Michel Simon

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Michel Simon

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Dans Le Train (1964)

Nom de naissance François Joseph Simon
Naissance
Genève, Suisse
Nationalité Suisse Drapeau : Suisse
Décès (à 80 ans)
Bry-sur-Marne, France
Profession Acteur
Films notables Le Quai des brumes
Boudu sauvé des eaux
Drôle de drame
Fric-Frac
La Beauté du diable
Panique
Le Vieil Homme et l'Enfant

Michel Simon, de son vrai nom François Joseph Simon, est un acteur suisse né le à Genève et mort le à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne).

Il est le père de l'acteur François Simon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Plaque apposée sur la façade de la demeure de naissance de Michel Simon à Genève

« Un malheur n'arrive jamais seul ». Comme il le faisait remarquer, Michel Simon est né la même année que le cinématographe. Son père, de confession protestante, était charcutier à Genève.

Rapidement, Michel Simon se détourne des études et de sa famille pour venir à Paris, où il réside à l'hôtel Renaissance, rue Saint-Martin, puis à Montmartre. Il exerce divers petits métiers, donnant des leçons de boxe ou vendant des briquets de contrebande à la sauvette. Il est aussi réputé pour dévorer tous les livres qui lui tombent sous la main avec une prédilection pour les écrits de Georges Courteline.

Ses débuts dans le monde du spectacle sont modestes : il fait le clown et l'acrobate dans un numéro de danseurs, les Ribert's and Simon's, puis devient l'assistant d'un prestidigitateur.

Rappelé en Suisse au moment de la Première Guerre mondiale, c'est un soldat indiscipliné, et il passe le plus clair de son temps aux arrêts ou à l'ombre des cachots. Rapidement, sa santé s'en ressent et il doit être hospitalisé.

En 1915, au cours d'une permission, il voit Georges Pitoëff faire ses débuts d'acteur en langue française dans Hedda Gabler d'Henrik Ibsen, au théâtre de la Comédie de Genève. Il décide alors de devenir acteur à son tour, mais ce n'est qu'en octobre 1920 qu'il intègre la troupe des Pitoëff (on lui confie le rôle du greffier de Mesure pour mesure de William Shakespeare). Il pratique, par ailleurs, le métier de photographe.

Consécration[modifier | modifier le code]

Début 1922, la troupe s'établit à la Comédie des Champs-Élysées de Paris. Simon la quitte l'année suivante pour devenir acteur de boulevard, jouant des vaudevilles de Tristan Bernard, d'Yves Mirande et de Marcel Achard. Ce dernier le présente à Charles Dullin, en compagnie duquel Simon joue une pièce de Marcel Achard, Je ne vous aime pas avec Valentine Tessier. Il jouera aussi des comédies musicales comme Le Bonheur, mesdames et Les Joies du Capitole, écrites par Albert Willemetz.

Il est ensuite engagé par Louis Jouvet, qui a remplacé Pitoëff à la Comédie des Champs-Élysées. C'est avec Jouvet, dans une pièce de Marcel Achard, Jean de la Lune, que Michel Simon s'impose le 18 avril 1929 : son talent transforme le rôle secondaire de Cloclo pour en faire la principale attraction de la pièce. Indiscipliné et voulant tirer la couverture à lui, Michel Simon s'attire l'inimitié de Jouvet.

La carrière théâtrale de Michel Simon va se poursuivre, de succès en succès (il joue William Shakespeare, George Bernard Shaw, Luigi Pirandello, Oscar Wilde, Maxime Gorki, Édouard Bourdet et Henri Bernstein). S'il se révèle « inclassable » (comique, dramatique, tragique, vaudeville, etc.), il s'affirme principalement dans la comédie (plus de 150 pièces entre 1920 et 1975).

C'est toutefois le cinéma qui va lui apporter une immense popularité. Il débute à l'écran en 1925, d'abord en jouant aux côtés de Ivan Mosjoukine dans Feu Mathias Pascal, de Marcel L'Herbier, d'après Pirandello, et presque en même temps en participant à un film réalisé en Suisse, avec Jean Choux, La Vocation d'André Carel (selon les méthodes de productions artisanales semblables à celles dont la « Nouvelle Vague » française revendiquera l'originalité).

Au cinéma muet, il apporte surtout un étonnant physique et un visage peu banal, d'une exceptionnelle mobilité, capable d'expressions qu'il prend grand soin de ne pas transformer en tics. Michel Simon joue des formes de son corps avec une virtuosité infinie : de la laideur intelligente ou sympathique, de la bonté ou de la naïveté, à la laideur grotesque ou inquiétante, cocasse ou stupide, malicieuse ou cruelle. Sa vraie carrière cinématographique ne commence toutefois qu'avec le « parlant » quand on s'aperçoit que l'élocution et le timbre de voix de l'acteur sont aussi originaux que son physique et son jeu.

Michel Simon est mort le 30 mai 1975. Selon ses dernières volontés, il repose au cimetière du Grand-Lancy à Genève, auprès de ses parents. Une plaque commémorative signale la maison où il était né le 9 avril 1895 dans la Grand-Rue de Genève.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Amateur de pornographie notoire, Michel Simon possédait une collection de plus de 100 000 objets en relation avec le sexe que son fils a dispersés dans de nombreuses ventes, après sa mort[1]. En outre, il était un fervent amateur de prostituées et avait ses entrées dans des maisons closes comme le One-Two-Two ou le Sphinx. Il était également propriétaire d'une guenon nommée Zaza, qu'il costumait et amenait dans des lieux publics.

D'après Jean-Marc Loubier[2], Michel Simon, membre du PCF, aurait été un agent des services secrets soviétiques d'avant-guerre. La bibliographie consacrée à l'artiste n'apporte toutefois aucune confirmation, juste un faisceau de présomptions[3].

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1960 : Théodore cherche des allumettes et Boubouroche de Georges Courteline, mise en scène Georges Chamarat, théâtre des Célestins
  • 1961 : Alcool de Jacques Robert, mise en scène Christian-Gérard, théâtre de l'ABC
  • 1964 : Charmante Soirée de Jacques Deval, mise en scène de l'auteur, théâtre des Variétés : Paul
  • 1965 : Du vent dans les branches de sassafras de René de Obaldia, mise en scène René Dupuy, théâtre Gramont
  • 1967 : Du vent dans les branches de sassafras de René de Obaldia, mise en scène René Dupuy, théâtre des Célestins

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport de la Brigade mondaine du 18 septembre 1943 dans Véronique Willemin, La Mondaine : Histoire et archives de la Police des mœurs, 2009, pp. 108-117.
  2. Jean-Marc Loubier, Michel Simon, ou le roman d'un jouisseur, Ramsay,‎ 1989 (ISBN 978-2-85956-715-6)
  3. Affaire Michel Simon - Archives pour tous
  4. Film resté inédit.
  5. Film inachevé dont il ne reste que des rushes.
  6. Film inachevé (une seule scène tournée).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Guth, Michel Simon, Paris, Calmann-Lévy, 1951
  • Freddy Buache, Michel Simon : Un acteur et ses personnages, Bienne, Éd. du Panorama, 1962
  • Jacques Fansten, Michel Simon, Paris, Seghers, 1970
  • Claude Gauteur, André Bernard, Michel Simon, Paris, PAC, 1975
  • Jeanne Carré, 728 jours avec Michel Simon, Paris, France-Empire, 1978
  • Christian Plume, Xavier Pasquini, Michel Simon, Nice, Lefeuvre, 1981
  • Jean-Marc Loubier, Michel Simon ou le Roman d'un jouisseur, Paris, Ramsay, 1989
  • Freddy Buache, Michel Simon : 1895-1975, Genève, Promoédition, 1993
  • Michel Simon, François Simon, acteurs : Falstaff et Hamlet, Genève, Georg, 1992
  • André Klopmann, Michel Simon, Genève, Slatkine, 1993
  • Hommage à Michel Simon : Un demi-siècle de cinéma, Pontarlier, CERF, 2000 [ouvrage collectif publié dans le cadre de la 57e Rencontre internationale de cinéma de Pontarlier]
  • François Billard, Lumière sur Michel Simon, Marseille, Via Valeriano, 2003
  • Gregory Catella, Michele Dell'Ambrogio, La vocazione di Michel Simon, Bellinzona, Circolo del cinema Bellinzona, 2003
  • Jacques Lorcey, Michel Simon : Un sacré monstre, Paris, Séguier, 2003 [avec une très abondante iconographie]
  • Claude Gauteur, Michel Simon, Monaco, Éd. du Rocher, 2005 [rééd. revue et augmentée de l'ouvrage de l'auteur publié en 1987 chez Édilig]
  • Gwénaëlle Le Gras, Michel Simon : L'Art de la disgrâce, Paris, Scope, 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]