Christine Ockrent

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Christine Ockrent

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Christine Ockrent en 2010

Naissance 24 avril 1944 (70 ans)
Bruxelles (Belgique)
Nationalité Drapeau de la Belgique Belge
Profession Journaliste
Conjoint

Christine Ockrent est une journaliste belge née à Bruxelles le 24 avril 1944. Exerçant en France, elle a été la deuxième femme, après Hélène Vida, à présenter le Journal de 20 heures, et dirigeante de L'Express, avant de présenter des émissions politiques sur France 3, puis d'être, de février 2008 à mai 2011, directrice générale de l'AEF (Audiovisuel extérieur de la France).

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Christine Ockrent est la fille du diplomate belge Roger Ockrent[1] (ancien chef de Cabinet du Premier ministre Paul-Henri Spaak, puis directeur de l'Administration belge de Coopération économique pour le Plan Marshall, et ambassadeur de Belgique auprès de l'OCDE) et de Greta Bastenie, femme au foyer[2].

Elle a une sœur, Isabelle, qui est directrice de la communication de la RATP depuis mai 2008[3],[2]. Elle partage la vie de Bernard Kouchner, avec lequel elle a un fils, Alexandre, né le 11 mars 1986[1].

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

Installée en France après la nomination de son père à l'OCDE, Christine Ockrent suit les cours du collège Sévigné de Paris, puis est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris en 1965 (section relations internationales) et étudie à l'Université de Cambridge[1].

Après un stage au Bureau d'information des Communautés économiques européennes en 1965 et 1966, elle se lance dans une carrière de journaliste au sein de l'unité européenne de documentaires d'actualités de NBC News entre 1967 et 1968. Elle collabore au célèbre magazine de CBS, 60 Minutes entre 1968 et 1976 comme réalisatrice et journaliste au bureau londonien de l'émission et est correspondante pour la même chaine de 1976 à 1977[4].

Elle travaille ensuite comme journaliste et réalisatrice au magazine vendredi sur FR3 et à l'émission 20/20 sur ABC News[1]. Pour la chaine française, elle décroche un scoop en 1979 en interviewant dans sa cellule Amir Abbas Hoveida, ancien premier ministre du Shah d'Iran, destitué lors de la Révolution islamique. L'orientation des questions et la rigueur du ton adopté par Christine Ockrent suscitent une vive controverse au sein du monde du journalisme, au vu de la situation de l'ancien dirigeant iranien, exécuté le surlendemain d'une balle dans la nuque à l'issue d'un procès expéditif mené par l'ayatollah Sadeq Khalkhali[5],[6].

La « reine Christine »[modifier | modifier le code]

De retour en France en 1980, elle intègre la rédaction d'Europe 1 et se voit confier la charge du journal de 8 heures. Puis en octobre 1981, elle est embauchée par le nouveau président d'Antenne 2, Pierre Desgraupes, qui la désigne pour présenter le journal télévisé de 20 heures en alternance avec Patrick Poivre d'Arvor, avec la charge de rédactrice en chef adjointe puis rédactrice en chef déléguée. Elle est alors la première femme à présenter régulièrement un journal télévisé de 20 heures en France et reçoit le surnom de « reine Christine ». Elle s'y maintient jusqu'en juin 1985 où elle rejoint RTL comme rédactrice en chef et éditorialiste, puis TF1 en mai 1987 en qualité de directrice adjointe et en septembre 1987 elle anime Le Monde en Face[1] jusqu'en mars 1988.

Lorsqu'elle retrouve la présentation du journal de 20 heures d'Antenne 2 en septembre 1988, une polémique éclate à propos de son salaire : 120 000 F par mois et 55 000 F de frais[7]. Elle produit et présente ensuite pour la chaine publique le magazine Carnets de route en 1990, la série Qu'avez-vous fait de vos 20 ans ? entre 1990 et 1992, et le magazine bimensuel Direct en 1991 et 1992, tout en tenant une chronique hebdomadaire, Portrait au laser puis Portraits, sur l'antenne de France Inter de 1991 à 1994[1].

À partir de 1992, elle intègre France 3 pour présenter des émissions politiques et d'information : outre le Soir 3, de septembre 1992 à juillet 1994, elle a été à la tête de À la une sur la 3 (1992-1994), Dimanche soir (1994-1998), Passions de jeunesse (1993-1995), Politique dimanche (1998), France Europe Express (1997-2007) et Duel sur la 3 (2007-2008). En parallèle, elle dirige la rédaction de l'hebdomadaire L'Express d'octobre 1994 à mars 1996. Elle est également éditorialiste pour le magazine d'actualité Regarde le monde sur Canal J entre 1995 et 1996, et chroniqueuse au quotidien InfoMatin en 1994[1].

Après avoir retrouvé l'antenne d'Europe 1 à partir de 1995 comme membre du comité éditorial, éditorialiste politique hebdomadaire et intervenante au Club de la presse, elle est nommée en 1997 directrice déléguée de Finance communication et compagnie, holding de BFM, radio sur laquelle elle présente les chroniques hebdomadaires l'Actualité de la semaine et l'Actualité en question et lance le site Internet BfmBiz.com en 2001. Elle tient aussi des éditoriaux dans les colonnes de La Provence (1997) et Metro (quotidien) (2002) dont elle préside le comité éditorial du groupe international jusqu'en 2008, et dirige la rédaction du éphémère l'Européen (1998-1999)[1].

Elle cesse d'animer France Europe Express fin juin 2007 pour une nouvelle émission politique dominicale en seconde partie de soirée. Selon ses propos, ce changement est indépendant de la nomination de son compagnon, Bernard Kouchner, comme ministre des Affaires étrangères. Elle l'expliquerait par l'épuisement du concept après dix ans d'émission. La nouvelle émission, diffusée à partir du 23 septembre, est baptisée Duel sur la 3, et propose un débat opposant deux invités sur l'actualité politique, économique ou sociétale[8], ne faisant pas taire les critiques de la section du Syndicat national des journalistes contre son manque d'indépendance supposé vis-à-vis du gouvernement où siège son compagnon. La Société des journalistes lui reproche également ses prestations rémunérées auprès d'organismes privés, interdites par sa chaîne, et qui constituerait un mélange des genres contraire au devoir d'impartialité[9].

Directrice générale déléguée de l'Audiovisuel extérieur de la France[modifier | modifier le code]

Présentant Une fois par mois sur TV5 entre 2002 et 2006, et tenant chaque semaine un billet de six minutes (trois en français et trois en anglais) sur France 24 de mars 2007 à février 2008, elle est nommée le 20 février 2008 directrice générale déléguée de l'Audiovisuel Extérieur de la France[10]. Elle devient également directrice générale de France 24 et directrice générale déléguée de RFI, en remplacement d'Antoine Schwarz, sur proposition d’Alain de Pouzilhac, étant de ce fait numéro 2 de la radio[4],[11]. Suite à cette nomination, elle quitte France 3 qui décide d'arrêter son émission Duel sur la 3 et elle arrête également ses participations à l'émission de Laurent Ruquier On va s'gêner sur Europe 1.

En août suivant, le licenciement du journaliste de RFI, Richard Labévière, auteur d'une interview du président syrien Bachar el-Assad, est critiqué en tant que « licenciement politique »[12] et dénoncé par l'intéressé comme une volonté d'alignement éditorial de la station par Christine Ockrent sur une orientation pro-« israélo-américaine »[13]. Scénario contesté par d'autres journalistes[14] et par Alain de Pouzilhac[15].

Elle annonce en mai 2011 qu'elle quitte son poste à l'AEF[16].

Cercles d'ententes[modifier | modifier le code]

Christine Ockrent participe au club français Le Siècle. Elle participe également à plusieurs reprises aux réunions du groupe Bilderberg, cercle fermé de l'élite politique et financière internationale. Elle est questionnée par Natacha Polony en 2013 au cours de l'émission On n'est pas couché sur la pertinence de la participation d'un journaliste à de telles réunions ; réunions sur lesquelles les participants ne sont pas autorisés à communiquer[17].

L'association Acrimed ("action critique médias") a consacré de nombreux articles à Christine Ockrent[18].

Émission « Affaires étrangères » sur France Culture[modifier | modifier le code]

Christine Ockrent anime l'émission « Affaires étrangères », axée sur la géopolitique, sur la station de radio France Culture tous les samedis de 12h45 à 13h30 à partir du 2 février 2013[19],[20].

Distinctions et affiliations[modifier | modifier le code]

Christine Ockrent a été promue au grade d'officier de la Légion d'honneur le 14 juillet 2007[21]. Elle est également officier de l'ordre national du Mérite ainsi que de l'ordre de Léopold par arrêté royal du 27 avril 2007.

En 1985, elle a reçu le 7 d'or du meilleur présentateur du journal télévisé et un « Super 7 d´or ».

Elle est membre du comité consultatif du think tank Centre for European Reform[22], administratrice de l'IFRI[23] et de l'International Crisis Group[24].

Elle a été membre du conseil d'administration de l'Institut Aspen France et de RSF[25].

Lors du 30e anniversaire de la French-American Foundation, elle était membre du comité d'honneur[26]. Elle est également membre d'un programme de cette fondation[27].

Engagée pour la cause européenne, elle est enfin l'une des cinq journalistes avec Caroline de Camaret, Quentin Dickinson, Guillaume Klossa et Jean Quatremer à figurer au comité d'honneur du 50e anniversaire du traité de Rome.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Christine Ockrent est auteur de nombreux ouvrages, consacrés notamment aux États-Unis et à la place des femmes dans la société, parmi lesquels les biographies de la journaliste Françoise Giroud et de Hillary Clinton.

  • Dans le secret des Princes, avec Alexandre de Marenches (1986)
  • Duel : comment la télévision façonne un président (1988)
  • Michel Platini, qu'avez-vous fait de vos 20 ans ? (1990)
  • Léon Schwartzenberg, qu'avez-vous fait de vos vingt ans ? (1990)
  • Les Uns et les autres : de Montand à Balladur (1993)
  • Portraits d'ici et d'ailleurs (1994)
  • La Mémoire du cœur (1997)
  • Les Grands patrons : comment ils voient notre avenir, avec Jean-Pierre Sereni (1998)
  • L'Europe racontée à mon fils, de Jules César à l'euro (1999)
  • la Double vie d'Hillary Clinton (2001)
  • Françoise Giroud, une ambition française (2003)
  • Bush-Kerry, les deux Amériques (2004)
  • Le livre noir de la condition féminine (sous la direction de), (2006)
  • Madame la... : Ces femmes qui nous gouvernent (2007)
  • Le Président des États-Unis, avec Bruno Perreau (2008)

Dessin animé[modifier | modifier le code]

  • 2014 : Silex and the City, série de Jul. Christine Ockrent apparaît dans son propre rôle dans l'épisode "L'Évolution du jasmin".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Notice biographique, Who's Who in France, 2008
  2. a et b Isabelle et Christine Ockrent, émission C'est de famille sur Europe 1, 13 juillet 2011
  3. Biographie sur AGEFI
  4. a et b « Audiovisuel extérieur de la France : Christine Ockrent, numéro 2 de RFI », communiqué de presse de RFI, 3 juillet 2008
  5. Portrait de Christine Ockrent par Les Échos, 21 février 2008
  6. En 1979, le premier "coup" d'Ockrent, Arretsurimages.net, 21 février 2008
  7. Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La Décennie Mitterrand, Paris, Le Seuil, « Points », tome III, 1997, p. 128 (1re édition, 1996).
  8. « "Duel sur la 3", le nouveau magazine politique de Christine Ockrent », dépêche AFP, 29/08/2007
  9. « Christine Ockrent, journaliste aguerrie et compagne de Bernard Kouchner », Télé Satellite, février 2008
  10. Soit davantage que le PDG de France Télévisions - Le Canard Enchaîné, no 4683, 28 juillet 2010, p. 2.
  11. Alors que, selon Le Canard Enchaîné[précision nécessaire], la nationalité belge de Christine Ockrent aurait dû empêcher cette nomination, les statuts de la radio ne permettant pas aux ressortissants étrangers d'occuper ce poste.
  12. « L'"affaire Labévière", ou un sacrifice sur l'autel du politiquement correct », Bakchich.info, 4 septembre 2008
  13. Marc Endeweld, « Licenciement politique à RFI », Le Monde diplomatique, 4 septembre 2008
  14. « Labévière licencié de RFI, délit d'opinion ou victime autoproclamée ? », Marianne, 27 août 2008
  15. «On n’est pas plus cons que les Américains !», Libération, 10 décembre 2008
  16. Le Figaro.fr
  17. La reine Christine Ockrent et le journalisme de haute fréquentationAcrimed, Henri Maler, Naima Benhebbadj, le 12 février 2013
  18. http://www.acrimed.org/mot135.html
  19. Christine Ockrent va animer une émission de géopolitique sur France Culture|http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/christine-ockrent-va-animer-une-emission-de-geopolitique-sur-france-culture_1211868.html
  20. “On n'est pas couché” : les invités de Laurent Ruquier samedi 2 février sur France 2|http://www.coulisses-tv.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=6685%3A%E2%80%9COn-n-est-pas-couch%C3%A9%E2%80%9D-les-invit%C3%A9s-de-Laurent-Ruquier-samedi-2-f%C3%A9vrier-sur-France-2&catid=45%3Aon-nest-pas-couche&Itemid=92&utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter
  21. Journal officiel du 14 juillet 2007, édition numéro 0162, décret du 13 juillet 2007 portant promotion et nomination
  22. http://www.cer.org.uk/about/advisory.html
  23. ifri
  24. International Crisis Group - Conseil d'administration
  25. Esprit Libre - article
  26. French American Foundation - Dîner d'anniversaire - 31 mai
  27. (en) Program Alumni for French-American Young Leaders