Jean Gabin

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Jean-Alexis-Gabin Moncorgé[1] dit Jean Gabin, est un acteur français, né le 17 mai 1904 à Paris (9e arr.) et mort le 15 novembre 1976 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Bien qu'ayant commencé sa carrière comme chanteur de revue et d'opérette, c'est à l'écran qu'il va s'imposer, devenant une figure incontournable du cinéma français. « Gueule d'amour » tournant avec les réalisateurs importants de l'entre-deux-guerres comme Julien Duvivier ou Jean Renoir, il devient après la guerre (où il s'est engagé comme marin, puis chef de char au sein du régiment blindé des fusiliers-marins des Forces françaises libres) un « pacha » au physique imposant et au regard sombre incarnant la plupart du temps des rôles de truands ou de policiers, toujours avec la même droiture, dans des films bien souvent dialogués par Michel Audiard.

Sa filmographie, dénombrant 95 films, compte un nombre important de classiques, parmi lesquels Gueule d'amour, La Bête humaine, Pépé le Moko, Le Quai des brumes, La Grande Illusion, Touchez pas au grisbi, Un singe en hiver, Le Chat, Le Pacha ou La Traversée de Paris. Il tourne avec la plupart des grands acteurs du cinéma français de l'époque dont certains, comme Lino Ventura, Bernard Blier, Jean-Paul Belmondo ou Alain Delon, sont ses amis. Acteur populaire, il a attiré 134 millions de spectateurs dans les salles au cours de sa carrière[2].

Sa vie sentimentale est souvent liée à son métier : il a des liaisons connues avec les actrices Mireille Balin, Michèle Morgan et Marlène Dietrich, est l'époux de l'actrice Gaby Basset, de la meneuse de revue Jeanne Mauchain puis enfin d'un ancien mannequin, Dominique Fournier (1918-2002), sa compagne jusqu'à sa mort, avec qui il a trois enfants : Valérie Moncorgé, Florence Moncorgé et Mathias Moncorgé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Timbre poste allemand représentant Jean Gabin.

Enfance[modifier | modifier le code]

Jean Gabin nait à Paris le 17 mai 1904, 23 boulevard Rochechouart (9e) , sous le nom de Jean-Alexis-Gabin Moncorgé. Fils de Ferdinand Joseph Moncorgé (1868-1933), tenancier de café et comédien d'opérette sous le nom de scène de Joseph Gabin, et d'Hélène Petit (1865-1918), chanteuse de café-concert, il a six frères et sœurs aînés dont Ferdinand Henri (1888-1939), Madeleine (1890-1970) épouse de Jean Poésy et Reine (1893-1952).

Il passe son enfance et son adolescence à la campagne pour laquelle il gardera toute sa vie un profond attachement. Loin de la vie parisienne de spectacle de ses parents, il est élevé par sa sœur aînée Madeleine, dans le petit bourg campagnard de Mériel dans le Val-d'Oise (alors Seine-et-Oise) , à l'actuel 63 Grande rue, dans une maison à l’étroite façade dont le pignon arrière où se trouve la fenêtre de sa chambre offre une vue imprenable sur la gare[3]..

En 1914, à l'âge de 10 ans, un coup appuyé lors d'un combat de boxe lui écrase le nez. Le 18 septembre 1918, alors qu'il a 14 ans, sa mère meurt. Il est mauvais élève et délaisse le lycée Janson-de-Sailly à Paris, où il est inscrit et enchaîne les petits métiers, garçon de bureau à la Compagnie parisienne de distribution d'électricité, cimentier à la gare de la Chapelle, manœuvre dans une fonderie, magasinier aux magasins d'automobiles de Drancy, vendeur de journaux. À 17 ans il veut, comme son grand-père maternel, devenir conducteur de locomotive à vapeur dont il peut voir les évolutions depuis sa chambre. Bourru, il osait se plaindre de ce qui lui déplaisait mais son œil bleu « magique » participait avec ses amis à la joie de vivre.

Carrière au music-hall[modifier | modifier le code]

En 1922, à 18 ans, Gabin est forcé par son père d'entrer dans le monde du spectacle aux Folies-Bergère d'abord comme figurant, le directeur, Fréjol, étant un de ses amis à qui il aurait dit : « Tiens, voici mon fiston. Il aimerait faire du théâtre. Peux-tu l'aider ? Si tu arrives à en tirer quelque chose, tu auras bien du mérite. Moi, j'y renonce… » Il est placé sous la bienveillance du comique troupier Bach.

De 1924 à 1925 Jean Gabin effectue son service militaire dans la marine nationale à Cherbourg, et pendant une permission du début de l'année 1925, il épouse une admiratrice, la future actrice Camille Basset, dite Gaby, avec qui il n'aura pas d'enfant.

Buste de Jean Gabin, à Mériel,
sur la place du musée qui lui est consacré.

En 1926, âgé de 22 ans, il devient un véritable artiste de music-hall et chanteur d'opérette. Il fait monter sur scène La Goulue auprès de Mistinguett, et il imite Maurice Chevalier. Il entame un tour de chant avec succès pendant deux ans dans toute la France et en Amérique du Sud. En chantant Julie c'est Julie et La Java de Doudoune de Jose Padilla en 1928, il devient partenaire de Mistinguett, qui vient de rompre avec Maurice Chevalier, au Moulin-Rouge et aux Bouffes-Parisiens dont le directeur est le célèbre auteur de l'époque Albert Willemetz.

À partir de 1929, il joue les jeunes premiers dans des opérettes comme Flossie ou Les Aventures du Roi Pausole, toutes deux sur des paroles d'Albert Willemetz. Il vit une amourette avec Jacqueline Francell, sa partenaire de Flossie, et il divorce de Gaby.

Carrière au cinéma[modifier | modifier le code]

Années 1930 : débuts et consécration[modifier | modifier le code]

En 1928, il fait ses débuts au cinéma dans deux courts-métrages avec le comique Raymond Dandy, Ohé! les valises et On demande un dompteur[4].

Ce n'est que deux ans après l'arrivée du cinéma parlant en Europe que Jean Gabin, après avoir refusé de tourner dans Les Chemins du paradis[5], fait ses véritables débuts cinématographiques en tournant en 1930 Chacun sa chance, un des premiers films parlant du cinéma français, dans lequel il joue au côté de son ex-épouse Gaby Basset et le chanteur Jean Sablon.

Par la suite, il enchaîne les tournages : étant tour à tour policier dans Méphisto, cambrioleur dans Paris Béguin, vendeur de TSF dans Tout ça ne vaut pas l'amour, mécanicien dans Gloria, soldat récalcitrant dans Les Gaietés de l'escadron, capitaine de péniche dans La Belle Marinière, que Gabin considère comme son premier grand rôle à l'écran[5] et ingénieur dans Le Tunnel et Adieu les beaux jours.

Le 20 novembre 1933, Gabin épouse à la mairie du 16e Jeanne Mauchain, meneuse de revue et danseuse nue du Casino de Paris, connue sous le nom de Doriane Mauchain. Son père meurt trois jours avant son mariage.

En 1934, il tourne pour la première fois sous la direction de Julien Duvivier dans Maria Chapdelaine et Golgotha, dans lequel il prête ses traits à Ponce Pilate.

À partir de 1935, il devient une star du cinéma grâce à son « charisme exceptionnel » et à Julien Duvivier qui lui offre les personnages principaux de La Bandera avec Annabella, qui est son premier succès[6], La Belle Équipe avec Charles Vanel, dans lequel il chante la chanson Quand on s'promène au bord de l'eau, et Pépé le Moko. Il incarne des héros tragiques et romantiques d'origine populaire. Puis il enchaîne film sur film au sommet du box-office français tout au long de sa longue carrière, quatre-vingt-quinze au total.

Jean Renoir l'impose dans Les Bas-Fonds avec Louis Jouvet puis, en 1937, dans le film de guerre La Grande Illusion avec Pierre Fresnay, Marcel Dalio et Erich von Stroheim, qui obtient un énorme succès public et critique, devenant au fil des années un classique du cinéma français.

La même année, il tourne Gueule d'amour, de Jean Grémillon, où il retrouve Mireille Balin, sa partenaire de Pépé le Moko et le méconnu Le Messager, de Raymond Rouleau.

En 1938, il joue le rôle d'un déserteur dans Le Quai des brumes de Marcel Carné avec Michel Simon et la jeune Michèle Morgan, à laquelle il murmure le célèbre « T'as d'beaux yeux tu sais ». Il campe ensuite le personnage de Trott toujours face à Morgan dans Le Récif de corail de Maurice Gleize (sorti en 1939), puis un conducteur de locomotive dans La Bête humaine de Jean Renoir.

En 1939, il tourne à nouveau sous la direction de Marcel Carné dans Le Jour se lève, drame dans lequel il partage la vedette avec Jules Berry, Arletty et Bernard Blier.

Le 3 septembre 1939, il est mobilisé dans la marine nationale à Cherbourg. C'est encore la drôle de guerre et il obtient une permission exceptionnelle pour terminer le film Remorques, avec Michèle Morgan. Ils ont une brève idylle.

Années 1940 : avec les Forces Françaises Libres[modifier | modifier le code]

Le 2 février 1941, refusant de tourner pour les Allemands pendant l'occupation, il s'expatrie à Hollywood aux États-Unis où il va retrouver les Français Jean Renoir, Julien Duvivier, Charles Boyer, Jean-Pierre Aumont

Là-bas, il tourne deux films, La Péniche de l'amour avec Ida Lupino, et L'Imposteur, de Julien Duvivier, long-métrage de propagande gaulliste saluant aussi la bénéfique entrée en guerre des États-Unis. Ce film est produit par le service de propagande américain. Au générique seulement deux français : Julien Duvivier et Jean Gabin.

Durant cette période, il fréquente Ginger Rogers brièvement, puis Marlène Dietrich pendant l'été 1941 jusqu'en février 1947. Le 18 janvier 1943, il divorce de sa deuxième épouse Jeanne Mauchain.

Déjà très célèbre, il pourrait tenter une carrière d'acteur aux États-Unis, mais ce serait compter sans son ardent patriotisme. Il s'engage en avril 1943 dans les Forces navales françaises libres[7] du général de Gaulle pour libérer son pays. Embarqué comme canonnier chef de pièce sur le pétrolier militaire Elorn, il traverse l'Atlantique en convoi à destination de Casablanca, attaqué au large par les sous-marins et par les avions allemands aux approches de la Méditerranée. Puis sous les ordres de l'enseigne de vaisseau et futur vice-amiral André Gélinet, le second maître Jean Moncorgé sert comme chef du char Souffleur II du 2e escadron du régiment blindé de fusiliers-marins qui appartient à la célèbre 2e division blindée du général Leclerc.

Au printemps 1945, il participe à la libération de la poche de Royan puis à la campagne d'Allemagne qui le conduira au Nid d'aigle d'Hitler à Berchtesgaden. À la fin de la guerre, il est décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre. En juillet 1945, âgé de 41 ans, le « plus vieux chef de char de la France Libre » est démobilisé et revient au monde du spectacle avec des cheveux blancs[8]. Toute sa vie, il restera très attaché à la marine nationale et proche de celui qui fut son chef, le vice-amiral Gélinet et sa famille.

De retour en France, il reprend sa carrière d'acteur en 1946 en incarnant le rôle-titre de Martin Roumagnac, au côté de Marlene Dietrich, après avoir refusé de jouer Les Portes de la nuit, de Marcel Carné. Le film, éreinté par la critique, obtient pourtant à l'époque un succès commercial avec deux millions d'entrées[9].

Cependant, ce succès n'est pas réitéré l'année suivante avec le film policier Miroir[10], dans lequel il est un financier et gangster à ses heures. De plus, il a du mal à trouver un rôle à sa mesure.

En 1949, il se marie avec Christiane Fournier (décédée en 2002), dite Dominique, mannequin chez le couturier Lanvin, qui a déjà un fils Jacki et avec qui il a trois enfants : Florence Moncorgé-Gabin (1949), Valérie (1952) et Mathias (1956).

La même année, il tient le rôle principal du long-métrage Au-delà des grilles, qui obtient un succès honorable en salles[11] et est nommé à l'Oscar du meilleur film étranger et triomphe au théâtre avec la pièce La Soif, d'Henri Bernstein, aux côtés de Madeleine Robinson et Claude Dauphin.

Années 1950-1960 : le retour du succès[modifier | modifier le code]

En 1950, il retrouve Marcel Carné pour le long-métrage La Marie du port, adaptation du roman de Georges Simenon, qui avec 2,6 millions d'entrées[12], permet de confirmer le succès de Gabin après son triomphe théâtral avec La Soif.

En 1951, il est le narrateur de De sac et de corde, une pièce musicale de Léo Ferré et Madeleine Rabereau écrite pour la radio, qu'il interprète tandis que Léo Ferré dirige l'orchestre et les chœurs de la radio nationale et sa prestation dans La nuit est mon royaume, pour lequel il incarne un mécanicien de locomotive aveugle, lui permet de rencontrer l'éloge de la critique et un triomphe public avec 2,5 millions d'entrées[13], mais aussi de remporter la Coupe Volpi pour la meilleure interprétation masculine au Festival de Venise.

Son film suivant, La Vérité sur Bébé Donge, dans lequel il est un industriel coureur de jupons, passe inaperçu lors de sa sortie en salles, mais va être considéré au fil des ans comme une œuvre marquante.

Il réalise en 1952 un de ses rêves d'enfant en investissant, jusqu'à ses derniers jours, toute sa fortune dans le domaine de La Pichonnière, situé sur la commune de Bonnefoi, rattachée au canton de Moulins-la-Marche, dans l'Orne, en Normandie, sur lequel il fait construire La Moncorgerie. Il se lance dans l'élevage de près de trois cents bovins et d'une écurie d'une quinzaine de chevaux de course pour assouvir sa passion pour l'élevage de chevaux.

La même année, il retrouve Michèle Morgan dans La Minute de vérité, de Jean Delannoy, qui triomphe en salles avec plus de 3 millions d'entrées[14].

Il renoue véritablement avec le succès public grâce à Touchez pas au grisbi, de Jacques Becker, en 1954, qui enregistre 4 millions d'entrées en France[15]. Avec ce film, il retrouve un rôle à sa mesure en changeant son image : l’homme d’expérience, autoritaire et qui impose le respect. C'est durant ce tournage qu'il rencontre celui qui va devenir un de ses amis, Lino Ventura.

Son succès se confirme avec L'Air de Paris, de Marcel Carné et French Cancan, de Jean Renoir en 1955. C'est la rencontre avec Michel Audiard, qui deviendra son ami et sera, avec ses dialogues, pour beaucoup dans le succès de ses films à venir, à commencer par Gas-oil et Le rouge est mis de Gilles Grangier. À cette époque, il entretient une liaison adultère avec la comédienne Dora Doll.

Jean Gabin (à gauche) et Jacques Prévert dans le film documentaire Mon frère Jacques (1961) par Pierre Prévert.

Par la suite, il enchaîne films sur films : il est le maréchal Lannes dans la prestigieuse distribution du Napoléon de Sacha Guitry, flic infiltré dans Razzia sur la chnouf, juge pour enfants dans Chiens perdus sans collier, routier dans Des gens sans importance, restaurateur dans Voici le temps des assassins, artiste peintre bourgeois s'encanaillant en transportant avec Bourvil de la viande pour le marché noir dans le classique La Traversée de Paris, dont il partage une scène devenue culte avec Louis de Funès, alors méconnu du grand public et médecin dans Le Cas du docteur Laurent.

En 1958, il prête ses traits au commissaire Jules Maigret dans Maigret tend un piège, rôle qu'il reprendra à deux reprises et connaît le plus grand succès public de sa carrière avec Les Misérables, devenant le Jean Valjean du film aux côtés de Bourvil et de Bernard Blier.

Sa carrière est sur sa lancée, confirmée avec notamment En cas de malheur, avec Brigitte Bardot, Les Grandes Familles, avec Pierre Brasseur, Archimède le clochard (dont il a eu l'idée du film[16]).

En 1960, il reçoit les insignes d'officier de la Légion d'honneur sur le plateau où il tourne Les Vieux de la vieille de Gilles Grangier.

Tout en tournant avec les vedettes du moment, il continue dans les années 1960 sa série d'innombrables succès tels que le drame politique Le Président, la comédie policière Le Cave se rebiffe, la comédie dramatique Un singe en hiver, dans lequel il partage la vedette avec Jean-Paul Belmondo.

Dans la nuit du 27 au 28 juillet 1962, sept cents agriculteurs encerclent son domaine familial normand de La Pichonnière pour protester contre la centralisation des terres, en exigeant la location de certaines fermes à de jeunes éleveurs en difficulté. Ils se servent d'un conflit ouvert avec le célèbre acteur pour médiatiser les problèmes du monde agricole. Cette situation bouleversa profondément et blessa à vie l'intéressé, qui se sentit rejeté par la communauté paysanne normande dont il avait tant souhaité faire partie.

Durant cette même période, il connaît son premier revers avec Le Gentleman d'Epsom (1962), dans lequel il joue au côté de Louis de Funès, qui ne rencontre qu'un score inférieur[17], échec vite effacé par le triomphe de Mélodie en sous-sol l'année suivante, avec Alain Delon[18].

Il crée en 1963 avec Fernandel la société de production Gafer pour son film L'Âge ingrat qu'il interprète avec ce dernier.

La fin des années 1960 est marquée par Le Tonnerre de Dieu, Le Pacha, Le Tatoué, avec Louis de Funès et Le Clan des Siciliens, avec Alain Delon et Lino Ventura, qui confirme le statut de l'acteur, qui a atteint les soixante ans.

Années 1970 : Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, sa carrière s'enrichit de 7 films supplémentaires mais marque une baisse de régime ; l'acteur rencontre pourtant encore le succès public avec La Horse et Deux hommes dans la ville (dernière collaboration avec Alain Delon) et obtient l'Ours d'argent au Festival de Berlin pour son interprétation dans Le Chat en 1971, oeuvre que l'acteur considérait comme son meilleur film de l'après-guerre[19].

En 1974, près de quarante ans après Quand on s'promène au bord de l'eau, Gabin enregistre la chanson Maintenant, je sais, titre écrit par Jean-Loup Dabadie.

Le 3 avril 1976, il préside la première cérémonie des César. Deux semaines plus tard, il est à l'affiche de L'Année sainte, de Jean Girault. Ce seront ses dernières apparitions en public et sur grand écran.

Décès[modifier | modifier le code]

Le 15 novembre 1976, alors qu'il vient juste de décider la vente de son domaine normand de La Pichonnière, il meurt à l'âge de 72 ans à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine. Il avait déjà eu un problème de santé en 1973 lors du tournage de Deux hommes dans la ville de José Giovanni. Selon les dernières volontés du défunt, ses cendres sont dispersées en mer. C'est à Brest, le 19 novembre 1976, qu'en présence de son épouse, d'acteurs et personnalités dont Alain Delon, se déroule une cérémonie simple et solennelle à bord de l'aviso Détroyat. L'urne funéraire est ouverte depuis la plage arrière de l'aviso[20] en mer d'Iroise, à 20 nautiques de Brest, au sud de la chaussée des Pierres-Noires.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • En 1981, à l'initiative de Louis de Funès[21], le « monde du cinéma » lui rend hommage en créant le prix Jean-Gabin, récompense décernée tous les ans aux meilleurs espoirs masculins du cinéma français.
  • En 1987, un César d'honneur lui est remis à titre posthume.
  • En 1992, Mériel, la commune de son enfance, a ouvert un musée qui lui est consacré. Jean Marais a sculpté un buste de l'acteur qui se trouve devant le musée.
  • En 2008, une place Jean-Gabin a été inaugurée dans le 18e arrondissement de Paris.
  • En 2011, une place Jean-Gabin a été inaugurée dans la ville de Porrentruy.

Décorations[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

(N.B. : certains de ses films ont été colorisés pour des versions télévisées et VHS : La Traversée de Paris, Le cave se rebiffe, Le Gentleman d'Epsom…)

Opérettes, revues[modifier | modifier le code]

Images d'archives / documentaires[modifier | modifier le code]

Box-office France[modifier | modifier le code]

Liste des films avec Jean Gabin ayant attiré au moins un million de spectateurs en France.

Sources : Filmographie de Jean Gabin pour le nombre d'entrées de chaque film et jpbox-office.com, Bilan annuel pour le n°1 du box-office annuel.

Film Année Réalisateur Classement Nombre d'entrées no 1 du box-office annuel
Les Misérables 1958 Jean-Paul Le Chanois 2e 9 940 533 Les Dix Commandements (14 229 745 entrées)
Napoléon 1955 Sacha Guitry 4e 5 405 252 Vingt mille lieues sous les mers (9 619 259 entrées)
La Traversée de Paris 1956 Claude Autant-Lara 4e 4 893 174 Michel Strogoff (6 868 854 entrées)
Le Clan des Siciliens 1969 Henri Verneuil 3e 4 821 585 Il était une fois dans l'Ouest (14 862 764 entrées)
Touchez pas au grisbi 1954 Jacques Becker 4e 4 713 585 Si Versailles m'était conté... (6 986 788 entrées)
Le Tonnerre de Dieu 1965 Denys de La Patellière 7e 4 096 394 Le Corniaud (11 739 783 entrées)
Archimède le clochard 1959 Gilles Grangier 8e 4 073 891 La Vache et le Prisonnier (8 844 199 entrées)
Les Grandes Familles 1958 Denys de La Patellière 9e 4 042 041 Les Dix Commandements (14 229 745 entrées)
French Cancan 1955 Jean Renoir 10e 3 963 928 Vingt mille lieues sous les mers (9 619 259 entrées)
Chiens perdus sans collier 1955 Jean Delannoy 11e 3 905 504 Vingt mille lieues sous les mers (9 619 259 entrées)
Mélodie en sous-sol 1963 Henri Verneuil 7e 3 518 083 La Grande Évasion (8 756 631 entrées)
Les Vieux de la vieille 1960 Gilles Grangier 10e 3 477 455 Ben-Hur (13 826 124 entrées)
Rue des prairies 1959 Denys de La Patellière 15e 3 412 201 La Vache et le Prisonnier (8 844 199 entrées))
Le Tatoué 1968 Denys de La Patellière 8e 3 211 778 Le gendarme se marie (6 828 626 entrées)
Le Baron de l'écluse 1960 Jean Delannoy 13e 3 160 233 Ben-Hur (13 826 124 entrées)
En cas de malheur 1958 Claude Autant-Lara 13e 3 152 082 Les Dix Commandements (14 229 745 entrées)
La Minute de vérité 1952 Jean Delannoy 18e 3 113 421 Le Petit Monde de don Camillo (12 791 168 entrées)
Gas-oil 1955 Gilles Grangier 23e 3 096 411 Vingt mille lieues sous les mers (9 619 259 entrées)
Maigret tend un piège 1958 Jean Delannoy 14e 3 076 005 Les Dix Commandements (14 229 745 entrées)
Razzia sur la chnouf 1955 Henri Decoin 25e 2 906 148 Vingt mille lieues sous les mers (9 619 259 entrées)
Maigret et l'Affaire Saint-Fiacre 1959 Jean Delannoy 21e 2 868 465 La Vache et le Prisonnier (8 844 199 entrées)
L'Âge ingrat 1964 Gilles Grangier 13e 2 862 204 Le Gendarme de Saint-Tropez (7 809 334 entrées)
Le cave se rebiffe 1961 Gilles Grangier 17e 2 812 814 Les Canons de Navarone (10 197 729 entrées)
Le Président 1961 Henri Verneuil 18e 2 785 528 Les Canons de Navarone (10 197 729 entrées)
Le Cas du docteur Laurent 1957 Jean-Paul Le Chanois 22e 2 722 438 Le Pont de la rivière Kwaï (13 481 750 entrées)
La Marie du port 1950 Marcel Carné 10e 2 691 123 Autant en emporte le vent (14 563 937 entrées)
Deux hommes dans la ville 1973 José Giovanni 13e 2 454 112 Les Aventures de Rabbi Jacob (7 295 727 entrées)
Un singe en hiver 1962 Henri Verneuil 15e 2 417 209 Le Jour le plus long (11 933 629 entrées)
Des gens sans importance 1956 Henri Verneuil 29e 2 394 712 Michel Strogoff (6 868 854 entrées)
Le Désordre et la Nuit 1958 Gilles Grangier 29e 2 171 400 Les Dix Commandements (14 229 745 entrées)
La Horse 1970 Pierre Granier-Deferre 16e 2 113 540 Le Gendarme en balade (4 870 609 entrées)
Le rouge est mis 1957 Gilles Grangier 29e 2 104 394 Le Pont de la rivière Kwaï (13 481 750
L'Air de Paris 1954 Marcel Carné 31e 2 074 167 Si Versailles m'était conté... (6 986 788 entrées)
Le Pacha 1968 Georges Lautner 16e 2 050 211 Le gendarme se marie (6 828 626 entrées)
Maigret voit rouge 1963 Gilles Grangier 18e 2 043 675 La Grande Évasion (8 756 631 entrées)
Du rififi à Paname 1966 Denys de La Patellière 13e 1 983 477 La Grande Vadrouille (17 267 607 entrées)
Le Sang à la tête 1956 Gilles Grangier 34e 1 978 323 Michel Strogoff (6 868 854 entrées)
Monsieur 1964 Jean-Paul Le Chanois 21e 1 830 810 Le Gendarme de Saint-Tropez (7 809 334 entrées)
Le Port du désir 1955 Edmond T. Gréville 37e 1 776 080 Vingt mille lieues sous les mers (9 619 259 entrées)
Le Gentleman d'Epsom 1962 Gilles Grangier 29e 1 726 833 Le Jour le plus long (11 933 629 entrées)
Voici le temps des assassins 1956 Julien Duvivier 38e 1 538 259 Michel Strogoff (6 868 854 entrées)
Verdict 1974 André Cayatte 26e 1 537 278 Emmanuelle (8 893 996 entrées)
L'Affaire Dominici 1973 Claude Bernard-Aubert 27e 1 359 946 Les Aventures de Rabbi Jacob (7 295 727 entrées)
L'Année sainte 1976 Jean Girault 28e 1 123 190 Les Dents de la mer (6 261 062 entrées)
Le Chat 1971 Pierre Granier-Deferre 39e 1 035 709 Les Bidasses en folie (7 460 911 entrées)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Gabin, Anatomie d'un mythe, Claude Gauteur, Ginette Vincendeau, Nouveau Monde éditions, 2006.
  • Jean Gabin-Marlène Dietrich, un rêve brisé, Jean-Marc Loubier, Acropole, 2002.
  • Dans Prévert, portrait d'une vie (Ramsay, 2007, 239 p., p. 216), Carole Aurouet écrit : « Après avoir vu Drôle de drame, ce dernier a envie de travailler avec Prévert et Carné. Il le fait savoir. En 1938, il est dans Le Quai des brumes. Les deux amis se souviennent avoir attendu ensemble les réactions du public dans un café de la rue des Saints-Pères, Jacques précisant en rigolant : « On avait glissé sur un bouchon de limonade ! ». L’accueil fut plutôt bon. Gabin ajoute avec humour : « Dans le fond, on était la nouvelle vague de l’époque ». On retrouvera l'acteur dans Le jour se lève, Remorques et La Marie du port. Jacques écrit de lui qu’il a « le regard toujours bleu et encore enfantin », qu’il est l’« acteur tragique de Paris/ gentleman du cinéma élisabéthain/ dans la périphérie du film quotidien » et que « Jean Gabin/ c’est l’évidence même/ l’évidence même d’un être humain/ qui joue son rôle publiquement/ devant tant d’autres qui jouent le leur secrètement/ et si mal la plupart du temps ». « Jean Gabin/ Toujours le même jamais pareil/ Toujours Jean Gabin/ Toujours quelqu’un. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Un trait de malice de mon père que de m'avoir donné, en troisième prénom, son nom de théâtre » cité par André-Georges Brunelin in Gabin, Robert Lafont, 1987, p. 46
  2. 84 millions selon « Les Rois du box office », Studio Magazine, novembre 1992, mais 134 millions si on fait le total des entrées dans le tableau récapitulatif en fin d'article
  3. Cf. Le patrimoine des communes du Val-d’Oise : Mériel, op. cit., p. 432.
  4. (fr) « Jean Gabin - Article Cinémonde 1968 », sur Marcel Carné.com,‎ 25 mars 2011.
  5. a et b (fr) « Jean Gabin », sur Encinémathèque,‎ 25 mars 2011.
  6. (fr) « Jean Gabin - Article 1938 Ciné Miroir », sur Marcel Carné,‎ 25 mars 2011.
  7. Philippe de Comes, Michel Marmin, Le Cinéma français : 1930-1960, Éditions Atlas, 1984, 175 pages, p. 63.
  8. Brunelin, p. 325
  9. (fr) « Martin Roumagnac », sur Box Office Story,‎ 25 mars 2011.
  10. (fr) « Miroir », sur Box-Office story,‎ 25 mars 2011.
  11. (fr) « Au-delà des grilles », sur Box-Office story,‎ 25 mars 2011.
  12. (fr) « La Marie du port », sur Box Office Story,‎ 25 mars 2011.
  13. (fr) « La nuit est mon royaume », sur Box Office Story,‎ 25 mars 2011.
  14. (fr) « La Minute de vérité », sur Box Office Story,‎ 25 mars 2011.
  15. (fr) « Touchez pas au Grisbi », sur Box Office Story,‎ 25 mars 2011.
  16. Pour ce film, il est crédité sous le nom de Jean Moncorgé, qui est son vrai nom de famille.
  17. (fr) « Le Gentleman d'Epsom », sur Box Office Story,‎ 25 mars 2011.
  18. (fr) « Méldoie en sous-sol », sur Box Office Story,‎ 25 mars 2011.
  19. « Jean Moncorgé, la face cachée de Jean Gabin » dans la série de France 2 « Un jour, un destin »
  20. et non du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc qui était alors en escale à Mayport (USA)
  21. « Quitte à avoir un père, autant qu'il s'appelle Gabin », Florence Moncorgé, le Cherche Midi, 2003, p. 206.
  22. Également sorti sous le titre Les Grands Seigneurs.

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