Graffiti

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Graffiti (homonymie).
Inscription espagnole au El Morro National Monument, 1605, avec des graffitis ultérieurs
Divers tags à Barcelone. Au milieu à droite, un personnage féminin signé Miss Van
Un camion « graffé », à Paris
Une maison « graffée » à Saragosse
Tag d'O'clock à la gare de Namur

Les graffitis sont des inscriptions ou des peintures réalisées sur des murs, des monuments ou des objets situés sur l'espace public. Les graffitis existent depuis des époques reculées, dont certains exemples remontent à la Grèce antique ainsi qu'à l'Empire romain[1] et peut aller de simples marques de griffures à des peintures de murs élaborées. Dans les temps modernes, la peinture aérosol et les marqueurs sont devenus les outils les plus utilisés. Dans la plupart des pays, « dessiner » un ou plusieurs graffitis sur une propriété sans le consentement de son propriétaire est considéré comme du vandalisme, lequel est punissable par la loi. Parfois, le graffiti est employé pour communiquer un message politique et social. Il existe de nombreux caractères et styles de graffitis, cette forme d'art évoluant rapidement.

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Caricature d'un homme politique, découverte dans l'atrium de la Villa des Mystères à Pompéi.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot italien graffiti dérive du latin graphium (éraflure) qui tire son étymologie du grec graphein (γράφειν) qui signifie indifféremment écrire, dessiner ou peindre. Graffiti en langue française vient de l'italien graffito, terme désignant un stylet à écrire[réf. souhaitée]). Son pluriel italien est graffiti. L'usage n'a pas retenu une tentative de francisation en graffite à la fin du XIXe siècle, ni le singulier graffito qu'utilise, entre autres, André Malraux. On utilise donc le mot graffiti au singulier et au pluriel mais l'utilisation du s (graffitis) est admise dans l'usage[2].

Usage actuel[modifier | modifier le code]

En France, les graffiti issus de la tradition nord américaine (tags, graff, free style) côtoient les graffiti issus de la tradition ouest-européenne (collages, pochoirs). Les auteurs de ces graffiti sont appelés « graffeurs » ou « graffiti-artists » plutôt que « graffiteurs ». Au Québec, il n'est pas rare de les qualifier de « graffiti-artists » de « graffiteurs » ou de « writers », comme en anglais. Les mots-valise « calligraffiti » et « calligraffitiste », attribués à Bando dans Le Livre du graffiti[3] n'ont pas été retenus par l'usage ni par le milieu se réclamant de cette forme d'art urbain. En anglais, on évoque le plus souvent ces peintres par le terme de « graffiti-artists », « writers » ou encore « aerosol-artists ». Lorsque le graffeur passe dans le domaine des créations légales, Monzon parle de « peintre en aérosol ».

Ces graffeurs se font connaître en apposant leur signature, communément appelée « blaze »[4], ou celle du collectif (généralement appelé « posse », « crew » ou « squad ») auquel ils appartiennent sous leurs œuvres, les murs, les métros ou encore les camions.

Graffiti est le nom générique donné aux dessins ou inscriptions calligraphiées, peintes, ou tracées de diverses manières sur un support qui n'est pas prévu pour cela. Certains considèrent le graffiti comme une forme d'art qui mérite d'être exposée dans des galeries tandis que d'autres le perçoivent comme indésirable. Dans ses formes les plus élaborées, le graffiti est également une forme d'art graphique.

Le « tag » est une signature. Il est soit apposé pour signer un graff soit utilisé seul et pour lui-même.

Le « flop » est un lettrage en forme de bulle élaboré généralement d'un seul trait. Ce procédé étant assez difficile à réaliser, certains graffeurs préfèrent les peindre lettre par lettre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chronologie du graffiti.
Rome, IIe siècle, un âne crucifié. Le commentaire Alexamenos adore son Dieu suggère que ce dessin raille un Romain converti au christianisme
une peinture recouverte de graffitis exécutés par des militaires, Fort de Cormeilles-en-Parisis

On distingue généralement le graffiti de la fresque[5] par le statut illégal ou en tout cas clandestin, de l'inscription. Ainsi est-il a priori douteux de qualifier les peintures rupestres de graffitis, car nous ignorons leur statut à l'époque[6].

Les graffitis ont une grande importance en archéologie : ils font partie, avec les textes épigraphiques, des témoignages écrits non littéraires, populaires, souvent très « vivants » et aptes à nous révéler des aspects inédits des sociétés qui les ont produits.

Les graffitis antiques pouvaient être aussi bien des annonces électorales, des messages de supporters à certains athlètes (sportifs ou gladiateurs), des messages à contenu politique, religieux, érotique ou pornographique, personnel, etc. Quelques exemples[7] :

« Cornelia Helena est la maîtresse de Rufus », « J'ai baisé ici le 19 et le 13 des calendes de septembre », « Pyrrhus salue son confrère Chius. J'ai de la peine d'avoir appris que tu étais mort. Alors adieu », « Si tu as compris ce que peut l’amour, si tu as conscience d’être humain, prends pitié de moi, permets-moi de venir, Fleur de Vénus… », « Tu es une charogne, tu es un rien du tout », « Mur, je suis surpris que tu ne te sois pas effondré sous le poids des bêtises de tous ceux qui ont écrit sur toi ».

Ces graffitis sont généralement rédigés en latin vulgaire et apportent de nombreuses informations aux linguistes comme le niveau d'alphabétisation des populations (car ces textes comportent des fautes d'orthographe ou de grammaire). Du fait même de la présence de ces fautes, ces textes fournissent aussi des indices sur la manière dont le latin était prononcé par ses locuteurs.

On peut encore lire des graffitis âgés de deux millénaires à Pompéi car c'est l'un des rares sites qui soit suffisamment bien conservé. En effet, les graffitis sont par essence éphémères et disparaissent, soit parce que leur support a disparu, soit parce qu'ils ont été effacés ou recouverts manuellement ou qu'ils ont été victimes de l'érosion naturelle de leur support.

L’Antiquité et le Moyen Âge ont laissé de nombreux exemples de graffitis : l'Agora d'Athènes, la Vallée des rois en Égypte, les grands caravansérails du monde arabe, etc. Ces inscriptions ont parfois une importance historique qui est loin d'être anecdotique, en prouvant par exemple que des mercenaires grecs ont servi en Égypte au VIIe siècle avant l'ère chrétienne[8].

Dans la cité d'Éphèse, on trouvait des graffitis publicitaires pour les prostituées, indiquant de manière graphique à combien de pas et pour combien d'argent on pouvait trouver des professionnelles de l'amour.

On connaît de nombreux autres exemples anciens : graffitis maya à Tikal (Guatemala), graffitis viking en Irlande ou à Rome, runes varègues en Turquie, etc.

On trouve souvent des graffitis, parfois très anciens, dans des endroits abrités de la lumière, de l'humidité et peu décorés, tels que les cellules de prisons, les cellules monacales, les casernes[9], les cales des bateaux, les caves, les catacombes (les graffitis des premiers chrétiens, dans les catacombes romaines, sont une importante source de documentation à leur sujet), etc. La tour de la Lanterne à La Rochelle, en France, est riche de graffitis de prisonniers, ouvriers et marins, qui sont pour nombre d'entre eux des bateaux : frégates, vaisseaux de guerre, etc. Certains meubles en bois sont souvent gravés d'inscriptions : tables et bancs d'écoles[10], portes de toilettes publiques.

Des nombreuses églises romanes ont été gravées de graffitis recouverts immédiatement par un enduit. L'église de Moings en est un exemple. Un musée du graffiti ancien existe à Marsilly. Mais le premier musée des graffitis historiques a été créé par Serge Ramond en 1987 à Verneuil-en-Halatte dans l'Oise. Il regroupe plus de 3 500 moulages de graffitis de toute la France couvrant 10 000 ans d'histoire.

Vers l'âge de la cinquantaine, Restif de la Bretonne, écrivain libertin du XVIIIe siècle, rapportait les évènements de sa vie sous forme de graffitis qu'il faisait sur les parapets des ponts de l'Île Saint-Louis lors de ses promenades quotidiennes. Il a abandonné cette activité maniaque (qui a duré de 1780 à 1787) en constatant la disparition trop rapide de ses mots et après s'être rendu compte qu'une main malveillante les effaçait[11]. Il effectue alors le relevé de ses propres mots qu'il transcrit finalement dans un recueil publié à titre posthume et intitulé Mes inscriptions.

Le graffiti urbain se développe souvent dans un contexte de tensions politiques : pendant les révolutions, sous l'occupation, (le Reichstag à Berlin couvert de graffitis par les troupes russes), pendant la guerre d'Algérie, en mai 1968, sur le Mur de Berlin ou dans les régions où se posent des problèmes d'autonomie (Bretagne des années 1970, Irlande du Nord, etc.). Vers la fin des années 1960 et dans plusieurs pays des deux côtés de l'Atlantique, du fait notamment de la disponibilité d'aérosols de peintures « émaillées » (originellement destinées à la peinture d'automobiles), une partie des graffitis a gagné une vocation esthétique.

New York[modifier | modifier le code]

New York, le berceau de la culture hip-hop.
Graffiti à Queensboro Plaza, dans le Queens
5 Pointz, aussi dans le Queens, était considéré comme la Mecque du graffiti.

Le mouvement nord-américain a été très spectaculaire dans le métro de New York dont les rames se sont subitement couvertes de noms : Taki 183, Tracy 168, Akmy, Stay High 149, etc.[12]. En quelques années, ces « tags » (signatures) sont devenus de véritables typographies ; leurs auteurs ont décliné l'écriture de leurs messages (plus souvent leurs noms) afin d'en augmenter la visibilité, ou d'en développer le style, pour marquer ou s'affirmer par leur personnalité, et pour faire partie de la mémoire collective, ne serait-ce que dans leurs milieu, parfois au moins comme simple précurseur d'un style. Le but du graffiti nord américain était au départ d'obtenir « the Fame », c'est-à-dire la célébrité, la reconnaissance des autres tagueurs ou graffeurs leur signifiant par là qu'ils existent. Tous les moyens seront bons pour cela. La simple affirmation d'une identité (« je me surnomme Taki, j'habite la 183e rue »[13]) s'est doublé d'ambitions plastiques, qui se sont révélées être un autre moyen de se faire remarquer : ce n'est plus seulement le graffeur le plus actif ou celui qui prend le plus de risques qui obtient une forme de reconnaissance, mais aussi celui qui produit les œuvres les plus belles. Très rapidement, des styles standardisés (lettrage « bulles », lettrage « wild style ») et des pratiques (« top-to-bottom whole car »[14], « Whole Car Windows Down »[15], « throw-up »[16], etc.) se cristallisent. Des groupes (appelés « posses », « crews », « squads » ou « gangs »), comme la ville de New York en a toujours connu, se forment et permettent aux graffeurs de s'unir pour exécuter des actions spectaculaires (peindre plusieurs rames d'un train par exemple), pour ajouter un nom collectif à leur nom individuel mais aussi pour s'affronter entre groupes, de manière pacifique ou non. Ces groupes sont souvent constitués par origines ethniques et ont pour noms des acronymes en deux ou trois mots : Soul Artists (SA), The Crazy Artists (TCA), etc.

En 1973, le New York Magazine lance le concours du plus beau graffiti du métro. Au milieu des années 1970, la culture du graffiti est plus ou moins figée dans son fonctionnement et dans ses productions. La culture hip-hop émerge du graffiti mais aussi d'autres formes d'expression nées en même temps : une nouvelle danse plutôt acrobatique (break dance), un genre musical à base de textes parlés (rap), de mixage de disques (dee jaying), (scratch) et de fêtes en plein air (sound systems). Les deux pionniers les plus célèbres d'une conjonction entre break dance, rap, dee-jaying et graffitis sont Phase 2 et Fab Five Freddy.

À la fin des années 1970, le graffiti dans le métro est sévèrement réprimé et il commence à se déplacer sur les murs des quartiers défavorisés de la ville avant d'essaimer dans d'autres grandes villes américaines (Los Angeles, Chicago, Philadelphie, Houston) et dans diverses grandes villes européennes : Paris, Londres, Berlin, Amsterdam et Barcelone surtout.

C'est à cette époque aussi que le milieu de l'art commence à s'y intéresser[17]. Des graffiteurs « légendaires » tels que Lee Quinones, Seen, Futura 2000 ou Fab Five Freddy peignent sur des toiles et exposent leur travail dans des galeries telles que la Tony Shafrazi Gallery ou la Fun Gallery de Patti Astor, la galerie Fashion Moda ou encore la Galerie Sydney Janis. Des peintres qui ne sont pas spécialement issus des quartiers défavorisés de New York et qui ont généralement suivi un cursus classique en Arts ou en communication visuelle, intéressés par l'idée d'un art urbain ou d'un art clandestin, s'associent aux graffiteurs (comme Jenny Holzer, qui fera écrire ses « truismes » à la bombe par Lady Pink) ou s'approprient leur pratique (Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, Kenny Scharf, Rammellzee).

Paris[modifier | modifier le code]

Une palissade de travaux recouverte de graffitis à Paris.

Origines[modifier | modifier le code]

En 1960, Brassaï publie le livre Graffiti, fruit de trente ans de recherches, régulièrement réédité, qui propose le graffiti comme une forme d'Art brut, primitif, éphémère. Picasso y participe. C'est sans doute la première fois que l'on évoque le graffiti comme un art.

Dans la foulée de mai 1968, les messages politiques de la rue parisienne gagnent en poésie et en qualité graphique. Ils sont notamment le fait d'étudiants en philosophie, en littérature, en sciences politiques ou en art et font souvent preuve d'humour absurde ou d'un sens de la formule plutôt étudié : « Cache-toi, objet ! », « Une révolution qui demande que l'on se sacrifie pour elle est une révolution à la papa. », « Le bonheur est une idée neuve. », « La poésie est dans la rue », « La vie est ailleurs », « Désobéir d'abord : alors écris sur les murs (Loi du 10 mai 1968.) », « J'aime pas écrire sur les murs. », etc.[18]. Ces slogans sont indifféremment écrits au pinceau, au rouleau, à la bombe de peinture (plus rare) ou sur des affiches sérigraphiées. C'est de cet affichage sauvage et militant que naît une tradition parisienne du graffiti à vocation esthétique. En 1966, l'artiste Ernest Pignon-Ernest peint une silhouette au pochoir sur le plateau d'Albion (Vaucluse) en réponse à la présence de la force de frappe nucléaire sur ce territoire. Dans les années 1970, Ernest Pignon-Ernest produira des affiches sérigraphiées, sans slogans, qu'il exposera dans plusieurs grandes villes : « les expulsés », collés sur les murs de maisons en démolition et représentant à taille réelle des personnes tenant des valises ou un matelas, « Rimbaud », représentant le poète, jeune, toujours à taille réelle. Les sérigraphies urbaines d'Ernest Pignon-Ernest interpellent le passant et lui demandent quelle est la place de l'homme ou de la poésie dans la cité moderne.

Les pochoiristes et les taggers parisiens[modifier | modifier le code]

Graffiti au pochoir.

Pour se faire connaître, les groupes de musique Punk parisiens utilisent la bombe de peinture, le pochoir, les marqueurs au début des années 1980. Ainsi La Bande à Bonnot (dont le chanteur Spirit fondera en 1983 les Paris City Painters en références aux New York City Breakers qui se rebaptisera La Force Alphabétick ou Lucrate Milk, groupe Punk parisien avec Nina Childress, la chanteuse qui fera partie des Frères Ripoulins en compagnie de Closky, Piro KO devenu Pierre Huyighes, 3 Carrés, artistes français contemporains. Ils utilisent tous la bombe, avec ou sans pochoirs, les marqueurs sur tous supports dès 1981[réf. nécessaire]. Leurs références artistiques sont le mouvement Dada ou CoBrA (Copenhague, Bruxelles, Amsterdam) et la scène Punk : The Ex en Hollande, The Clash à Londres ou Berurier Noir en France. La Force Alphabétick avec les Crime Time Kings et les Bad Boys Crew sont les pionniers du graffiti contemporain à Paris, à l'aide de pochoirs ou en wild style.

Au tout début des années 1980, les premiers « pochoiristes » comme Blek le rat (premier pochoir en 1981 à Paris) ou Jef Aérosol (premier pochoir en 1982 à Tours) continueront sur le même principe. En 1982, pour annoncer leur « premier supermarché de l'art », Roma Napoli et JJ Dow Jones du Groupe Dix10 placardent dans le quartier Beaubourg de grandes affiches aux personnages de Comic's ; vingt ans plus tard, toujours actifs, on les retrouve dans le mouvement Une nuit. Outre les pochoiristes, de nombreux artistes s'intéressent à l'art urbain et clandestin, comme Gerard Zlotykamien, qui peint des silhouettes évoquant les ombres macabres restées sur les murs d'Hiroshima; Jérôme Mesnager, auteur d'hommes peints en blanc qui courent sur les quais de la Seine ; les VLP (Vive La Peinture), qui investissent les palissades autour du trou des Halles en les recouvrant de fresques sauvages aux couleurs hyper-vitaminées. C'est aussi l'époque de la Figuration libre, une époque de créativité joyeuse et humoristique, née du Pop-Art, de Bazooka, du vidéo clip, du graffiti, souvent présente dans la rue, avec Robert Combas, Les Frères Ripoulin (qui peignaient sur des affiches posées clandestinement), du groupe Banlieue-Banlieue qui commence ses actions en 1982 avec des performances pendant des expositions-concerts et colle en banlieue d'immenses fresques peintes sur papier kraft. Daniel Baugeste, Kim Prisu qui colle des petits originaux sur les murs et Claude Costa (qui se faisaient enfermer la nuit dans le métro pour pouvoir en détourner les affiches), Hervé Di Rosa, Speedy Graffito, Paëlla Chimicos, Nuklé-Art, sont également actifs à cette époque. Outre la rue, les catacombes de Paris sont dès le départ aussi un lieu important du graffiti.

En banlieue parisienne, le groupe TAS (Terrorist Art System) se crée en 1987. Il comprend cinq pochoiristes (Azot, Mad, Monzon, Jenlain et Snooker). Il devient très vite le premier groupe de pochoiristes international, sans pour autant négliger tags et graffs. Dès 1989, Monzon crée le premier d'une nouvelle vague de pochoirs : le pochoir hip-hop, appelé ainsi en référence à la culture du graffiti américain dans lequel la propagande générale de la Zulu prétend l'intégrer, faisant le lien entre le mouvement anglais basé sur les pochoirs et le mouvement américain, basés sur le lettrage aérosol. Actuellement, il regrette le choix d'une telle appellation. Cette vague s'épanouira surtout à Bruxelles où Monzon et Snooker tireront la vague des pochoirs pendant plus de dix ans avec des pochoiristes issus du mouvement graffiti américain, tels que Otage (TAS), Supé (TAS), Monzona (TAS), Lo (TAS), Snyker (TAS), Kami (BTN), etc. ou de la vague punk, tels que Sonik (TAS), Pelo (TAS) ou Mr K (TAS). La notion de pochoirs hip-hop est popularisée lors de l'exposition Pochoirs hip-hop à Bruxelles en 1999, à la Boutique Culturelle d'Anderlecht, organisée par l'association Estampe 51.

Les pionniers[modifier | modifier le code]

Un RER de la ligne C tagué en gare de Juvisy, en banlieue parisienne.

Le graffiti « new-yorkais » apparaît en France dans la foulée des premiers pochoirs, dès 1982-1983, avec des artistes comme Spirit, Darco, Bando, Psyckoze, Blitz, Lokiss, Scipion, Skki ou encore Saho, Boxer, Nasty , Sino, Shuck 2 ... Les premiers articles de presse consacrés à ce phénomène ne datent pourtant que de 1986[19]. Vers 1986-87, le graffiti « new-yorkais » et sa culture hip-hop prennent définitivement le pas à Paris sur les formes plus proches du monde de l'art contemporain, lequel retourne, sauf exception, à ses galeries.

À Paris, le graffiti new-yorkais se trouve des lieux privilégiés comme les quais de la Seine, les palissades du Louvre ou du centre Georges-Pompidou, le terrain vague de Stalingrad/La Chapelle, puis s'étend progressivement aux cités des banlieues où la culture hip-hop trouve son second souffle en devenant plus populaire et moins bourgeoise. Paris attire de nombreux graffeurs européens (Shoe, Lord Anthony Cahn, Tedys, Mode 2) mais aussi américains (Jonone, Futura 2000, T-Kid, A-One, Meo, Quick, Sharp ).

La nouvelle génération[modifier | modifier le code]

Le graffiti évolue rapidement et au début des années 2000 arrive ce qu'on appelle « la nouvelle génération ». Le lettrage devient plus carré, et l'évolution des technologies de spray lui permet de peindre plus vite, avec de nouvelles couleurs et de nouveaux effets. Cette génération s'inspire de celle dite « old school » mais s'affirme et fait disparaitre les traces de la précédente par son activité intense et la pratique du « toyage » (« toying » ; le fait de peindre sur un spot déjà occupé). Le mot « toy » en lui même, désigne un graffeur inexpérimenté ou maladroit (l'acronyme « toys » peut aussi signifier « tag over your shit »).

Berlin[modifier | modifier le code]

Mur de Berlin en 1988, côté Ouest
Ash Astronaut Cosmonaut, Berlin 2007

En 1961, le Mur de Berlin est construit. Il sépare symboliquement et physiquement l'Europe socialiste dite « de l'Est » de l'Europe atlantiste dite « de l'Ouest ». Tandis que les Allemands de l'Est n'ont pas le droit d'approcher le mur, ceux de l'Ouest viennent de leur côté écrire des slogans, bénéficiant d'une totale bienveillance des autorités de l'Allemagne fédérale qui fait de Berlin à l'époque la capitale allemande de la liberté, de l'art et de la contre-culture : on y a le droit de consommer du hashish, de nombreux squats y prospèrent et c'est un des hauts lieux du Punk, avec Londres et New York.

De nombreux artistes viennent alors du monde entier pour peindre sur le mur qui est à peu près intégralement maculé au moment de sa destruction, en 1989. L’East Side Gallery est une section du mur de Berlin coté oriental, de 1,3 km de long, qui sert de support 106 fresques réalisées par des artistes du monde entier, La première peinture a été réalisée en décembre 1989, D'autres peintres ont suivi : Jürgen Grosse alias INDIANO, Kasra Alavi, Kani Alavi, Jim Avignon, Thierry Noir, Kim Prisu, Hervé Morlay, Ingeborg Blumenthal, Ignasi Blanch Gisberti, et d'autres... Parmi les œuvres, on peut discerner la reproduction du « Baiser de l'amitié » entre Erich Honecker et Léonid Brejnev, peinte par Dmitri Vrubel.

Bruxelles[modifier | modifier le code]

À partir de 1977, le documentaliste-graffitiste Metallic Avau s'adonne aux bombages de graffitis textuels (« Arrêtez le monde je veux descendre »). En 1978, il commence à réaliser des reportages photo et constitue une documentation du graffiti, qui, aujourd'hui encore, est une des plus fournies en Europe. Vers le milieu des années 1980, les tags et les graffs font leur apparition sur les murs bruxellois, avant de s'étendre à d'autres villes.

Peinture murale de l’artiste de rue anglais Banksy en 2005 (à droite) et la réponse du peintre français Monsieur Cana en 2008 (à gauche). Check point de Qalandia, Palestine.

Palestine[modifier | modifier le code]

La barrière de séparation israélienne est depuis le début de sa construction un support d'expression. D'abord recouvert de slogans il est vite devenu le support d'œuvres d'art engagées, sous la forme de tags, graffitis et affiches plus ou moins créatifs, dont certains sont réalisés par des artistes connus, dont les affiches du photographe JR, les fresques de l’artiste de rue anglais Banksy ou les peintures et graffitis de Monsieur Cana, qui travaille également dans les camps de réfugiés palestiniens.

Barcelone[modifier | modifier le code]

El pez (« le poisson ») est un personnage abondant des murs de Barcelone.

En Espagne, la culture hip-hop a percé plus tardivement que dans le reste de l'Europe[20]. La ville de Barcelone accueille pourtant une quantité extraordinaire de graffitis atypiques et créatifs qui mixent revendications sociales et politiques, graphisme underground et, dans une certaine mesure, culture hip-hop. Fin 1999, Pez, avec son Happy Fish, est à l'origine du mouvement Logo Art qui a pour objectif de contrecarrer la publicité envahissante en reproduisant un même personnage de façon plus ou moins différente et totalement gratuite sur les murs de la ville. C'est aussi là que Montana colors, la plus grande usine de matériel pour graffiti fût crée

São Paulo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pixaçaõ.

Le pixaçaõ est un genre de graffiti particulier à la ville brésilienne de São Paulo, caractérisé par l'ampleur des zones couvertes et une simplicité dans l'écriture adaptée aux conditions difficiles dans lesquelles se déroulent l'exercice. L'apposition d'une signature et parfois d'un message est donc généralement plus importante que la recherche esthétique[21].

Les pixadores s'expriment avant tout sur les murs de la mégalopole et la recherche de visibilité les pousse à peindre des façades entières ou des surfaces situées dans des zones très difficiles d'accès. On retrouve entre eux des logiques de collaboration, qui sont d'ailleurs indispensables à l'atteinte de certains lieux par effraction ou escalade.

Le pixaçaõ est encore aujourd'hui une culture de rue, regardée par les habitants comme du vandalisme. Il est d'ailleurs pratiqué avant tout par une population peu éduquée, voire quasi-illettrée, qui le voit avant tout comme un mode de vie. Une séquence du film Pixo[22] montre cependant un besoin pour certains d'une reconnaissance, dont la frustration s'exprime par une action lors d'une exposition dans une faculté d'art. Si ce mouvement ne se trouve pas dans les galeries, des artistes et critiques internationaux s'intéressent de près à cet art vivant.

Aspects techniques[modifier | modifier le code]

Un « graffiti-artist » à Bucarest
Représentations de caps de différentes tailles
Le premier magasin graffiti en Russie a été ouverte en 1992 à Tver
Un lettrage « Wild-Style », Allemagne
Un lettrage « Wild-Style », Berlin Allemagne

Matériel[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreuses techniques de graffiti ou d'art de rue assimilables, telles que : la peinture aérosol (avec ou sans pochoir), la peinture à l'aérographe, la gravure (sur des vitres, sur des murs, sur des plaques métalliques, sur l'écorce des arbres, etc.), le marqueur et le stylo, la craie, la peinture au rouleau ou au pinceau, l'acide (pour vitre ou pour métal)[23] auxquels on peut adjoindre, dans une définition élargie du graffiti, l'affiche (voir: les sérigraphies de Antonio Gallego), les stickers, les moulages (en résine ou en plâtre collés sur les murs) et la mosaïque (voir : Space Invader).

Cap[modifier | modifier le code]

Le « cap » est la valve placée au sommet de la bombe, par laquelle sort la peinture. Il est amovible. Il en existe de différentes sortes ; il régule le débit de peinture.

Ultra Skinny Cap[modifier | modifier le code]

Cap utilisé pour les détails très précis pour la réalisation d'un graffiti ou d'un personnage, il permet de faire des traits très fins et précis, pour plus d'effets raffinés.

Skinny Cap[modifier | modifier le code]

Cap utilisé surtout pour les lignes dans un graffiti, il permet de faire des traits relativement fins et précis.

Fat Cap[modifier | modifier le code]

Tags, flops ou traits sont réalisés avec un Fat Cap. Le Fat Cap est un cap qui une fois fixé à la bombe de peinture, permet de réaliser des traits épais. C'est le cap qui permet de créer des gros tracés.

Ultra Fat Cap[modifier | modifier le code]

L'Ultra Fat Cap permet de réaliser des traits encore plus épais que le Fat Cap. Il est très utilisé en tag vandale car on le voit très bien et il permet de remplir rapidement le lettrage d'un graff.

Disciplines[modifier | modifier le code]

Le graffiti « new-yorkais » se caractérise par des formes relativement définies où la créativité individuelle s'exprime dans un cadre codé et impliquant l'adhésion à toute une culture (vocabulaire, lieux, préoccupations, goûts musicaux, etc.). On y distingue généralement trois niveaux de production[24]:

Un tag à Malmö.

Tag[modifier | modifier le code]

Le « Tag » (marque, signature) est le simple dessin du nom de l'artiste. Le geste est généralement très travaillé, à la manière des calligraphies chinoises ou arabes. C'est un logo plus qu'une écriture, et souvent, seuls les habitués parviennent à déchiffrer le nom qui est écrit. Les techniques utilisées sont généralement l'aérosol, le marqueur, l'autocollant (« sticker ») et, depuis la fin des années 2000, le pulvérisateur. Cette dernière technique, difficile à maîtriser, impose un style basique et lisible des lettres.

Throw-Up, Block-Letters[modifier | modifier le code]

Le « Throw-Up », ou « Flop » est une forme intermédiaire entre le tag et la pièce. La lettre subit une première mise en volume très simplifiée et souvent réalisée dans un style « Bubble ». En général, les Throw-up sont réalisés en quelques minutes à l'aide de deux couleurs (un remplissage et un contour). Ils sont destinés à couvrir une surface moyenne, telle qu'un store métallique, un camion ou un mur de rue en un minimum de temps. Souvent, on utilise un fond comme des bulles où un nuage.

Les Block-Letters sont réalisés à la bombe ou au rouleau sur de grandes surfaces visibles de loin (bord d'autoroute, de voie ferrée). À l'origine de forme plutôt carrée (d'où leur nom), ils sont réalisés le plus souvent avec un remplissage chrome (qui est la seule couleur de bombe à recouvrir de façon efficace et durable les murs non apprêtés) et un contour noir, ou l'inverse. Ces dernières années, de plus en plus de graffeurs ont développé des Block-Letters au rouleau, ce qui a eu pour effet de rajouter de la couleur sur ces espaces péri-urbains.

Pièces et fresques[modifier | modifier le code]

Fresque au Havre, 2009

Lorsque le graffeur a le temps, sur des spots légaux (murs d'expression libre, festivals, commandes professionnelles) ou non (« Halls of Fame » situés dans des usines désaffectées, sous des ponts ou dans des terrains vagues), il peut laisser libre cours à la technique et aux finesses du graffiti en réalisant des pièces de façon individuelle ou en groupe. Dans ces cas-là, le travail des couleurs et des formes n'est plus contraint par le temps comme dans l'action illégale. Le style individuel de l'artiste se révèle tout comme l'époque déterminant ce style. Les initiés reconnaissent aisément les travaux de graffeurs ou de crews marquants tels que Daim (Allemagne) et ses pièces en 3D, HoNeT (France) et ses pièces simplistes et troisième degré sur train comme sur mur, les XL, Xtra Largos (Espagne) et leur compositions graphiques ou encore les MSK, Mad Society Kingdom, emmenant tout un style américain derrière leur travail dérivée de la typographie. Concernant les styles les plus couramment utilisés, on peut citer le Wildstyle (dans lequel les lettres sont difficilement lisibles, abstractisées, enchevêtrées et décoratives), la 3D (mise en relief et éclairage de lettres), l'Ignorant style (dans lequel des graffeurs expérimentés tentent de reproduire des effets de débutant et ou le second degré est de mise)...

Certains graffiti-artists peignent peu de lettres et se spécialisent dans le dessin de décors figuratifs ou abstraits, ou bien de personnages. Le graffiti new-yorkais s'inspire de plusieurs arts dits « mineurs », tels que la bande dessinée[25], le tatouage et l'affiche.

Street Art[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Street art.

La catégorie street art rassemble les pochoirs, les interventions sur mobilier urbain, les détournements publicitaires, les stickers, les affiches, les collages, les peintures qui ne sont pas centrées sur un lettrage, les installations, etc.

Personnages[modifier | modifier le code]

Un personnage peut représenter une personne, un monstre, un super-heros, un animal,

Graffiti de Twix (2011)

un portrait, une chimère, ou tout type de forme unifiée issue de l'imagination de l'artiste. Il peut être réalisé dans un style cartoon, réaliste comme les coléograffes de Twix [26]. dans la région de Nevers (PHOTO), ou surréaliste.

Pièce[modifier | modifier le code]

Une pièce est un ensemble de lettres stylisées, c'est une représentation élaborée du nom de l'artiste. Une pièce est réalisée avec 3 couleurs ou plus et peut être accompagnée d'un personnage. Elle est souvent plus recherchée et complexe que les autres type de graffitis.

Sketch[modifier | modifier le code]

Le sketch est une esquisse ou un dessin perfectionné sur support papier. Il peut être réalisé en noir et blanc ou en couleur. Il peut être simple ou complexe, représenter un lettrage, un personnage ou encore un paysage. Le graffeur expose souvent ses meilleurs sketch dans un blackbook qui est comme une bible dans l'univers du graffiti

Supports[modifier | modifier le code]

Pleine rue[modifier | modifier le code]

Roulant[modifier | modifier le code]

Dès les débuts du graffiti, les writers ont pris un certain plaisir à voir voyager leur nom. Non seulement le déplacement offre une dimension supplémentaire à l´œuvre, mais elle permet en plus au tagueur de se faire connaitre à travers les différents quartiers de sa ville voire au-delà. Ainsi, différents types de véhicules sont tagués ou graffés : camionnettes, camions, métros, RER, trains, etc. Certains artistes ont même peint le Concorde exposé au Musée Delta d'Athis-Mons, à l'aéroport d'Orly[27].

Camions[modifier | modifier le code]

Les graffeurs sont souvent sollicités pour leurs capacités par le propriétaire du camion afin qu'il puisse le différencier des autres camions (comme au marché par exemple). Ceux qui sont payés font du travail propre en répondant aux attentes du camionneur mais il peut arriver que certains graffitis de camion soient recouverts par d'autres bandes rivales. C'est pour ça que les camionneurs sollicitent des graffeurs réputés dans le monde du graffiti.

Trains et métros[modifier | modifier le code]

Tunnels[modifier | modifier le code]

Les tunnels des réseaux de transports en commun souterrains sont des spots appréciés par les graffeurs. Dans les années 1980, voyant que leurs graffitis étaient effacés en surface et sur les rames, les writers sont descendus sous terre[28]. Outre que les pièces restent en place[29], ces spots présentent l'avantage qu´un grand nombre de gens passifs et donc enclins à regarder par la fenêtre passe devant chaque jour. Le côté répétitif du graffiti est ici renforcé par le fait que c´est souvent le même trajet qui est effectué quotidiennement par les voyageurs.

Du fait de l´obscurité qui règne dans les tunnels, l´essentiel des graffs qui y sont exécutés sont des chromes qui deviennent lumineux au passage de la rame.

Voies ferrées[modifier | modifier le code]

Les voies ferrées sont comme les tunnels : ce sont des lieux de passage et le but pour un graffeur est que son œuvre soit admirée par le plus de monde possible. Elles restent tout de même un lieu dangereux pour certains et quelques artistes périssent chaque année sans pour autant arrêter l'expansion du graffiti car la voie ferrée est le principal lieu d'expression dans le monde.

Toits[modifier | modifier le code]

Les murs pignons auxquels donnent accès les toits constituent des endroits propices aux graffitis. Du fait de la difficulté de leur accès, des risques pris et de la forte visibilité de la peinture, l'œuvre dépasse sa seule figuration plastique et est enrichie d'une dimension sensationnelle. Le « writer » cherche à exprimer sa liberté de mouvement, parfois irréelle, en faisant de la verticalité une recherche. On appelle aussi cette pratique « élévation ».

Cellograph en cours d'exécution sous le Pont de Bir-Hackeim à Paris

Cellograff ou cellograffiti[modifier | modifier le code]

Cette discipline consiste à peindre un graffiti sur du cellophane. Le cellograff est une démarche qui permet à ses auteurs de s’exprimer légalement dans l’espace urbain, ce procédé est en accord avec les institutions[réf. nécessaire]. Ce principe matérialise un vide pour créer de nouvelles surfaces ; il offre une grande liberté plastique sans dégradations de l'espace urbain et se donne pour objectif de rendre une image positive du graffiti du fait de sa réversibilité.

Styles[modifier | modifier le code]

Les styles[30] mentionnés ci-après appartiennent au jargon spécifique du graffiti de tradition new-yorkaise et hip-hop.

Wildstyle[modifier | modifier le code]

Le wildstyle (littéralement style sauvage) est un style de graffiti dans lequel les lettres sont entremêlées, fusionnées et extravagantes. Leurs extrémités sont dynamiques et peuvent se transformer en flèches ou pointes. Les lettres sont tellement travaillées et déformées qu'il est difficile de déchiffrer un wildstyle pour les non initiés. C'est un style complexe à réaliser qui demande beaucoup de technique et d'entraînement. Dans ce style de graffiti les lettres sont la plupart du temps tellement rapprochées qu'elles forment un bloc compact. Le wildstyle a d'abord été développé à New York, puis les Européens l'ont personnalisé pour en faire une esthétique propre, tout en maintenant le principe du lettrage déformé, stylisé et dynamique.

Bubble[modifier | modifier le code]

Genre de graffiti. Également appelé flop, ce style circulaire aux extrémités parfois effilées est souvent réalisé très rapidement. L'impact d'un flop réside dans la répétition entre les lettres.

Old School[modifier | modifier le code]

Style de graffiti issu des premières vagues de graffiti. Des années 1970 aux années 1980.

Abstrait[modifier | modifier le code]

Graffiti abstrait. La lisibilité du lettrage n'est pas la caractéristique fondamentale.

Bloc[modifier | modifier le code]

Ce style fait intervenir des formes en bloc dans le travail des lettres. Les formes sont carrées ou rectangulaires ce qui donne un effet de lourdeur, de solidité à la pièce.

Ignorant[modifier | modifier le code]

Ce style de graffiti se veut une réaction aux différents styles, techniques, et compliqués comme le wildstyle ou la 3D. L'ignorant style est un style basique, enfantin mais innovant. Attention à ne pas confondre un graffiti raté et un graffiti au style ignorant. Derrière la simplicité de ce genre de pièce se cache une technique bien particulière et une liberté des formes. Un graffiti décomplexé.

Hardcore[modifier | modifier le code]

Ce style qualifie tous les tags, flops, pièces vandales particulièrement violentes. Ça dégouline, ça prend de l'espace et ça crève les yeux.

Motivations[modifier | modifier le code]

Post-graffiti : arabesques abstraites
Mi-6直升機上的塗鴉噴漆
Années 1930, 1940, 1950, 2000… des inscriptions d'amoureux et de passants, sur le mur d'une chapelle de Bétharram.
Des tags réalisés à l'acide à Chicago, aux États-Unis.
« Bush contre le monde », graffiti suisse.
Graffitis au pochoir subversifs à Rennes (15 novembre 2008) faisant allusion vraisemblablement au fichage informatique des individus (« Guerre au contrôle ») et au récent sabotage des caténaires des lignes SNCF (« Vive le sabotage »).
Protestation Timorais contre l'Australie

De nombreuses raisons expliquent l'existence de graffitis. Certains relèvent de la communication pure et servent donc à diffuser un message, par exemple un message politique, souvent (mais pas uniquement) un message politique clandestin : nationalismes régionaux en Irlande du nord, en Bretagne ou en Corse, « V » de la victoire et de la liberté sous l'occupation nazie, etc.

Certains graffitis contiennent des informations secrètes ou publiques se rapportant au lieu qui leur sert de support. C'est le cas par exemple des graffitis discrets et codés laissés par les cambrioleurs sur des habitations pour indiquer à leurs collègues si le lieu est intéressant, dangereux, mal gardé, etc. C'est le cas aussi des étoiles de David ou des mentions « juden » peintes ostensiblement sur les boutiques de commerçants juifs par les nazis en Allemagne dans les années 1930, inscriptions qui étaient souvent des appels à vandaliser les lieux, à molester leurs locataires et à boycotter les commerces. Dans le même registre, certains graffitis sont des messages diffamatoires ou des dénonciations anonymes émanant de « corbeaux » divers. Certains graffitis servent à baliser un territoire, comme le font les gangs criminels tels que les Crips et les Bloods à Los Angeles.

Parfois les graffitis peuvent être décrits comme des réactions à d'autres messages diffusés dans l'espace urbain, telles que les publicités détournées (« Le Pen » se voit ajouter « is » ou « dre ») ou commentées (« non à la malbouffe ! », « halte au porno ! ») et les panneaux de signalisation, ou des détournements d'autres graffitis (« vive le roi », qui devient « vive le rôti » dans les années 1930 en France). Le collectif des « déboulonneurs », créé en 2005, s'est par exemple spécialisé dans le graffiti sur des affiches publicitaires, dans un but militant de préservation du paysage.

De nombreux graffiteurs-artistes affirment justement créer leurs images en réaction à la saturation publicitaire : à des images aux buts vénaux, ils opposent des images gratuites ; à des messages faisant la promotion de produits standardisés, ils opposent une publicité pour eux-mêmes. Il s'agit d'ailleurs parfois de publicité au sens propre : publicité pour un disque diffusé de manière confidentielle, pour un groupe de rock, pour un artiste, pour un parti politique, etc..

Certains graffitis sont la simple expression, anonyme ou non, de sentiments : cris du cœur divers, joie (« il fait beau et je suis content »), déclaration d'amour (« Mélissa je t'aime ») ou de haine. On recense depuis l'antiquité de nombreux exemples d'hommages à des défunts, sur leurs sépultures (voir par exemple les tombes de certains artistes ou poètes au cimetière du Père-Lachaise à Paris) ou dans d'autres lieux : le mur de la maison de Serge Gainsbourg, rue de Verneuil à Paris, était couvert de graffiti-hommages après le décès du chanteur. Les hommages de ce type sont courants aussi dans le graffiti « new-yorkais »[31]. Les attentats du 11 septembre 2001 ont généré une grande quantité de graffitis mémoriels, rendant notamment hommage aux services (police, pompiers) de la ville. Il est fréquent aujourd'hui que lorsqu'un tagueur meurt, les tagueurs qui le connaissaient lui rendent hommage en continuant à poser son « blaze », suivi de la mention R.I.P. ou R.E.P.

La question d'hommage est, désormais, souvent liée à la notion de propriété, dans le sens où de plus en plus, les tagueurs posent le « blaze » d'amis, collègues, etc. Cette mouvance qui tend à s'accentuer a plusieurs origines : d'abord celle de faire plaisir à la personne ainsi honorée. Rituel fréquent au sein d'un « crew ». Cela se fait aussi beaucoup pour montrer aux autres un lien entre le « dédicacé » et le « dédicacer » si le premier a de la notoriété. Ensuite, il peut également s'agir de plagiat. Un rival décide d'usurper un nom qu'il a vu. Enfin, par phénomène de mode, des gens utilisent un blaze en vogue, pour en tirer le prestige. Ainsi la notion d'hommage dans le graffiti est assujettie à bien des débordements. Le propriétaire d'un nom n'est pas forcément celui qui en laisse les traces, et inversement, nombreuses sont les traces laissées à l'insu du propriétaire.

La mémoire en tant que trace est d'ailleurs un aspect important du graffiti : en gravant sur un arbre ses amours, en dessinant sur ses bancs d'école ou en inscrivant sur un mur le témoignage de son passage (comme les pionniers de la piste de l'Oregon, en 1864, ou comme « Kilroy » en 1944), l'auteur de graffiti transforme son support en un véritable pan de mémoire : mémoire collective, mémoire des événements, mémoire individuelle… Cette motivation prend un tour exemplaire avec Restif de la Bretonne qui tenait le journal de ses souvenirs sur les parapets des ponts de Paris.

Le graffiti relève parfois de l'art visuel, de la littérature ou encore de l'humour[32]. Il constitue alors une manifestation de l'esprit humain, poétique de par son aspect éphémère et altruiste de par son mode de diffusion.

Enfin, certains graffitis relèvent du simple vandalisme, de l’incivilité, actions qui pour certains sociologues sont une manière d'affirmer son existence (« je casse donc je suis »). Certains jeunes peuvent en effet trouver à travers le graffiti, un désir de revanche sur la vie et d'affirmation de soi, ou encore un moyen d'oublier la morosité et la tristesse de leur vie.

Le graffiti « hip-hop », ou « tag », qui représente 90 % des graffitis aux États-Unis[33] et sans doute autant dans la plupart des pays, est un cas complexe. Il se donne souvent des ambitions esthétiques mais constitue dans le même temps une forme de langage secret, destiné à n'être compris que par une population limitée, ce qui ne va pas sans irriter le public qui perçoit bien qu'on lui impose la vue d'images qui ne lui sont pas destinées[34].

Le « tag » a effectivement sa culture propre. Chaque tagueur a un pseudonyme et une signature (blaze) qu'il utilise pour revendiquer des œuvres ambitieuses mais aussi (plus couramment, car c'est plus facile), pour signaler sa présence dans un lieu et se faire connaître, transformant la ville en une sorte de jeu de piste et de stratégie géant. Un tagueur peut avoir plusieurs talents : une capacité à peindre dans des endroits difficilement accessibles, l'énergie et le culot suffisants pour écrire son nom partout (le vocabulaire consacré est explicite : « exploser », « détruire », « cartonner », etc.) ou encore un talent artistique véritable.

Le but du « tag » est apparemment difficile à expliquer : adrénaline ? célébrité locale ?… C'est la forme de graffiti qui déclenche le plus de controverses, notamment du fait de l'ampleur du phénomène mais aussi, sans doute, du fait qu'il est l'expression d'une culture bien définie.

Pour certaines personnes, le tag est avant tout du vandalisme dont le but est alors la destruction ; ils peignent alors illégalement. Mais pour d'autres, le graffiti est un art de vivre, un loisir qu'ils pratiquent dans des terrains légaux, cette frontière entre ces deux faces est parfois inexistante : un graffeur ayant fait une superbe fresque colorée, dessinée, la journée, peut aller dans la rue et inscrire sa signature rapidement, illégalement pour qu'il puisse être reconnu. Cela fait partie d'un même ensemble, le tag et le graffiti.

Statut juridique[modifier | modifier le code]

Le statut juridique du street art est complexe et peut fortement varier selon les pays. Il faut souligner dans certains pays la privation des droits d'auteur d'œuvres qui ont été réalisées dans l'illégalité, comme des graffitis réalisés en France sans l'autorisation du propriétaire du support.

Lutte anti-graffiti[modifier | modifier le code]

Historique et idéologie(s) de la répression et les procès médiatisés de la SNCF/RATP.

Article détaillé : Lutte anti graffiti.

Économie du graffiti[modifier | modifier le code]

Une bombe de peinture de la marque Altona, très populaire pendant les années 1980.
Une publicité spontanée (?) et enthousiaste pour la marque de bombes de peinture « Altona », par le graffiti-artist Bando, Paris, palissades du Louvre, 1984.

Assez tôt dans l'histoire du graffiti « new-yorkais », de jeunes artistes ont été rémunérés pour décorer des boîtes de nuit et des devantures ou des rideaux de fer de boutiques. Certains vivent véritablement de cette activité, notamment les artistes « légendaires » dont d'autres graffeurs débutants n'oseront pas saccager le travail : avoir un rideau de fer peint par un graffeur respecté est l'assurance[réf. nécessaire] que celui-ci ne sera plus constamment recouvert par d'autres tagueurs.

Certains graffeurs vendent leur travail sous forme de toiles peintes, ou le déclinent sous forme de Tee-shirts et autres décorations vestimentaires, de prestations graphiques (cf. La « Carte-Jeunes » de la fin des années 1980 qui était dessinée par le peintre Megaton), d'illustrations pour des pochettes de disques, de bijoux, de planches de skateboard, etc.
Des graffitis sont parfois exécutés, contre rémunération, en présence du public pendant certains évènements tels que des concerts ou des matchs de sports populaires.

Le graffiti a engendré un phénomène éditorial qui n'a rien de négligeable depuis la parution du livre Subway Art[35] qui sera suivi d'un grand nombre d'autres ouvrages et deviendra une section à part entière dans les rayons « Arts graphiques » des librairies. Une presse se développe aussi avec des journaux tels que Aérosol (1978) en Belgique, le International Graffiti Times' (1984) aux États-Unis, le pionnier 1 Tox, Paris Tonkar Magazine, Graff it!, Graf Bombz, Mix Grill ou le gratuit The Truth en France, Graphotism au Royaume-Uni, Sicopats en Espagne, Stress aux États-Unis, Bomber megazine aux Pays-Basetc.[36]. Les journaux « généralistes » consacrés au hip-hop ouvrent souvent largement leurs colonnes au graffiti.

Beaucoup de magazines français, World signs par exemple, ont souffert, voire disparu, suite à la décision de la commission paritaire de ne plus attribuer aux magazines de graffiti de numéro de commission paritaire, sésame permettant aux magazines accrédités d'avoir un taux de TVA réduit de 2,1 % et des aides à l'acheminement postal[37], argumentant que ces magazines présentaient sous un jour favorable une activité réprimée par la loi.

Des sites internet ont vu le jour fin des années 1990, comme Art Crimes, www.maquis-art.com, fatcap.org, bombingart.com, certains ont disparu et d'autres se sont structurés en SARL comme www.maquis-art.com ou en association loi 1901 comme AERO.

Des boutiques consacrées à l'achat de matériel pour les graffeurs existent dans plusieurs grandes villes d'Europe ou d'Amérique du Nord. On y trouve notamment des peintures aux couleurs rares et aux propriétés couvrantes adaptées, des « caps » (le bouchon diffuseur de l'aérosol) servant à faire des traits aux formes précises — très fins ou très épais, par exemple —, des marqueurs très larges, des masques, des lunettes ou des combinaisons de protection, etc.

Plusieurs marques de peintures aérosol plébiscitées par les graffeurs ont profité de cette célébrité : Krylon (en), Red Devil, Altona, Alac, SIM2, Dupli-color, Marabout-Buntlack. La plupart ont essayé de dissocier leur image de marque du graffiti, comme Krylon qui a lancé un programme de sensibilisation nommé Graffiti Hurts (le graffiti fait mal)[38]. Inversement, quelques marques telles que Clash paint, Beat paint, Montana colors et Montana Cans visent nettement la clientèle des graffiteurs.

Expositions[modifier | modifier le code]

Exposition de Tag au Grand Palais.
Graffiti ancien représentant un pèlerin. Maison du graffiti ancien à Marsilly

Plusieurs expositions ont été consacrées aux graffitis et aux tags :

  • Paris Graffiti, Espace de la rue Chapon, en 1992[39]. Exposition organisée par Jack Lang.
  • Musée des monuments français en 1992 avec des œuvres des collections Speerstra, Pijnenburg, Rodriguez, Wiegersma, Navarra.
  • En avril 2009, Tag au Grand Palais. Exposition organisée par Alain-Dominique Gallizia, réunissant 300 œuvres commandées aux plus grands graffeurs internationaux. Projet unique et première exposition internationale de graffitis qu vue avec succès par plus de 80 000 visiteurs en un mois.
  • Exposition-vente T.A.G. Les lettres de noblesse au Palais de Tokyo les 13, 14 et 15 février 2010, 5 000 visiteurs en deux jours. Les œuvres exposées ont été vendues le lundi 15 février par la société Pierre Bergé et Associés au profit de l’association SOS Racisme. Avec la participation d'Alain-Dominique Gallizia. Le record a été obtenu par une toile de Taki 183.
  • Expositions à la Fondation Cartier en 2009/2010[40], "Né dans la rue".
  • La Fondation de l'Abbaye d'Auberives, France L'art Modeste sous les bombes, Collection Speerstra, juin 2007
  • Musée international des arts modestes (MIAM) à Sète, juin – septembre 2007, France
  • Musée Paul-Valéry de Sète, Collection Speerstra, juin 2007.
  • Mars à juillet 2010 Paris : Exposition de la Bâche Wagram organisée par Alain-Dominique Gallizia. 2 000 m² d'exposition offerte à la ville dans ce premier musée à ciel ouvert. Oeuvres vendues au profit de l'Association Paris Tout P'Tits.
  • Février 2011 : exposition-vente "Empreintes urbaines" au Palais d'Iéna Les œuvres exposées ont été vendues par la société Pierre Bergé et Associés au profit de l’association SOS Racisme. Avec la participation d'Alain-Dominique Gallizia.
  • Juillet à Août 2011 Monaco Exposition L'Art du graffiti : 40 ans de Pressionnisme[41] : 40 ans de Pressionnisme], organisée par Alain-Dominique Gallizia. Site internet : www.monaco-graffiti.com.
  • Février 2013 [paris] Exposition Tableaux de Maîtres dans les espaces privatifs du Palais de Tokyo. Avec vente au profit de SOS Racisme. Avec la participation d'Alain-Dominique Gallizia.
  • Mai 2013, l'Art du Graffiti a fait son entrée à l'Hôtel de Matignon à la demande de M. et Mme Ayrault, sensibles à la puissance colorée de cet art, avec la mise à disposition par Alain-Dominique Gallizia de douze oeuvres de sa collection. Disposées dans les espaces privés et publics, les visiteurs de la Journée du Patrimoine ont pu admirer ces oeuvres validées par la grandeur et la notoriété des lieux.

D'autres musées comme celui de la Mémoire des murs, unique en Europe, Verneuil-en-Halatte[42] dans l'Oise ou encore le musée des graffitis anciens, Marsilly (Charente-Maritime) ont permis à cette expression artistique marginale d'avoir un début de reconnaissance officielle. Le M.U.R. propose un panneau publicitaire au graffiti, Place Verte, à Paris.

Graffitis de fiction[modifier | modifier le code]

En dehors des fictions consacrées à la culture hip-hop, de nombreux récits recèlent des moments narratifs où les graffitis ont une importance sur le cours des événements.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans l'Exode, Dieu commande à Moïse de marquer les maisons des hébreux avec du sang de petit bétail, afin qu'il extermine les premiers-nés égyptiens, dans les maisons qui ne sont pas marquées. Cette méthode a aussi été utilisée plusieurs fois dans l'histoire du monde, au début du génocide arménien par exemple.
  • Dans Ali Baba et les quarante voleurs, un voleur venu en ville pour trouver Ali Baba marque la maison de ce dernier d'une croix, afin que ses compagnons reviennent, de nuit, tuer l'aventurier. Mais sa servante remarque la croix et en trace sur toutes les maisons de la ville.
  • Dans Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien, Gandalf marque la porte de Bilbo d'un signe (dont le sens est « Cambrioleur désire bon boulot, comportant sensations fortes et rémunération raisonnable » selon la traduction de F. Ledoux), afin de la signaler aux nains qui doivent les rejoindre.
  • Dans L’Écharpe rouge de Maurice Leblanc, un garçon employé par Lupin dessine des graffitis destinés à mettre l'inspecteur Ganymède sur une piste.
  • Dans le roman policier Pars vite et reviens tard, de Fred Vargas, un « 4 de chiffre » est peint sur de nombreuses portes d'appartements et sème le trouble parmi la population.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

TV[modifier | modifier le code]

  • Dans la série télévisée Benny Hill show, une séquence redondante présente un mur sur lequel se trouvent des graffitis qui se juxtaposent et se répondent.
  • Dans la série animée les Simpson, Bart Simpson est un graffeur sous le nom d'El-Barto.
  • Dans la série télévisée V, le V est un symbole de résistance.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Dans Monty Python's Life of Brian, 1979, de Terry Jones (en français : Monty Python : La Vie de Brian), Brian, qui a été recruté par le « Front du Peuple de Judée », écrit sur un mur un message hostile aux Romains, « Romanes eunt domus » (« Romains, rentrez chez vous »). Il est surpris par une patrouille, dont le chef le tance pour ses erreurs de grammaire puis le corrige point par point, lui faisant trouver la formulation exacte, « Romani ite domum », avant de le contraindre à recopier cent fois cette phrase sur ce mur.
  • Dans L'Armée des douze singes, James Cole, venu du futur, enquête sur un groupe écologiste radical, les douze singes du titre, dont la piste est parsemée de graffitis.
  • Dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, Amélie écrit sur les murs de son quartier des phrases tirées de la prose d'Hipolito, son ami l'écrivain raté.
  • Dans IP5 : L'île aux pachydermes, Olivier Martinez interprète Tony un gaffeur en rupture de ban. L'acteur est doublé par Darco pour les scènes de graff.
  • Dans M le maudit, un membre de la pègre, chargé d'identifier l'assassin des petites filles, lui marque un « M » sur le dos, à la craie.
  • Au début du film Shrek le troisième, on aperçoit des graffitis du graffeur Cope 2.
  • dans Le Hobbit Gandalf grave une rune naine sur la porte de Cul-de-sac ( maison de Bilbo Sacquet ) pour indiquer aux douze nains le lieu de leur réunion.
  • Dans Beur sur la ville de Djamel Bensalah de nombreux graffitis du graffeur français Shuck 2 .

Jeux[modifier | modifier le code]

  • Jet Set Radio (2000), par l'éditeur Sega, est un jeu d'arcade qui bien que mettant en scène des actes de graffiti vandalismes, ne fut pas controversé. Le jeu comportait certaines illustrations de graffeurs reconnues, tel Haze (en).
  • Marc Ecko's Getting Up: Contents Under Pressure (2006), par l'éditeur Atari, est un jeu d'aventure dont le but est de devenir le graffiti-artist le plus réputé de la ville. Interdit aux moins de 16 ans dans de nombreux pays, banni en Australie, ce jeu a souvent été accusé de glorifier la délinquance. Il a été réalisé sous les conseils de graffiti-artists tels que T-Kid, Seen, Futura 2000 ou Cope 2.
  • ZeWall (2001), graffiti sur les murs d'une ville virtuelle. Dessin collectif sur internet sans inscription ni installation de logiciel. Les meilleurs dessins servent depuis 2001, à construire une immense fresque.
  • Certains jeux vidéo mettent en avant des graffitis en milieu urbain, des jeux comme Grand Theft Auto: San Andreas,Saints Row,Spider man 2, Grand Theft Auto IV, The Warriors (jeu vidéo) (ou apparaissent notamment Cope 2 et Indie), etc..
  • Dans Assassin's Creed II, Brotherhood et Revelation, on peut voir des personnes dessiner sur les murs des villes.
  • Subway surf est un jeu que l'on peut télécharger sur portable ou tablette, dans lequel le joueur incarne un tagueur poursuivit dans le métro aérien par un vigile qui l'a surprit en train de taguer. Le but et de courir le plus longtemps possible en évitant les obstacles pour ne pas être rattrapé par le vigile. Il s'agit d'un jeu sans fin.
  • Devil May Cry 4 (DMC) est un jeu d'action de la firme capcom ou l'on peut voir un monde de destruction ou se mêlent graffitis et scène de fin du monde.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brassaï, Graffiti, 1960.
  • Jean Baudrillard, Kool Killer ou l'insurrection par les signes in L'échange symbolique et la mort, Gallimard, 1976.
  • Boyer André, A Plaisir et à gré le Vent - Graffiti de Marine de Loire, éd. Art et Découverte, Montsoreau, 1990.
  • Henry Chalfant, Martha Cooper, Subway Art, éd. Thames and Hudson, 1984.
  • Denys Riout, Dominique Gurdjian, Jean-Pierre Leroux, Le Livre du graffiti, Éditions Alternatives, 1985.
  • Henry Chalfant, James Prigoff, Spraycan Art, éd. Thames and Hudson, 1987.
  • Tarek Ben Yakhlef, Sylvain Doriath, Paris Tonkar, éditions Florent Massot 1991, seconde édition 1992.
  • Roger Avau, Graffitis d'humour, d'amour, d'humeur, éd. Dricot, 1996 (ISBN 2-87095-181-7)
  • Jon Naar, Sacha Jenkins, The Birth of Graffiti, éd. Prestel, 2007.
  • Stéphane Lemoine, Julien Terral, In situ, un panorama de l'art urbain de 1975 à nos jours, Éditions Alternatives, 2005.
  • Colors Zoo, Welcome to Colors Zoo, éd. ColorsZoo, 2004.
  • L. Halfen, From Spray 2 Screen, éd. ColorsZoo, 2005.
  • A. Giverne, Hors du temps, éd. ColorsZoo, 2005.
  • Vulbeau A., Du tag au tag, Desclée de Brouwer, 1992.
  • Federico Calo, Le Monde du Graff, Paris, L'Harmattan, 2003.
  • Félonneau M.-L., Busquets S., Tags et grafs : les jeunes à la conquête de la ville, L'Harmattan, Psychologiques, 2001.
  • S. Huet, L. Le Floc’h, V. Veyret, After Eight8, Still Rollin, éd. ColorsZoo, 2006.
  • Alain Milon, L'étranger dans la ville. Du rap au graff mural, Paris, PUF, col. Sociologie d'aujourd'hui, 1999.
  • Alain Milon, « La Ville et son lieu à travers la vision de surligneurs de la Ville : L’Atlas, Faucheur, Mazout, Tomtom » in C'est ma ville (dir. N. Hossard et M. Jarvin), Paris, L’Harmattan, 2005.
  • François Chastanet, Pixação São Paulo Signature, éd. XG Press, 2007, (ISBN 978-2952809702)
  • Collectif, AnART, Graffiti, Graffs et Tags, Paris, Les éditeurs libres, 2006.
  • Claudia Walde : Sticker City. L'art du graffiti papier. Éditions Pyramid, 2007, (ISBN 978-2350170657).
  • Frank Sandevoir, Y'a écrit kwa - Le graffiti expliqué aux curieux et aux débutants, Éditions Alternatives, 2008, (ISBN 978-286227-573-4).
  • Julien Malland, Globe-Painter, éd. Alternatives, 2007

Films[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Fictions[modifier | modifier le code]

Les fictions donnant une importante place aux auteurs de graffitis relèvent généralement de la culture hip hop.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Graffito, in Oxford English Dictionary, second volume, Oxford University Press, 2006.
  2. CNRTL
  3. Ouvrage édité par les éditions Autrement, cf. bibliographie.
  4. On peut également traduire ce mot par « pseudonyme ». Cf. le lexique de Paris Tonkar, de Tarek Ben Yakhlef et Sylvain Doriath, Florent Massot éd. 1992
  5. Le mot fresque étant pris ici au sens de « peinture murale décorative », qui est un abus de langage. En effet la fresque est une technique particulière dans laquelle la couleur est appliquée sur un enduit à la chaux frais (fresco en italien). Le terme de fresque est le plus souvent utilisé improprement dans le langage courant et désigne la peinture murale ou le graffiti, mais rarement cette technique particulière.
  6. La méprise est cependant possible : en 1992, une troupe de scouts a effacé des peintures vieilles de quinze siècles dans la grotte de Meyrières, près de Bruniquel, en pensant effacer des graffitis. Cela leur a valu le Prix Ig Nobel en section « archéologie ».
  7. Issus du site d'Alain Canu consacré à Pompei et qui consacre plusieurs pages aux graffitis : Noctes Gallicanae
  8. Exemple cité dans Le Grand Livre du graffiti, cf. bibliographie.
  9. Voir par exemple, le fort Fleur d'épée en Guadeloupe.
  10. Voir à ce sujet le site web http://bruleursdecoles.free.fr
  11. Paul Cottin, préface à Mes inscriptions, 1889.
  12. Souvent, le pseudonyme était accolé au numéro de la rue où résidait le graffiteur.
  13. Dans le South Bronx, c’est-à-dire le quartier le plus mal aimé de la ville à cette époque.
  14. Train dont une face est totalement peinte, fenêtres comprises
  15. Train dont les fenêtres sont épargnées
  16. Grand lettrage exécuté très rapidement et avec peu de couleurs
  17. De nombreux rapprochements ont eu lieu plus tôt. En 1971, Hugo Martinez, sociologue à l'Université de New York, avec les United Graffiti Artists, a sélectionné les graffeurs en vogue du moment pour exposer leurs toiles à la Razor Gallery. Les artistes présents étaient Phase 2, Mico, Coco 144, Pistol, Flint 707, Bama, Snake et Stitch 1 (source : Galerie Speerstra)
  18. On en trouvera une belle liste ici. Lire aussi : Julien Besançon.– Les murs ont la parole.– éd. Tchou, 1968
  19. Avec une interview de Lokiss, Scipion, Saho, Skki et Jacki dans Le Matin, daté du 14 janvier 1986
  20. selon les auteurs de Spraycan Art, cf. Bibliographie.
  21. D'un monde à l'autre
  22. Pixo - YouTube [vidéo]
  23. Cf. « Arrestation d'un gang de tagueurs à l'acide », dans Le Parisien, 24 février 2003.
  24. Liste des types de graffitis
  25. Notamment les bandes dessinées de l'auteur américain Vaughn Bodé. Le fils de Vaughn Bodé, Mark Bodé, est d'ailleurs lui-même graffiti-artist.
  26. Gomy (Y.), 2011 - Contribution à la connaissance des coléograffes du Nivernais (Coleoptera et Art périurbain). L'Entomologiste, 67 (6): 337-345.
  27. Blog faisant état du forfait du tagueur Azyle sur le Concorde. Sier et Typo l'ont également peint.
  28. Bando in Writers : 1983-2003, 20 ans de graffiti à Paris, par Marc Aurèle Vecchione, 2003
  29. Ceci est vrai pour les réseaux parisiens ou bruxellois par exemple ; certaines villes comme Lyon effacent les tunnels.
  30. Styles de graffitis - FatCap
  31. Il existe même un ouvrage intégralement consacré au sujet : R.I.P.: Memorial wall art, pat Martha Cooper et Joseph Sciorra, éd. Thames and Hudson (ISBN 0-500-27776-1)
  32. « J'ai une preuve vraiment splendide du théorème de Fermat à vous montrer, mais je ne peux la rédiger maintenant parce que mon train arrive » - lu dans le métro de New York
  33. Source : www.nograffiti.com
  34. des signes cabalistiques, mi-hiéroglyphes, mi-cyrilliques (…) que personne n'est capable de déchiffrer, disait l'Évènement du jeudi (semaine du 15 au 21 décembre 1988)
  35. Subway Art, Henry Chalfand et Martha Cooper, éd. Thames and Hudson, 1984
  36. Cette presse du graffiti, très étendue, va du fanzine « pro » au magazine distribué en kiosques. Les titres ne dépassent pas souvent les deux ou trois numéros. Ils sont régulièrement la cible de procès car certains les considèrent comme une incitation à commettre des actes délictueux.
  37. canard enchaîné n°4294
  38. www.graffitihurts.org
  39. L'exposition a été organisée par Romain Pillement, Jean-Pierre Michon et Tarek Ben Yakhlef, l'auteur de Paris Tonkar. Celui-ci a réalisé l'affiche et le carton d'invitation en s'inspirant de la signalétique du métro parisien. Des artistes américains et des Français ont été exposés pour la première fois dans un même lieu sur quatre étages.
  40. Exposition Né dans la rue : un catalogue d'exposition a été édité pour cette occasion aux éditions Fondation Cartier pour l'art contemporain, 2009.
  41. [http://www.monaco-graffiti.com/ L'Art du graffiti
  42. créé par Serge Ramond en 1987 : le site pour plus d'informations
  43. C'est le documentaire de référence traitant du graffiti sur les trains à New York dans les années 1970 et début 1980
  44. Film expérimental et graphique sorti en DVD, tournant autour de l'univers du graffiti avec LEK, YKO, GISEL, ZENOY, JAYONE, POCH, SWEN, FINT, OBSEN etc..
  45. Un film retraçant le parcours d'un des membres des SDK à travers l'Europe et les États-Unis
  46. DVD consacré aux fresques en couleurs. Montrant leur évolution ainsi que les techniques utilisées
  47. Un reportage pour Canal+ au cœur du graffiti vandale en France

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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