Frou-Frou est une vieille jument appartenant à Madame Bonnefamille dont la voix est celle de Nancy Kulp[31]. Son rôle est d'obtenir la confiance d'Edgar après avoir enlevé les chats, le majordome prenant le cheval pour un âne au sens figuré d'imbécile, mais aussi de le projeter dans les airs, la jument étant le seul animal assez grand et fort pour le faire[35].
Amelia et Amélie (Abigail en anglais) Gabble sont deux oies, sœurs et vieilles filles à l'anglaise dont les voix originales sont celles de Carole Shelley et Monica Evans[31]. Leur comportement alterne entre retenue britannique presque glaciale, conseils des meilleures écoles et rires incontrôlés[31]. Ollie Johnston, responsable de l'animation des oies s'est basé sur des photographies pour ses esquisses et a essayé de leur donner un caractère vaniteux et frivole[36]. Les animateurs avaient essayé de filmer deux oies dans la ferme d'un ami d'un animateur parmi des poules et un dinde mais le bruit continu de la caméra a fait fuir les oies et la plupart des volatiles[37]. Un élément constaté dans cette ferme et reproduit dans le film est la position des cous presque toujours entrelacés lorsque les oies marchent ensemble[37]. L'animation des oies avec leur long cou s'est vue simplifiée par le travail préalable sur le serpent Kaa du Livre de la jungle, aussi utilisé sur Triste Sire dans Robin des Bois (1973), les animateurs ayant envisagé différentes solutions pour pallier l'absence de bras et de visage détaillé[38]. Les deux sœurs sont choquées de découvrir que Thomas O'Malley n'est pas le mari de Duchesse mais accepte d'aider les chats à retourner à Paris, usant de la disposition en V des canards et oies migrateurs[31]. Leur rôle dans le film est mineur mais elles apprennent à nager à Thomas et permettent d'agrémenter le retour à Paris[31]. Dans la cité parisienne elles retrouvent leur oncle Waldo au Petit Café, où l'oie est servie à la provençale marinée dans le vin blanc[31].
Les deux chiens de ferme Napoléon et Lafayette sont deux personnages militaires dont le comique est basé sur le principe que tout envahisseur doit être repoussé[35]. Dans la version originale leurs voix sont celles d'américains campagnards mal éduqués afin de donner l'impression d'être des français rustiques[35]. Napoléon est le chef des deux chiens, agissant un peu comme le Colonel dans Les 101 Dalmatiens (1961)[35].
Les humains [modifier]
Madame Adélaïde Bonnefamille, dont le nom est orthographié « Bonfamille » en anglais et « Bonnefamille » en français, est une riche femme excentrique dont le rôle et assez petit mais fondamental[33]. Sa voix originale est celle de Hermione Baddeley, actrice réputée qui avait fourni selon Reitherman une interprétation formidable du rôle de la bonne dans Le Plus Heureux des milliardaires (1967)[33]. Pour Grant le personnage de Madame Bonnefamille reprend l'adage de « tel chien, tel maître » et ressemble donc par ses traits aristocratiques à Duchesse, adage qui avait été respecté dans les 101 Dalmatiens[33].
Le majordome Edgar est le méchant du film mais pour Grant son crime est d'être atteint par le péché de l'impatience[33]. Edgar est un méchant à l'anglaise habillé d'une veste bordeaux et un pantalon gris-bleu[33] La voix originale d'Edgar est celle de Roddy Maude-Roxby qui selon Reithermann « donne le ton snob d'un anglais qui a rigolé pour la dernière fois il y a deux ans[33]. » Maude-Roxby donne aussi sa voix au camionneur des poubelles et sans l'effet snob[33]. Il désire recevoir immédiatement l'héritage de Mme Bonnefamille et non attendre la mort des chats désignés comme héritiers, Grant évoquant une attente de quelques années[33]. Grant ajoute que le fait d'éloigner les chats n'évite pas le risque que Madame Bonnefamille adopte une autre famille de chats ou change une fois de plus son testament[33]. Grant précise que sa méchanceté se limite à endormir les chats avec un somnifère dans leur lait alors qu'il aurait pu mettre un poison mortel et au final il fait pâle figure face à Cruella d'Enfer dans les 101 Dalmatiens[33].
Grant détaille deux autres humains, Georges Hautecourt, l'avocat et le vendeur de lait[35]. Hautecourt est décrit par Wolfgang Reitherman comme le plus vieil avocat du monde avec des cheveux blancs de part et d'autres d'une tonsure et de larges sourcils, ce qui peut faire de lui le grand-père préféré de nombreux enfants[35]. Le chauffeur du camion de lait est un français à l'épaisse et large moustache qui dans la version originale ne prononce que deux mots en français « Sapristi » et « Sacrebleu », parlant en anglais avec un accent français le reste du temps[35]. Sa voix est celle de Peter Renaday, acteur ayant prêté sa voix à de nombreux personnages de Disney dont Mickey Mouse[39] ou le fantôme accueillant les visiteurs dans l'attraction Haunted Mansion[40].
La plupart des humains ont été animés par Milt Kahl et John Lounsbery[41]. Lounsbery en apprenant qu'il devait animer la scène finale entre Madame Bonnefamille et son l'avocat déclara qu'il était trop difficile d’animer [seul] les personnages conçus par Kahl[42].
Sortie et accueil [modifier]
Le film Les Aristochats sort aux États-Unis pour la période de Noël 1970[43]. Il est toutefois précédé dès l'été par la publication d'un album narré par Peter Renaday et Robie Lester dans la collection Storyteller Series[43].
La sortie du film aux États-Unis est un succès et la sortie en Europe, plus particulièrement en France dépasse celle américaine[13]. Le film rapporte 10,1 millions d'USD aux États-Unis et 16 millions supplémentaires à l'international[17]. Le film Les Aristochats permet au studio d'animation Disney d'affirmer sa prééminence[13]. Selon John Grant le succès du film est fulgurant mais de nombreuses critiques sont déçues par quelques broutilles[3]. En décembre 2005, les studios Disney au travers de DisneyToon Studios ont commencé à produire une suite intitulée The Aristocats 2, prévue pour 2007 mais qui fut finalement annulée début 2006[44].
Peu après la sortie du film, David Duff publie une biographie de Victoria et Albert publiée en 1973 dans laquelle une erreur de typographie s'est insérée dans un titre de chapitre intitulé Albert and the Aristocats, erreur que la femme de l'auteur avait prise pour un trait d'esprit[9].
Analyse [modifier]
Le film Les Aristochats fait partie des longs métrages d'animation de Disney utilisant des animaux domestiques comme base, l'un des deux principaux thèmes avec les contes de fées[45]. Pour Leonard Maltin, Les Aristochats est une surprise agréable pour ceux qui n'ont pas apprécié Le Livre de la jungle (1967) et renvoie vers la longue analyse de Barrier dans le magazine Funnyworld[12]. Pour Bob Thomas, le film n'a rien d'innovant comme plus tard Robin des Bois (1973)[46]. Pour Robin Allan, Les Aristochats comme Robin des bois (1973) sont le reflet de la turpitude qui gagne les studios Disney depuis la mort de leur fondateur[11]. Allan ajoute que pour ces deux films les meilleurs animateurs encore présents chez Disney n'ont pas réussi à faire un usage créatif du médium Animation, réutilisant à la place des ressources précédemment produites[11]. Les animateurs préfèrent alors se souvenir de ce que Walt Disney appréciait au lieu de prendre leurs propres décisions[11]. Frank Thomas indique qu'au début de la production des Aristochats, les animateurs étaient fortement conscients que Walt Disney n'était plus là pour les guider, pour leur montre le chemin ou agiter les idées[47].
Utilisation d'une recette [modifier]
Une des principales critiques concernant Les Aristochats est sa ressemblance tant au niveau technique, scénaristique que des acteurs avec les précédentes productions Disney. David Koenig écrit le film est une version féline de La Belle et le Clochard (1955) qui rencontre Les 101 Dalmatiens (1961), quelque chose de déjà vu[8]. John Grant évoque les critiques de l'époque pour qui le film est une version féline des 101 Dalmatiens, le résultat « d'une recette reprise et mélangée avec de nouveaux ingrédients puis réchauffée pour faire croire à un nouveau plat[3]. » Grant accepte la critique au niveau technique[3]. Grant évoque une critique qui a surgit avec la sortie du film Le Livre de la jungle (1967), l'usage de la personnalité des acteurs pour créer celles des personnages animés[3]. Selon Maltin, le problème concerne surtout Phil Harris interprétant Baloo dans Le Livre de la jungle puis qui reprend plus ou moins le même jeu d'acteur avec Thomas O'Malley dans Les Aristochats et avec Petit Jean dans Robin des Bois (1973)[48]. Il faut aussi rappeler que c'est le même compositeur, Terry Gilkyson qui a composé le thème musical de Baloo et celui de Thomas O'Malley[21]. Pour Charles Salomon, Harris répète le même type de personnage[49]. Grant écrit que c'est cette réutilisation d'une même formule, celle d'un personnage apprécié par le public Baloo puis pour Thomas O'Malley, qui a offensé les critiques[28]. Grant voit dans la scène où le chaton Toulouse cherche à se battre avec Thomas O'Malley, un rappel de la scène entre Baloo et Mowgli dans Le Livre de la jungle, escarmouche donnant naissance à leur amitié[31]. Pour Charles Salomon, ce point démontre que l'équipe Disney sans la présence de Walt réutilise les formules qui ont fonctionné[50]. J. P. Telotte écrit lui que Les Aristochats et Robin des bois font partie des projets réalisés avec peu d'efforts par les animateurs pendant 15 ans après la mort de Walt Disney[51]. Pour Frank Thomas et Ollie Johnston, ce film fait partie des longs métrages réalisés avant que les équipes de Disney soient profondément réduites par les départs en retraite[7].
Le film Les Aristochats comporte selon Maltin de nombreux points similaires avec Les 101 Dalmatiens mais il possède un certain charme et une dose d'humour qui aident à couvrir un scénario assez peu inspiré[12]. Selon Michael Barrier, le film parvient toutefois avec sa propre atmosphère, son charme et son humour, à s'éloigner assez des 101 Dalmatiens pour ne pas donner l'impression d'être une copie[12]. Koenig nuance ces propos et écrit que « le film est plaisant même s'il ressemble à un chauffeur de taxi en costume-cravate, trop bien habillé et aucun nouveau lieu où aller[52]. » La pire insulte au film serait pour Maltin de considérer le film peu marquant car il est délicatement réalisé et agréable avec une histoire qui bien que superficielle possède comme les personnages une certaine résonance[13]. John Grant écrit que le film est un très bon film et qu'il faut regarder chaque long métrage d'animation de Disney comme une entité unique sinon les critiques d'une comparaison sont hors de propos[3]. Grant ajoute que ce n'est pas la faute des Aristochats que les 101 Dalmatiens soient un des meilleurs films d'animation de tous les temps[3].
Rosina Lippi-Green indique dans une étude des parlers anglophones dans les films d'animation Disney, que le personnage de Thomas O'Malley, avec un argot américain socialement marqué et Duchesse avec un anglais plus courant voire sophistiqué sont des stéréotypes des amants potentiels du cinéma, le mâle romantique ayant souvent un accent différent, voire étranger[53]. Le schéma est similaire dans La Belle et le Clochard (1955) avec Clochard et Lady[53].
Charles Salomon évoque une production inachevée de la fin des années 1970, intitulée Scruffy et dirigée pendant deux ans par Ken Anderson basée sur un macaque berbère de Gibraltar durant la Seconde Guerre mondiale[54]. Mais le scénario était trop proche des précédentes productions avec un chef de macaque chantant parfait pour Phil Harris, une femelle macaque apprivoisée et choyée par ses maîtres prénommée Amélia qui se joint à la bande de Scruffy et menace de dissoudre le groupe, ressort de scénario déjà présent dans La Belle et le Clochard (1955) et Les Aristochats[54]. Le couple Scruffy et Amélia devait, après maintes péripéties avec un espion allemand et un général et son chien, devenir les parents adoptifs de jumeaux, ressort émotionnel présent dans Les 101 Dalmatiens (1961)[54].
Pas de méchant et des incohérences [modifier]
Bob Thomas note toutefois que pour une fois chez Disney les chats souvent cantonnés aux rôles de méchants deviennent les héros[46]. Un problème du film est que le méchant majordome est presque agréable, un trait jamais rencontré chez les méchants de Disney[52]. Koenig cite Dick Huemer qui a déclaré que « les personnages méchants de Disney et pas chromatiquement sont toujours noir et blanc, dessiné trait abruptement pas gris... Vous êtes un vilain ou vous ne l'êtes pas. Mais c'est une caractéristique du dessin animé, sinon ils sont fades »[52]. Ollie Johnston et Frank Thomas écrivent que la trame du film nécessitait un méchant mais que le majordome n'a rien d'extraordinaire[7]. Johnston et Thomas notent qu'heureusement le succès du film ne dépend pas d'aucune relation victime-bourreau et que les autres personnages et autres événements fournissent la majeure partie du divertissement[7].
David Koenig relève quelques incohérences comme le fait que Napoléon déchire l'arrière du pantalon du majordome sur sa moto puis le pantalon doit être rapiécé car quelques secondes plus tard, une fois accidenté et accroché à un moulin, le pantalon du majordome est à nouveau déchiré[19] ou l'apparition d'un cadenas sur le coffre dans lequel le majordome est enfermé[52]. Koenig relève d'autres incohérences qu'il associe à des anachronismes comme les deux chiens du vieux Sud américain à Paris, un groupe de jazz en 1910 alors que le phénomène débute après la Première Guerre mondiale ou un chat hippie, style des années 1960[19]. Koenig évoque aussi une « lampe Tiffany » qui provoque un jeu de lumière psychédélique comme étant un anachronisme mais la société Tiffany & Co. a produit sa première lampe Peacock en 1905[55]. Il existe d'autres incohérences comme le fait que sur la malle où Edgar termine enfermé, on lit « Tombouctou, Afrique-Équatoriale française » alors que cette ville, aujourd'hui malienne, était à l'époque en Afrique-Occidentale française.
Impact du film [modifier]
Le film a été un succès aux États-Unis et aussi en France, lieu où se déroule l'action. Quand le film sort en 1970, il survient durant une période de réchauffement dans les relations politiques entre la France et les États-Unis après plusieurs actions du Général de Gaulle pour renforcer l'indépendance de la France, comme la sortie de l'OTAN et la fermeture en 1966 des bases américaines situées en France[56]. Par la suite, Georges Pompidou, successeur de Charles de Gaulle, s'efforce d'adoucir les relations politiques[56].
Dans les années 2000, le film Ratatouille (2007) coproduit par Disney-Pixar et qui se déroule lui aussi à Paris, sort comme Les Aristochats dans une période de réchauffement entre les deux pays[56]. Pour le magazine La Vanguardia, les films Les Aristochats et Ratatouille sont des éléments de conciliation destinés aux jeunes américains qui découvrent ainsi Paris et les beautés de la France[56].
Adaptations et réutilisations [modifier]
Comme pour beaucoup de productions Disney, de nombreux produits dérivés ont vu le jour, notamment sous forme d'images Panini et de figurines Esso ou Kinder.
Musique [modifier]
La musique du film a été éditée aux États-Unis sous plusieurs versions.
- La première dans la collection Storyteller Series avec une narration par Peter Renaday et Robie Leste[43]. Phil Harris et Sterling Holloway conservent leur rôle dans cette version de même que Pat Buttram, George Lindsay, Monica Evans et Carole Shelley mais Sam Edwards joue Edgar, Candy Candido joue Scat Cat, et pour les chatons trois enfants sont crédité mais c'est Robie Lester qui joue Marie[43].
- Plusieurs versions de durées différentes d'extraits du film.
- Un album intitulé The AristoCats and Other Cat Songs qui comprend le titre Thomasina extrait du film Les Trois Vies de Thomasina (1964)[43], mais aussi L'Espion aux pattes de velours (1963) et La Chanson des Siamois extraite de La Belle et le Clochard (1955)[57].
En France, le film fut décliné en une adaptation en livre-disque narrée par Louis de Funès[58].
Reprise de l'animation et des acteurs [modifier]
Durant les années 1970 et 1980, les productions Disney réutilisent des portions d'animations et les acteurs pour de nouvelles productions. C'est le cas pour Les Aristochats. La façon dont Thomas et Duchesse dansent lors du concert des cats est reprise pour Robin et Belle Marianne dans Robin des Bois[59],[60].
Eva Gabor qui prête sa voix à Duchesse, prête aussi sa voix à Bianca dans Les Aventures de Bernard et Bianca (1977), donnant de la compassion et un ton déterminé[29]. De même Michèle André qui prête sa voix à Duchesse dans la version française du film, prête sa voix à Belle Marianne dans la version française de Robin des Bois (1973). Pour John Grant, la souris Roquefort est une prémisse de personnage de Basil dans Basil, détective privé (1986)[33].
Titre en différentes langues [modifier]
- Allemand : Aristocats
- Anglais : The Aristocats
- Arabe : قطط ذوات
- Bosnien : Mačke iz visokog društva
- Bulgare : Аристокотките(Aristokotkite)
- Catalan : Els Aristogats
- Chinois : 猫儿历险记 (Māoér Lìxiǎn Jì : « Les aventures des chats »)
- Coréen : 아리스토캣 (Ariseutokaet)
- Croate : Mačke iz visokog društva (« Les Chats de la haute société »)
- Danois : Aristocats
- Espagnol : Los Aristogatos
- Espéranto : La Aristokatoj
- Estonien : Aristokassid
- Finnois : Aristokatit
- Gallois : Y Cathod Crach
- Géorgien : არისტოკატები (Aristokatebi)
- Grec : Οι Αριστογάτες (I Aristogátes)
- Hébreu : חתולים בצמרת (H'atoulim batsameret : « Les Chats d'élite »)
- Hongrois : Macskarisztokraták (Motchkoristokrotak : « Les Charistocrates »)
- Islandais : Hefðakettirnir
- Italien : Gli Aristogatti
- Lituanien : Aristokatės
- Japonais : おしゃれキャット (Osharekyatto : « Les Chats élégants »)
- Néerlandais : De Aristokatten
- Norvégien : Aristokattene
- Polonais : Aryskotraci
- Portugais : Os Aristogatos
- Roumain : Pisicile aristocrate
- Russe : Коты-аристократы (Koty-aristokraty : « Les Chats aristocrates »)
- Serbe : Mačke iz visokog društva
- Slovaque : Aristomačky
- Slovène : Mačke iz visoke družbe
- Suédois : Aristocats
- Thaï : อริสโตแคตส์(Doisotokhats)
- Vietnamien : Gia Đình Mèo Quý Tộc
Notes et références [modifier]
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « The Aristocats » (voir la liste des auteurs)
- (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 33-34
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 311.
- (en) John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, p. 274.
- (en) Les Aristochats sur l’Internet Movie Database.
- (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 551
- (en) Les Aristochats sur l’Internet Movie Database
- (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, The Disney Villain, p. 147.
- (en) David Koenig, Mouse Under Glass, p. 141.
- (en) John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, p. 275.
- (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney, p. 126.
- (en) Robin Allan, Walt Disney and Europe, p. 252.
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 260
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 262
- (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, Disney Animation : The Illusion of Life, p. 298.
- (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, Disney Animation : The Illusion of Life, p. 234.
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- (en) David Whitley, The Idea of Nature in Disney Animation, p. 79
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- (en) J. P. Telotte, The Mouse Machine: Disney and Technology, p. 143
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- (en) Rosina Lippi-Green, Teaching Children How to Discriminate in (en) Gail Stygall, Academic discourse : readings for argument and analysis, Mason, Taylor & Francis, 2002, 3e éd., 740 p. (ISBN 978-0-7593-1207-4) (OCLC 52095349), p. 497
- (en) Charles Salomon, The Disney That Never Was, p. 167.
- Rosalind Pepall, « La lampe Peacock de Tiffany : une merveille de couleur et de lumière », Revue M du Musée des beaux-arts de Montréal, printemps 2012, p. 24 (ISSN 1715-4820)
- Ramón Llanas, « RATATOUILLE • Disney œuvre à la réconciliation franco-américaine », La Vanguardia, Courrier International, 10 août 2007 [texte intégral (page consultée le 22 mai 2013)]
- Walt Disney Productions' The Aristocats And Other Cat Songs
- Louis De Funès raconte Les Aristochats, Louis de Funès, 1982, mange-disque.tv, 33T, Le Petit Ménestrel/Disneyland Records, ST-3890 F.
- (en) David Koenig, Mouse Under Glass, p. 151.
- Quelques points communs entre différents Walt Disney, 1 juil. 2008
Liens externes [modifier]
- (en) Les Aristochats sur l’Internet Movie Database
- Les Aristochats sur Ultimate Disney
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