Luis Mariano

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Luis Mariano

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Luis Mariano

Informations générales
Nom Mariano Eusebio González y García
Naissance
Irun, Drapeau de l'Espagne Espagne
Décès (à 55 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Chanteur, acteur
Genre musical opérette
Années actives 1943 - 1969
Site officiel http://www.touradour.com/mariano/index.asp

Luis Mariano, de son vrai nom Mariano Eusebio González y García, né le à Irun au Pays basque espagnol et mort d'une hémorragie cérébrale le à l'Hôpital de la Salpêtrière à Paris, était un ténor espagnol qui vécut la majeure partie de sa vie en France.

Il accéda à la célébrité en 1945 grâce à La Belle de Cadix, opérette de Francis Lopez ou encore Le Chanteur de Mexico. Il devint alors, à la scène comme au grand écran, le prince de l'opérette.

Sa tombe à Arcangues est encore visitée et fleurie par ses fans plus de quarante ans après sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Luis Mariano est le fils d'un mécanicien. Il fait d'abord partie de l'Orphéon Donostiarra de Saint-Sébastien, chœur mixte où il est ténor solo. De 1937 à 1939 il est deuxième ténor dans le groupe vocal Eresoinka avec lequel il chantera jusqu'à Paris (Pleyel, Chaillot, Opéra), Bruxelles, Amsterdam et Londres. Après la défaite républicaine dans la guerre civile espagnole, Luis Mariano et sa famille se réfugient à Bordeaux où son père reprend son métier de mécanicien et où sa mère fait quelques ménages et des travaux de couture à domicile. Attiré par le dessin, Luis entre à l'École des beaux-arts de Bordeaux. Il est également reçu au concours d'entrée du conservatoire de Bordeaux dont le directeur, Gaston Poulet, notera sur le grand registre du Conservatoire : « Je viens d'entendre un type formidable : il se nomme Gonzalez. À Bordeaux, le 7 décembre 1939 »[1]. Gaston Poulet lui fait rencontrer la cantatrice Jeanine Micheau qui lui prédit un grand avenir et l'incite à travailler sa voix. Pour gagner quelques sous, il va faire la plonge au cabaret Le Caveau des Chartrons jusqu'au jour où le chef d'orchestre du cabaret, Fred Adison, découvre que Luis a « une voix d'or »[2]. Il passe alors directement en salle où ses prestations enflammeront le public.

En septembre 1942, Luis Mariano quitte le Conservatoire de Bordeaux, se rend à Paris muni d'une lettre d'introduction de Jeanine Micheau et va recevoir des leçons du grand ténor basque, le maestro Miguel Fontecha. Cet éminent professeur va lui enseigner le "bel canto", technique de chant dans la plus pure tradition lyrique italienne se caractérisant par la beauté du son et la recherche de la virtuosité.

Luis Mariano remonte sur la scène du Palais de Chaillot en décembre 1943, cette fois dans le rôle d'Ernesto de Don Pasquale (au côté de Vina Bovy et Gilbert Maurin). En attendant le résultat d'une audition à l'opéra comique, il chante dans des spectacles de variété à la radio. Il commence à être connu.

En 1943, il apparaît dans le film « L'escalier sans fin » aux côtés de Madeleine Renaud et de Pierre Fresnay. Le jeune Luis Gonzalez y chante « Seul avec toi », un titre signé Loulou Gasté.

C'est en 1944 que Luis Gonzalez devient Luis Mariano, comme en témoignent la presse et les affiches de l'époque.

En 1945, Luis enregistre ses premiers disques : « Amor Amor » et « Besame mucho ». En avril, il se produit au Théâtre de Chaillot avec la cantatrice sud-américaine Carmen Torres. En novembre de la même année, toujours à Chaillot, il partage l'affiche avec Édith Piaf et Yves Montand.

Luis fait la connaissance de Francis Lopez et Raymond Vincy, d'Emile Audiffred. En décembre 1945 il crée leur première opérette La belle de Cadix, qui devait décider de sa carrière ( au théâtre du Casino Montparnasse). Prévue pour être produite six semaines, La Belle de Cadix devait tenir l'affiche pendant plus de cinq ans. Le disque qui est tiré de l'Opérette et qui comprend le titre Maria Luisa explose le Box-office : 1.250.000 exemplaires seront vendus. Pathé-Marconi est obligé de réaménager ses chaînes de productions pour faire face à la demande[3].

La popularité de Luis Mariano grandit rapidement. Pendant une dizaine d'années, il domine le monde de la chanson et de l'opérette. On l'entend notamment dans Fandango (1949). Le point culminant de sa carrière peut se situer en 1951-1952, années du Chanteur de Mexico et du film Violettes Impériales. Au théâtre, il triomphe dans Andalousie (1947), Le Chanteur de Mexico (1951) et Chevalier du Ciel (1955).

Pour le cinéma, de 1945 à 1958, Mariano joue dans une vingtaine de films qui sont traduits dans de nombreuses langues. Parallèlement il donne des récitals dans le monde entier : USA, Canada, Amérique du Sud, où partout une foule énorme l'attend dès sa descente de l'avion ou du bateau. Lorsqu'il arrive en Uruguay, on craint le pire, tellement le mouvement de masse populaire déclenché par son arrivée est important. Sur le port de Montevideo, 60 000 fans ont fait le déplacement pour le voir descendre du transatlantique qui l'amène. 100 000 personnes seront présentes au concert qu'il donne dans la capitale de l'Uruguay. Au Mexique, ce sont 160 000 fans qui l'acclameront dans le stade de Mexico[4].

En 1957 et 1959, Mariano accompagne la caravane du cirque Pinder sur les routes de France, puis il se produit à l'Olympia.

Les années 1958-1960 marquent un certain tournant dans la carrière de Mariano. Les yéyés envahissent les ondes et les écrans de télévision. Mariano a toujours autant de succès sur les théâtres d'opérettes : Le Secret de Marco Polo (1959), Visa pour l'amour (« véritable jouvence pour l'artiste »), le Prince de Madrid (1967), sont de véritables succès.

Photo de sa tombe à Arcangues

Signalons toutefois une tournée triomphale en Roumanie (1966), et l'enregistrement d'un disque de chansons espagnoles et d'un disque de chansons napolitaines. En province, il faisait des reprises très remarquées du Chanteur de Mexico et de La belle de Cadix (pour le vingtième anniversaire de cette création).

En décembre 1969, il assure la création de La Caravelle d'Or au théâtre du Châtelet, mais ayant contracté une maladie, probablement une hépatite mal discernée, mal jugulée, il abandonne son rôle au bout de quelques mois. Il meurt des suites de cette maladie le à Paris. Il était titulaire de diverses décorations, dont l'ordre espagnol d'Isabelle la Catholique.

Vie sentimentale[modifier | modifier le code]

Luis Mariano n'a jamais été marié. À 16 ans il tombe amoureux d'une jeune Basque d'Irun, Maria-Pilar Eguiluz qui est déjà engagée et dont le fiancé, soldat, ne reviendra jamais du front. Maria-Pilar restera célibataire jusqu'à sa mort en 2004 à 87 ans[5]. On connaît deux femmes à Luis Mariano : Martine Carol à partir de 1948[6] et Carmen Sevilla à partir de 1950. Il demande cette dernière en mariage, mais elle refuse, se sentant trop jeune pour sacrifier sa carrière[7]. Après 1953, on ne connaît plus de femme dans la vie de l'artiste. Des rumeurs circulent sur ses préférences homosexuelles mais elles sont démenties par des proches de l'artiste comme le comédien et peintre Guy-Pierre Geneuil[8]. À ce jour, aucune référence sérieuse n'a été trouvée pour conforter une préférence homosexuelle de Mariano.

Opérettes[modifier | modifier le code]

La musique des opérettes créées par Luis Mariano est de Francis Lopez, à l'exception de celle de Chevalier du ciel composée par Henri Bourtayre.

Films[modifier | modifier le code]

De nombreux films ont été adaptés des opérettes où il avait triomphé à la scène.

Quelques-uns de ses succès[modifier | modifier le code]

  • L'Amour est un bouquet de violettes
  • Andalucia mia
  • Acapulco (de l'opérette le Chanteur de Mexico)
  • Maria-Luisa (de l'opérette la Belle de Cadix)
  • Granada
  • J'ai dans mon cœur une chanson
  • España (de l'opérette le Prince de Madrid)
  • La Vie est là
  • Mattinata
  • Mayoumba
  • Je chante pour toi que j'aime (du film Histoire de chanter)
  • le Ciel luisait d'étoiles (de l'opéra Tosca)
  • Mélodie pour toi (du film Cargaison clandestine)
  • Prière péruvienne
  • Cavalier du grand retour (reprise de Gilbert Bécaud)
  • Plus je t'entends (reprise à Alain Barrière)
  • Oublie-moi
  • Mexico
  • La Belle de Cadix
  • Rossignol de mes amours
  • Olé toréro
  • Visa pour l'amour (avec Annie Cordy)
  • Quand on est deux amis (avec Bourvil)
  • Il est un coin de France - 1957
  • Le Charme de Dolorès
  • Maman la plus belle du monde
  • Marco Polo (de l'opérette le Secret de Marco Polo)
  • le Voyageur sans étoile (reprise du grand prix du Coq d'or 1961 créée par John William)
  • Combien de nuits (Tonight de l'opéra West Side Story)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(fr) :

  • Luis Mariano " La chanson de ma vie ", Bibliothèque France-Soir, 1950
  • Jacques Rouhaud et Patchi Lacan, Luis Mariano : une vie, éditions Sud Ouest, 2006
  • Christophe Mirambeau, Saint Luis, Flammarion, 2004
  • Daniel Ringold, Philippe Guiboust, Patchi Lacan, Luis Mariano, le Prince de lumière, s.l. [Paris] Musique-Éditions TF1, 1995
  • Jean-Louis Chardans, J'ai connu un prince, La Table ronde, Paris, 1976
  • René Château, Luis Mariano, La Mémoire du cinéma français/René Château, Paris, 1995

(es) :

  • Alberto López Echevarrieta, Luis Mariano entre el cine y la opereta, 1995

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Salquain, Luis Mariano, la légende basque, Hors-Série de l'hebdomadaire La Semaine du Pays basque, 2010, p. 25
  2. Philippe Salquain, Luis Mariano, la légende basque, Hors-Série de l'hebdomadaire La Semaine du Pays basque, 2010, p. 26
  3. Philippe Salquain, Luis Mariano, la légende basque, Hors-Série de l'hebdomadaire La Semaine du Pays basque, 2010, p. 30
  4. Philippe Salquain, Luis Mariano, la légende basque, Hors-Série de l'hebdomadaire La Semaine du Pays basque, 2010, p. 33
  5. Jacques Rouhaud et Patxi, Luis Mariano, une vie, éditions Sud-Ouest, 2006, p. 20-21
  6. Jacques Rouhaud et Patxi, Luis Mariano, une vie, éditions Sud-Ouest, 2006, p. 79, 170
  7. Jacques Rouhaud et Patxi, Luis Mariano, une vie, éditions Sud-Ouest, 2006, p. 104, 114, 147
  8. Jacques Rouhaud et Patxi, Luis Mariano, une vie, éditions Sud-Ouest, 2006, p. 214

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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