Studio Harcourt

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48° 51′ 59.5″ N 2° 18′ 31.5″ E / 48.866528, 2.30875

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Le studio Harcourt est un studio photographique fondé à Paris en 1934 par Cosette Harcourt et les frères Lacroix. Il est actuellement situé au 10, rue Jean-Goujon dans le 8e arrondissement de Paris. Toujours en activité, il s'illustre en particulier pour ses portraits en noir et blanc des stars de cinéma et de personnalités.

Historique[modifier | modifier le code]

Le studio de photographie Harcourt est le résultat de l'association de Jacques et Jean Lacroix, hommes de presse, Robert Ricci (fils de la couturière Nina Ricci) et de Germaine Hirschefeld alias Cosette Harcourt (1900-1976)[1], une photographe ayant travaillé dans le studio des frères Manuel. Initialement, cet « atelier de portraits d’art » réalise des images pour la presse d'où sont issus ses bailleurs de fonds, à une époque où de prestigieux studios de photo comme celui de Nadar ferment, faute de clients[2]. Pour prospérer, le studio se spécialise, grâce au carnet d'adresse de Cosette Harcourt, dans la photographie en noir et blanc des personnalités parisiennes et françaises du cinéma et du milieu de la culture[2], réalisant des tirages 24 × 30 cm reconnaissables dans leur style et mise en lumière. Le studio doit alors beaucoup au photographe de cinéma Raymond Voinquel.

Avec la Seconde Guerre mondiale, Cosette Harcourt, qui est d'origine juive, épouse l'un des frères Lacroix[2]. Ensemble, ils créent un magazine, intitulé Vedettes, pour servir de débouché aux photos du studio. Sous l'Occupation, les officiers allemands et des personnalités du régime de Vichy fréquentent les studios, tout comme les Américains à la Libération[2]. Dans les années 1950, le studio Harcourt retrouve son activité auprès des vedettes du cinéma et du théâtre. Le siège historique du 49, avenue d'Iéna, que le studio occupait depuis 1938, est vendu dans les années 1960 pour de nouveaux locaux rue Jean-Goujon.

Le studio fait néanmoins faillite fin 1990. Sous l'impulsion de Jack Lang, le ministère de la Culture achète alors le fonds de photos du studio, composé de 5 millions de négatifs allant de 1934 à 1991 représentant plus de 500 000 personnes dont 1 500 personnalités[3],[4], pour le compte de la Réunion des musées nationaux[1]. Il est actuellement administré par la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine et déposé au fort de Saint-Cyr (Montigny-le-Bretonneux)[5].

La société est reprise début 1993 par l'un de ses anciens photographes, Pierre-Anthony Allard, pour 421 000 francs[6]. Le 11 avril 2002, il s'associe à Anne-Marie de Montcalm qui devient propriétaire de la marque[7], Allard en demeurant le directeur artistique. Francis Dagnan rachète la société en 2007 et confie la direction générale à Catherine Renard[8],[9]. En juin 2010, la direction du studio décide de placer une partie de son fonds (postérieur à 1991) sur Wikimedia Commons sous licence libre[10],[11]. Quelques mois plus tard l'entreprise décide d'installer des photomatons publics dans différents lieux culturels en France permettant de réaliser des « photos d'identité » avec une touche Harcourt[12].

Le style Harcourt[modifier | modifier le code]

Le style Harcourt se caractérise par une photo rapprochée du sujet pris sous son meilleur angle, éclairé par une lumière de projecteurs de cinéma généralement latérale ou en halo créant un clair-obscur, sur un fond gris-noir. Le sujet pose dans une attitude qui lui est personnelle, souriant ou non. Ce « style Harcourt »[2] trouve son inspiration dans le travail du chef opérateur français Henri Alekan[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Éric Biétry-Rivierre, « Harcourt, soixante-quinze ans de classicisme », Le Figaro, 10 septembre 2009.
  2. a, b, c, d et e Françoise Denoyelle, op. cit., citée par Claire Guillot dans « Sous le glamour, le côté obscur du studio Harcourt », Le Monde, 8 novembre 2009 (reproduction, p. 6).
  3. Site officiel
  4. La notice de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine indique quant à elle 4 millions de négatifs pour la période 1934-1979.
  5. « Archives photographiques : Présentation », sur le site de la Médiathèque.
  6. Katya Pellegrino, « Studio Harcourt : Silence, on tourne... Moteur ! », luxe-magazine.com, mai 2006.
  7. « Harcourt : Glamour toujours », Le Nouvel Observateur, 4 décembre 2003.
  8. « Francis Dagnan : Nouvelles visées pour le studio Harcourt », Le Figaro, 4 septembre 2009.
  9. Clotilde Briard, « Harcourt revient sous les projecteurs », Les Échos, no 20504, 8 septembre 2009, p. 9.
  10. « Le Studio Harcourt met en ligne ses prestigieux portraits », Le Monde, 25 juin 2010.
  11. Thierry Noisette, « Le Studio Harcourt publie des portraits sous licence libre dans Wikipédia », ZDNet.fr, 17 juin 2010.
  12. « Le Studio Harcourt fait sa révolution », Francine Rivaud dans Challenges no 0283, 12 janvier 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Harcourt, l'histoire d'un mythe, documentaire écrit par Minou Azoulai, réalisé par Nicolas Maupied et Christophe Tiphaine, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]