Le Corniaud
Le Corniaud
Une Cadillac DeVille convertible de 1964, semblable à celle utilisée dans le film
| Réalisation | Gérard Oury |
|---|---|
| Scénario | Gérard Oury |
| Acteurs principaux | |
| Sociétés de production | Les Films Corona |
| Pays d’origine | |
| Genre | Comédie, Aventure |
| Sortie | 1965 |
| Durée | 105 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Le Corniaud est un film franco-italo-espagnol réalisé par Gérard Oury, sorti le 24 mars 1965.
Sommaire |
Résumé[modifier]
Alors qu'elle n'a parcouru que quelques dizaines de mètres sur le chemin de l'Italie où son propriétaire souhaitait passer ses vacances, la 2CV d'Antoine Maréchal se disloque, percutée sur la place Sainte-Geneviève à Paris par la Rolls-Royce de Léopold Saroyan, un soi-disant directeur d'une maison d'import-export. D'abord de mauvaise foi, Saroyan reconnaît ses torts et, comme dédommagement, offre à Maréchal le vol Paris-Naples en Caravelle, puis le convoyage tous frais payés, jusqu'à Bordeaux, d'où elle sera réexpédiée vers Miami, d'une superbe et immense Cadillac décapotable appartenant à un de ses amis américains, et arrivée à Naples par bateau en provenance de Beyrouth. Voilà qui promet de formidables vacances pour Maréchal.
Cependant celui-ci ne se doute pas alors que Saroyan est le parrain d'un syndicat de gangsters et qui l'utilise comme « mule » pour convoyer ce « paquebot routier » bourré en fait de produits de contrebande : drogue (héroïne), pierres précieuses (dont le « Youkounkoun », le plus gros diamant du monde) et or. Voici donc le pauvre Maréchal bientôt sur les routes d'Italie, ignorant tout de sa précieuse cargaison (car comme le dit Saroyan : « À la douane messieurs, c'est l'homme qui est suspect, pas la voiture ! ») et ne remarquant pas que le malfaiteur le suit à distance pour veiller sur la marchandise, qui est également convoitée par une bande rivale…
Fiche technique[modifier]
- Titre : Le Corniaud
- Réalisation : Gérard Oury
- Scénario : Gérard Oury
- Adaptation : Gérard Oury, Marcel Jullian
- Dialogues : Georges Tabet, André Tabet
- Musique : Georges Delerue et Gioachino Rossini
- Sociétés de Production : Les Films Corona
- Sociétés de distribution : Valoria Films
- Producteur : Robert Dorfmann
- Directeurs de production : Yves Laplanche, Enzo Provenzale, Jacques Juranville
- Secrétaires de production : Francesco Siarletta, Robert Giordanni
- Assistants réalisateurs : Serge Vallin, Giorgio Stegani, Gérard Guérin
- Images : Henri Decaë, Vladimir Ivanov, Alain Douarinou pour la seconde équipe
- Décors : Francesco Siarletta, Robert Giordanni
- Montage : Albert Jurgenson, Laurence Leininger, Étiennette Muse
- Ingénieur du son : Antoine Bonfanti
- Costumes : Tanine Autré
- Script-girl : Lucile Costa
- Photographe de plateau : Rodrigue
- Effets spéciaux : Pierre Durin
- Effets spéciaux : Michel Durin
- Effets spéciaux : Claude Carliez
- Effets spéciaux : Gil Delamare
- Cascadeur : Yvan Chiffre, André Louis (non crédité)
- Régisseur général : Jean Pieuchot, Roberto Cocco, Gaetano Amata
- Agent de presse : Richard Balducci
- Consultant italien : Stéfania Giani
- Tournage : France, Italie
- Genre : Comédie, Aventure
- Durée : 105 minutes
Distribution[modifier]
- Bourvil : Antoine Maréchal
- Louis de Funès : Léopold Saroyan
- Venantino Venantini : Mickey dit le bègue, dit la souris
- Jacques Ferrière : un gangster, chauffeur de Saroyan
- Jean Droze : un gangster, complice de Saroyan
- Alida Chelli : Gina, la manucure
- Beba Loncar : Ursula, la naturiste
- Henri Génès : Martial
- Lando Buzzanca : Lino, le coiffeur jaloux
- Saro Urzì : Tagliella, le garagiste napolitain
- Pierre Roussel : Mario Costa, le maitre d'hôtel
- Jack Ary : le commissaire au poste de douane
- Guy Grosso : un douanier
- Michel Modo : un douanier
- Robert Duranton : l'athlète sous la douche
- Henri Virlogeux : un truand, associé de Saroyan
- Jean Meyer : un truand, associé de Saroyan
- Jacques Eyser : un truand, associé de Saroyan
- Bob Lerick : Loulou, complice de Mickey
- Guy Delorme : Luigi, complice de Mickey
- Jean-Marie Bon : le garagiste à Rome
- Yvon Jeanclaude : un policier
- Marius Gaidon : l'agent de police à Bordeaux
- Jean Minisini : un inspecteur à Carcassonne
- Éric Vasberg : un inspecteur à Carcassonne
- Annie Claparède: Suzanne, la serveuse du bar
- Nicole Desailly : la concierge de Maréchal
- Germaine de France: la vieille dame qui chante
- Bernard Meunier
- Louis Viret
- Walter Chiari
- Daniela Rocca
- Dan Vadis
- José Luis de Vilallonga
- André Louis : doublure de Bourvil (non crédité)
- André Hubert : cascadeur (non crédité)
- Yvan Chiffre : cascadeur (non crédité)
Autour du film[modifier]
- Après la projection des épreuves (rushes) des deux premières semaines de tournage, de Funès trouvant qu'il n'était pas assez présent à l'écran[1] fera une « grève du masque[2]» pendant près de 24 heures. Gérard Oury indique dans ses mémoires qu'il reconnait dans le film l'endroit où de Funès effectue cette « grève », mais le réalisateur reste muet sur l'instant précis dans le film. Oury imagine alors la célèbre scène de douche, où l'acteur compare sa musculature avec celle d'un « grand balèze », l'ex-catcheur Robert Duranton. L'idée lui est inspirée par une rencontre étonnante faite lors d'un voyage en Italie « ... J'avais rencontré à Capri un couple étrange, lui : un homo maigrichon américain, ridaillé mais milliardaire, elle : un colossal biquet français culturiste ! L'opposition physique entre ces deux êtres dépassait les limites de la bouffonnerie[3] ».
- L'aventure de La Grande Vadrouille commence ... sur le tournage du Corniaud où Gérard Oury raconte aux deux comédiens le scénario du film à venir.
- La 2CV était équipée de 250 boulons électriques afin qu'elle se disloque au moment voulu. Cette scène, la dernière tournée le 7 décembre 1964 sur la place Sainte-Geneviève à Paris[4], fut peut-être inspirée à Oury par sa « rencontre » cinématographique avec Bourvil[5] sur le tournage du Miroir à deux faces. Dans ce film dramatique d'André Cayatte réalisé en 1958, Bourvil au volant de sa 2CV est percuté par Gérard Oury, acteur mais aussi coscénariste du film, au volant d'une grosse américaine.
- Le scénario du Corniaud s'inspire de la mésaventure d'un présentateur de la télévision française, Jacques Angelvin, qui fut arrêté aux États-Unis en 1962 au volant d'une Buick provenant de France et dans laquelle plus de cinquante kilogrammes d'héroïne pure avaient été dissimulés[6]. Lors de son arrestation, la voiture ne contenait plus la drogue et Angelvin clama d'abord son innocence en prétendant avoir été dupé, d'une manière semblable au héros du Corniaud. Il fut pourtant prouvé que la voiture du Français avait bien servi à transporter la drogue depuis Marseille jusqu'aux États-Unis et qu'il avait touché dix mille dollars pour cela. Plaidant coupable lors de son procès, le présentateur de Paris-Club fut incarcéré pendant cinq ans[7]. Cette arrestation est un des épisodes du démantèlement de la « French Connection » qui a inspiré les films du même nom (French Connection et French Connection 2).
- Le cachet de Bourvil pour ce film est trois fois plus important que celui octroyé à de Funès[8].
- La Cadillac conduite par Bourvil est un modèle DeVille de 1964, qui ressemblait beaucoup aux modèles Series 62 convertible 1963 ou à l'Eldorado Biarritz 1963. La signature Deville est visible dans la scène du garage.
- no 1 au box-office en 1965 en France et énorme succès : 11 739 783 entrées. Il fit également 1 545 858 entrées en Espagne[9] ainsi que 30,9 millions d'entrées en URSS[10].
- Lors du Festival de Cannes 1965, Oury et son producteur se voient proposer par des Américains de réaliser et produire un remake avec Dean Martin et Jack Lemmon. Malgré une offre importante (« Budget doublé, salaires versés en Suisse, promesses de deux autres films dans les cinq ans. Énorme »[11]), les Français ne donneront pas suite.
Hommage à Chaplin[modifier]
Louis de Funès rend hommage à Charlie Chaplin qu'il admirait, dans la scène où il « emprunte » en pleine nuit l'atelier d'un garagiste pour réparer la Cadillac (à la 54e minute du film). Il s'agit d'un clin d'œil évident au Temps modernes et plus encore à Le Dictateur :
- La musique est très proche de celle d'une scène du film de Chaplin : la pause déjeuner (1h01m). Il s'agit ici de la Tarantelle extraite de La Boutique fantasque de Gioachino Rossini (arrangée par Ottorino Respighi).
- De Funès est toujours en mouvement dans la scène, son bras ne peut s'empêcher de faire des gestes circulaires ce qui parodie bien sûr le travail à la chaine critiqué dans le film de Chaplin.
- On peut remarquer à la fin de la scène (lorsque de Funès est debout sur la voiture) des rouages sur le côté : le plan est très proche de l'affiche des Temps modernes.
Cette scène du garage est encore plus proche de celle de la séance de rasage dans Le Dictateur où Chaplin rase un client au son de la cinquième des Danses hongroises de Brahms. Les deux « chorégraphies » sont très similaires par la coordination des gestes et de la musique.
Lieux de tournage[modifier]
- Italie :
- Naples. Bourvil prend en charge la Cadillac sur le lieu de la Gare Maritime ; il rejoindra le centre historique depuis la Via Nuova Marina. Le garagiste volera un pare-chocs dans le Borgo Marinaro où l'on vient profiter des restaurants d'un petit port de pêche. Tout près d'ici, loge Maréchal dans le très huppé Hôtel Vesuvio, qui reprendra la route le lendemain en empruntant la route de bord de mer : la via Caracciolo et puis les hauteurs du Pausilippe.
- Aire d'autoroute Téano-est, dans le sens Rome-Naples (actuelle A1) près de laquelle la voiture de Saroyan tombe en panne.
- La « via Flacca » ou « strade statale 213 » dans le sud du Latium entre Sperlonga et Gaeta, où se trouve actuellement la discothèque « Il sombrero ». Il y a, sur ce tronçon, quatre tunnels. La scène de la batterie remplie de bijoux jetée à la mer a été tournée sur un parking situé entre les 2e et 3e tunnels. Pourtant, cette action se situe « après » le passage à Rome, chronologiquement (sur la côte ligure avant Vintimille).
- Rome (à proximité du Colisée, du Vatican, du Château Saint-Ange...)
- Les jardins et les fontaines de la villa d'Este à Tivoli pour la scène de combats et d'échanges de tirs entre les hommes du bègue et ceux de Saroyan.
- Sutri
- Pise
- Toscane
- France :
- Bordeaux
- Carcassonne et ses remparts
- Menton, poste de douane du Pont Saint Louis
- Paris : rue et place Sainte-Geneviève (scène de l'accident de la 2 CV), rue Gaillon (extérieurs devant le restaurant Drouant, où Saroyan expose son plan)
- Versailles : rue de l'indépendance américaine
- La Motte : scène du passage à niveau
- Le Dramont (plage du débarquement) : scène du bain de minuit d'Ursula
Récompenses[modifier]
- Prix du meilleur scénario du Festival de Moscou 1965[3].
Notes et références[modifier]
- Cette impression fut sans doute renforcée par le fait que deux jours avant le premier tour de manivelle, le fils de 16 ans du premier assistant « emprunte » la Jaguar verte que de Funès devait utiliser et la détruit dans un accident. En conséquence, beaucoup des scènes de l'acteur ne pourront être filmées qu'après l'arrivée d'une voiture de rechange, des jours plus tard (voir Mémoires d'éléphant, p. 223).
- Mémoires d'éléphant, p. 225. Patrick de Funès revient sur cet incident dans le livre Ne parlez pas trop de moi, les enfants !. Il écrit p. 144 : « J'ai lu plus tard que mon père, un temps, se serait livré à une sorte de grève sur le tournage [...]. C'est inexact : il avait bien trop de conscience professionnelle pour cela. [...] En réalité, durant cette très courte période de froid, il ne joua plus que ce qui était écrit [...] sans plus chercher à inventer ni improviser »
- Mémoires d'éléphant, p. 225.
- Le Corniaud - Tournage de la scène de l'accident (1964)
- Leur première rencontre cinématographique s'est produite sur le plateau du Passe-muraille de Jean Boyer. « Le Passe-Muraille, c'était Bourvil, et il devait m'asséner des claques au travers des cloisons [...] j'avais la tête comme une calebasse. Naturellement, après un certain nombre de prises, je ne pouvais plus me défendre d'un réflexe d'appréhension. Cela dura deux jours et fut à l'origine de vingt ans d'amitiés. » Gérard Oury, Ma grande vadrouille, Plon, Paris, 2001, p. 18.
- « Influencé par l'affaire Angelvin, j'en ai rêvé de cette histoire. Ce présentateur croupit en prison à N.Y pour avoir emmené par bateau sa voiture américaine en Amérique. Cela a paru louche [...] Ou alors le type ne savait rien. C'est ce qu'il prétend, ce corniaud ! » Gérard Oury, Mémoire d'éléphant, Presses Pocket, 1989, Paris, p. 221.
- Il raconte son histoire dans Jacques Angelvin, Mes prisons américaines, Plon, 1968.
- Mémoires d'éléphant, p. 230.
- http://www.imdb.com/title/tt0057967/business
- http://www.kinopoisk.ru/film/80775/
- Sur la route de la grande vadrouille : les coulisses du tournage, p. 9.
Voir aussi[modifier]
Articles connexes[modifier]
Liens externes[modifier]
Bibliographie[modifier]
- Olivier de Funès et Patrick de Funès, Louis de Funès : Ne parlez pas trop de moi, les enfants !, Le Cherche midi, 2005, (ISBN 274910372X)
- Gérard Oury, Mémoire d'éléphant, Presses Pocket, Paris, 1989.
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